Collagène

protéine
texture

Le tissu conjonctif des viandes : dur à froid, dur à cuisson rapide, et fondant si on lui laisse le temps, parce qu'il se transforme alors en gélatine.


🔬 Carte d’identité

Composition
protéine (triple hélice, motif glycine-proline-hydroxyproline)
Nature
macromolécule
Famille chimique
protéine
Numéro CAS
9007-34-5

🍳 En cuisine

Le collagène est la raison pour laquelle un morceau de bœuf est soit à griller, soit à braiser, et jamais les deux. Ses triples hélices se contractent vers 60 à 65 °C (le morceau se raidit et perd du jus), puis s'hydrolysent lentement en gélatine au-delà de 70 °C, en quelques heures : c'est ce qui fait la joue de bœuf, le jarret, le pot-au-feu et le fond de veau qui prend en gelée au frais. Un filet, presque sans collagène, n'a rien à gagner à cette attente. Un milieu légèrement acide accélère l'hydrolyse, ce qui est le rôle du vin ou de la tomate dans un braisé.


👃 Au nez et en bouche

aucune


🌡️ Volatilité

  1. très volatile
  2. volatile
  3. peu volatile
  4. non volatile

Non volatile : elle ne s’évapore pas : elle ne se sent pas au nez, elle se goûte, et la cuisson ne l’emporte pas.


⚗️ Ce qui la retient et ce qui la casse

Où elle se dissout

Le liquide qui l’emporte, donc celui dans lequel la mettre.
Dans l’eau
insoluble ; sa forme hydrolysée, la gélatine, est soluble à chaud
Dans le gras
insoluble

Ce qui la dégrade

Jusqu’où la chauffer, et ce qui l’abîme avant même la cuisson.
À la chaleur
il se contracte vers 60 à 65 °C et s'hydrolyse en gélatine au-delà de 70 °C, d'autant plus vite qu'il fait chaud et humide.
En milieu acide
l'acide accélère l'hydrolyse : un braisé au vin attendrit plus vite qu'un braisé à l'eau.

🧰 Le rôle qu’elle explique

Dans une préparation, les fiches lui font tenir ce rôle
gélifiant
structurant

🥘 Ce qu’elle fait, ingrédient par ingrédient

  • Il tient l'épaule et le collier fermes tant que la cuisson est courte.

    Agneau
  • Il donne aux couches de chaudins leur mâche ferme et le dessin concentrique de la tranche.

    Andouille de Guémené
  • Il est rare dans le blanc, raison pour laquelle ce morceau ne gagne rien à une cuisson longue.

    Blanc de poulet
  • Il rend le morceau dur à la cuisson rapide.

    Bœuf à mijoter
  • Il tient la chair en feuillets.

    Brochet
  • Il sépare la chair en gros feuillets.

    Cabillaud
  • Il rend la chair caoutchouteuse entre deux minutes et trente minutes de cuisson.

    Calamars
  • Il rend le coeur ferme et nerveux comme tout muscle qui travaille sans arrêt.

    Cœur de porc
  • Il tient la cuisse ferme tant que la cuisson n'a pas commencé son travail.

    Confit de canard
  • Il tient ces organes fermes et impose une cuisson soit très brève, soit longuement mouillée au vin.

    Coratella d'agneau
  • Il est peu présent dans ce muscle peu sollicité, ce qui autorise la cuisson rapide et saignante.

    Côte de bœuf
  • La couenne hachée en fournit énormément.

    Cotechino
  • Il forme le réseau de la membrane et la rend assez résistante pour tenir une farce à la cuisson.

    Crépine de porc
  • Il tient la cuisse crue et fond entièrement pendant les heures passées dans la graisse tiède.

    Cuisse de confit de canard
  • Il tient ce muscle beaucoup sollicité et le rend ferme à cru.

    Cuisse de poulet
  • Il sépare la chair en feuillets fermes qui tiennent bien une cuisson au four en croûte de sel.

    Dorade
  • Il forme le nerf central qu'on retire, le reste du muscle en contenant trop peu pour gêner.

    Entrecôte
  • Il abonde dans ce muscle qui travaille.

    Épaule de porc
  • Il donne la mâche ferme et légèrement élastique, déjà attendrie par la stérilisation en boîte.

    Escargots en conserve
  • Il sépare la chair en feuillets et fond si vite que le poisson s'émiette dès qu'il est trop cuit.

    Filet de poisson blanc
  • Le muscle du gésier en est chargé.

    Gésiers de canard confits
  • Le jarret en est saturé, plus qu'aucun autre morceau du porc.

    Jarret de porc
  • Abondant chez le jeune animal, il fond vite et donne l'onctuosité d'un osso buco.

    Jarret de veau
  • Il abonde dans les cuisses et demande le mijotage lent d'un lapin à la moutarde.

    Lapin
  • La queue en est riche, bien plus qu'un poisson plat.

    Lotte
  • Il fond au pochage et donne l'onctuosité qui permet de monter une brandade à l'huile.

    Morue salée
  • Les tissus autour de l'os fondent en gélatine et corsent le bouillon.

    Os à moelle
  • Il est si abondant qu'un seul pied fait prendre en gelée une terrine entière.

    Pied de veau
  • Les arêtes et les têtes en sont chargées et donnent le corps d'une soupe passée.

    Poissons de roche
  • Il fond en gélatine après des heures de cuisson douce et rend la poitrine fondante.

    Poitrine de porc
  • Les cuisses en sont riches et donnent la chair fondante d'une cuisson lente.

    Poulet fermier
  • Très abondant, il rend le poulpe caoutchouteux jusqu'à ce qu'il fonde en gélatine.

    Poulpe
  • Il fond en gélatine à la cuisson longue et lie la farce d'une préparation hachée.

    Poumon de porc
  • Peu abondant dans l'échine, il ne compense pas la perte d'eau d'une cuisson longue.

    Rôti de porc
  • Il fond dès quelques minutes et fait la fragilité d'un filet trop manipulé.

    Sandre
  • Le muscle d'un animal qui court en est chargé et impose une cuisson de plusieurs heures.

    Sanglier
  • Le boyau de mouton donne le claquement sous la dent qui vaut son nom à la knack.

    Saucisse de Strasbourg
  • Il fond en quelques minutes et permet de lever le filet d'une sole cuite entière.

    Sole
  • Il fond en gélatine après trois heures de cuisson douce et donne la chair fondante.

    Travers de Porc
  • Il domine la panse et impose les six heures de cuisson des tripes à la mode de Caen.

    Tripes de bœuf
  • Jeune et peu réticulé, il fond vite et donne le moelleux d'une blanquette.

    Veau

🔥 Ce qui la libère, la détruit ou la transforme

  • Il fond en gélatine après plusieurs heures en cuisson douce, ce qui rend le gigot de sept heures coulant.

    Agneau
  • Il fond en gélatine après des heures de cuisson douce et donne la sauce nappante du mijoté.

    Bœuf à mijoter
  • Il fond très vite à la chaleur, d'où un poisson qui s'émiette dès qu'il est trop cuit.

    Brochet
  • Il fond à basse température, d'où un poisson qui se défait à la fourchette dès qu'il est cuit.

    Cabillaud
  • Il fond après une longue cuisson douce, d'où le calamar soit saisi très vite, soit mijoté longtemps.

    Calamars
  • Il fond en cuisson longue, d'où un organe soit saisi très vite, soit mijoté des heures.

    Cœur de porc
  • Il fond entièrement dans la graisse à basse température, ce qui rend la chair filandreuse et fondante.

    Confit de canard
  • Il fond en gélatine à la cuisson longue et donne la texture gluante propre au cotechino.

    Cotechino
  • Il fond en gélatine à la cuisson longue, ce qui rend la cuisse impossible à dessécher.

    Cuisse de poulet
  • Il fond en gélatine après des heures à basse température, ce qui donne l'effiloché.

    Épaule de porc
  • Le confisage lent le transforme en gélatine et rend la chair tendre sous la dent.

    Gésiers de canard confits
  • Il fond en gélatine après trois heures de cuisson douce et donne un bouillon qui prend au froid.

    Jarret de porc
  • Il tient la chair en un bloc ferme là où un autre poisson se serait déjà émietté.

    Lotte

🧪 Les mécanismes où elle joue

  • Dénaturation des protéines

    La chaleur, l'acide ou le fouettage déplient les protéines et changent la texture (viande qui raffermit, poisson qui « cuit » au citron).
  • Gélification

    Gélatine, pectine ou agar-agar piègent l'eau dans un réseau : confitures, panna cotta, gelées.
  • Repos de la viande

    Après cuisson, les fibres se détendent et les jus se redistribuent : une viande reposée reste juteuse à la découpe.

⬡ Molécules proches

Celles qui partagent ses familles d’arôme, sa famille chimique ou sa fonction. C’est par là qu’on cherche un remplaçant.


Sources

Où les nombres de cette page ont été vérifiés.
  • pubchem.ncbi.nlm.nih.gov/substance/347827096