Naringine

C27H32O14580,53 g/mol

polyphénol
goût

L'amertume du pamplemousse, et celle de l'écorce de tout agrume : elle se retire à l'eau chaude, ce qui est toute la technique des zestes confits.


🔬 Carte d’identité

Nature
composé défini
Famille chimique
polyphénol
Point de fusion
171 °C
Nom systématique
naringénine 7-O-néohespéridoside
Numéro CAS
10236-47-2

🍳 En cuisine

Elle est concentrée dans l'albédo, la partie blanche entre le zeste et la chair, et pas dans l'huile essentielle du zeste : c'est pourquoi un zeste prélevé à la microplane parfume sans amertume et un zeste pelé au couteau amère. Elle est mille fois plus amère que le sucre n'est sucré, et elle reste perceptible à quelques milligrammes par litre, ce qui explique qu'une marmelade mal préparée soit irrécupérable. Elle est soluble dans l'eau chaude et peu dans l'eau froide, et c'est ce qui rend la technique classique efficace : blanchir les écorces deux ou trois fois en jetant l'eau enlève l'essentiel de l'amertume sans toucher aux arômes, qui sont liposolubles et restent. Elle est stable à la chaleur, donc rien ne l'atténue par la cuisson seule, et elle augmente dans un jus pressé qui attend, une enzyme du fruit en libérant davantage : un jus de pamplemousse est plus amer une heure après.


👃 Au nez et en bouche

Goûts qu’elle porte
amer

🌡️ Volatilité

  1. très volatile
  2. volatile
  3. peu volatile
  4. non volatile

Non volatile : elle ne s’évapore pas : elle ne se sent pas au nez, elle se goûte, et la cuisson ne l’emporte pas.


⚗️ Ce qui la retient et ce qui la casse

Où elle se dissout

Le liquide qui l’emporte, donc celui dans lequel la mettre.
Dans l’eau
peu soluble à froid, soluble à chaud
Dans le gras
insoluble
Dans l’alcool
soluble

Ce qui la dégrade

Jusqu’où la chauffer, et ce qui l’abîme avant même la cuisson.
À la chaleur
stable : elle ne s'atténue pas à la cuisson, elle se retire par blanchiment.
En milieu acide
stable ; en milieu très acide et chaud elle libère son aglycone, un peu moins amer.

🥘 Ce qu’elle fait, ingrédient par ingrédient

  • Elle porte l'amertume de la peau blanche, que les confiseurs atténuent par des blanchiments successifs.

    Cèdra confit
  • Elle habite la peau blanche et rend amer un zeste prélevé trop profondément.

    Citron
  • Elle donne l'amertume de fond de la peau blanche, adoucie mais jamais effacée par le confisage.

    Citron confit
  • Elle rend le zeste de lime plus amer que celui du citron, d'où la râpe légère dans un dessert.

    Citron vert
  • Elle vient de l'orange amère et donne le contrepoint qui empêche la liqueur d'être sirupeuse.

    Cointreau
  • Elle rend le jus du combava trop amer pour être bu, contrairement à celui du citron vert.

    Combava (Lime Kaffir)
  • Elle vient du bigaradier et donne l'amertume qui apparaît dès qu'on force la dose.

    Eau de fleur d'oranger
  • Elle survit dans l'albédo et donne l'amertume qui empêche l'écorce d'être écoeurante.

    Oranges confites
  • Elle se concentre dans le ziste blanc et donne l'amertume d'un zeste mal prélevé.

    Zeste d'orange

🧪 Les mécanismes où elle joue

  • Diffusion et infusion

    Les molécules d'arôme migrent du milieu concentré vers le dilué : marinades, thé, bouillons, épices dans une sauce.
  • Solubilité des arômes

    Certains arômes se dissolvent dans le gras, d'autres dans l'eau ou l'alcool : d'où l'intérêt de faire revenir les épices ou de flamber.
  • Extraction des sucs et déglaçage

    Les sucs caramélisés au fond du récipient se dissolvent dans un liquide : c'est la base des sauces.

⬡ Molécules proches

Celles qui partagent ses familles d’arôme, sa famille chimique ou sa fonction. C’est par là qu’on cherche un remplaçant.


Sources

Où les nombres de cette page ont été vérifiés.
  • pubchem.ncbi.nlm.nih.gov/compound/Naringin