
Le cumin fait partie des rares épices que la cuisine médiévale européenne utilisait autant que l'Inde, avant de l'oublier presque totalement.
114 recettes du site en utilisent. On en trouve surtout dans la cuisine indienne, moyen-orientale, marocaine, algérienne.
8%
du poids, cru
2,5kg CO₂e / kg
Modérée pour un ingrédient brut
375kcal
pour 100 g
pour 100 g, source Agribalyse, fiabilité moyenne
cher
| Pour 100 g | |
|---|---|
Macro-élémentsminéraux dont le corps contient des grammes | |
| Calcium | 931 mg |
| Magnésium | 366 mg |
| Phosphore | 499 mg |
| Potassium | 1 790 mg |
Oligo-élémentsminéraux présents à l’état de traces | |
| Cuivre | 0,87 mg |
| Fer | 66,40 mg |
| Manganèse | 3,33 mg |
| Zinc | 4,80 mg |
Vitamines liposolublessolubles dans les graisses, elles arrivent avec les lipides | |
| Vitamine A (équivalents rétinol) | 64 µg |
| Bêta-carotène | 762 µg |
| Vitamine D | 0,00 µg |
| Vitamine K1 | 5,4 µg |
Vitamines hydrosolublessolubles dans l’eau, une partie passe dans l’eau de cuisson | |
| Vitamine C | 7,7 mg |
| Vitamine B1 (thiamine) | 0,63 mg |
| Vitamine B2 (riboflavine) | 0,33 mg |
| Vitamine B3 (niacine) | 4,58 mg |
| Vitamine B6 | 0,44 mg |
| Vitamine B12 | 0,00 µg |
| Pour 100 g | |
|---|---|
Oméga-6série n-6, chef de file l’acide linoléique | |
| Acide linoléique 18:2 n-6 | 2,53 g |
Oméga-3série n-3, chef de file l’acide alpha-linolénique | |
| Acide alpha-linolénique 18:3 n-3 | 0,00 g |
| EPA 20:5 n-3 | 0,00 g |
| DHA 22:6 n-3 | 0,00 g |
Oméga-9série n-9, que l’organisme sait fabriquer lui-même | |
| Acide oléique 18:1 n-9 | 14,00 g |
Achetez le en graines entières plutôt qu'en poudre : le cumin moulu s'évente vite et perd en quelques mois ce qui fait son intérêt. Les graines doivent être d'un brun clair uniforme, sèches, sans poussière ni débris au fond du sachet, et libérer une odeur franche quand on les écrase entre les doigts. Ne le confondez pas avec le carvi, souvent appelé cumin des prés, dont les graines sont plus courbées et le goût nettement plus anisé, ni avec le cumin noir, une autre plante encore. Le cumin d'Inde et celui d'Iran sont réputés plus parfumés que les origines les plus courantes, mais l'écart de fraîcheur pèse davantage que l'écart d'origine.
En graines, dans un pot hermétique à l'abri de la lumière et de la chaleur, il tient deux à trois ans sans perte notable. Moulu, comptez six mois avant que le parfum ne s'affaisse : moudre à la demande au mortier ou dans un petit moulin change complètement le résultat, pour un travail de vingt secondes. Ne le stockez jamais au-dessus de la plaque de cuisson, l'endroit le plus chaud et le plus humide de la cuisine, où toutes les épices meurent le plus vite. Un cumin qui ne sent plus rien à l'ouverture du pot ne se rattrape pas en doublant la dose : il ne reste que l'amertume.
Toujours le torréfier
Les graines passées à sec dans une poêle chaude, remuées jusqu'à ce qu'elles crépitent et embaument, une à deux minutes, changent de dimension : la chaleur libère et transforme les composés volatils. C'est le geste qui sépare un plat au cumin d'un plat qui sent la poudre. Retirez les de la poêle dès qu'elles foncent, elles continuent de cuire.
Le faire frire dans le gras
En cuisine indienne, les graines sont jetées dans l'huile ou le ghee chaud en début de cuisson jusqu'à ce qu'elles éclatent, avant l'oignon et l'ail. Les arômes du cumin sont liposolubles : seule une phase grasse chaude les extrait réellement. Quelques secondes suffisent, et une huile trop chaude les carbonise instantanément.
Moudre après torréfaction, pas avant
Les graines torréfiées puis pilées au mortier donnent une poudre incomparablement plus parfumée que du cumin moulu du commerce, même torréfié ensuite. L'ordre compte : la graine entière protège ses huiles jusqu'au dernier moment. Laissez la refroidir avant de moudre, sinon elle colle au mortier.
Doser en dessous de ce qu'on croit
Le cumin est envahissant : il occupe l'avant du palais et masque les épices plus fines, cardamome, coriandre, fenouil, avec lesquelles il est censé jouer. Dans un mélange, il représente rarement plus d'un quart du total. Un plat dont on ne perçoit que le cumin est presque toujours un plat trop cuminé.
Marge d'erreur
demande de l’attention
Demande de l'attention pour deux raisons opposées. À la torréfaction et à la friture, la fenêtre est de quelques secondes entre le parfum et le brûlé, avec une amertume irrattrapable à la clé. Et au dosage, sa puissance écrase tout ce qui l'entoure, sans possibilité de retour en arrière. Dans un chili ou un houmous, où il est censé dominer, il est en revanche très facile à réussir.
Le cumin entier passe à la poêle sèche jusqu'à ce qu'il embaume et crépite, une minute au plus. La chaleur sèche déclenche des réactions de Maillard entre ses sucres et ses acides aminés, qui créent des molécules grillées absentes de la graine crue. Moulu tout de suite après, il n'a plus grand rapport avec la poudre du bocal.
Le cumin doit son odeur au cuminaldéhyde, une molécule volatile et sensible à l'oxygène. Entière, la graine l'enferme dans ses cellules ; moulue, elle expose une surface des centaines de fois plus grande à l'air, et l'arôme part par évaporation autant que par oxydation. C'est l'épice où l'écart entre entier et moulu s'entend le plus vite.
« Le cumin est une épice exclusivement orientale, étrangère à la cuisine européenne. »
Faux : l'Europe l'a beaucoup utilisé, puis oublié.
Les livres de cuisine européens du Moyen Âge, du Viandier au Ménagier de Paris, emploient le cumin abondamment, et les comptes de maisons nobles anglaises et françaises en enregistrent des achats en quantité. Il figure aussi dans le recueil romain d'Apicius, où il est l'une des épices les plus fréquentes. Son effacement est daté et documenté : il correspond au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles français, où la cuisine se détourne des épices lointaines au profit des herbes locales et du beurre, un déplacement qu'on lit directement dans La Varenne et ses successeurs. Deux traces ont survécu à l'oubli et se vérifient en rayon : le gouda au cumin et certains pains du nord de l'Europe, hérités sans interruption de cet usage médiéval.
La torréfaction à sec développe des arômes plus chauds et réduit son amertume.
Il fait tout le cumin et donne l'odeur puissante qu'une pincée de trop impose à un plat entier.
Il apporte le fond résineux et de terre qui distingue le cumin du carvi qu'on confond avec lui.
Elles naissent au grillage à sec et sont la raison pour laquelle on torréfie les graines avant de les moudre.
Ils donnent l'amertume qui monte si la graine est grillée un peu trop longtemps à sec.
Grains de coriandre ×1 : poids pour poids, moulus au mortier ; plus citronnés et moins terreux : le duo cumin-coriandre est de toute façon la base d'un curry ou d'un chili
Poudre de curry ×1 : poids pour poids ; le curry contient déjà du cumin, mais aussi curcuma et fenugrec : il colore et parfume bien plus large
Le cumin apporte une note chaude, terreuse et légèrement amère qui donne du corps aux aliments neutres : c'est pourquoi il accompagne partout les légumineuses, pois chiche, lentille, haricot noir, et les féculents. Il forme avec la coriandre et le curcuma le socle des mélanges indiens, avec le paprika et l'origan celui du chili tex mex, et avec la cannelle et le gingembre celui des tajines. Il fonctionne aussi avec l'agneau, la carotte, la courge, la tomate, le yaourt, le citron et l'ail.
Ce que les 1220 recettes du site en disent, et non ce qu’une théorie des arômes prédirait. Plus un aliment est proche du centre et large, plus il revient dans les mêmes recettes ; plus le trait est épais, plus la rencontre dépasse ce que le hasard expliquerait.
Une friture dans une huile trop chaude
Les graines carbonisent en quelques secondes et libèrent une amertume brûlée qui contamine tout le plat, sans possibilité de correction.
Sauf : Une huile à température moyenne, les graines retirées dès qu'elles crépitent et embaument, donne exactement l'effet recherché.
Le doser à égalité avec des épices fines
Sa puissance occupe l'avant du palais et masque la cardamome, le fenouil ou la coriandre : le mélange perd sa complexité et ne sent plus que le cumin.
Sauf : Dans un houmous, un chili ou un pain au cumin, où il est l'épice principale assumée, la domination est le but.
Albóndigas en salsa de chile ancho (boulettes mexicaines à la menthe et au riz, sauce tomate fumée)
3 gArroz tapado (riz moulé à la viande hachée, aux olives et aux raisins secs)
2 gBaba ganousch
3 gBaharat (mélange d'épices du Levant)
6.3 gBalila (pois chiches chauds au cumin et au citron)
4 gBerkoukes (soupe algérienne aux gros grains de semoule et aux légumes)
3 gBissara (velouté marocain de fèves sèches à l'huile d'olive et au cumin)
8 gBonbons piment (beignets de pois cassés à la réunionnaise)
4 gBourek aux pommes de terre (rouleaux algériens à la feuille de brick)
3 gBrochettes de kefta (boulettes marocaines grillées aux herbes et au cumin)
4 gBurgers de haricots noirs au quinoa
5 gCake carotte, cumin et noisettes
5 gCalentado (riz et haricots rouges de la veille sautés à la poêle)
1 gCarottes à la marocaine au cumin et au citron
5 gChaat masala (mélange d'épices acidulé indien)
12.5 gChana chaat (salade de pois chiches épicée à l'indienne)
4 gChana masala (pois chiches à la tomate et au garam masala)
5 gCharquicán (ragoût chilien de courge, de pommes de terre et de bœuf)
4 gChermoula
6 gChili con carne
10 gChili powder (mélange d'épices texan)
6.3 gChili sin carne
10 gChou-fleur rôti, pois chiches et sauce tahin
6 gChtitha batata (pommes de terre algériennes en sauce rouge)
3 gDahl de lentilles corail au lait de coco
5 gDoubara (fèves et pois chiches épicés de Biskra)
6 gDukkah (condiment égyptien aux noisettes et aux épices)
6.3 gEmpanadas de viande
1 gEnchiladas de haricots rouges et cheddar
6 gEspinacas con garbanzos (épinards aux pois chiches à l'andalouse)
4 gFalafels de fèves au four
6 gFalafels traditionnels
6 gFatteh de pois chiches au yaourt et tahin
4 gFoul moudammas (fèves chaudes à l'ail et au citron)
5 gFrijoles negros (haricots noirs à la cubaine au cumin)
6 gGaeng hung lay (curry de porc du nord de la Thaïlande)
3 gGalettes de lentilles corail
4 gGaram masala (mélange d'épices de l'Inde du Nord)
19 gGazpacho andalou
1 gGobi matar (chou-fleur et petits pois au masala)
5 gGulasch triestino (goulasch de bœuf de Trieste)
3 gHarissa (pâte de piment tunisienne)
2.1 gHawaij (mélange d'épices yéménite)
19 gHoumous de courge rôtie au tahin et au zaatar
4 gHoumous garni
4 gİzmir köfte (boulettes turques au four avec pommes de terre et poivrons)
4 gJeera aloo (pommes de terre sautées au cumin)
6 gJota triestina (soupe de haricots, choucroute et pommes de terre de Trieste)
2 gKachumber (salade indienne concombre, tomate et oignon)
3 gKaddu ki sabzi (courge indienne aigre-douce aux épices)
4 gKebab de seitan, sauce tzatziki
5 gKefta en sauce tomate (boulettes de bœuf maghrébines aux œufs)
5 gKefteji (poêlée tunisienne de légumes frits au piment)
5 gKibbeh (boulettes libanaises de boulgour et d'agneau farcies aux pignons, frites)
2 gKoshari (riz, lentilles et macaronis à la sauce tomate)
6 gLablebi (soupe tunisienne de pois chiches au pain rassis)
10 gLocro de papa (soupe équatorienne de pommes de terre au fromage frais)
3 gLoubia (ragoût algérien de haricots blancs à la tomate)
4 gMakhlouta (soupe libanaise aux sept légumineuses)
6 gMasala omelette (omelette indienne aux oignons et à la coriandre)
2 gMassalé (mélange d'épices réunionnais)
12.5 gMercimek köftesi (boulettes turques de lentilles corail et de boulgour, à froid)
3 gMhadjeb (crêpes algériennes farcies à la tomate et à l'oignon)
3 gMuhammara
3 gMujaddara (riz aux lentilles et oignons frits)
6 gNam prik gaeng massaman (pâte de curry massaman thaïe)
2.1 gOjja aux merguez (œufs pochés tunisiens à la tomate)
3 gPalak paneer
5 gPalak shorba (velouté indien d'épinards aux épices)
3 gPanaeng moo (curry panaeng au porc et aux cacahuètes)
1 gPanch phoron (mélange de cinq graines du Bengale)
6.3 gPatacones con hogao (rondelles de banane plantain verte frites à la sauce tomate)
1 gPita falafel sauce tahin
6 gPois chiches rôtis épicés au four
6 gPoudre à colombo (mélange d'épices antillais)
6.3 gPoudre de curry
12.5 gPozole verde de pollo (soupe mexicaine au maïs hominy et à la sauce verte)
3 gPurée de pois cassés au tahin et au citron
5 gQuesadillas aux haricots noirs et au cheddar
4 gQuibe de abóbora (boulettes de courge et de boulgour au four)
3 gQuiche à la carotte et au cumin
5 gQuinoa aux épinards, abricots secs et amandes
4 gRaita concombre-menthe
3 gRajma (curry de haricots rouges)
6 gRas el-hanout (mélange d'épices marocain)
2.1 gRecado rojo (pâte d'achiote du Yucatán)
2.1 gSaag tofu (épinards au tofu à l'indienne)
5 gSalade de boulgour, tomates séchées et pistaches
3 gSalade de chou-fleur rôti, grenade et tahin
3 gSalade de pois chiches à la méditerranéenne
2 gSalade Mechouia (salade tunisienne de poivrons et de tomates grillés)
3 gSalatat aswad (salade soudanaise d'aubergines frites au yaourt et au tahin)
4 gSambar de légumes d'automne (soupe indienne de lentilles au tamarin)
3 gSatay ayam (brochettes de poulet mariné, sauce cacahuète et acar de concombre)
3 gSeitan sauté aux poivrons et au paprika fumé
4 gShakshuka aux œufs et feta
6 gSopa de maní (soupe bolivienne à l'arachide et aux pâtes)
3 gSoupe carottes et lentilles
3 gSoupe de carottes et patates douces
5 gSoupe de haricots noirs à la mexicaine
6 gSoupe de pois cassés au paprika fumé
4 gSoutzoukakia smyrneika (boulettes grecques au cumin en sauce tomate au vin rouge)
6 gSteaks de haricots rouges et flocons d'avoine
5 gSudado de pollo (ragoût de poulet aux tomates et aux pommes de terre)
2 gTacos de protéines de soja texturées
6 gTagine aux aubergines, amandes et citrons confits
2 gTajine de kefta de sardines (boulettes de sardines marocaines à la chermoula, sauce tomate)
5 gTaktouka (salade marocaine de poivrons grillés et de tomates)
4 gTandoori masala (mélange d'épices du Pendjab)
6.3 gVadouvan (mélange d'épices et d'échalotes de Pondichéry)
6.3 gWrap houmous, carottes râpées et roquette
6 gZa'atar (mélange de thym, de sumac et de sésame du Levant)
1.1 gZaalouk (caviar d'aubergine marocain à la tomate)
5 gZhoug (sauce yéménite verte à la coriandre et au piment)
6 gLe cumin est cultivé au Proche Orient depuis au moins cinq mille ans, et des graines ont été retrouvées sur des sites archéologiques syriens et égyptiens. Il figure dans les textes mésopotamiens, dans la Bible, et dans les listes de rations de l'Égypte ancienne. Grecs et Romains en font une épice courante et bon marché, au point qu'il devient chez les Romains un symbole d'avarice, un homme trop économe étant traité de fendeur de cumin.
Le Moyen Âge européen le maintient au premier rang. Les comptes de maisons nobles et les livres de cuisine du XIVe siècle en enregistrent en quantité, et il se retrouve dans les sauces, les pâtés et les fromages. Puis la cuisine française du XVIIe siècle opère son grand virage vers les herbes locales, le beurre et les fonds, et le cumin sort du répertoire européen en deux générations.
Il n'a jamais quitté l'Inde, le Maghreb, le Proche Orient et le Mexique, où il est arrivé avec les Espagnols et où il est devenu, contre toute attente géographique, l'épice signature du chili et des cuisines tex mex. Son retour en Europe date de la seconde moitié du XXe siècle, par les cuisines d'ailleurs, et non par la mémoire de son propre passé.
Chez les Romains, le cumin était si bon marché et si répandu qu'il donna une expression pour désigner l'avarice : on appelait fendeur de cumin, cuminisector, celui qui coupait les graines en deux pour économiser. Pline mentionne aussi l'usage qu'en faisaient certains étudiants et courtisans, qui en consommaient pour se donner le teint pâle des travailleurs acharnés et gagner ainsi la considération de leurs maîtres ou de leurs protecteurs. L'épice servait donc autant de repère social que d'ingrédient.
Source : Pline l'Ancien, Histoire naturelle, livre XX
La science derrière
Le matériel
Quand ça rate
Sources : Pline l'Ancien, Histoire naturelle, livre XX ; Alan Davidson, The Oxford Companion to Food, entrée « cumin » ; Anses, table Ciqual, cumin graines.