C42H62O16822,93 g/mol
Le sucré de la réglisse : cinquante fois le pouvoir du sucre, une attaque lente et une longueur interminable.
La réglisse sucre sans sucre, et beaucoup plus qu'on ne l'imagine. C'est ce qui explique le paradoxe d'un pastis, très peu sucré à l'analyse et pourtant rond en bouche, et celui d'une tisane de réglisse qui n'a besoin de rien. Le sucré n'a pas le même profil que celui du saccharose : il arrive tard, il monte lentement et il reste très longtemps, avec un fond légèrement amer et salé. Deux conséquences en cuisine. Un dessert à la réglisse se goûte à retardement, et le sucrer au palais habituel conduit à un plat écœurant vingt secondes plus tard : il faut attendre avant de rectifier. Et la réglisse s'accorde avec ce qui sait porter une longueur, agneau, betterave, chocolat noir, fruits rouges, plutôt qu'avec un dessert vif. Un point de prudence qui vaut d'être connu : consommée en grande quantité et régulièrement, la réglisse fait monter la tension et baisser le potassium, effet réel et documenté, ce qui vise le bâton mâché quotidiennement ou le litre de tisane, pas le pastis du dimanche ni deux bonbons. Elle est hydrosoluble et résiste très bien à la cuisson.
réglisse, sucré tardif et persistant, fond légèrement amer
Non volatile : elle ne s’évapore pas : elle ne se sent pas au nez, elle se goûte, et la cuisson ne l’emporte pas.
La réglisse la fournit et donne la douceur d'un pastis pourtant peu sucré.
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