
Nanguazhou (congee chinois au potiron)

Du riz rond, douze fois son volume d'eau et une heure de feu doux : les grains éclatent, l'amidon passe dans le liquide, et le potiron finit de donner sa couleur et son sucre.
Le congee, zhou en mandarin, est le petit-déjeuner d'une bonne moitié de l'Asie de l'Est et le repas des convalescents dans l'autre moitié. Sa définition tient dans un rapport : un volume de riz pour dix à quatorze volumes d'eau, contre un pour un et demi pour du riz à la vapeur. Avec autant de liquide, le grain n'a pas à s'arrêter quand il a tout absorbé. Il continue, gonfle, se fend, et son amidon part en solution dans le bouillon. Ce qui se passe alors mérite d'être nommé. Les granules d'amidon gélatinisent vers 70 °C en absorbant l'eau, puis, sous l'agitation prolongée, l'amylose s'en échappe et forme un réseau dans le liquide. C'est ce réseau qui donne au congee sa consistance de crème sans qu'aucune matière grasse ni aucune farine n'y soit entrée. Le riz rond est le bon choix parce qu'il est riche en amylopectine et que ses grains courts se délitent plus vite que ceux d'un basmati, qui resterait entier et flotterait. Le potiron entre à mi-cuisson, pas au début. Entier dès la première minute, il se dissoudrait complètement et la soupe serait un velouté de courge au riz, ce qui est un autre plat. En arrivant à quarante minutes, il garde quelques morceaux reconnaissables pendant que le reste se défait, et sa pectine renforce la liaison déjà donnée par l'amidon. Les graines de courge torréfiées au moment de servir sont le seul contraste de texture, et elles ne sont pas facultatives : un congee sans rien qui croque se mange sans s'en apercevoir.
Difficulté: 1/5
Recette originale prévue pour 4 personnes · 2 608 g préparés, 652 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 9 sur 9.
Étape 4 — Le congee entier se fait la veille, ce qui est le plus simple pour un petit-déjeuner ; graines et huile de sésame arrivent dans le bol.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Rincer le riz à l'eau froide trois ou quatre fois, jusqu'à ce que l'eau reste à peu près claire. On enlève l'amidon de surface, celui qui ferait mousser et attacher ; celui qui liera la soupe est à l'intérieur du grain.
C’est prêt quand : L'eau de rinçage est à peu près claire après trois ou quatre passages.
Mettre le riz, l'eau et le gingembre râpé dans une grande casserole, porter à ébullition puis baisser à frémissement. Laisser cuire 40 minutes à demi-couvert, en remuant toutes les dix minutes pour décoller le fond.
C’est prêt quand : Les grains ont éclaté et le liquide est devenu laiteux et nappant.
Éplucher le potiron et le couper en cubes de deux centimètres.
Les ajouter au riz et poursuivre 30 minutes, toujours à frémissement, en remuant plus souvent vers la fin : le mélange épaissit et accroche.
C’est prêt quand : Le potiron se défait sous la cuillère et le congee a pris une couleur orange.
Écraser grossièrement à la cuillère, en laissant quelques morceaux entiers. Saler.
Torréfier les graines de courge à sec dans une poêle, 3 minutes, jusqu'à ce qu'elles commencent à sauter.
C’est prêt quand : Les graines sautent dans la poêle et sentent la noisette.
Servir le congee dans des bols, parsemer de graines et finir d'un trait d'huile de sésame.
0 / 7 étapes terminées
Pourquoi : Riz long, ou cuisson trop courte (Gélatinisation de l'amidon)
Rattrapage : Poursuivre vingt minutes en remuant. Du riz rond la prochaine fois : c'est l'ingrédient, pas le temps.
Pourquoi : Pas remué assez souvent, ou feu trop vif (Gélatinisation de l'amidon)
Rattrapage : Transvaser sans racler le fond. Frémissement et cuillère toutes les dix minutes.
Pourquoi : C'est normal et réversible (Rétrogradation de l'amidon)
Rattrapage : Réchauffer avec de l'eau chaude en remuant : il retrouve exactement sa texture.
Pourquoi : Versée dans la casserole et cuite (Solubilité des arômes)
Rattrapage : Toujours crue, dans le bol, au moment de servir.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : boîte hermétique
Réchauffage : À feu doux avec de l'eau chaude, en remuant : il se détend complètement.
Trois jours au frais, en sachant qu'il se prend en bloc et se détend à l'eau chaude. La congélation fonctionne mais la texture devient granuleuse au dégel.
Elle l'est déjà.
Aucun ingrédient n'en contient.
Sans sel, avec du sucre de canne et un peu de lait de coco à la fin : c'est la version dessert, courante dans le sud de la Chine.
Moitié riz, moitié millet : le xiaomi nanguazhou du nord de la Chine, plus jaune et un peu plus granuleux.
Des pickles de radis, des œufs marinés au thé, ou du porc effiloché
Un thé vert léger, ou du lait de soja chaud

Cent cinquante grammes de riz rond pour un litre huit d'eau, soit douze fois son poids : à cette dilution les grains éclatent complètement et libèrent leur amidon, qui gélatinise et épaissit l'eau. Un congee n'est pas du riz dans du bouillon, c'est de l'amidon en suspension, et c'est pourquoi il faut soixante-dix minutes et du riz rond.
Chauffé en milieu humide, l'amidon gonfle et épaissit : béchamel, crème pâtissière, risotto.

Le gingembre râpé entre dès le départ et cuit soixante-dix minutes : ses gingérols passent lentement dans le liquide et perdent leur agressivité à la chaleur. C'est le seul assaisonnement avec le sel, et il parfume tout le bol.
Les molécules d'arôme migrent du milieu concentré vers le dilué : marinades, thé, bouillons, épices dans une sauce.

Les graines de courge torréfiées à sec trois minutes, jusqu'à ce qu'elles sautent. Le brunissement leur donne un goût de noisette qu'elles n'ont pas crues, et le croquant est le seul contraste d'un plat entièrement lisse.
Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

L'huile de sésame est versée crue au moment de servir et jamais cuite : elle est déjà faite de graines grillées, et la chauffer détruit exactement les composés pour lesquels on la paie. Un trait suffit, posé sur le congee brûlant qui le volatilise juste assez.
Certains arômes se dissolvent dans le gras, d'autres dans l'eau ou l'alcool : d'où l'intérêt de faire revenir les épices ou de flamber.

Au réfrigérateur l'amidon gélatinisé se réorganise et expulse son eau : le congee se prend en bloc et paraît raté. Il ne l'est pas, c'est réversible : de l'eau chaude et quelques minutes à feu doux lui rendent sa texture.
En refroidissant, l'amidon recristallise : pain qui rassit, riz qui durcit au réfrigérateur.

Soixante-dix minutes à frémissement et jamais à gros bouillons, en remuant toutes les dix minutes : le fond accroche dès que l'amidon sort, et un congee brûlé l'est entièrement.

Les graines de courge à sec dans une poêle, jusqu'à ce qu'elles commencent à sauter. Elles passent du doré au brûlé en trente secondes.

Le potiron en cubes de deux centimètres, qui se défont à moitié en trente minutes et laissent quelques morceaux entiers.

Quatre grammes de sel à la toute fin, l'eau ayant beaucoup réduit en soixante-dix minutes.