Cuillère à melon (parisienne)

Couper

Petite cuillère hémisphérique qui prélève des billes régulières dans la chair des melons, pastèques ou pommes de terre, pour un dressage net sans couteau.


📚 Pour aller plus loin

La cuillère parisienne travaille par rotation, pas par pression. On enfonce le bord de la coque hémisphérique dans la chair, puis on tourne l'outil sur lui-même d'un demi-tour : le tranchant décrit une sphère complète et détache une bille entière, lisse, sans facette. L'arête doit être vive sur tout le pourtour ; c'est elle qui coupe, la profondeur de la coque ne donnant que le diamètre. Les tailles courantes vont d'environ 15 à 30 mm.

La chair doit être ferme et homogène. Melon et pastèque mûrs mais pas blets, pomme, poire, betterave cuite ferme, pomme de terre crue pour des pommes noisette régulières : la bille sort nette. Sur une chair trop mûre, la rotation écrase plutôt qu'elle ne coupe et la bille s'effondre. Le même outil sert hors du dressage — il vide un cœur de poire en un tour, retire les pépins d'un concombre fendu, creuse des tomates cerises en laissant une paroi égale.

Le petit trou percé au fond de nombreuses coques n'est pas un défaut de fabrication : il évite que la bille reste ventousée par le jus. Il faut penser à le déboucher au lavage. Deux erreurs pour finir. Prélever au hasard laisse des cratères qui se chevauchent et beaucoup de perte : on avance en rangs serrés, chaque coup tangent au précédent. Et une arête arrondie par l'usage ne coupe plus, elle creuse ; les billes deviennent ovales et pelucheuses.