
Le gingembre frais et le gingembre en poudre ne piquent pas de la même façon : le séchage transforme littéralement la molécule responsable.
86 recettes du site en utilisent. On en trouve surtout dans la cuisine française, indienne, chinoise, éthiopienne.
20 jours
79%
du poids, cru
0,9kg CO₂e / kg
Faible pour un ingrédient brut
85%
100 g de rhizome donnent environ 85 g pelés à la cuillère.
5,9
légèrement acide
80kcal
pour 100 g
pour 100 g, source Agribalyse, fiabilité moyenne
moyen
| Pour 100 g | |
|---|---|
Macro-élémentsminéraux dont le corps contient des grammes | |
| Calcium | 11 mg |
| Magnésium | 26 mg |
| Phosphore | 26 mg |
| Potassium | 320 mg |
Oligo-élémentsminéraux présents à l’état de traces | |
| Cuivre | 0,05 mg |
| Fer | 0,40 mg |
| Manganèse | 7,00 mg |
| Zinc | 0,24 mg |
Vitamines liposolublessolubles dans les graisses, elles arrivent avec les lipides | |
| Vitamine A (équivalents rétinol) | 4 µg |
| Bêta-carotène | 43 µg |
Vitamines hydrosolublessolubles dans l’eau, une partie passe dans l’eau de cuisson | |
| Vitamine B1 (thiamine) | 0,02 mg |
| Vitamine B5 (acide pantothénique) | 0,13 mg |
| Vitamine B6 | 0,10 mg |
| Vitamine B12 | 0,00 µg |
Index glycémique bas
valeur estimée par similarité avec un aliment mesuré2,4 de charge pour 100 g
16,0 g de glucides pour 100 g, charge basserhizome, dose de quelques grammes.
L’aire de cette courbe est la charge de 100 g de gingembre frais, 2,4. Une seule courbe occupe tout le cadre : sa largeur ne se compare à rien ici, c’est sa hauteur qui est l’index et son aire la charge.
Cuisiner IG bas : ce que ces deux nombres mesurent, la table complète et les recettes du catalogue.
🩺 Les index sont ceux des tables internationales publiées : ils décrivent l’aliment tel qu’il est mangé, mesuré sur un groupe, et une glycémie individuelle en dépend moins que du reste du repas.
Le rhizome doit être ferme, lourd, à la peau lisse et tendue, presque brillante, sans ride ni zone molle. Grattez le avec l'ongle : la chair doit apparaître claire, juteuse et parfumée immédiatement. Un gingembre ridé, sec ou fibreux a perdu son eau et une bonne part de son punch. Le gingembre jeune, à peau très fine et pâle avec des pousses roses, est tendre, peu fibreux et beaucoup moins piquant : c'est celui du gari des sushis, et il ne se pèle même pas. Les gros rhizomes matures sont plus fibreux et plus puissants. Cassez un morceau : il doit se rompre net, avec peu de fils apparents ; beaucoup de fibres signalent un rhizome âgé.
Entier et non pelé, il tient trois semaines au réfrigérateur dans un sac papier ou une boîte non hermétique, l'humidité enfermée le faisant moisir. À température ambiante, comptez une semaine avant qu'il ne se ride. Entamé, protégez la coupe avec un film au contact. Il se congèle remarquablement bien, entier et non pelé : il se râpe alors directement à la râpe fine sans être décongelé, la peau se râpant avec sans inconvénient, et c'est de loin la meilleure méthode pour qui en utilise souvent. Il se conserve aussi pelé et immergé dans du saké ou de la vodka au réfrigérateur, plusieurs mois, l'alcool prenant au passage son parfum.
Peler à la cuillère
La peau du gingembre est fine et le rhizome plein de bosses : un économe ou un couteau enlèvent beaucoup de chair en suivant les reliefs. Le bord d'une petite cuillère raclé sur la surface décolle la peau seule et suit les creux. C'est plus rapide et le gaspillage est nettement moindre, ce qui compte sur un ingrédient qui se vend au poids.
Râper contre le fil, ou trancher dans le fil
Le gingembre est très fibreux dans le sens de la longueur. Râpez le perpendiculairement aux fibres, sur une râpe fine, pour obtenir une pulpe sans filaments ; si vous le taillez au couteau, coupez d'abord des tranches perpendiculaires puis émincez, sinon vous obtenez des bâtonnets filandreux désagréables en bouche.
En début pour le fond, en fin pour le piquant
Le gingerol, responsable du piquant frais, se transforme à la chaleur en zingerone, plus doux et plus sucré. Un gingembre revenu en début de cuisson donne un fond chaud et rond ; ajouté cru à la fin ou en garniture, il apporte le mordant vif. Beaucoup de recettes asiatiques en mettent aux deux moments, pour cette raison précise.
Attention avec les produits laitiers
Le gingembre frais contient une protéase, la zingibaïne, qui coupe les protéines du lait : un gingembre cru ajouté à une préparation lactée peut la faire cailler ou empêcher une crème de prendre. La chaleur désactive l'enzyme, donc un gingembre préalablement cuit ne pose plus aucun problème. Le dessert chinois au lait de gingembre exploite au contraire cette réaction.
Marge d'erreur
tolérant
Tolérant : un centimètre de plus ou de moins dans un curry ou un wok ne rate rien, et son piquant s'équilibre facilement par le gras, le sucre ou le lait de coco. Il demande de l'attention dans deux cas seulement, dans les préparations lactées crues, où son enzyme peut faire cailler sans prévenir, et dans les substitutions par du gingembre en poudre, où le profil aromatique n'est simplement pas le même.
Le gingérol du rhizome frais est liposoluble : râpé dans l'huile chaude au début d'un sauté, il parfume tout le plat, alors que jeté dans un bouillon en fin de cuisson il ne donne qu'un piquant en surface. La chaleur le convertit peu à peu en zingérone, plus douce et plus ronde, ce qui explique qu'un gingembre longuement mijoté pique moins qu'un gingembre cru.
« Le gingembre en poudre remplace le gingembre frais. »
Faux : le séchage change la molécule elle même.
Le piquant du gingembre frais vient du gingerol. Au séchage, une réaction de déshydratation le convertit majoritairement en shogaol, une molécule plus piquante et à la sensation plus sèche et plus persistante, tandis que la cuisson le convertit plutôt en zingerone, plus douce et sucrée. Résultat : la poudre pique différemment, sans la note citronnée et fraîche du rhizome, laquelle vient de composés volatils largement perdus au séchage. La comparaison se fait facilement, une infusion de gingembre frais râpé et une de gingembre en poudre, à intensité de piquant égale, n'ont ni le même parfum ni la même longueur. Les deux produits sont utiles, mais un pain d'épices à la poudre et un poulet au gingembre frais ne sont pas interchangeables.
La cuisson atténue son piquant vif et ses notes d'agrumes au profit d'une saveur plus douce et boisée.
Il fait l'odeur du gingembre frais et s'évapore dès les premières minutes de cuisson.
Il donne la note citronnée qui distingue le rhizome frais de la poudre sèche.
Il donne la morsure vive du rhizome cru râpé sur un poisson ou dans une marinade.
La cuisson le convertit en zingérone, plus douce et plus sucrée.
Il apporte la douceur qui monte quand le gingembre est confit ou longuement mijoté.
Cette protéase attendrit la viande d'une marinade et empêche un lait de prendre normalement.
Gingembre en poudre ×0.1 : un dixième du poids, soit environ ½ cuillère à café pour 15 g de racine ; ajoutez-le avec les autres épices pour qu'il cuise, sinon il reste poudreux
Gingembre en poudre ×10 : dix fois le poids, râpé finement ; faites-le revenir dans le gras en début de cuisson ; piquant plus vif et citronné, la chaleur sèche de la poudre disparaît
Le gingembre combine un piquant chaud et une fraîcheur citronnée, ce qui lui permet à la fois de relever et d'alléger. Il forme avec l'ail, l'oignon et le piment la base aromatique d'une grande partie des cuisines asiatiques, et fonctionne avec le lait de coco, la sauce soja, le citron vert, la coriandre et le sésame. En sucré, il appartient à la famille des épices chaudes, avec la cannelle, le clou de girofle et la muscade, et s'accorde particulièrement avec le citron, la poire, la rhubarbe et le chocolat noir.
Ce que les 1220 recettes du site en disent, et non ce qu’une théorie des arômes prédirait. Plus un aliment est proche du centre et large, plus il revient dans les mêmes recettes ; plus le trait est épais, plus la rencontre dépasse ce que le hasard expliquerait.
Une préparation lactée crue ou peu chauffée
Sa protéase, la zingibaïne, coupe les protéines du lait : une crème ou un yaourt au gingembre cru peut cailler ou ne jamais prendre.
Sauf : Le gingembre préalablement cuit ne pose aucun problème, et certains desserts chinois exploitent volontairement cette réaction pour faire prendre du lait chaud.
Le remplacer poids pour poids par de la poudre
Le séchage convertit le gingerol en shogaol, plus piquant et sans la note fraîche : le plat devient plus mordant et perd son parfum citronné.
Sauf : En pâtisserie et dans les pains d'épices, la poudre est justement le produit attendu, et le frais y ferait un autre gâteau.
Achards de légumes réunionnais
25 gAchards de mangue verte
20 gAgedashi dofu (tofu frit au bouillon de kombu et de shiitaké)
15 gAtakilt wat (légumes éthiopiens mijotés au curcuma)
12 gBase gede (pâte d'épices balinaise)
50 gBouchons réunionnais (raviolis de porc à la vapeur)
15 gCanard laqué de Pékin
30 gCari de poulet réunionnais
25 gCarry de poisson au combava
15 gCeviche
20 gCeviche de pescado (poisson blanc mariné au jus de citron vert)
5 gChai masala glacé
15 gChakalaka (relish sud-africain de légumes au curry)
10 gChana masala (pois chiches à la tomate et au garam masala)
25 gCrêpes Thai au lait de coco
20 gCrevettes bleues au lait de coco
25 gCurry de pois chiches et épinards
15 gDahl de lentilles corail au lait de coco
20 gGaeng hung lay (curry de porc du nord de la Thaïlande)
40 gGanmodoki (beignets japonais de tofu aux légumes, frits, servis avec du daikon râpé)
20 gGinger ale maison au ginger bug
80 gGinger bug (levain de gingembre)
100 gGnamakoudji (jus de gingembre ivoirien)
250 gGobi matar (chou-fleur et petits pois au masala)
25 gGomen (chou éthiopien mijoté au beurre épicé)
40 gGomen (chou éthiopien mijoté au gingembre)
25 gHongshao luobo niurou (bœuf braisé chinois au radis blanc)
40 gJerk (pâte d'épices jamaïcaine)
20 gJollof rice (riz nigérian à la tomate et au piment)
15 gJus de Tamarin (boisson ouest-africaine à la pulpe de tamarin)
20 gKaddu ki sabzi (courge indienne aigre-douce aux épices)
20 gKelewele (bananes plantains épicées ghanéennes)
30 gKimchi de chou chinois (baechu kimchi)
30 gKombucha gingembre-citron (deuxième fermentation)
40 gLasary voatabia (salade malgache de tomates au gingembre)
15 gLuobo paigu tang (soupe chinoise de radis blanc et de travers de porc)
25 gMa'a tinito (porc, haricots rouges et macaronis)
25 gMagrets laqués au miel et aux cinq-épices
15 gMalai kofta (boulettes indiennes de paneer et de pomme de terre en sauce crémeuse à la tomate)
20 gMapo doufu (mapo tofu au porc haché et à la fève pimentée)
20 gMapo tofu végétarien
15 gMataba mahorais (feuilles pilées au lait de coco)
20 gMchuzi wa maharage (curry tanzanien de haricots rouges au lait de coco)
12 gMisir wot (lentilles corail éthiopiennes aux épices)
25 gMtsolola (bananes, tubercules et poisson au coco)
20 gNanguazhou (congee chinois au potiron)
15 gNkate nkwan (soupe ghanéenne à l'arachide et au poulet)
30 gNouilles sautées au tofu mariné
15 gNước dùng phở (bouillon de phở au bœuf et aux épices)
80 gPalak paneer
20 gPalak shorba (velouté indien d'épinards aux épices)
15 gPaneer tikka au yaourt et garam masala
15 gPoisson à la citronnelle et au lait de coco
25 gPoulet au coco mahorais
25 gPoulet boucané au four
20 gPoulet DG (poulet camerounais aux bananes plantains)
20 gRajma (curry de haricots rouges)
20 gRed red (haricots niébé ghanéens à l'huile de palme et plantains frits)
15 gRougail morue réunionnais
20 gRougail saucisse
15 gSaag tofu (épinards au tofu à l'indienne)
25 gSakay (condiment malgache au piment et au gingembre)
40 gSalade de tofu grillé, chou et sauce cacahuète
15 gSamoussas réunionnais au poulet
20 gSauce mala (huile pimentée au poivre de Sichuan)
25 gSauce teriyaki
15 gShiro wot (ragoût éthiopien de farine de pois chiches épicée)
15 gShizitou (boulettes tête de lion, grosses boulettes de porc chinoises braisées au chou)
20 gSmoothie betterave, framboise et gingembre
8 gSmoothie carotte, orange et curcuma
6 gSoup ayam (soupe de poulet balinaise aux racines)
10 gSoupe aigre-piquante aux champignons
15 gSoupe carottes et lentilles
5 gSoupe chinoise de Cayenne
15 gSwitchel (vinaigre de cidre, gingembre et sirop d'érable)
30 gTallarines saltados de pollo (nouilles sautées au poulet et à la sauce soja)
10 gTempe manis (tempeh caramélisé au kecap manis)
15 gTempeh laqué au sésame
15 gTempeh sauté au brocoli et au sésame
25 gTofu croustillant sauce aigre-douce
15 gTofu sauté aux épinards et au sésame
20 gTsukemono express (concombre mariné japonais au vinaigre de riz)
15 gTsukune (boulettes de poulet japonaises grillées en brochettes, sauce tare)
15 gUpma (semoule indienne aux légumes et à la moutarde)
15 gVada pav
20 gVatapá (crème de pain aux crevettes séchées et à l'huile de dendê)
20 gLe gingembre est l'une des premières marchandises du commerce mondial. Originaire d'Asie du Sud Est, il n'existe plus à l'état sauvage, ce qui signale une domestication très ancienne, et il circule par voie maritime et terrestre bien avant notre ère. Les Romains le connaissent et le taxent, Dioscoride et Pline le décrivent, et l'Europe médiévale en fait l'une des épices les plus courantes après le poivre.
Sa particularité est de voyager vivant. Le rhizome se replante, ce qui a permis aux marins arabes puis portugais de l'introduire en Afrique de l'Est et aux Caraïbes, où la Jamaïque devient un producteur de référence. Cette faculté explique sa diffusion beaucoup plus large que celle du poivre ou de la muscade, qui restaient prisonniers de leur terroir.
En Europe, il occupe surtout la sphère du sucré et du médicinal : pain d'épices, gingerbread anglais, ginger ale, et une réputation constante contre les nausées, aujourd'hui étayée par plusieurs essais cliniques sur le mal des transports et les nausées de grossesse. En Asie, il n'a jamais quitté le salé, où il forme avec l'ail et l'oignon la base aromatique de dizaines de cuisines.
Le gingembre confit rose servi avec les sushis, le gari, n'est pas là pour être mangé avec le poisson mais entre deux bouchées : il nettoie le palais et prépare la suivante. Sa couleur rose pâle traditionnelle n'est pas un colorant mais une réaction : le gingembre jeune contient des anthocyanes qui virent au rose au contact du vinaigre acide. Le gingembre mature, dépourvu de ces pigments, donne un gari beige, ce qui explique que beaucoup de versions industrielles soient colorées artificiellement pour retrouver l'aspect attendu.
Source : Alan Davidson, The Oxford Companion to Food, entrée « ginger »
La science derrière
Quand ça rate
Les cuisines
Sources : Alan Davidson, The Oxford Companion to Food, entrée « ginger » ; Harold McGee, On Food and Cooking, chapitre sur les épices ; Anses, table Ciqual, gingembre frais.