Ce qu'on goûte n'est jamais « la tomate » : c'est une centaine de molécules dont une dizaine décident. 344 d'entre elles sont ici, chacune avec sa formule, sa structure, ce qu'elle devient à la chaleur, et les ingrédients du catalogue qui la portent.
Le terpène des zestes : neuf dixièmes de l'huile essentielle d'une écorce d'orange ou de citron, et la raison pour laquelle un zeste parfume ce qu'un jus ne parfume pas.
29 ingrédientsLe terpène floral le plus répandu de la cuisine : coriandre, basilic, lavande, thé, muscade, agrumes et raisin muscat le partagent tous.
23 ingrédientsL'odeur de résine et de forêt : le romarin, le laurier, le genièvre, le poivre, et la molécule qui part la première dans une casserole.
10 ingrédientsLa muscade : la molécule qui fait sa chaleur et son parfum, et la raison pour laquelle on la râpe par pincées et jamais par cuillères.
10 ingrédientsLa note camphrée du romarin, du laurier et de la sauge : ce qui rend une herbe médicinale si on la met trop tôt ou trop généreusement.
7 ingrédientsL'amertume qui monte dans un jus d'agrume une heure après le pressage : elle n'existe pas dans le fruit intact, elle se forme dans le verre.
4 ingrédientsLe froid de la menthe : une molécule qui n'abaisse aucune température et qui ouvre pourtant le récepteur du froid.
4 ingrédientsLe poivré vert de la muscade et du combava : le terpène qui fait la fraîcheur résineuse d'une épice râpée et qui manque à la même épice en poudre.
4 ingrédientsLa grande famille des parfums de plante : des hydrocarbures bâtis sur un même motif à cinq carbones, qui font l'agrume, la résine, la menthe et le foin.
4 ingrédientsL'odeur du gingembre frais : le sesquiterpène qui fait la moitié de son huile essentielle et qui disparaît des premières minutes de cuisson.
4 ingrédientsLe boisé qui reste : le sesquiterpène du poivre et du clou de girofle, assez lourd pour survivre à une cuisson entière.
3 ingrédientsLa rose derrière le citron : le terpène qui donne à la citronnelle et à la coriandre en grains leur fond fleuri.
3 ingrédientsLe côté résine et pin du basilic et de la coriandre : le terpène qui tient un peu mieux la chaleur que ses voisins, sans la tenir longtemps.
2 ingrédientsLe fond boisé qui survit à trois heures de mijotage : le terpène du thym et du romarin qui reste quand tout le reste est parti.
2 ingrédientsL'amertume d'un concombre ou d'une courgette qui rend malade : la seule amertume de cuisine qu'il faut prendre au sérieux.
2 ingrédientsLe houblon frais d'une bière jeune : le terpène le plus fugace du genièvre et de la bière, parti en quelques mois de bouteille.
2 ingrédientsLe fond boisé et frais d'un panais et d'une pomme : le terpène discret qui donne la nuance résineuse sous le sucre.
2 ingrédientsLe fond de tomate verte et d'artichaut d'une bonne huile d'olive : ce que le mot « fruité » désigne vraiment.
1 ingrédientLa note fleurie d'une pomme mûre : en s'oxydant au stockage, elle devient le brunissement de la peau.
1 ingrédientL'amertume qui monte quand on laisse trop de laurier : elle sort lentement, et elle ne repart plus.
1 ingrédientLa note de térébenthine des mangues indiennes : un marqueur variétal, absent des mangues douces d'Amérique.
1 ingrédientLa saponine de l'igname : elle irrite les mains qui épluchent le tubercule cru, et elle part à la cuisson.
1 ingrédientL'hormone de mûrissement : elle n'a pas d'odeur, elle fait mûrir les voisins, et un coing en produit énormément.
1 ingrédientLa longueur d'un parfum floral : le composé lourd qui reste dans le gâteau quand tout le reste est parti au four.
1 ingrédientLe vert fleuri de l'estragon frais : il n'existe plus du tout dans l'estragon séché.
1 ingrédientLe fond amer de la peau et du noyau de l'avocat : sans danger pour nous, toxique pour l'oiseau et le cheval.
1 ingrédientLe vert de l'aneth frais : quelques minutes de cuisson et il n'en reste rien, ce qui condamne l'aneth séché.
1 ingrédientLe poivre du nebbiolo et du poivre lui-même : une molécule qu'on sent à quelques parties par milliard, ou pas du tout.
1 ingrédientLa résine du Tyrol : ce que les baies de genièvre déposent dans un frottage, et pourquoi il faut les écraser.
1 ingrédientLe côté floral d'un muscat ou d'un gewurztraminer : ils sont dans le raisin, pas dans la levure.
1 ingrédientLe rond et le sucré de l'orange : ce qui la sépare du citron n'est pas l'acidité, c'est ce composé.
1 ingrédientL'« aldéhyde des feuilles » : c'est lui, plus que tout autre, qui sent la tomate verte, la feuille froissée et l'huile d'olive fraîche.
30 ingrédientsL'odeur d'« herbe coupée » et de « pomme verte », et en même temps le marqueur numéro un du rancissement : le même aldéhyde selon la dose et le contexte.
27 ingrédientsL'amande amère : la même molécule dans le noyau de la cerise, la peau de l'amande amère, le kirsch et l'amaretto.
12 ingrédientsLe citron sans le citron : l'odeur de la citronnelle, de la verveine, de la mélisse et du zeste, et la plus fragile des molécules d'agrume.
9 ingrédientsLa cannelle : à elle seule les trois quarts de l'huile essentielle de l'écorce, et une molécule qui chauffe la bouche sans piquer.
7 ingrédientsLe cumin, et ce qui le distingue du carvi : un aldéhyde qui se réveille à la poêle sèche et qui s'évapore d'un plat laissé à découvert.
5 ingrédientsL'odeur du concombre, et rien d'autre : un aldéhyde que le nez détecte à quelques centièmes de microgramme par litre, ce qui en fait l'un des plus puissants de la cuisine.
4 ingrédientsLe fleuri d'une vanille de Tahiti : l'aldéhyde qui distingue une gousse d'un arôme de synthèse, et le premier à s'échapper d'un pot mal fermé.
3 ingrédientsLa note grillée d'un alcool vieilli : l'aldéhyde que la chauffe du fût et la cuisson des sucres fabriquent, entre amande et pain grillé.
3 ingrédientsLe nez vert du yaourt et la pomme verte d'un vin oxydé : la molécule qui bout à vingt degrés et qui s'échappe de tout.
2 ingrédientsLe citron de la citronnelle et du combava : l'aldéhyde qui donne l'odeur d'agrume à des feuilles qui n'en sont pas.
2 ingrédientsL'odeur de punaise de la coriandre : l'aldéhyde qui divise la table en deux et que rien ne modère vraiment.
2 ingrédientsLa note florale du miel : ce qui distingue un pain d'épice d'un cake, et un miel d'acacia d'un miel de châtaignier.
2 ingrédientsL'odeur même du safran : elle n'existe pas dans la fleur, elle se fabrique au séchage du stigmate.
2 ingrédientsLa peau d'orange mûre : c'est lui, et non le limonène, qui fait la différence entre un zeste et un nettoyant.
1 ingrédientL'odeur de terre après la pluie, de betterave et de poisson d'eau douce. Le nez humain la détecte à quelques nanogrammes par litre : c'est l'une des molécules les plus puissantes de la cuisine.
24 ingrédientsLes esters cycliques du fruit mûr et du beurre : la pêche, l'abricot, la noix de coco et la crème sont quatre lactones différentes.
19 ingrédientsLe goût de beurre lui-même : ce que les bactéries fabriquent dans une crème, et ce qu'on met dans le pop-corn de cinéma.
10 ingrédientsLa fraise cuite, le caramel, l'ananas : une molécule qui sent le sucre chaud, et l'une des plus puissantes de la cuisine.
9 ingrédientsL'odeur du bleu : ce que les moisissures d'un roquefort fabriquent en découpant le gras du lait, et rien d'autre ne le fait.
9 ingrédientsL'odeur de champignon elle-même : une molécule que la coupe fabrique en quelques secondes, ce qui explique qu'un champignon coupé sente plus fort qu'un champignon entier.
9 ingrédientsLa violette et la framboise : ce que le bêta-carotène devient en se dégradant, et l'une des molécules que le nez détecte le mieux.
8 ingrédientsLa noix de coco et la crème dans la même molécule : ce qui rend un beurre gras au nez, et ce qui fait qu'une pêche sent la crème.
8 ingrédientsLes molécules du sucre chauffé : le caramel, la fraise cuite, la croûte de pain, le café, avec des seuils parmi les plus bas de la cuisine.
7 ingrédientsLa note médicinale du romarin et de la sauge : une cétone qui se sublime, tient la cuisson longue, et devient amère dès qu'on force la main.
4 ingrédientsLe parfum de fruit confit du raisin et du vin cuit : l'une des molécules odorantes les plus puissantes connues, détectable à deux nanogrammes par litre.
4 ingrédientsL'amertume camphrée du fenouil : la cétone qui empêche la graine et le bulbe d'être seulement sucrés, et qui déséquilibre un pastis mal dosé.
3 ingrédientsLa violette dans la framboise : la note florale qui fonde l'accord avec le chocolat et qui manque à tout sirop.
2 ingrédientsL'odeur de mâle : celle du sanglier et du saindoux qui chauffe, que la moitié des gens ne sent pas du tout.
2 ingrédientsLa même molécule en miroir : à droite elle sent le carvi et l'aneth, à gauche la menthe verte, et le nez fait la différence.
2 ingrédientsL'odeur d'érable elle-même : ce qu'un sirop de sucre coloré au caramel n'aura jamais, et la note de la vergeoise.
2 ingrédientsL'odeur de noisette grillée : la cétone qui n'apparaît qu'au four et qui disparaît si l'huile chauffe.
2 ingrédientsL'odeur de la pêche mûre à elle seule : la lactone qui n'apparaît que dans les derniers jours de maturité et qui manque à tout fruit cueilli trop tôt.
2 ingrédientsLe goût de noix du vin jaune et du marsala : la molécule de l'oxydation lente, qu'aucune vinification classique ne fabrique.
2 ingrédientsL'odeur de terre et de bois du curcuma frais : ce qui manque entièrement à une poudre qui a dormi deux ans.
2 ingrédientsLe fleuri du curcuma frais : liposoluble, absent de la poudre, et c'est toute la différence entre les deux.
1 ingrédientL'odeur de framboise elle-même, au point d'en porter le nom : perçue à quelques parties par milliard.
1 ingrédientL'odeur de sirop d'érable qui signe un curry : perceptible à des doses infimes, et impossible à rattraper.
1 ingrédientLe vert un peu âpre de la menthe fraîche : c'est lui qui manque à un bonbon à la menthe.
1 ingrédientCe qui distingue le manuka des autres miels : une action antibactérienne qui, elle, survit à la chaleur.
1 ingrédientLa note de noix de coco grillée : elle apparaît quand la crème réduit jusqu'à ce que l'huile sorte.
1 ingrédientL'odeur de céleri elle-même : reconnaissable dans n'importe quel bouillon, et présente dans aucun autre légume.
1 ingrédientL'amertume camphrée de la sauge : elle domine vite, et c'est la seule herbe qu'on dose au nombre de feuilles.
1 ingrédientLe fruité d'un vin jeune et d'une banane, et le dissolvant à ongles d'un vinaigre qui a tourné : le seuil est très bas, et tout est dans la dose.
12 ingrédientsL'odeur de pomme fraîche : l'ester qui fait la pomme croquée, et le seul de ses parfums qui doive survivre à la fermentation d'un cidre.
4 ingrédientsL'odeur de banane elle-même, et celle du bonbon qui l'imite : l'ester que le fruit fabrique en mûrissant et que la levure fabrique en fermentant.
4 ingrédientsL'odeur d'ananas mûr : l'ester si volatil qu'on le sent en entamant l'écorce et qu'une pasteurisation suffit à effacer.
2 ingrédientsLe côté citronné et fleuri de la cardamome verte : un ester, donc détruit par une longue cuisson en milieu acide.
1 ingrédientLa note de fleur d'oranger : entre le jasmin et le raisin muscat, et détectable à des doses infimes.
1 ingrédientL'odeur de poire à elle seule : absente du fruit cueilli, elle apparaît pendant les jours qui suivent.
1 ingrédientL'odeur de pomme : elle s'échappe dès qu'on entaille la peau, et une pomme épluchée sent déjà moins.
1 ingrédientLa noix de coco d'un whisky, et la douceur qu'on croit sucrée : elles viennent du fût, pas du grain.
1 ingrédientLa molécule de la vanille, à elle seule 2 % du poids d'une gousse séchée, et l'un des rares arômes qu'une seule molécule suffit presque à imiter.
26 ingrédientsLe clou de girofle réduit à une molécule : la même odeur dans la cannelle, le basilic, le piment de la Jamaïque, et le léger engourdissement de la langue qui l'accompagne toujours.
19 ingrédientsL'odeur de fumée elle-même : ce que le bois libère en brûlant et ce qui reste sur un lard fumé, un whisky tourbé, un café torréfié.
15 ingrédientsL'anis : le fenouil, l'anis étoilé, l'estragon et le pastis partagent une seule molécule, et c'est elle qui trouble un verre quand on ajoute l'eau.
11 ingrédientsLe persil : ce qui fait la différence entre une feuille crue qui sent vert et une tige cuite qui sent l'épice.
8 ingrédientsL'odeur de la mer et de l'iode : ce qui fait qu'une huître, une crevette et une algue sentent l'océan, et qui vient de ce que l'animal a mangé.
7 ingrédientsL'anis d'une feuille verte : la molécule qui met de la réglisse dans le basilic, l'estragon et le fenouil sans qu'aucune graine d'anis n'y soit pour rien.
7 ingrédientsLe piquant chaud du gingembre frais, qui change de nature à la cuisson et au séchage : le gingembre sec n'est pas un gingembre frais déshydraté.
4 ingrédientsLe boisé qui tient au four : la molécule de la gousse qui survit à vingt minutes de cuisson, et qui devient amère si l'on force la dose.
3 ingrédientsCe qui signe une pizza napolitaine : le phénol de l'origan, presque le jumeau du thymol, en plus chaud et moins médicinal.
3 ingrédientsLe goût du sésame grillé et son antioxydant : la molécule qui naît au grillage et qui garde l'huile de sésame trois fois plus longtemps qu'une autre.
3 ingrédientsL'odeur du thym elle-même : un phénol antiseptique qui tient à la cuisson et donne la note médicinale des herbes de Provence.
3 ingrédientsL'amertume qui apparaît quand on force sur la muscade : le signal que la dose est passée, et il n'y a pas de retour.
2 ingrédientsLe fumé et le médicinal : la famille que la combustion du bois dépose sur un aliment fumé et qu'un whisky tourbé porte entière.
2 ingrédientsCe qui engourdit la langue quand on mâche un clou de girofle : un anesthésique local, à table.
1 ingrédientCe qui sépare la badiane de l'anis vert : le fond chaud et épicé, sous l'anéthol que les deux partagent.
1 ingrédientLe piquant concentré du gingembre séché : à poids égal, la poudre brûle plus que le rhizome frais.
1 ingrédientLe fumé le plus âpre : c'est lui qui donne l'amertume d'un paprika fumé versé d'une main trop lourde.
1 ingrédientLe piquant du gingembre séché : plus doux et plus sucré que celui du frais, parce qu'il naît du séchage.
1 ingrédientL'odeur du chou cuit, de la mer et du maïs doux : la même molécule, et c'est la dose qui décide si elle est appétissante ou non.
12 ingrédientsLa moutarde avant qu'elle soit piquante : une molécule sans goût que le broyage transforme, et l'eau froide décide de la force.
10 ingrédientsLe piquant de la moutarde, du raifort et du wasabi : il monte au nez au lieu de brûler la bouche, et il s'en va au bout de quelques minutes.
7 ingrédientsL'ail cuit : ce que devient la molécule du cru quand la poêle chauffe, et la raison pour laquelle l'ail confit ne pique plus.
6 ingrédientsLes munitions des choux et des moutardes : sans odeur et sans piquant tant qu'elles restent intactes, et le couteau est ce qui les arme.
5 ingrédientsL'odeur de pomme de terre cuite : elle n'existe pas dans le tubercule cru, et c'est la chaleur qui la fabrique en quelques minutes.
5 ingrédientsL'œuf trop cuit : le gaz qui explique le cerne vert d'un jaune dur et l'odeur d'un chou oublié sur le feu.
5 ingrédientsL'ail écrasé : une molécule qui n'existe pas dans la gousse intacte, qui apparaît en dix secondes et qui a disparu en une heure.
4 ingrédientsL'odeur d'un fromage à croûte lavée : le plus petit des composés soufrés, un gaz à température ambiante, que le nez détecte à quelques milliardièmes.
4 ingrédientsCe qui fait pleurer en coupant un oignon : un gaz fabriqué en une seconde par une enzyme, et qui n'existe dans aucun oignon entier.
4 ingrédientsL'odeur du shiitaké séché : un cycle de cinq soufres qui n'existe pas dans le champignon frais et que le séchage fabrique.
3 ingrédientsL'odeur du melon mûr, celle qui traverse l'écorce : un composé soufré, ce qui explique qu'elle ne ressemble à aucun autre fruit.
2 ingrédientsL'ail avant l'odeur d'ail : la réserve inodore de la gousse entière, dont tout le reste se fabrique dès qu'on coupe.
2 ingrédientsL'odeur de chou cuit et de vieil oignon : le soufré qui apparaît quand une cuisson dure quelques minutes de trop.
2 ingrédientsLe piquant qui monte au nez : la famille de la moutarde, du raifort et du wasabi, fabriquée à la coupe et perdue en vingt minutes.
2 ingrédientsLa molécule qui fait pleurer : elle n'existe pas dans l'oignon entier, elle se fabrique sous le couteau et monte droit vers l'œil.
2 ingrédientsL'affaire de l'urine d'asperge : tout le monde la produit, la moitié des gens seulement la sent.
1 ingrédientL'ail qui a attendu dans l'huile : le composé qui se forme après l'allicine et qui donne le fond chaud de l'ail confit.
1 ingrédientL'essentiel du parfum de la truffe noire, et la seule molécule que copie une huile aromatisée.
1 ingrédientLa morsure poivrée de la roquette : elle n'existe pas dans la feuille intacte, elle naît quand on la coupe.
1 ingrédientLe glucosinolate de la câpre : l'odeur de moutarde du bouton fermenté, et la raison pour laquelle on ne le mange pas cru.
1 ingrédientLe composé qui naît quand on coupe le brocoli : il demande une enzyme, et une cuisson trop longue tue l'enzyme avant lui.
1 ingrédientLa note d'œuf du kala namak : quelques grains suffisent, et une omelette sans œuf devient crédible.
1 ingrédientLa famille d'arômes qui n'existe pas dans un aliment cru : les pyrazines naissent de la réaction de Maillard et portent tout ce qu'on appelle « grillé », « torréfié », « rôti ».
136 ingrédientsL'odeur du poivron cru : la molécule qui distingue un piment vert d'un piment rouge, détectable à deux nanogrammes par litre.
3 ingrédientsL'odeur du petit pois écossé : une pyrazine verte détectable à quelques nanogrammes, qui survit à trois heures de cuisson.
3 ingrédientsL'odeur du basmati et du jasmin : la même molécule que la croûte de pain, et elle part si le riz bout à gros bouillons.
1 ingrédientL'alcool de toutes les fermentations : il ne sert pas seulement à boire, il dissout des arômes que l'eau et le gras laissent de côté.
33 ingrédientsLe piquant du poivre, qui n'est pas son odeur : deux molécules différentes dans le même grain, et deux moments différents pour l'ajouter.
14 ingrédientsLa molécule qui ne sent rien et qui explique toute l'odeur de poisson : ce qui la remplace en vieillissant est ce qu'on sent.
13 ingrédientsLe feu du piment, qui n'est pas un goût mais une douleur : elle ouvre le récepteur de la chaleur, et le cerveau croit à une brûlure.
11 ingrédientsL'odeur de poisson pas frais, et une horloge plus qu'un défaut : elle n'existe pas sur un poisson du jour, et l'acide l'empêche de partir dans l'air.
7 ingrédientsL'amertume du café et du thé, et la seule molécule de la cuisine dont on attend un effet plutôt qu'un goût.
4 ingrédientsL'amertume du cacao : une cousine de la caféine, trois fois moins stimulante, et ce qui rend le chocolat toxique pour un chien.
4 ingrédientsCe que la levure fabrique à côté de l'éthanol : les alcools lourds qui donnent la morsure d'une eau-de-vie jeune et le fond de grain d'une vodka.
3 ingrédientsLe gaz qui dit qu'un fromage est passé : le signal d'un affinage allé trop loin, et le seul défaut qu'on sente avant d'ouvrir la boîte.
3 ingrédientsL'amertume d'une pomme de terre verdie : l'alcaloïde que le tubercule fabrique à la lumière, que la cuisson ne détruit pas, et qu'il faut donc couper au couteau.
3 ingrédientsL'amertume du tonic, la fluorescence bleue sous une lumière noire, et la seule amertume de bar qui soit réglementée.
2 ingrédientsL'odeur franche de la tripe : la molécule du rumen, insupportable pure et florale à l'état de traces.
2 ingrédientsLa trace du noyau dans un kirsch : elle accompagne l'amande amère, et c'est pourquoi la distillation est réglementée.
1 ingrédientLa note musquée de la truffe : c'est une phéromone de porc, et c'est pour cela que la truie la trouve.
1 ingrédientCe qui rend une pousse de bambou fraîche toxique : un blanchiment à découvert, et le problème disparaît.
1 ingrédientCe qui rend une morille crue toxique : une cuisson franche est obligatoire, et l'eau de trempage se jette.
1 ingrédientL'un des alcools lourds d'une distillation : à petite dose il fait le végétal d'agave cuit, à forte dose le mal de tête.
1 ingrédientLe latex amer d'une salade qui monte : il se concentre dans la tige et le trognon, jamais dans la feuille.
1 ingrédientLe composé cyanogène du manioc cru : il impose le rouissage, le râpage et le grillage, dans cet ordre.
1 ingrédientL'alcaloïde du café vert qui se détruit au grillage : ce qu'il devient fait l'odeur de pain grillé de la tasse.
1 ingrédientL'amertume de la fève, et le favisme : la seule légumineuse qu'une part de la population ne peut pas manger.
1 ingrédientLes polyphénols qui assèchent la bouche : ils ne se goûtent pas vraiment, ils se touchent, en précipitant les protéines de la salive.
37 ingrédientsL'amertume du pamplemousse, et celle de l'écorce de tout agrume : elle se retire à l'eau chaude, ce qui est toute la technique des zestes confits.
9 ingrédientsLa vitamine E, et l'antioxydant que l'huile porte en elle : c'est lui qui décide combien de temps une huile tient avant de rancir.
9 ingrédientsL'amertume discrète du sarrasin, de l'asperge et de la pelure de tomate : un polyphénol qui tient dans l'eau chaude et qui part avec l'épluchage.
6 ingrédientsL'amertume acide du café et ce qui noircit une pomme de terre coupée : le substrat préféré de l'enzyme de brunissement.
5 ingrédientsCe qui rend une olive crue immangeable : le polyphénol amer que la saumure met des semaines à défaire, et qui donne à l'huile jeune son piquant de gorge.
4 ingrédientsL'amertume de l'armoise : la molécule qui donne son nom au vermouth, sa réputation au Fernet et son fond amer au pastis.
3 ingrédientsL'amertume végétale en général : la grande famille de pigments et de goûts amers qui va de la peau du poivron à l'albédo d'un agrume.
3 ingrédientsL'amertume de la gentiane : le composé qui structure un Campari, un Apérol et quelques gouttes d'Angostura, et l'un des plus amers que la cuisine emploie.
3 ingrédientsLe jaune des pelures d'oignon : le flavonoïde qui protège le bulbe pendant des mois et qui teint un bouillon en doré.
3 ingrédientsLe lignane du sésame : l'autre raison de la stabilité de son huile, et l'amertume qui monte quand les graines ont trop grillé.
3 ingrédientsCe que seule l'avoine contient : les polyphénols qui donnent son fond de céréale douce et un peu grasse.
2 ingrédientsLe foin sucré de la cannelle cassia : la note qui manque au vrai cannelier, et la seule raison de regarder de près quelle cannelle on achète.
2 ingrédientsL'amertume propre à la noix : elle vient du brou, elle tache les doigts en brun, et elle est ce que la noisette n'a pas.
2 ingrédientsL'amertume laiteuse des chicorées : le lactucarium qui perle sur une côte d'endive coupée et qui monte avec la lumière.
2 ingrédientsL'astringence de la grenade : les tanins de l'écorce, qui assèchent la bouche et qu'un jus pressé trop fort ramène toujours.
2 ingrédientsLe fond discret d'une graine : présent partout, jamais dominant, c'est ce qui laisse le chia prendre le goût du reste.
1 ingrédientL'antioxydant du romarin : il protège une huile du rancissement, et l'industrie l'utilise pour cela.
1 ingrédientL'astringence des feuilles de la famille de la menthe : elle protège l'huile et assèche un peu la bouche.
1 ingrédientL'antioxydant de la graine de moutarde : il retarde le rancissement de son huile, et il tient plusieurs années.
1 ingrédientL'amertume des côtes extérieures du céleri : plus vertes, plus dures, et plus amères que le cœur.
1 ingrédientCe qui rend le vin imbuvable après un artichaut : elle bloque les récepteurs du sucré, et l'eau qui suit paraît sucrée.
1 ingrédientL'amertume médicinale du galanga : elle sort lentement, et c'est pourquoi un tom kha se goûte avant la fin.
1 ingrédientL'amertume du houblon : elle ne naît qu'à l'ébullition, et elle devient franchement dure dans une sauce réduite.
1 ingrédientLa brûlure au fond de la gorge : c'est la signature d'une huile fraîchement pressée, pas un défaut.
1 ingrédientLes tanins qui assèchent la bouche : ils précipitent la salive, et seuls le sucre et le gras les rattrapent.
1 ingrédientL'amertume de racine de l'Apérol : les anthraquinones de la rhubarbe, qui ouvrent l'appétit et qui laxent à haute dose.
1 ingrédientL'acide du citron et de tous les agrumes : trois fonctions acides sur une petite molécule, ce qui en fait l'acidifiant le plus franc et le plus rapide de la cuisine.
41 ingrédientsL'acide de tout ce qui fermente sans alcool : yaourt, choucroute, levain, saucisson, cornichons au sel. Il acidifie en douceur, sans le mordant du vinaigre.
35 ingrédientsL'acide du vinaigre : le seul acide courant de la cuisine qui soit volatil, donc le seul qu'on sente monter au nez avant de le goûter.
23 ingrédientsL'acide de la pomme, et celui de la rhubarbe et du raisin vert : une acidité qui monte plus lentement en bouche que celle du citron et qui reste plus longtemps.
12 ingrédientsL'acide du raisin, et le seul acide alimentaire qui cristallise dans la bouteille : les paillettes au fond d'un vin blanc froid, c'est lui.
12 ingrédientsLe beurre rance, et en même temps le parmesan et le comté : la même molécule, et c'est le contexte qui décide si elle est bonne.
8 ingrédientsL'astringence de l'oseille, de l'épinard et de la rhubarbe : ce qui donne l'impression de dents qui crissent, et ce qui capte le calcium du plat.
5 ingrédientsLes trous et le goût de l'emmental, et le conservateur qui empêche un pain de moisir : la même molécule, faite par la même bactérie.
5 ingrédientsLe fond animal de la chèvre et de la brebis : l'acide gras court qui donne son nom au genre, capra, et qui divise les mangeurs.
3 ingrédientsLa réserve de phosphore du son : la molécule qui donne au complet son fond râpeux et qui retient le fer et le zinc du repas.
3 ingrédientsLe jus de citron qui empêche une pomme de noircir, et l'additif qui fait lever une pâte plus vite : le même acide dans les deux cas.
2 ingrédientsL'acidité cachée d'une mélasse : ce qui fait lever un gâteau au bicarbonate seul, sans levure chimique.
2 ingrédientsL'amertume verte des abats : ce que contient la vésicule, et la seule raison de parer un foie avec autant de soin.
2 ingrédientsL'odeur de suint de l'agneau : elle vit dans le gras, elle augmente avec l'âge de la bête, et elle se pare au couteau.
1 ingrédientCe qui pique dans une eau gazeuse : ce n'est pas la bulle, c'est l'acide qu'elle forme sur la langue.
1 ingrédientL'acidité de fond du miel : discrète, douce, mais elle empêche le miel de n'être qu'une masse sucrée.
1 ingrédientL'acidité mordante du cola : elle attendrit une marinade et empêche la boisson d'être seulement sucrée.
1 ingrédientL'acidité rêche de la canneberge : sèche et anguleuse, là où le citron est franc et rond.
1 ingrédientL'acide qui arrive en retard : elle s'hydrolyse lentement dans l'eau, et c'est ce qui donne un tofu soyeux sans grain.
1 ingrédientL'acide aminé de l'umami : sous sa forme libre, c'est lui que la langue lit comme « savoureux », et il est le point commun du parmesan, de la tomate mûre, de la sauce soja et du bouillon de volaille.
129 ingrédientsLe plus petit des acides aminés, et le seul qui soit franchement sucré : un tiers du collagène en est fait, et c'est ce qui donne son goût à un bouillon d'os.
10 ingrédientsL'acide aminé qui brunit tout ce qui est coupé, et qui cristallise en points blancs croquants dans un vieux parmesan.
7 ingrédientsL'umami de la viande et du poisson séché : seul il fait peu, avec du glutamate il multiplie par huit.
6 ingrédientsLes amplificateurs d'umami : l'inosinate de la viande, le guanylate du champignon séché, l'adénylate du coquillage. Seuls ils sont discrets, ensemble ils changent tout.
6 ingrédientsL'acide aminé qui devient histamine dans un poisson mal réfrigéré : la seule raison pour laquelle un thon ou un maquereau exige une chaîne du froid stricte.
4 ingrédientsCe qu'il reste d'un poisson entièrement digéré par ses propres enzymes : la profondeur d'un nuoc-mâm et le fond fermenté d'un anchois.
2 ingrédientsLe fond charnu des coquillages : l'acide aminé du muscle marin, qui se concentre dans le jus au fond de la casserole.
2 ingrédientsL'acide aminé qui dore une frite : c'est lui qui rencontre les sucres, et c'est lui qui fait l'acrylamide.
1 ingrédientL'acide aminé de l'écorce blanche de pastèque : c'est le goût doux d'une confiture d'écorces.
1 ingrédientCe que relâchent les levures mortes : il détend le gluten et rend collante une pâte trop levurée.
1 ingrédientLa savoureur du shiitaké séché : le séchage la fabrique, et elle multiplie celle du glutamate par huit.
1 ingrédientL'acide aminé propre au collagène : c'est lui qui tient la triple hélice, et sa quantité qui dit le temps de cuisson.
1 ingrédientLe sucre de table : un glucose et un fructose soudés, la seule molécule de la cuisine dont on mesure les grammes à la balance et les degrés au thermomètre.
110 ingrédientsLa réserve de sucre des plantes, et l'épaississant le plus utilisé de la cuisine : des milliers de glucoses en chaîne, empaquetés en grains qui gonflent à la chaleur.
93 ingrédientsLe ciment des parois végétales, et le gélifiant des confitures : la même molécule explique pourquoi une gelée prend et pourquoi une pomme de terre reste ferme dans un bouillon acide.
35 ingrédientsLa fibre : des glucoses enchaînés comme dans l'amidon, mais dans l'autre sens, ce qui les rend indigestes et incassables à la cuisson.
33 ingrédientsLe plus sucré des sucres courants : à quantité égale, une fois et demie le pouvoir sucrant du saccharose, et il brunit à plus basse température.
30 ingrédientsLe sucre du lait : à peine sucré, peu soluble, et le seul sucre qui explique en même temps le brunissement d'un gratin et le crissement d'une glace mal faite.
19 ingrédientsLa moitié linéaire de l'amidon : celle qui gélifie, qui fait tenir un riz à sushi et qui durcit un pain d'un jour.
15 ingrédientsLe sucre de référence de toute la cuisine : moins sucré que le saccharose, mais c'est lui qui brunit, qui retient l'eau et qui empêche un sorbet de prendre en bloc.
9 ingrédientsLa carapace des crustacés et la paroi des champignons : la fibre qui ne s'attendrit jamais, et celle qui explique pourquoi une carapace se fait griller plutôt que bouillir.
7 ingrédientsLe sucre du malt et de la pâte à pain : deux glucoses attachés, fabriqués par une enzyme à partir de l'amidon, jamais présents au départ.
6 ingrédientsLa moitié ramifiée de l'amidon : celle qui colle, qui épaissit sans figer, et qui fait qu'un riz rond tient au risotto.
5 ingrédientsLe filant du gombo, du lin et du chia : des sucres qui retiennent cent fois leur poids d'eau, et qu'un acide ou une poêle sèche remet en place.
5 ingrédientsLes molécules qui moussent : l'amertume du quinoa non rincé, l'écume d'une eau de pois chiches, la mousse d'une bière.
5 ingrédientsLe sucre caché de l'oignon et du poireau : des chaînes de fructose que la langue ne goûte presque pas et que la cuisson lente transforme en douceur.
4 ingrédientsDu saccharose coupé en deux : le mélange de glucose et de fructose qui empêche un sirop de cristalliser et garde un biscuit moelleux.
4 ingrédientsL'amande amère elle-même : un glucoside qui libère du cyanure quand on le mouille, et qui donne son goût à l'amaretto comme aux amaretti.
3 ingrédientsLe crémeux du porridge : les fibres solubles de l'avoine, qui épaississent sans amidon et font tenir la mousse d'un lait végétal.
3 ingrédientsLa réserve de sucre de la chicorée et de l'artichaut : une longue chaîne de fructose qui tient la feuille croquante et que l'on ne digère pas.
3 ingrédientsLe sucre de réserve du foie et du muscle : la douceur d'un foie de volaille, et la raison pour laquelle une bête stressée donne une viande différente.
2 ingrédientsLe sucre des haricots que l'intestin humain ne sait pas couper : une douceur discrète, et les désagréments qui vont avec.
2 ingrédientsLe sucre-alcool de la poire et du pruneau : il sucre à moitié, il retient l'eau, et il est laxatif à la dose d'une poignée.
2 ingrédientsLe sucre des champignons et des levures : moitié moins sucré que le saccharose, et ce qui protège une cellule de la congélation.
2 ingrédientsCe qui rend l'eau de trempage du kombu légèrement visqueuse : le polymère d'algue brune qui donne au dashi sa tenue en bouche.
1 ingrédientL'autre moitié de l'agar-agar : elle ne gélifie pas, elle empêche le gel de rendre son eau.
1 ingrédientLe gel qui tranche au couteau : le polymère d'algue rouge qui doit bouillir pour prendre et qui fond seulement vers quatre-vingts degrés.
1 ingrédientLes fibres du son : elles retiennent dix fois leur poids d'eau, ce qui garde une mie complète humide.
1 ingrédientCe qui fait gonfler un champignon noir séché de plusieurs fois son volume, et lui donne son croquant.
1 ingrédientLe sucré de la réglisse : cinquante fois le pouvoir du sucre, une attaque lente et une longueur interminable.
1 ingrédientL'épaississant des briques de lait de coco : il empêche la séparation qu'une boîte traditionnelle affiche fièrement.
1 ingrédientLa poudre blanche sur la feuille de kombu séchée : elle est sucrée, pas salée, et il ne faut surtout pas la laver.
1 ingrédientLa douceur du pois sec et les flatulences qui vont avec : ils ne sont pas digérés, ils sont fermentés.
1 ingrédientL'amertume du safran : c'est elle qui distingue un vrai safran d'un colorant, et elle se goûte.
1 ingrédientCe dont sont faites toutes les matières grasses de la cuisine : un glycérol portant trois acides gras, dont la nature décide si la graisse est un beurre, une huile ou un saindoux.
70 ingrédientsL'acide gras majoritaire de l'huile d'olive, de l'avocat et du gras de canard : une seule double liaison, ce qui est le meilleur compromis entre la fluidité et la résistance à la chaleur.
29 ingrédientsL'émulsifiant du jaune d'œuf : une molécule avec une tête qui aime l'eau et deux queues qui aiment le gras, ce qui est la définition d'une mayonnaise.
11 ingrédientsL'acide gras majoritaire des huiles de graines, et celui par lequel elles rancissent : deux doubles liaisons, deux points faibles.
7 ingrédientsLe gras des poissons gras : six doubles liaisons, ce qui le rend liquide au froid, précieux pour la santé et catastrophiquement fragile à l'air.
5 ingrédientsLe gras qui fige à température ambiante : l'acide gras saturé qui fait tenir une huile de coco en pommade et une crème de coco en couche solide au sommet de la boîte.
4 ingrédientsL'émulsifiant du soja : les phospholipides qui tiennent le gras dans un tofu et permettent au tofu soyeux de remplacer l'œuf.
3 ingrédientsL'oméga-3 végétal : ce qui rend l'huile de colza et de lin nutritionnellement précieuse et culinairement fragile.
2 ingrédientsL'oméga-3 marin : cinq doubles liaisons, une chair qui fond en bouche, et une huile qui rancit en quelques jours.
2 ingrédientsLe gras saturé du saindoux : solide à température ambiante, et c'est cette fermeté qui sable une pâte.
1 ingrédientLe gras propre au pin : il donne au pignon son onctuosité, et il explique aussi le goût de pignon amer.
1 ingrédientLa molécule du cacao dont on parle plus qu'elle n'agit : présente, réelle, et à une dose sans effet.
1 ingrédientL'émulsifiant du pain de mie industriel : il retarde le rassissement en bloquant la recristallisation de l'amidon.
1 ingrédientLe cœur de la lécithine : une tête qui aime l'eau, deux queues qui aiment le gras, et une émulsion qui tient.
1 ingrédientLes quatre cinquièmes des protéines du lait, organisées en micelles : elles ne coagulent pas à la chaleur mais à l'acide et à la présure, ce qui est toute la différence entre un lait bouilli et un fromage.
48 ingrédientsLe tissu conjonctif des viandes : dur à froid, dur à cuisson rapide, et fondant si on lui laisse le temps, parce qu'il se transforme alors en gélatine.
41 ingrédientsLe réseau élastique qui tient un pain : deux protéines du blé, gliadine et gluténine, qui n'existent séparément que jusqu'au moment où l'on ajoute l'eau.
37 ingrédientsLa protéine contractile du muscle : c'est elle qui se dénature la première, vers 50 à 55 °C, et c'est elle qui décide si une viande garde son jus ou le rend.
22 ingrédientsLa protéine majoritaire du blanc d'œuf, celle qui décide à quelle température un blanc prend et pourquoi une mousse d'œuf tient.
19 ingrédientsLes protéines de réserve des légumineuses et des graines : celles qui font tenir un falafel, une farine de pois chiche, un tofu.
10 ingrédientsCe qu'une graine met de côté pour germer, et ce qu'on mange quand on mange une farine, une lentille ou une amande.
8 ingrédientsLe collagène défait par la cuisson : le seul gélifiant qui fonde à la température du corps, ce qui est toute la sensation d'un bouillon corsé.
7 ingrédientsLa protéine qui verrouille le muscle : celle qui décide qu'une viande soit tendre ou contractée, et l'allergène majeur des crustacés.
6 ingrédientsLe nerf blanc qu'aucune cuisson n'attendrit : la protéine que le couteau doit retirer parce que la casserole ne peut rien contre elle.
5 ingrédientsLa protéine du petit-lait : celle qui reste dans le liquide quand la caséine caille, et celle qui forme la peau sur un lait chaud.
5 ingrédientsCe qui tient le blanc d'œuf épais : la protéine qui se défait avec l'âge, et l'unique raison pour laquelle un œuf frais s'étale moins.
5 ingrédientsLa protéine qui fait le tofu : la principale réserve du soja, celle que le nigari fait floculer et que l'extrusion aligne en fibres.
4 ingrédientsLa protéine soluble du foie et du sang : celle qui coagule vers soixante-dix degrés et qui lie une terrine sans qu'on ajoute beaucoup d'œuf.
3 ingrédientsCe qui tient le gras dans un lait de coco : la raison pour laquelle un curry qui bout se sépare et un curry qui frémit reste lisse.
2 ingrédientsCe qui fait tenir une meringue sans œuf : les protéines solubles du pois chiche, passées dans l'eau de la conserve.
1 ingrédientLa protéine qui tient le lait d'amande en suspension : sans elle, la boisson se sépare en trois minutes.
1 ingrédientLa protéine qui fait prendre une sauce satay en masse dès qu'il manque du liquide.
1 ingrédientLa protéine du blanc que le cuivre stabilise : c'est elle, la raison du cul-de-poule en cuivre.
1 ingrédientLa moitié extensible du gluten : elle laisse la pâte s'étirer, et c'est elle qui permet d'allonger un seitan.
1 ingrédientLa moitié élastique du gluten : elle donne le rappel, et le côté caoutchouteux d'un seitan trop pétri.
1 ingrédientLes protéines de sérum du jaune : elles coagulent vers 65 °C, ce qui fixe la température d'une crème anglaise.
1 ingrédientLa lectine du haricot rouge cru : la seule raison pour laquelle un haricot doit bouillir dix minutes à gros bouillons.
1 ingrédientLa protéine du maïs : elle ne fait pas de gluten, mais réorganisée par la chaux elle tient une tortilla.
1 ingrédientLe vert des légumes verts : un pigment centré sur un atome de magnésium, et c'est la perte de ce magnésium qui fait passer les haricots du vert vif au vert kaki.
31 ingrédientsLe brun de tout ce qui a bruni : les polymères finaux de la réaction de Maillard, qui donnent la couleur d'une croûte, d'un café, d'une bière brune et d'un fond de veau.
28 ingrédientsLes pigments rouges, violets et bleus des fruits et des légumes, et les seuls dont la couleur change avec le pH sous vos yeux.
24 ingrédientsLe pigment rouge de la viande, et le thermomètre le plus honnête dont on dispose : c'est sa dénaturation qui fait passer un steak du rouge au rose puis au gris.
23 ingrédientsL'orange de la carotte, et la vitamine A avant qu'elle en soit une : le corps la coupe en deux pour la fabriquer.
16 ingrédientsLe rouge de la tomate et de la pastèque, et le seul pigment que la cuisson rend plus disponible qu'il ne l'était cru.
12 ingrédientsLe rouge du paprika : ni la tomate ni la carotte, un pigment propre au piment mûr, et celui qui brûle le plus facilement dans une poêle.
10 ingrédientsLe rose du saumon et le rouge d'une crevette cuite : le pigment est là avant la cuisson, mais une protéine le tient et le cache.
5 ingrédientsLe jaune du curcuma : un colorant qui vire au rouge dès que le milieu devient basique, et qui s'efface à la lumière.
5 ingrédientsLe rose du jambon : la myoglobine qui a fixé une molécule d'oxyde d'azote, et le seul rouge de viande qui survive à la cuisson.
5 ingrédientsLe jaune du jaune d'œuf : un caroténoïde que la poule ne fabrique pas et qu'elle prend dans ce qu'elle mange, ce qui fait de la couleur un indice de ration.
4 ingrédientsL'orange de la clémentine : le caroténoïde de l'agrume, qui teint une gelée sans colorant et que le corps convertit en vitamine A.
3 ingrédientsLa famille du jaune et de l'orange : les pigments du blé dur, de la carotte et du poivron, tous solubles dans le gras et dans rien d'autre.
3 ingrédientsLe noir de l'encre de calmar et de la truffe : un pigment insoluble qui colore sans rien apporter au goût ni à la texture.
3 ingrédientsLe jaune du maïs : le caroténoïde qui donne sa couleur solaire à une polenta et qui ne part pas dans l'eau de cuisson.
3 ingrédientsLe rouge de la cochenille : un seul trempage teint un biscuit de part en part, et il vire au violet en milieu acide.
2 ingrédientsLe gris du blé noir : les pigments du tégument qui donnent leur couleur à la galette et leur nom au sarrasin.
2 ingrédientsLe rouge de la betterave : il teint tout ce qu'il touche, il se décolore à la cuisson longue, et l'acide le sauve.
1 ingrédientLe jaune et l'orange des côtes de blettes : elles pâlissent nettement dès qu'on les met à bouillir.
1 ingrédientLe jaune du safran, et le seul caroténoïde soluble dans l'eau : c'est pourquoi il teint un riz entier.
1 ingrédientL'orange fluorescent de l'Apérol : un colorant de synthèse, stable à tout, et le seul spritz qu'on reconnaît de loin.
1 ingrédientLe violet de la peau d'aubergine : il vire au brun terne dans l'acide et fuit dans l'eau de cuisson.
1 ingrédientLe rouge de l'algue crue : il vire au vert sombre à la chaleur, et ce virage est le signal que le nori est prêt.
1 ingrédientLe beige d'une compote maison : le citron le retarde, la chaleur vive l'empêche, rien ne l'annule vraiment.
1 ingrédientLe reflet vert du petit-lait : une vitamine fluorescente que la lumière détruit, d'où la bouteille opaque.
1 ingrédientL'enzyme du brunissement : ce qui noircit une pomme coupée, un avocat, un champignon, et la seule chose que les remèdes visent.
9 ingrédientsL'enzyme de l'ail et de l'oignon : rien ne sent avant qu'elle travaille, et c'est le couteau qui la met en marche.
8 ingrédientsL'enzyme qui coupe l'amidon en sucre : celle du malt, celle de la salive, et celle qui rend une patate douce sucrée si le four est assez doux.
8 ingrédientsL'enzyme des choux et des moutardes : elle est rangée à part dans la plante, et c'est le couteau qui la libère.
6 ingrédientsL'enzyme de l'ananas cru qui coupe les protéines : elle attendrit une viande marinée et interdit à toute gelée de prendre.
2 ingrédientsLes ciseaux du gras : elles font le piquant d'un roquefort et le rance d'un flocon d'avoine, avec exactement la même réaction.
2 ingrédientsL'enzyme qui noircit tout ce qui est coupé : la pomme, la pomme de terre, le champignon, l'avocat, l'artichaut.
2 ingrédientsLe moteur de la levure : le jeu d'enzymes qui transforme le sucre en gaz et en alcool, et qui décide de toutes les températures du pain.
2 ingrédientsCe qui rend une patate douce sucrée : elle fabrique du maltose au four, mais seulement si on lui laisse le temps.
1 ingrédientL'enzyme qui fabrique la vanilline : une gousse verte n'a aucun parfum tant qu'elle n'a pas travaillé.
1 ingrédientCe qui attendrit une côte de bœuf sans cuisson : les enzymes de la maturation, actives pendant deux semaines.
1 ingrédientLa protéase du latex de figue : elle attendrit une viande, elle fait cailler un lait, et elle empêche une gelée de prendre.
1 ingrédientL'enzyme que l'abeille ajoute au miel : elle fabrique un peroxyde, et c'est ce qui rend le miel antiseptique.
1 ingrédientL'enzyme qui blanchit une mie en la pétrissant : elle oxyde les pigments de la farine, et l'arôme avec.
1 ingrédientL'antibiotique naturel du blanc d'œuf : il perce la paroi des bactéries, et c'est pourquoi un œuf se garde hors du réfrigérateur.
1 ingrédientL'enzyme qui rend un camembert coulant : elle travaille de la croûte vers le cœur, et le froid l'arrête.
1 ingrédientCe qui fabrique la savoureur du miso : elle découpe le soja en acides aminés, et l'ébullition la tue.
1 ingrédientLes enzymes qui coupent les protéines : elles attendrissent, elles digèrent, et elles font le goût d'un tempeh.
1 ingrédientLa protéase du gingembre frais : elle attendrit une marinade et empêche un lait de prendre.
1 ingrédientLe sel : deux ions, et le seul additif que toute cuisine du monde emploie, autant pour ce qu'il fait au goût que pour ce qu'il fait aux protéines et à l'eau.
110 ingrédientsLa molécule majoritaire de presque tout ce qu'on cuisine, et la seule dont le comportement fixe les températures de la cuisine : 0 °C, 100 °C, et l'écart entre l'eau libre et l'eau liée.
37 ingrédientsLe gaz de tout ce qui lève et de tout ce qui pétille, et le seul ingrédient qui fait le travail puis disparaît.
11 ingrédientsLe fer de la viande et du sang : celui que le corps absorbe le mieux, et celui qui donne son goût de métal à un foie et à une viande saignante.
9 ingrédientsLa poudre qui lève sans levure, qui brunit un oignon en dix minutes et qui rend un pois chiche tendre : trois usages, un seul mécanisme, le pH.
8 ingrédientsLe sel qui rose : ce qui donne au jambon sa couleur, son goût de salaison, et ce qui empêche le botulisme dans une charcuterie.
6 ingrédientsLe sel amer de la mer : ce qui donne du relief à une fleur de sel, et ce qui fait prendre le tofu sous le nom de nigari.
4 ingrédientsCe qui fait croquer une fleur de sel : le minéral qui rigidifie le cristal, l'empêche de prendre en bloc et fait prendre le tofu.
3 ingrédientsLe ciment du caillé : ce qui permet à une mozzarella de filer, à un yaourt grec de tenir et à un haricot de rester dur dans une eau calcaire.
2 ingrédientsL'alcalin des nouilles ramen et du bretzel : le sel qui rend une pâte jaune, élastique et sonore.
2 ingrédientsLe fond marin d'une algue et d'une fleur de sel : l'oligo-élément qui devient médicinal si l'on fait bouillir le kombu.
2 ingrédientsLe calcaire de l'eau du robinet : il raffermit tout ce qu'il touche, ce qui sauve un cornichon et ruine une lentille.
1 ingrédientCe qui gêne un levain : il désinfecte l'eau du robinet, et il désinfecte aussi ce qu'on essaie de faire pousser.
1 ingrédientLe sel de fonte : il disperse la caséine et donne un fromage fondu qui ne tranche jamais, même bouillant.
1 ingrédientLa chaux de la nixtamalisation : elle dissout le son du maïs, libère la vitamine et rend la masa malléable.
1 ingrédientCe qui rend une pâte alcaline : il accélère Maillard, jaunit les nouilles et fonce le bretzel.
1 ingrédientLe fond métallique des épinards de serre : ils s'accumulent dans les tiges, et se rincent en partie à l'eau.
1 ingrédientLes aiguilles du taro : des cristaux qui piquent la peau et la bouche, et que seule la cuisson désarme.
1 ingrédientL'acide sec d'une levure chimique à double action : une poussée à l'eau, une seconde au four.
1 ingrédientCe qui rend le kala namak violet : un bloc sombre qui donne une poudre rose pâle.
1 ingrédientLe cerne vert-gris autour d'un jaune trop cuit : inoffensif, laid, et parfaitement évitable.
1 ingrédientVous cherchez plutôt l'inverse — quelle molécule se trouve dans quoi ? Le tableau récapitulatif croise les 344 molécules et les ingrédients qui les contiennent, en une page.
17entrées des fiches ne sont pas des molécules et n'ont donc pas de page : ce sont des tissus, des micro-organismes ou des grandeurs physiques (air dissous, bacillus cereus, beurre de cacao, brévibactérie…).