
Houmous de courge rôtie au tahin et au zaatar

La courge est rôtie jusqu'à caraméliser, puis mixée avec les pois chiches et beaucoup de tahin. Le zaatar se fait dans la foulée.
Le houmous classique est une émulsion : le tahin, qui est une purée de sésame à près de 60 % de lipides, est dispersé par le jus de citron et l'eau de cuisson des pois chiches, et ce sont les protéines et les fibres du sésame et du pois chiche qui stabilisent la chose. On comprend alors pourquoi l'ordre compte : tahin et citron d'abord, fouettés ensemble jusqu'à ce que le mélange blanchisse et épaississe, puis les pois chiches. Fait dans l'autre sens, on obtient une purée granuleuse. La courge rôtie change la donne et l'améliore. Au four à 200 °C, sa surface perd de l'eau et ses sucres caramélisent pendant que ses acides aminés entrent en réaction de Maillard ; la chair devient nettement plus sucrée et plus parfumée qu'à la vapeur. Elle apporte aussi de l'eau et des fibres, ce qui permet de réduire l'eau ajoutée et donne un houmous plus crémeux. Deux détails font la différence sur la texture. Une pincée de bicarbonate dans l'eau de cuisson des pois chiches élève le pH, ce qui accélère la dégradation des pectines de la peau et permet aux grains de s'écraser complètement ; et peler les pois chiches, fastidieux mais efficace, élimine la cellulose qui résiste au mixeur. Le zaatar n'est pas une plante unique mais un mélange : la plante zaatar, proche de l'origan syrien et ici remplacée par du thym, du sumac pour l'acidité, du sésame grillé et du sel. Le sumac est le fruit séché d'un arbuste, et son acidité vient de l'acide malique, le même que celui de la pomme.
Difficulté: 1/5
Recette originale prévue pour 6 personnes · 3 476 g préparés, 579 g par personne
⚠️ Allergènes :
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Étape 1 — Les pois chiches cuits se gardent trois jours dans leur eau, ou se congèlent avec elle.
Étape 3 — Le zaatar se fait en grande quantité et tient trois mois en bocal au sec.
Étape 5 — Le houmous entier se fait la veille ; le filet d'huile et le zaatar au dernier moment.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Cuire les pois chiches trempés dans l'eau avec le bicarbonate, 50 minutes, jusqu'à ce qu'ils s'écrasent sans résistance. Garder l'eau de cuisson.
C’est prêt quand : Un pois chiche s'écrase à la fourchette sans le moindre cœur dur.
Couper la courge en deux, la poser face coupée sur une plaque avec deux cuillères d'huile d'olive, et la rôtir 40 minutes à 200 °C jusqu'à ce que les bords caramélisent.
C’est prêt quand : La face coupée de la courge est brun doré et la chair cède à la cuillère.
Griller le sésame à sec, puis le mélanger au sumac, au thym effeuillé et à une pincée de sel : voilà le zaatar.
Fouetter le tahin avec le jus des citrons et l'ail écrasé jusqu'à ce que le mélange blanchisse et épaississe. C'est l'ordre qui compte : le tahin avant les pois chiches.
C’est prêt quand : Le tahin a blanchi et épaissi, puis s'est détendu en une crème lisse.
Ajouter les pois chiches égouttés, la chair de courge, le cumin et le sel, et mixer longuement en détendant avec l'eau de cuisson jusqu'à obtenir une crème très lisse.
C’est prêt quand : Le houmous retombe du mixeur en ruban et ne laisse aucun grain sous la langue.
Étaler en creusant un sillon avec le dos de la cuillère, remplir d'huile d'olive et parsemer de zaatar.
0 / 6 étapes terminées
Pourquoi : Pois chiches pas assez cuits, ou mixage trop court (Acidité et pH)
Rattrapage : Remixer trois minutes de plus avec un peu d'eau de cuisson chaude. Du bicarbonate et dix minutes de cuisson de plus la prochaine fois.
Pourquoi : Le tahin a été versé avec les pois chiches au lieu d'être monté au citron (Émulsion)
Rattrapage : Rien ne le rattrape vraiment ; ajouter du jus de citron et remixer longuement améliore un peu.
Pourquoi : C'est le comportement normal du tahin au contact de l'eau (Émulsion)
Rattrapage : Continuer de fouetter en ajoutant l'eau goutte à goutte : il se détend toujours.
Pourquoi : Ail cru mixé sans contact préalable avec l'acide (Oxydation enzymatique)
Rattrapage : Écraser l'ail dans le jus de citron dix minutes avant de mixer.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : boîte hermétique, surface couverte d'huile d'olive
Réchauffage : Se sert froid ou tiède ; sortir une heure avant.
Quatre jours sous une couche d'huile, qui empêche la surface de croûter. Il épaissit au froid et se détend à l'eau tiède. Le zaatar se met toujours au moment de servir, sinon il s'humidifie.
Elle l'est déjà, et le houmous est l'un des plats végétaliens les plus anciens du Levant.
La recette n'en contient pas, mais le zaatar du commerce est souvent coupé de blé concassé : le faire soi-même règle la question.
Sans la butternut, c'est le houmous classique : compter alors 450 g de pois chiches secs au lieu de 300.
Des pains pita chauds, des crudités, et des olives noires
Un thé à la menthe, ou un vin blanc sec du Liban

Le bicarbonate rend l'eau de cuisson alcaline, ce qui dégrade la pectine des parois des pois chiches et dissout en partie leur peau : ils s'écrasent en cinquante minutes au lieu d'une heure et demie, et le houmous est lisse sans être passé au tamis.
L'acide raffermit les protéines, ralentit l'oxydation, équilibre le goût et active le bicarbonate.

Le tahin est fouetté avec le jus de citron et l'ail avant que les pois chiches n'entrent, et il blanchit en épaississant : l'eau du citron s'émulsionne dans l'huile de sésame, qui se fige puis se détend. Ce tahin monté est ce qui donne au houmous sa crémeuse légèreté ; versé en dernier, il reste gras et lourd.
Dispersion stable de gras dans l'eau (ou l'inverse) grâce à un émulsifiant et à l'agitation : mayonnaise, vinaigrette, ganache.

La courge rôtie face coupée contre la plaque caramélise là où elle touche le métal, et c'est le seul apport sucré et torréfié d'une recette par ailleurs crue. Cuite à la vapeur, elle ne donnerait que de l'eau et de la douceur.
Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

L'ail est écrasé puis laissé quelques minutes dans le jus de citron avant le mixage : l'acidité stoppe l'allicinase et émousse l'agressivité de l'ail cru, qui sinon domine tout le bol au bout d'une heure.
Des enzymes brunissent avocat, pomme ou artichaut coupés ; le jus de citron et le froid les freinent.

Le sésame du zaatar est grillé à sec avant d'être mélangé : la torréfaction libère ses composés pyraziniques et c'est ce qui sépare un zaatar qui sent de la poudre d'herbe.
Certains arômes se dissolvent dans le gras, d'autres dans l'eau ou l'alcool : d'où l'intérêt de faire revenir les épices ou de flamber.

Le sésame à sec, à feu moyen, en remuant, jusqu'à ce qu'il dore et commence à sauter. Il passe du doré au brûlé en une poignée de secondes.

Courge face coupée sur la plaque, quarante minutes à 200 °C : le contact direct avec le métal est ce qui caramélise, et une courge posée côté peau ne fait que sécher.

Tahin, jus de citron et ail au fouet jusqu'à blanchiment. Le mélange se fige d'abord, ce qui inquiète toujours, puis se détend : c'est le comportement normal du tahin et il faut continuer.

Longuement, beaucoup plus longtemps qu'on ne croit, en détendant à l'eau de cuisson chaude. Un houmous lisse est un houmous mixé trois à quatre minutes.

Le jus des deux citrons pressé au moment : un jus en bouteille apporte l'acidité et rien du parfum du zeste, qui compte autant ici.