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Le coing : le choisir, le cuire, réussir la gelée et la pâte de coing

Saisons
10 parties

Le coing est le fruit qu'on achète sans pouvoir le croquer. Dur comme du bois, astringent, à peine sucré, il ne devient comestible qu'après une longue cuisson, et c'est justement là qu'il surprend : sa chair blanche vire au rose puis au rouge grenat, et son jus prend en gelée sans un gramme de pectine ajoutée. Chaque automne, les recherches sur le coing, la gelée de coing et la pâte de coing s'envolent en même temps que les fruits arrivent sur les étals. Il s'appuie sur les neuf recettes du catalogue qui contiennent du coing, de la gelée de coing au Khoresh-e beh (ragoût persan au coing et au bœuf), plus deux nouvelles (la pâte de coing et les coings rôtis au miel et à la vanille), et se termine par quatre menus d'automne.

Choisir un coing : couleur, duvet et parfum

Un coing ne s'attendrit jamais sur l'arbre ni dans la corbeille : un fruit mou n'est pas un fruit mûr, c'est un fruit blessé. On le juge donc à la couleur, au poids et au nez. Le service de vulgarisation post-récolte de l'université de Californie à Davis retient le passage de la peau du vert au jaune comme premier indice de maturité, et recommande de cueillir les coings « bien jaunes et fermes ». Un coing encore vert a été cueilli trop tôt et donnera peu de parfum ; un jaune franc, tirant parfois vers le doré, en octobre et novembre, est le bon moment. Notre fiche place la saison du coing de septembre à novembre.

Le duvet gris qui couvre la peau est un bon signe : il indique un fruit peu manipulé. Il s'enlève avant la cuisson en frottant avec un torchon sec, geste par lequel commencent toutes les recettes du catalogue. Le parfum, enfin, est le meilleur juge : un coing mûr sent à travers le sac, et une seule pièce parfume une pièce entière pendant des jours.

On distingue deux grandes formes. La revue d'Ashraf et de ses collègues (2016) oppose les coings en forme de pomme, à chair plus dure et plus astringente, aux coings en forme de poire. Les variétés vendues en France suivent cette division : le coing de Champigny, variété française arrondie, ou les grands coings piriformes comme le Géant de Vranja et le coing de Portugal, réputés pour leur gros calibre et leur parfum. Ces descriptions sont celles des pépiniéristes et de l'usage courant, pas une mesure : nous n'avons pas trouvé de comparaison publiée de leur teneur en pectine. Pour la gelée et la pâte, toutes conviennent pourvu que le fruit soit jaune et parfumé.

Choisir un coing : couleur, duvet et parfum
CritèreBon signeÀ écarter
Couleurjaune franc, parfois dorévert : cueilli trop tôt, peu parfumé
Fermetétrès dur, lourd en mainmou ou cédant sous le doigt
Peaulisse sous le duvet, sans fentetaches brunes enfoncées, fentes
Duvetgris, qui s'essuie au torchonsans importance s'il manque, mais il signale un fruit récent
Parfumperceptible à travers le sacaucune odeur : fruit immature
Momentoctobre et novembrefruits verts de début de saison pour la gelée

Gelée de coing

Cotignac d'Orléans

Pourquoi le coing ne se mange pas cru

Trois choses rendent le coing cru immangeable : sa dureté, son acidité et ses tanins. La revue d'Ashraf (2016) décrit un fruit au goût astringent, dont la chair contient environ 0,8 % de tanins et 1,2 % d'acide malique. Les tanins sont des polyphénols qui se lient aux protéines de la salive : la bouche s'assèche et râpe, c'est l'astringence. La chair, très dense, est tenue par des parois cellulaires épaisses où la pectine n'est pas encore soluble ; il faut une cuisson longue dans l'eau pour les relâcher.

Les chiffres de nos fiches complètent le portrait. Pour 100 g de chair crue, le coing apporte 59 kcal et 12,5 g de glucides, mais seulement 6,3 g de sucres, contre 11,3 g pour la pomme et 9,9 g pour la poire. Il est donc deux fois moins sucré qu'une pomme, tout en étant nettement plus acide et plus tannique : rien ne vient masquer l'astringence. C'est ce qui explique les quantités de sucre des recettes : 700 g pour quatre coings dans la gelée du catalogue, autant de sucre que de pulpe dans le Dulce de membrillo (pâte de coing espagnole).

La cuisson change tout. Elle dissout la pectine qui tenait les cellules, la chair devient fondante ; une partie des tanins se transforme et l'astringence recule ; les arômes floraux et miellés se libèrent. Coupez-le en quatre au couteau de chef, sur une planche stable. Une fois coupée, la chair brunit en quelques minutes, par l'action d'une enzyme (la polyphénoloxydase) sur ses polyphénols : citronnez les morceaux ou cuisez-les sans attendre.

Pourquoi le coing ne se mange pas cru
Fruit (100 g cru)Énergie (kcal)Glucides (g)Sucres (g)Fibres (g)
Coing5912,56,31,9
Pomme5411,611,32
Poire55129,92,5
Citron346,52,52,8
Sucres pour 100 g crus, d'après nos fiches : le coing en contient deux fois moins que la pomme.
  • Citron

    Aussi mesuré dans : Boissons chaudes d'hiver (Pour 2 verres : 1 unité) · la fiche

    2,5

  • Coing

    Aussi mesuré dans : Pommes et poires (Sucres (g) : 6,3) · la fiche

    6,3

  • Poire

    Aussi mesuré dans : Pommes et poires (Sucres (g) : 9,9) · la fiche

    9,9

  • Pomme

    Aussi mesuré dans : Pommes et poires (Sucres (g) : 11,3) · la fiche

    11,3

Tarte aux coings et aux amandes

Confiture de coings

Pectine et acidité : pourquoi la gelée prend toute seule

Une gelée de fruit tient grâce à la pectine, un polysaccharide des parois cellulaires végétales. La revue de Thakur et de ses collègues (1997) rappelle que sa capacité à former un gel dépend du pH, des autres solutés présents (le sucre en premier lieu), de la taille des molécules et de leur degré de méthylation. En confiture, les trois conditions pratiques sont donc : assez de pectine, assez d'acide et assez de sucre. Le sucre capte l'eau, l'acide neutralise les charges qui font se repousser les chaînes de pectine, et celles-ci peuvent alors s'associer en réseau.

Le coing réunit seul les deux premières conditions. La revue d'Ashraf (2016) mesure environ 1,8 % de pectine dans le fruit et 1,2 % d'acide malique. C'est pour cette raison que le coing est le fruit à gelée par excellence, et qu'on en ajoute quelques quartiers, par usage, aux confitures de fruits pauvres en pectine. Les recettes du catalogue visent un pH autour de 3 et un sucre à 60 à 65 % du produit fini, et ajoutent un citron pour garantir l'acidité quand le fruit est très mûr.

La pectine n'est pas répartie au hasard. Elle est plus abondante dans la peau, le cœur et autour des pépins que dans la chair : c'est pourquoi la gelée de coing et le Cotignac d'Orléans cuisent les fruits entiers, sans peler ni épépiner, et pourquoi la confiture de coings noue cœurs et pépins dans une mousseline qu'on presse au-dessus de la casserole avant de la retirer. La cuisson à l'eau a un deuxième rôle : la pectine insoluble des fruits verts (la protopectine) se transforme en pectine soluble à la chaleur, et passe dans le jus. Les 45 minutes de frémissement de la gelée du catalogue servent à cela autant qu'à attendrir les morceaux.

Pectine et acidité : pourquoi la gelée prend toute seule
ComposantTeneur dans le fruitCe qu'il fait en cuisine
Pectine1,8 %forme le gel avec le sucre et l'acide
Acide malique1,2 %abaisse le pH, permet la prise, équilibre le sucre
Tanins0,8 %astringence crue, couleur rouge après cuisson
Teneurs mesurées dans le fruit par la revue d'Ashraf (2016).
  • Tanins

    0,8 %

  • Acide malique

    1,2 %

  • Pectine

    1,8 %

Confiture de coings

Confiture de coings et pommes

Cotignac d'Orléans

Le rouge du coing : des tanins incolores qui virent au grenat

Le coing cru est blanc crème ; poché une heure, il est rose ; cuit deux heures avec du sucre et du citron, il est grenat. Aucun colorant n'intervient. Le coing est riche en tanins condensés, les proanthocyanidines (qu'on appelait autrefois leucoanthocyanes, d'où le nom employé dans plusieurs recettes du catalogue). Ces molécules sont incolores. Chauffées en milieu acide, elles se coupent et libèrent des anthocyanidines, des pigments rouges : c'est la réaction que Porter et ses collègues (1986) ont décrite au laboratoire pour doser ces tanins, où une solution acide portée à ébullition rougit en convertissant les procyanidines en cyanidine.

Dans une casserole, la réaction est plus lente et se mêle à d'autres (oxydation, condensation des polyphénols), si bien que les explications varient d'un texte à l'autre. Nous n'avons pas trouvé d'étude qui mesure le chemin exact dans un coing cuit. Ce qui est constant, et que les recettes du catalogue observent toutes, ce sont les deux leviers : le temps et l'acidité. Une cuisson courte à gros bouillons donne un coing beige et encore astringent ; une cuisson douce et longue, citronnée, donne le rouge.

Le tableau ci-dessous relève ce que chaque recette décrit. La confiture de coings et pommes ajoute une observation utile : elle continue de rougir en pot pendant les premières semaines, signe que la réaction se poursuit lentement à température ambiante. Une pâte de coing restée pâle a cuit trop vite : baissez le feu et allongez la cuisson.

Le rouge du coing : des tanins incolores qui virent au grenat
RecetteCuisson du coingAcideCouleur décrite par la recette
Tarte aux coings et aux amandes1 h de pochage au siropjus de citrontendres et rosés
Gelée de coing45 min à l'eau, puis le jus bout 20 minjus de citroneau rosée, puis gelée
Cotignac d'Orléans45 min à l'eau, puis le jus bout 25 à 35 minjus de citrondu doré au rouge orangé
Dulce de membrillo (pâte de coing espagnole)40 min à l'eau, puis 50 min avec le sucrejus de deux citronsrouge brique
Khoresh-e beh (ragoût persan au coing et au bœuf)doré au beurre, puis 45 min dans le ragoûtjus de citron, concentré de tomatesle coing doit virer au rouge
Confiture de coings et pommes25 min à l'eau, puis 25 min avec le sucrejus de citronrosit en cuisant, rougit en pot

Tarte aux coings et aux amandes

Khoresh-e beh (ragoût persan au coing et au bœuf)

Dulce de membrillo (pâte de coing espagnole)

La gelée : extraire le jus, peser le sucre, tester la prise

La gelée de coing du catalogue se fait en deux temps, séparés par une nuit. Le premier jour, les coings frottés et lavés sont coupés en gros morceaux avec la peau, le cœur et les pépins, couverts d'eau et cuits 45 minutes à frémissement, jusqu'à ce qu'ils soient très tendres et que l'eau soit rosée. Le tout est versé dans une passoire tapissée d'un linge propre, ou d'une étamine, et égoutte toute la nuit. La règle est de ne jamais presser : la pulpe écrasée passe à travers le tissu et trouble la gelée. Le Cotignac d'Orléans se contente de deux heures d'égouttage.

Le lendemain, on mesure le jus. La gelée du catalogue compte 700 g de sucre par litre ; le Cotignac d'Orléans, plus ferme, pèse le jus et ajoute le même poids de sucre. On ajoute le jus de citron, on dissout le sucre, puis on fait bouillir à feu vif en écumant. En France, une gelée doit contenir au moins 55 % de matière sèche soluble, c'est-à-dire de sucres venant du fruit et du sucre ajouté, rappelle la DGCCRF : c'est ce seuil qui fait qu'une gelée se conserve, l'eau restante étant trop liée au sucre pour nourrir les moisissures.

Trois tests disent quand s'arrêter. Le thermomètre d'abord : le centre national de conservation domestique (National Center for Home Food Preservation, rattaché à l'université de Géorgie et à l'USDA) donne 220 °F, soit environ 104 °C, au niveau de la mer, et une température plus basse en altitude, puisque l'eau y bout plus bas. La gelée du catalogue vise 105 °C ; le Cotignac d'Orléans, 106 à 108 °C pour une gelée qui se coupe. Le test de l'assiette ensuite, que toutes nos recettes emploient : une goutte sur une assiette passée au congélateur doit figer et se plisser quand on la pousse du doigt. Le test de la cuillère enfin : le sirop qui coule du bord forme deux gouttes qui se rejoignent en nappe. Elle se verse bouillante dans des pots stérilisés, et la prise définitive se voit le lendemain.

La gelée : extraire le jus, peser le sucre, tester la prise
TestComment le faireSigne que c'est pris
Thermomètresonde au cœur du sirop, sans toucher le fond104 à 105 °C au niveau de la mer, 106 à 108 °C pour un cotignac
Assiette froideune goutte sur une assiette passée au congélateur, attendre une minutela goutte fige et se plisse sous le doigt
Cuillèresoulever le sirop et le laisser couler du borddeux gouttes qui se rejoignent et tombent en nappe
Écumeobserver l'ébullitionla mousse retombe, les bulles deviennent lentes et serrées

Gelée de coing

Cotignac d'Orléans

Pâte de coing, dulce de membrillo, cotignac : trois cousins

La pâte de coing est la suite naturelle de la gelée. La pulpe qui reste dans le linge après l'égouttage a donné une partie de sa pectine au jus, mais elle en garde assez pour prendre une fois cuite avec du sucre. On la passe au moulin à légumes, grille fine, pour retenir peaux et pépins, on la pèse, et l'usage courant est d'ajouter un poids de sucre égal à celui de la pulpe. On la cuit à feu moyen en remuant sans arrêt, avec un gant contre les projections. Elle fonce peu à peu et c'est prêt quand la cuillère passée au fond de la casserole laisse une trace nette qui se referme lentement. La nouvelle recette de pâte de coing du catalogue suit cette logique d'anti-gaspillage.

Le Dulce de membrillo (pâte de coing espagnole) part, lui, de coings entiers cuits 40 minutes à l'eau, non pelés ni épépinés, passés au moulin, puis cuits 50 minutes avec le même poids de sucre, deux citrons et une gousse de vanille, jusqu'au rouge brique. Le Cotignac d'Orléans est l'inverse : une gelée de jus seul, sans pulpe, cuite jusqu'à 106 à 108 °C et coulée sur un centimètre. La pâte se fait avec la pulpe, la gelée avec le jus ; les deux se font avec les mêmes fruits.

Après la cuisson vient le séchage. La pâte est coulée sur deux centimètres dans un moule chemisé de papier cuisson, lissée, puis laissée deux à trois jours à l'air libre, le temps qu'elle prenne assez de tenue pour être démoulée et coupée au couteau. Un couteau passé sous l'eau chaude évite qu'elle colle à la découpe. Enveloppée dans du papier cuisson puis dans une boîte fermée, au frais et au sec, la pâte se garde plusieurs mois : la recette du catalogue estime sa teneur en sucre autour de 65 %, assez pour que l'eau soit indisponible aux micro-organismes. En Espagne, le membrillo se sert avec du manchego ; un fromage de brebis affiné ou un comté jouent le même rôle, le gras et le sel répondant au sucre et à l'acidité.

Pâte de coing, dulce de membrillo, cotignac : trois cousins
PréparationCe qui est cuitSucreFin de cuissonAprès la cuisson
Gelée de coingle jus égoutté sans presser700 g par litre de jus105 °C, test de l'assietteen pots, prise en 24 h
Cotignac d'Orléansle jus seulpoids égal au jus106 à 108 °Ccoulé sur 1 cm, démoulé après 24 h
Pâte de coingla pulpe restée dans le lingepoids égal à la pulpe, par usagela cuillère laisse une trace au fondséchage à l'air, découpe en carrés
Dulce de membrillo (pâte de coing espagnole)les fruits entiers passés au moulinpoids égal à la pulpetrace qui se referme lentement, vers 105 °C2 à 3 jours à l'air, servi avec du manchego

Pâte de coing

Dulce de membrillo (pâte de coing espagnole)

Cotignac d'Orléans

Gelée de coing

Au four et en cocotte : rôti, tajine, khoresh, tarte et chutney

Le coing n'est pas qu'un fruit à confiture. Dans la cuisine persane et maghrébine, il entre dans les ragoûts de viande, où son acidité et ses tanins tiennent tête au gras de l'agneau ou du bœuf. Le Khoresh-e beh (ragoût persan au coing et au bœuf) fait mijoter la viande 90 minutes, puis ajoute les quartiers de coing dorés au beurre, les pois cassés, la cannelle, le safran infusé et le jus de citron pour 45 minutes encore, jusqu'à ce que le coing vire au rouge. Les pépins y entrent dans une mousseline : leur mucilage lie la sauce. Le plat compte 535 kcal et 39,7 g de protéines par portion d'après le catalogue, noté B en Nutri-Score et E en carbone à cause du bœuf.

La Marqa hlowa (tajine tunisien sucré-salé au coing et à l'agneau) procède autrement : le coing pèle et poche à part 30 minutes dans un sirop léger citronné à la cannelle, et ne rejoint la viande que pour les 25 dernières minutes avec les pruneaux. Cuit deux heures avec l'agneau, il se déferait. Comptez 692 kcal par portion, notée C en Nutri-Score et E en carbone.

En dessert, la tarte aux coings et aux amandes impose un pochage d'une heure avant toute cuisson au four : une demi-heure de four ne ramollit pas un coing cru, qui resterait râpeux sous une crème d'amandes parfaitement cuite. Le sirop de pochage, chargé de pectine, se réduit ensuite en nappage. Les coings rôtis au miel et à la vanille, nouvelle recette du catalogue, sont la version la plus simple : un fruit coupé en quartiers, du miel, une gousse de vanille et une cuisson longue au four, couverte pour attendrir puis découverte pour caraméliser, selon l'usage courant pour un fruit aussi dur. Le chutney de coings, enfin, cuit 50 minutes les dés de coing et de pomme dans le vinaigre de cidre et le sucre roux avec l'oignon rouge, le gingembre, la cannelle et le girofle ; il est meilleur après deux à quatre semaines de repos, le temps que le vinaigre s'adoucisse.

Les deux usages les plus courants du fruit ont leur recette : la Compote de coings cuit quatre coings au sirop vanillé avant de les écraser, et le Ratafia de coing fait macérer la pulpe râpée et sucrée deux mois dans 70 cL de vodka avec cannelle et girofle.

Au four et en cocotte : rôti, tajine, khoresh, tarte et chutney
RecetteRôle du coingComment il est cuitLe point à surveiller
Khoresh-e beh (ragoût persan au coing et au bœuf)fruit acide-sucré du ragoûtdoré au beurre, puis 45 min dans le ragoûtpois cassés ajoutés tard, pépins en mousseline
Marqa hlowa (tajine tunisien sucré-salé au coing et à l'agneau)fruit fondant du sucré-salépoché à part 30 min, puis 25 min avec la viandene pas le cuire deux heures avec l'agneau
Tarte aux coings et aux amandesgarniture de la tartepoché 1 h, puis 35 min au fourfond cuit à blanc, sirop réduit en nappage
Coings rôtis au miel et à la vanilledessert de fruitrôti longuement au fourcouvrir d'abord, découvrir pour caraméliser
Chutney de coingscondiment aigre-doux50 min au vinaigre et au sucredeux à quatre semaines de repos avant d'ouvrir

Khoresh-e beh (ragoût persan au coing et au bœuf)

Marqa hlowa (tajine tunisien sucré-salé au coing et à l'agneau)

Tarte aux coings et aux amandes

Coings rôtis au miel et à la vanille

Chutney de coings

Compote de coings

Ratafia de coing

Conserver : le fruit, l'éthylène et les pots

Le coing est un fruit climactérique : comme la pomme et la poire, il produit de l'éthylène, le gaz qui déclenche et accélère le mûrissement. La fiche post-récolte de l'université de Californie à Davis donne sa production : 2,3 à 6,1 µL par kilo et par heure à 0 °C, 11 à 31,9 à 20 °C. Plus il fait chaud, plus il en émet, et plus il fait mûrir ses voisins. D'où deux règles à la maison : garder les coings sur une seule couche, sans qu'ils se touchent, et à l'écart des autres fruits, qu'ils feraient mûrir plus vite et qu'ils parfument au passage.

En chambre froide professionnelle, la même fiche recommande 0 °C et 90 à 95 % d'humidité relative, pour une conservation de deux à trois mois, et insiste sur la manipulation : le coing se meurtrit facilement, et la moisissure bleue (Penicillium expansum) part des blessures. Notre fiche, pensée pour une cuisine, retient plusieurs semaines à température ambiante, et jusqu'à deux mois environ dans un cellier frais et sec.

Les gelées, confitures et chutneys du catalogue, versés bouillants à ras bord dans des pots stérilisés et retournés, se conservent 12 mois fermés à l'abri de la lumière, puis 3 à 4 semaines au frais une fois ouverts. La pâte de coing, enveloppée, se garde plusieurs mois au frais et au sec. Le coing coupé cru, lui, ne se garde pas : il noircit en quelques minutes et se cuit aussitôt.

Conserver : le fruit, l'éthylène et les pots
ÉtatOù le garderDurée indicative
Coing entier, en cuisinecorbeille, une seule couche, loin des autres fruitsplusieurs semaines
Coing entier, au cellierpièce fraîche et sèche2 mois environ
Coing entier, en chambre froide0 °C, 90 à 95 % d'humidité relative2 à 3 mois
Gelée, confiture, chutney fermésplacard, à l'abri de la lumière12 mois
Pot ouvertréfrigérateur3 à 4 semaines
Pâte de coing en blocpapier cuisson et boîte fermée, au frais et au secplusieurs mois
Durées de conservation indicatives ; les lignes sans durée chiffrée restent en toutes lettres.
  • Pot ouvert

    3 à 4 semaines

  • Coing entier, au cellier

    2 mois environ

  • Coing entier, en chambre froide

    2 à 3 mois

  • Gelée, confiture, chutney fermés

    12 mois

  • Coing entier, en cuisine

    plusieurs semaines

  • Pâte de coing en bloc

    plusieurs mois

0 mois12 mois

Confiture de coings et pommes

Chutney de coings

Les pépins : de la pectine à garder, rien à croquer

Les pépins du coing sont précieux pour la gelée et à manier avec un peu de prudence. Précieux parce qu'ils sont entourés d'un mucilage : la revue d'Ashraf (2016) note que les graines de coing exsudent un mucilage quand on les fait tremper dans l'eau. Cette gelée naturelle, ajoutée à la pectine de la peau et du cœur, est l'une des raisons pour lesquelles les recettes du catalogue les cuisent avec les fruits, dans une mousseline pour la confiture et pour le Khoresh-e beh (ragoût persan au coing et au bœuf), ou avec les morceaux entiers pour la gelée.

La prudence vient de leur famille. Comme les pépins de pomme et les amandes d'abricot, ceux du coing appartiennent aux Rosacées, dont les graines contiennent de l'amygdaline, un glycoside dit cyanogène. Bolarinwa et ses collègues (2014) ont mesuré de 0,1 à 17,5 mg d'amygdaline par gramme dans les graines de Rosacées qu'ils ont analysées, bien plus que dans les autres familles. L'Anses rappelle que l'amygdaline se convertit en cyanure, hautement toxique, au cours de la digestion ; pour les amandes d'abricot crues, l'EFSA a fixé une dose de référence aiguë de 20 µg de cyanure par kilo de poids corporel, soit environ trois petites amandes pour un adulte. La revue d'Ashraf précise, pour le coing, que ses graines ne produisent des effets toxiques qu'ingérées en grande quantité. Nous n'avons pas trouvé de mesure publiée de la teneur des pépins de coing eux-mêmes, et nous n'en donnons donc pas.

La conduite à tenir en découle, sans dramatiser. Cuire les pépins entiers et les retirer, comme le font toutes les recettes du catalogue, est l'usage traditionnel. Ce qu'il faut éviter, c'est de les broyer : ne mixez pas les coings avec leurs pépins au blender, passez la pulpe au moulin à légumes grille fine, qui les retient entiers, et ne mangez pas les pépins.

Confiture de coings

Khoresh-e beh (ragoût persan au coing et au bœuf)

Pâte de coing

Menus d'automne autour du coing

Quatre menus composés de recettes du catalogue, avec une règle : le coing dans un seul plat par repas, parce que son sucre et son acidité fatiguent vite. Notre fiche le classe dans la tranche de prix intermédiaire, avec une empreinte de 0,4 kg d'équivalent CO2 par kilo selon Agribalyse, la même que la pomme et la poire ; ce sont les viandes des plats salés qui pèsent sur le carbone, pas le fruit.

Le dîner persan ouvre sur le Mirza ghasemi (caviar iranien d'aubergines grillées à l'ail et à l'œuf), continue avec le Khoresh-e beh (ragoût persan au coing et au bœuf) servi avec du riz, et finit sur des poires pochées au vin rouge, plus légères. L'accompagnement habituel du khoresh est le Chelow (riz persan au safran et à sa croûte de tahdig) : un basmati trempé, blanchi puis cuit à la vapeur sur une base de yaourt safrané qui dore au fond de la casserole. La table tunisienne commence par la Salade Mechouia (salade tunisienne de poivrons et de tomates grillés), dont le piment répond au plat sans harissa qui suit, la Marqa hlowa (tajine tunisien sucré-salé au coing et à l'agneau), et se termine par un riz au lait.

Le déjeuner du dimanche à la française enchaîne la salade d'endives au roquefort, aux noix et à la pomme, le rôti de porc à la moutarde servi avec le chutney de coings, et la tarte aux coings et aux amandes : le coing y apparaît deux fois, mais en condiment pour l'une. La soirée tapas, enfin, réunit le Pan con tomate (pain catalan frotté à la tomate et à l'ail), la tortilla de patatas et le Dulce de membrillo (pâte de coing espagnole) servi en carrés avec du fromage de brebis, qui fait à la fois le fromage et le dessert.

Menus d'automne autour du coing
MenuEntréePlatDessert
Dîner persanMirza ghasemi (caviar iranien d'aubergines grillées à l'ail et à l'œuf)Khoresh-e beh (ragoût persan au coing et au bœuf)Poires pochées au vin rouge, à la cannelle et à la vanille
Table tunisienneSalade Mechouia (salade tunisienne de poivrons et de tomates grillés)Marqa hlowa (tajine tunisien sucré-salé au coing et à l'agneau)Riz au lait
Dimanche à la françaiseSalade d'endives au roquefort, aux noix et à la pommeRôti de porc à la moutarde, chutney de coingsTarte aux coings et aux amandes
Soirée tapasPan con tomate (pain catalan frotté à la tomate et à l'ail)Tortilla de patatasDulce de membrillo (pâte de coing espagnole) et fromage de brebis

Mirza ghasemi (caviar iranien d'aubergines grillées à l'ail et à l'œuf)

Khoresh-e beh (ragoût persan au coing et au bœuf)

Poires pochées au vin rouge, à la cannelle et à la vanille

Salade Mechouia (salade tunisienne de poivrons et de tomates grillés)

Marqa hlowa (tajine tunisien sucré-salé au coing et à l'agneau)

Riz au lait

Salade d'endives au roquefort, aux noix et à la pomme

Rôti de porc à la moutarde

Chutney de coings

Tarte aux coings et aux amandes

Pan con tomate (pain catalan frotté à la tomate et à l'ail)

Tortilla de patatas

Dulce de membrillo (pâte de coing espagnole)

Coings rôtis au miel et à la vanille

Chelow (riz persan au safran et à sa croûte de tahdig)

Sources

UC Davis Postharvest Research and Extension Center : fiche « Quince » : Passage du vert au jaune comme indice de maturité, cueillette « bien jaunes et fermes », conservation à 0 °C et 90 à 95 % d'humidité relative pendant 2 à 3 mois, production d'éthylène de 2,3 à 6,1 µL/kg/h à 0 °C et de 11 à 31,9 à 20 °C, fruit qui se meurtrit facilement, moisissure bleue comme principale maladie de conservation.

Ashraf et al. (2016), « Cydonia oblonga M., A Medicinal Plant Rich in Phytonutrients for Pharmaceuticals », Frontiers in Pharmacology : Revue : environ 1,8 % de pectine, 1,2 % d'acide malique et 0,8 % de tanins dans le fruit ; goût astringent ; fruits en forme de pomme plus durs et plus astringents que les fruits en forme de poire ; graines qui exsudent un mucilage dans l'eau et ne sont toxiques qu'ingérées en grande quantité.

Thakur, Singh et Handa (1997), « Chemistry and uses of pectin : a review », Critical Reviews in Food Science and Nutrition : Revue sur la pectine : la formation du gel dépend du pH, des autres solutés présents, de la taille des molécules et de leur degré de méthylation.

Porter, Hrstich et Chan (1986), « The conversion of procyanidins and prodelphinidins to cyanidin and delphinidin », Phytochemistry : Description de la conversion, en milieu acide chauffé, des procyanidines incolores en cyanidine rouge : la réaction de laboratoire qui sert de modèle à l'explication du rouge du coing cuit.

National Center for Home Food Preservation (université de Géorgie, USDA) : « Making Jelly without added Pectin » : Fin de cuisson d'une gelée sans pectine ajoutée à 220 °F (environ 104 °C) au niveau de la mer, température plus basse en altitude, et test de la cuillère (deux gouttes qui se rejoignent et tombent en nappe).

DGCCRF : réglementation sur les produits du petit-déjeuner, FAQ pour les professionnels : Teneur en matière sèche soluble égale ou supérieure à 55 % pour les confitures, gelées et marmelades (décret n° 85-872), et modification apportée par la directive (UE) 2024/1438.

Bolarinwa, Orfila et Morgan (2014), « Amygdalin content of seeds, kernels and food products commercially-available in the UK », Food Chemistry : Dosage par HPLC : les graines de Rosacées analysées contiennent de 0,1 à 17,5 mg d'amygdaline par gramme, contre 0,01 à 0,2 mg pour les autres familles.

Anses : « Amandes d'abricots : un risque d'intoxication au cyanure » (2018) : L'amygdaline est un composé naturel qui se convertit en cyanure hautement toxique lors de la digestion ; limites de consommation reprises de l'EFSA et symptômes d'une intoxication aiguë.

EFSA : « Apricot kernels pose risk of cyanide poisoning » (2016) : Dose de référence aiguë de 20 µg par kilo de poids corporel ; un adulte peut consommer environ trois petites amandes d'abricot crues sans la dépasser.

Table de composition nutritionnelle Ciqual (Anses) : Référence des valeurs pour 100 g reprises dans nos fiches pour le coing, la pomme, la poire et le citron.

Agribalyse (Ademe), base d'impacts environnementaux : Empreinte carbone par kilo du coing, de la pomme et de la poire (0,4 kg CO2e), reprise dans nos fiches.

Les recettes du dossier

Gelée de coing

Cotignac d'Orléans

Pâte de coing

Dulce de membrillo (pâte de coing espagnole)

Confiture de coings

Confiture de coings et pommes

Chutney de coings

Tarte aux coings et aux amandes

Coings rôtis au miel et à la vanille

Khoresh-e beh (ragoût persan au coing et au bœuf)

Marqa hlowa (tajine tunisien sucré-salé au coing et à l'agneau)

Poires pochées au vin rouge, à la cannelle et à la vanille

Rôti de porc à la moutarde

Compote de coings

Ratafia de coing

Chelow (riz persan au safran et à sa croûte de tahdig)

Mirza ghasemi (caviar iranien d'aubergines grillées à l'ail et à l'œuf)

Salade Mechouia (salade tunisienne de poivrons et de tomates grillés)

Riz au lait

Salade d'endives au roquefort, aux noix et à la pomme

Pan con tomate (pain catalan frotté à la tomate et à l'ail)

Tortilla de patatas

Les autres dossiers

♻️ Cuisiner les restes
🍲 Inflation-core
🥛 Le petit-lait
🫙 Le reste de levain
🥚 Les blancs d'œufs
🍮 Les jaunes d'œufs
🧊 Ranger son frigo
🫙 Techniques de conservation
🌿 Trop d'herbes
🥚 Trop d'œufs
🍌 Trop de bananes
🧈 Trop de beurre
🍄 Trop de champignons
🥛 Trop de crème
🧀 Trop de fromage
🥓 Trop de jambon
🥛 Trop de lait
🍞 Trop de pain
🥬 Trop de salade
🍅 Trop de tomates
🥩 Trop de viande hachée
🥣 Trop de yaourt
🍵 Boissons chaudes d'hiver
🍹 Boissons sans alcool
☕ Café et thé
🔥 Barbecue et plancha
🌾 Farines anciennes et physique des pâtes
🍟 L'air fryer
🫘 L’aquafaba
🍆 L'aubergine façon cèpe
🔥 La cuisson au four
🌾 La cuisson de la semoule
🥚 La cuisson des œufs
🍝 La cuisson des pâtes
🍚 La cuisson du riz
♨️ La cuisson sous vide
🍄 La science de l’umami
🍳 Les matériaux de cuisson
🍜 Les pâtes fraîches
🥬 La lacto-fermentation
🫧 Les boissons fermentées
🥖 Les pâtes levées
👑 Crêpes et galette
🎄 Menu de fêtes anticipé
🧀 Raclette, fondue, tartiflette
🧈 Le beurre
🍲 Les grands mijotés d'hiver
🥄 Les sauces françaises
🍝 Formats de pâtes
🫘 Pâtes et légumineuses
🌽 Polentas régionales
🌾 Assiette climatarienne
🥑 Cétogène et low carb
🧠 L’alimentation fonctionnelle
🧲 L'assimilation des nutriments
🌱 La cuisine vegan
🥗 La cuisine végétarienne
🌡️ La cuisson et les nutriments
🥄 La diversification
🦪 La vitamine B12
🥛 Le calcium
🍲 Le fer
🦠 Le microbiote
🧂 Le sel et le sodium
🫐 Les antioxydants
📊 Les apports de référence
🌿 Les fibres
🍞 Les glucides
🫒 Les lipides
🪨 Les minéraux
🐟 Les omégas
🥚 Les protéines
🍋 Les vitamines
📉 Lissage glycémique
🧠 Neuro-gastronomie
🍱 La lunch box
🥡 Le batch cooking
⚖️ Quantités par personne
🌀 Cannelle et brioches roulées
🍫 Le chocolat de fêtes
🥧 Les pâtes à tarte
🍬 Sucre et substituts
🍄 Champignons d'automne
🎃 Courges et potirons
🥦 Les choux d'hiver
🍎 Pommes et poires
🥣 Soupes et veloutés

Continuer

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