Myoglobine
Le pigment rouge de la viande, et le thermomètre le plus honnête dont on dispose : c'est sa dénaturation qui fait passer un steak du rouge au rose puis au gris.
🔬 Carte d’identité
- Composition
- protéine héminique, 153 acides aminés, un atome de fer
- Masse molaire
- 17000 g/mol
- Nature
- macromolécule
- Familles chimiques
- pigment, protéine
- Numéro CAS
- 9008-46-2
🍳 En cuisine
Le rouge d'une viande n'est pas du sang, c'est cette protéine qui stocke l'oxygène dans le muscle. Sa quantité fait la différence entre une viande blanche et une viande rouge, et entre un blanc et une cuisse de poulet. À la cuisson elle change trois fois : pourpre à cœur sans oxygène, rouge vif au contact de l'air, brun-gris une fois dénaturée vers 65 à 75 °C. C'est pourquoi la couleur reste un bon indicateur de cuisson, avec deux pièges connus : dans une viande jeune ou congelée elle peut brunir dès 55 °C, et dans un four à basse température ou avec un nitrite (jambon, poitrine fumée) elle garde un rose stable même bien cuite.
👃 Au nez et en bouche
aucune ; l'odeur métallique du sang vient de son fer
🌡️ Volatilité
- très volatile
- volatile
- peu volatile
- non volatile
Non volatile : elle ne s’évapore pas : elle ne se sent pas au nez, elle se goûte, et la cuisson ne l’emporte pas.
⚗️ Ce qui la retient et ce qui la casse
Où elle se dissout
Le liquide qui l’emporte, donc celui dans lequel la mettre.- Dans l’eau
- soluble : c'est elle qui rougit le jus au fond du plat
- Dans le gras
- insoluble
Ce qui la dégrade
Jusqu’où la chauffer, et ce qui l’abîme avant même la cuisson.- À la chaleur
- elle se dénature entre 65 et 75 °C, et c'est ce virage brun-gris qu'on lit comme « à point » puis « bien cuit ».
- En milieu acide
- un pH bas accélère le brunissement, ce qui est pourquoi une viande marinée paraît plus cuite qu'elle ne l'est.
- À l’air
- à l'air elle passe par le rouge vif puis brunit, d'où la surface qui grise dans le réfrigérateur alors que l'intérieur reste rouge.
🧰 Le rôle qu’elle explique
🥘 Ce qu’elle fait, ingrédient par ingrédient
Elle donne le rouge de la viande crue.
Bœuf à mijoterElle est très concentrée dans ce muscle constamment sollicité et lui donne sa couleur rouge sombre.
Cœur de porcElle donne le brun sombre que prennent poumon et coeur dès qu'ils sont saisis.
Coratella d'agneauElle donne le rouge de la viande crue et vire au brun gris selon la cuisson atteinte à coeur.
Côte de bœufElle est plus abondante que dans le blanc et donne à la cuisse sa chair sombre et son goût plus franc.
Cuisse de pouletElle donne le rouge cru et sa dégradation progressive marque le passage de saignant à bien cuit.
EntrecôteElle est plus présente que dans le filet et donne à l'épaule sa couleur rosée soutenue.
Épaule de porcElle donne le brun rouge de l'organe cru et le gris rosé d'une terrine cuite au bain-marie.
Foie de porcElle donne le rouge sombre du foie cru et le rose que la cuisson juste doit préserver.
Foie de volailleLe muscle très sollicité en est riche et donne une chair plus sombre qu'un filet.
Jarret de porcPeu abondante chez le veau, elle donne la chair claire qui pâlit dès le début de la cuisson.
Jarret de veauPeu abondante, elle donne la chair pâle qui rapproche le lapin d'une volaille.
LapinLe muscle de vol en est riche et donne le rouge sombre presque noir de la chair séchée.
Magrets de canard séchéElle donne la bande rouge sombre le long de l'arête, la plus riche en goût du filet.
MaquereauPeu abondante, elle donne la chair pâle qui blanchit dès le début de cuisson.
Poitrine de porcElle abonde dans les cuisses et donne la chair sombre par rapport au blanc.
Poulet fermierElle donne le rose sombre de l'organe et brunit dès le début de la cuisson.
Poumon de porcElle donne le rose de la chair, qui vire au gris pâle à coeur bien cuit.
Rôti de porcTrès abondante chez un animal sauvage, elle donne la chair rouge sombre et le goût de gibier.
SanglierTrès abondante chez ce grand nageur, elle donne le rouge sombre et le goût de viande.
Thon fraisElle donne la couleur rosée que le nitrite d'une saumure fixe dans un travers fumé.
Travers de PorcPeu abondante chez un animal jeune, elle donne la chair pâle du veau.
VeauElle donne le rouge du haché cru et vire au gris dès soixante-dix degrés.
Viande de bœuf hachée
🔥 Ce qui la libère, la détruit ou la transforme
Elle vire au brun gris vers la fin du mijotage, ce qui est le signe attendu et non un défaut.
Bœuf à mijoter
🧺 Où on la trouve : 23 ingrédients
Bœuf à mijoter
Cœur de porc
Coratella d'agneau
Côte de bœuf
Cuisse de poulet
Entrecôte
Épaule de porc
Foie de porc
Foie de volaille
Jarret de porc
Jarret de veau
Lapin
Magrets de canard séché
Maquereau
Poitrine de porc
Poulet fermier
Poumon de porc
Rôti de porc
Sanglier
Thon frais
Travers de Porc
Veau
Viande de bœuf hachée
🧪 Les mécanismes où elle joue
- La chaleur, l'acide ou le fouettage déplient les protéines et changent la texture (viande qui raffermit, poisson qui « cuit » au citron).
- Les températures à cœur qui détruisent les pathogènes : volaille 74 °C, viande hachée 70 °C, œufs peu cuits = fraîcheur exigée.
- Conduction, convection et rayonnement ne chauffent pas pareil : poêle, four, friture et vapeur donnent des résultats différents.
⬡ Molécules proches
Celles qui partagent ses familles d’arôme, sa famille chimique ou sa fonction. C’est par là qu’on cherche un remplaçant.
Sources
- pubchem.ncbi.nlm.nih.gov/substance/347827172