
Gomen (chou éthiopien mijoté au gingembre)

Du chou vert émincé et mijoté doucement avec de l'oignon, du gingembre, de l'ail et du curcuma, jusqu'à devenir fondant et doré. L'accompagnement végétarien qu'on trouve sur toutes les injera d'Éthiopie.
Le gomen se fait sans une goutte d'eau ajoutée : le chou en contient assez pour cuire dans sa propre vapeur, à couvert et à feu doux, et l'eau versée donnerait une soupe insipide. La cuisson longue à basse température a un autre effet, celui de convertir une partie des composés soufrés qui font l'odeur agressive du chou bouilli. Trente minutes à petit feu donnent un légume sucré, dix minutes à gros bouillon donnent l'odeur de la cantine.
Difficulté: 1/5
Recette originale prévue pour 4 personnes · 1 336 g préparés, 334 g par personne
⚠️ Allergènes :
aucun identifiéCochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 7 sur 7.
Étape 1 — Le chou émincé et les oignons se gardent la veille dans une boîte fermée.
Étape 4 — Le plat entier gagne à être fait la veille. Gardez les trois minutes de dorage de l'étape 4 pour le réchauffage.
Étape 4 — Il se congèle deux mois. La texture se ramollit un peu, ce qui n'est pas grave pour un plat déjà longuement mijoté.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Émincez le chou vert en fines lanières après en avoir ôté le trognon, et coupez les oignons en demi-rondelles.
C’est prêt quand : Les lanières font toutes la même largeur, autour de 5 mm, et il ne reste aucun morceau de trognon dur.
Faites suer les oignons dans l'huile à feu doux pendant 6 minutes, puis ajoutez le gingembre râpé, l'ail écrasé, le curcuma et le piment vert émincé.
C’est prêt quand : Les oignons sont translucides et le curcuma a coloré l'huile en jaune profond, sans sentir la poussière.
Ajoutez le chou et le sel, mélangez, couvrez et laissez mijoter 18 minutes à feu doux sans ajouter d'eau, en remuant toutes les 5 minutes.
C’est prêt quand : Au bout de cinq minutes le fond du faitout est humide : le chou a commencé à rendre son eau. À la fin, il est réduit de moitié et vert olive.
Découvrez et poursuivez 3 minutes à feu plus vif pour faire dorer les bords du chou.
C’est prêt quand : Quelques bords de lanières sont dorés et le liquide restant a disparu. Le chou brille sans nager.
0 / 4 étapes terminées
Pourquoi : Feu trop vif, ou chou pas encore remué. (Osmose)
Rattrapage : Baissez, couvrez, et remuez : le chou du dessus, plus humide, redescend et humidifie le fond. N'ajoutez de l'eau qu'en dernier recours, et une cuillère seulement.
Pourquoi : De l'eau a été ajoutée, ou le chou était très jeune et gorgé. (Séchage et croustillant)
Rattrapage : Découvrez et poussez le feu jusqu'à évaporation. C'est l'étape 4 prolongée, et elle rattrape complètement le plat.
Pourquoi : Le curcuma a cuit trop longtemps ou à feu trop vif dans l'huile seule. (Point de fumée)
Rattrapage : Il entre en fin d'étape 2, avec le gingembre et l'ail, et le chou suit dans la minute. Trente secondes suffisent à l'ouvrir.
Pourquoi : Vingt-cinq grammes paraissent beaucoup mais se diluent dans un chou entier.
Rattrapage : Râpez-en cinq grammes de plus hors du feu, à la fin : le gingembre cru garde son piquant volatil que la cuisson efface.
Le même problème, ailleurs sur le site :
Vous avez innové dans la manière de foirer cette recette ? Racontez-nous : on cherche avec vous ce qui s’est passé, et si on trouve, ça rejoint cette rubrique pour les suivants.
Comment : boîte hermétique
Quatre jours au froid, et il est meilleur le lendemain, le gingembre ayant eu le temps de se fondre. Il se réchauffe à la poêle, à couvert, avec une cuillère d'eau.
La version éthiopienne avec des cubes de boeuf revenus avant les oignons, mijotés avec le chou. Le plat n'est alors plus végétarien.
Le beurre clarifié épicé éthiopien à la place de l'huile de tournesol : c'est la graisse d'origine, et elle change tout le plat en profondeur.
Trois pommes de terre en cubes ajoutées avec le chou, qui absorbent les épices et font du gomen un plat unique.

Le chou mijote dix-huit minutes sans une goutte d'eau ajoutée, et il ne brûle pas : le sel lui fait rendre son propre jus, qui devient le liquide de cuisson. Ajouter de l'eau donnerait un chou bouilli, fade, dans un bouillon gris.
Le sel ou le sucre attirent l'eau hors des cellules : dégorger un concombre, saumurer une volaille.

Le gomen n'est pas un plat de vert vif : le chou passe volontairement au vert olive. La cuisson longue et couverte acidifie le milieu et transforme la chlorophylle, et c'est ce que la recette veut. Une cuisson courte donnerait un chou croquant qui n'aurait pas le goût du plat.
La chlorophylle des légumes verts vire au vert olive dès que la cuisson se prolonge ou que le milieu s'acidifie : le magnésium quitte la molécule. D'où la règle des cuissons courtes, à découvert et en grand volume d'eau bouillante, pour garder un vert franc.

Gingembre, ail et curcuma entrent dans l'huile chaude à l'étape 2, avant le chou. Leurs arômes sont liposolubles : l'huile les répartit ensuite dans toute la masse de chou, ce qu'un ajout tardif ne fait pas.
Certains arômes se dissolvent dans le gras, d'autres dans l'eau ou l'alcool : d'où l'intérêt de faire revenir les épices ou de flamber.

Les trois dernières minutes à découvert et à feu plus vif ne servent qu'à ça : faire dorer les bords des lanières. C'est un plat doux, et ces quelques bords caramélisés sont son seul relief.
Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

Le chou en lanières fines et régulières, trognon retiré : des morceaux inégaux donnent un plat où certains restent crus et d'autres se défont.

Les oignons à feu doux six minutes, pour les fondre sans les colorer.

Couvert, à feu doux, sans eau, en remuant toutes les cinq minutes : le remuage est ce qui empêche le fond d'attacher avant que le chou ait rendu son jus.

Les trois dernières minutes, à découvert et à feu vif, pour dorer les bords.

Le sel entre avec le chou, à l'étape 3, parce qu'il est là pour faire sortir l'eau autant que pour assaisonner.
peut mal tourner en :
Chakalaka (relish sud-africain de légumes au curry)
mêmes gestes : faire sauter / revenir, assaisonner et goûter · même aliment : gingembre fraisBorani esfenaj (épinards au yaourt à la persane)
mêmes gestes : faire sauter / revenir, assaisonner et goûter · même principe : chlorophylle et couleur des légumes vertsColeslaw
mêmes gestes : assaisonner et goûter, émincer · même aliment : chou vertLasary voatabia (salade malgache de tomates au gingembre)
mêmes gestes : assaisonner et goûter, émincer · même aliment : gingembre fraisIkra de courgettes (caviar russe de courgettes à la tomate)
mêmes gestes : faire sauter / revenir, assaisonner et goûter · même principe : solubilité des arômesSalade de tofu grillé, chou et sauce cacahuète
mêmes gestes : saisir, émincer · même aliment : gingembre frais