
Kimchi de chou chinois (baechu kimchi)

Le kimchi de base : un chou chinois salé une nuit, rincé, puis enrobé d'une pâte de gochugaru, d'ail et de gingembre, et laissé fermenter quelques jours à température ambiante avant de passer au froid.
Le kimchi se fait en deux opérations qui n'ont rien à voir l'une avec l'autre. La première est un salage, et c'est la seule qui demande de la rigueur. Le chou passe plusieurs heures au gros sel, qui tire son eau par osmose : il perd un tiers de son poids, sa paroi cellulaire s'assouplit, et il devient capable de plier sans casser. Ce chou dégorgé est aussi un milieu que seules les bactéries lactiques tolérantes au sel peuvent coloniser, ce qui écarte d'office tout ce qui pourrirait. Le rinçage qui suit est l'étape que tout le monde rate dans un sens ou dans l'autre. Trop peu rincé, le kimchi reste immangeable de sel ; trop rincé, il ne fermente pas correctement et moisit. La bonne mesure se goûte : une feuille doit être salée comme de l'eau de mer, pas davantage. La pâte, elle, n'est pas une marinade mais un apport de sucres et d'épices. La bouillie de farine de riz qu'on y met n'est pas là pour épaissir : son amidon gélatinisé est le sucre fermentescible qui nourrit les lactobacilles les premiers jours et accélère le démarrage. Le gochugaru est irremplaçable par du piment en poudre ordinaire, qui est plus fort, moins fruité et beaucoup plus foncé. Comptez deux à cinq jours à température ambiante selon la saison : le kimchi est prêt quand il pétille à l'ouverture et sent l'acide. Il continue ensuite de mûrir des mois au réfrigérateur, et un kimchi vieux est un ingrédient de cuisine plutôt qu'un condiment.
Difficulté: 2/5
Recette originale prévue pour 20 personnes · 3 145 g préparés, 157 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 7 sur 7.
Étape 5 — La pâte de piment se prépare la veille et se garde au réfrigérateur : elle n'en est que plus parfumée, le gochugaru ayant eu le temps de gonfler.
Le kimchi n'est pas un plat à faire à l'avance : il est à l'avance par nature. Comptez cinq jours avant la première bouchée intéressante.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Fendre les choux en quatre dans la longueur, en gardant le trognon qui tient les feuilles ensemble. Les mouiller, puis saler généreusement entre chaque feuille, en insistant sur la base, blanche et épaisse.
Laisser dégorger 4 à 6 heures à température ambiante, en retournant les quartiers toutes les deux heures. Le chou est prêt quand une feuille de la base se plie en deux sans se casser.
C’est prêt quand : Une feuille prise à la base du quartier se plie en deux sans se rompre, et le chou a rendu assez d'eau pour baigner dans le fond du saladier.
Rincer trois fois à l'eau froide et laisser égoutter une heure, coupe vers le bas. Goûter une feuille : elle doit être salée comme de l'eau de mer. Trop salée, rincer une fois de plus ; fade, le kimchi moisira.
C’est prêt quand : Une feuille rincée goûte salée comme de l'eau de mer, pas davantage.
Délayer la farine de riz dans l'eau froide, porter à frémissement en fouettant et cuire deux minutes jusqu'à une bouillie translucide. Ajouter le sucre et laisser refroidir complètement : versée chaude, elle tuerait les bactéries.
Mixer l'ail et le gingembre avec la sauce poisson. Mélanger à la bouillie froide, puis incorporer le gochugaru et laisser gonfler dix minutes : la pâte vire au rouge profond.
C’est prêt quand : La pâte a viré au rouge profond et brillant après dix minutes, le gochugaru ayant bu la bouillie.
Tailler le daikon en bâtonnets d'allumette et les cébettes en tronçons de quatre centimètres, et les mêler à la pâte.
Avec des gants, enduire chaque feuille de chou de pâte, une par une, de la base vers la pointe. Replier chaque quartier sur lui-même et le tasser dans un bocal, en chassant les bulles d'air.
Remplir le bocal aux trois quarts seulement : la fermentation fait monter le niveau et déborder. Fermer sans serrer.
Laisser fermenter 2 à 5 jours à température ambiante, en ouvrant chaque jour pour laisser sortir le gaz et en repoussant le chou sous la saumure. Le kimchi est prêt quand il pétille à l'ouverture et sent franchement l'acide.
C’est prêt quand : Le bocal siffle à l'ouverture, la saumure pétille au bord et l'odeur est franchement acide plutôt que végétale.
Passer au réfrigérateur, où il continue de mûrir pendant des mois. Jeune, il se mange en condiment ; vieux et très acide, il devient un ingrédient de cuisson.
0 / 10 étapes terminées
Pourquoi : Du chou est resté hors de la saumure, au contact de l'air. (Fermentation lactique)
Rattrapage : Retirer la couche atteinte et tout repousser sous la saumure avec le dos d'une cuillère. Un voile blanc plat et lisse est une levure de surface, qui s'écume ; un duvet vert ou noir condamne le bocal.
Pourquoi : Trop de sel, ou une pièce trop froide. (Fermentation lactique)
Rattrapage : Déplacer le bocal vers 20 à 22 °C et attendre : en dessous de 15 °C la fermentation peut mettre une semaine à démarrer.
Pourquoi : Dégorgement insuffisant : le chou a gardé son eau et sa structure s'est effondrée en fermentant. (Osmose)
Rattrapage : Rien ne se rattrape. Le prochain lot se juge sur la feuille qui plie, pas sur le temps écoulé.
Pourquoi : Le chou a été trop salé et insuffisamment rincé, ce qui bloque les lactobacilles.
Rattrapage : Rincer une fois de plus la prochaine fois, et goûter la feuille avant d'enduire : c'est la seule mesure qui compte.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : bocal en verre à fermeture non hermétique
Réchauffage : Il ne se réchauffe pas tel quel : un kimchi vieux se fait sauter à la poêle ou mijoter en ragoût, et c'est son meilleur usage.
Des mois au réfrigérateur, en continuant de mûrir. Jeune, c'est un condiment ; passé deux mois, il devient acide et sert à cuisiner.
Remplacer la sauce poisson par deux cuillerées de sauce soja et un morceau d'algue kombu mixé dans la pâte : le glutamate manquant vient de là.
Mêmes proportions de pâte, sur des concombres fendus en quatre dans la longueur et salés une heure. Prêt en deux jours et se mange dans la semaine.
Quarante grammes de gochugaru au lieu de quatre-vingts, et deux cuillerées de poire râpée dans la pâte, comme à Séoul pour les enfants.
Un bol de riz blanc vapeur, qui est son contexte d'origine
Une bière blonde très froide, ou un thé d'orge glacé
Un œuf au plat et du riz : le repas coréen le plus courant qui soit

Les 150 g de gros sel sur 2 kg de chou ne salent pas : ils tirent l'eau des feuilles par osmose. Le chou perd un quart de son poids, s'assouplit sans cuire, et c'est cette eau partie qui laisse la place à la pâte de piment.
Le sel ou le sucre attirent l'eau hors des cellules : dégorger un concombre, saumurer une volaille.

Les lactobacilles vivent déjà sur les feuilles. Le sel élimine leur concurrence, ils transforment les sucres du chou et du daikon en acide lactique, et le pH tombe sous 4,2 : le kimchi devient acide et se conserve.
Des bactéries transforment les sucres en acide lactique : yaourt, légumes lactofermentés, levain.

La bouillie de farine de riz n'épaissit pas pour la texture : son amidon gélatinisé libère des sucres simples que les bactéries consomment tout de suite. C'est un démarreur, et c'est pour cela qu'elle doit être froide avant de rencontrer le ferment.
Chauffé en milieu humide, l'amidon gonfle et épaissit : béchamel, crème pâtissière, risotto.

Le salage se juge au goût d'une feuille rincée : salée comme l'eau de mer. En dessous, les moisissures passent avant les lactobacilles ; au dessus, la fermentation ne démarre jamais et le chou reste cru et salé.
Le sel assaisonne, extrait l'eau, renforce le gluten, ralentit la fermentation et rehausse les arômes.

Quatre à six heures de dégorgement, quartiers retournés toutes les deux heures : la feuille de la base doit se plier en deux sans casser. C'est le seul test fiable, et le temps n'est qu'une indication.

Le sel est posé feuille à feuille et surtout sur les côtes blanches, qui sont épaisses et dégorgent le plus lentement. Un salage en vrac donne des pointes molles et des bases crues.

Le daikon en bâtonnets d'allumette : assez fin pour rendre son eau dans la pâte, assez épais pour rester croquant après trois mois de bocal.

Ail et gingembre mixés avec la sauce poisson, pour une pâte homogène qui enrobe le chou. Hachés au couteau, ils font des points de goût isolés et des zones fades.