
Le pétrissage crée un réseau élastique qui retient les gaz de fermentation ; à l'inverse, trop travailler une pâte à tarte la rend dure.
Le gluten n'existe pas dans la farine : il s'y trouve deux protéines séparées, la gliadine et la gluténine, qui ne forment un réseau qu'une fois mouillées et travaillées. La gliadine apporte l'extensibilité (la pâte s'étire) et la gluténine l'élasticité (la pâte revient). Le pétrissage aligne ces chaînes et crée entre elles des ponts disulfure qui les soudent en une trame continue, à la fois souple et étanche, capable de retenir le gaz de la fermentation comme la paroi d'un ballon.
Le repère du boulanger est la fenêtre : on étire un morceau de pâte entre les doigts jusqu'à voir le jour à travers sans qu'il déchire. Tant qu'il déchire, le réseau n'est pas fait. Mais le temps travaille aussi tout seul : l'autolyse (farine et eau mélangées grossièrement, puis laissées reposer vingt à soixante minutes avant le sel et la levure) développe une bonne partie du réseau sans le moindre pétrissage, simplement parce que les protéines s'hydratent et s'organisent. Les pâtes très hydratées se font ainsi, avec des rabats espacés plutôt qu'un pétrissage long.
Le sel resserre le réseau et le rend plus tenace, ce qui est utile pour un pain et nuisible pour une pâte qu'on veut fondante ; le sucre et le gras au contraire l'affaiblissent, en s'intercalant entre les chaînes : c'est pourquoi une brioche demande beaucoup plus de pétrissage qu'un pain, et pourquoi on incorpore son beurre après que le réseau est formé, jamais avant. L'acidité du levain assouplit, une trop longue fermentation finit par dégrader le réseau et donner une pâte qui colle et ne se tient plus.
En pâtisserie, le raisonnement s'inverse : tout ce qui fait un bon pain fait une mauvaise tarte. Une pâte sablée ou brisée doit avoir le moins de gluten possible, donc peu d'eau, du beurre enrobant la farine avant l'eau, un mélange bref et froid, et surtout un repos d'au moins trente minutes au frais, non pour développer le réseau mais pour le laisser se détendre, faute de quoi la pâte se rétracte à la cuisson et le fond de tarte remonte sur les bords. La même règle explique les crêpes tendres, les cakes qu'on mélange « juste jusqu'à disparition de la farine », et les muffins qui deviennent caoutchouteux dès qu'on les bat.
La farine a été incorporée trop longuement ou en une seule fois
Ce qu'il faut faire : Tamiser trois fois et incorporer en quatre fois, en s'arrêtant dès qu'il n'y a plus de farine visible : il vaut mieux deux grumeaux qu'un gluten développé.
Angel food cake (gâteau des anges aux blancs d'œufs)La pâte a été trop travaillée après l'ajout de la farine, ce qui a développé le réseau de gluten.
Ce qu'il faut faire : Mélanger le minimum possible à l'étape 4, juste assez pour incorporer la farine sans insister.
Appareil à cake saléPâte trop ferme, ou trop de farine ajoutée au pétrissage.
Ce qu'il faut faire : La pâte doit rester molle et un peu collante. Travaillez-la sur un plan légèrement huilé plutôt que fariné.
Batbout (petits pains marocains cuits à la poêle)La farine a été travaillée trop longtemps
Ce qu'il faut faire : S'arrêter dès que la farine disparaît : deux grumeaux valent mieux qu'un gluten développé.
Bolo de abóbora (gâteau portugais au potiron et à la cannelle)Pâte trop hydratée ou trop levée, ou pas de passage au froid avant le bain.
Ce qu'il faut faire : Ils se mangent tels quels. La prochaine fois, pesez l'eau, arrêtez la levée à une fois et demie, et 30 minutes au réfrigérateur.
BretzelBeurre incorporé avant que le réseau de gluten soit formé, ou pétrissage écourté
Ce qu'il faut faire : Aucun rattrapage possible en cours de route : le pétrissage jusqu'au voile, puis le beurre, dans cet ordre.
BriocheLe beurre a été incorporé trop tôt, avant que le réseau de gluten soit formé.
Ce qu'il faut faire : Passez-la une heure au congélateur puis deux heures au réfrigérateur : elle se façonnera. La mie sera plus serrée mais le goût est là.
Brioche vendéennePâte trop travaillée à l'incorporation.
Ce qu'il faut faire : Une dizaine de tours de maryse, jamais au batteur.
Brownie au chocolatLe gluten est encore tendu, le repos a été trop court.
Ce qu'il faut faire : Remettez-la 30 minutes au frais et reprenez : elle s'abaissera sans résister.
Bugnes lyonnaisesLa pâte a été trop travaillée après l'incorporation de la farine, ce qui a développé le réseau de gluten et emprisonné l'humidité de manière excessive.
Ce qu'il faut faire : Mélanger les ingrédients secs très brièvement, juste assez pour les incorporer visuellement.
Cake à la bananeLa pâte a été trop travaillée après l'ajout de la farine, ce qui a développé le réseau de gluten et rendu la texture élastique et compacte.
Ce qu'il faut faire : Mélanger les ingrédients secs et humides très brièvement, juste assez pour faire disparaître les traces de farine, sans chercher à obtenir une pâte parfaitement lisse.
Cake à la patate douce et au curryLa pâte a été trop travaillée après l'ajout de la farine, ce qui a développé le réseau de gluten et rendu la mie élastique et compacte.
Ce qu'il faut faire : Mélanger délicatement les ingrédients secs et humides juste assez pour qu'ils soient incorporés, sans chercher à obtenir une pâte parfaitement lisse.
Cake au thon et aux tomates séchéesLa pâte a été trop travaillée après l'ajout de la farine, ce qui a développé le réseau de gluten et emprisonné la pâte.
Ce qu'il faut faire : Mélangez la pâte le moins possible à l'étape 5, juste assez pour incorporer les ingrédients secs.
Cake aux champignons et au parmesanLa pâte a été trop travaillée après l'ajout de la farine, ce qui a développé le réseau de gluten et emprisonné l'humidité.
Ce qu'il faut faire : Mélanger le moins possible à l'étape 5, juste assez pour incorporer la farine sèche. Si le mal est fait, couper le cake en tranches très fines et les faire griller.
Cake aux olives et au jambonLa pâte a été trop travaillée après l'ajout de la farine, ce qui a développé le réseau de gluten et emprisonné la pâte.
Ce qu'il faut faire : Mélanger la pâte délicatement à la spatule juste assez pour incorporer les ingrédients secs, sans chercher à obtenir une texture parfaitement lisse.
Cake aux poivrons et à la fetaLa pâte a été trop travaillée après l'ajout de la farine, développant excessivement le réseau de gluten.
Ce qu'il faut faire : Mélanger la pâte délicatement et brièvement après l'incorporation de la farine, juste assez pour l'intégrer.
Cake aux trois fromagesLa pâte a été trop travaillée après l'ajout de la farine, ce qui a développé excessivement le réseau de gluten.
Ce qu'il faut faire : Mélangez la pâte juste assez pour incorporer les ingrédients secs, sans chercher à obtenir une texture parfaitement lisse.
Cake carotte, cumin et noisettesLa farine n'a pas été tamisée, ou l'eau a été versée d'un coup
Ce qu'il faut faire : Passer la pâte au chinois en pressant, ce qui règle le problème entièrement avant cuisson.
Castagnaccio (gâteau toscan à la farine de châtaigne et au romarin)Pâte trop travaillée.
Ce qu'il faut faire : Mélanger juste assez, grumeaux compris.
Chimodho (pain de maïs zimbabwéen à la poêle)Pétrissage ou repos insuffisants.
Ce qu'il faut faire : Pétrissez plus longtemps, reposez trente minutes de plus. L'extensibilité s'obtient par le temps.
Cornes de gazelle (kaab el ghzal, croissants marocains à la pâte d'amande)Air emprisonné, ou soudure incomplète.
Ce qu'il faut faire : Chassez l'air en soudant du centre vers les bords et pincez fermement.
Cornes de gazelle (kaab el ghzal, croissants marocains à la pâte d'amande)Le repos a été escamoté
Ce qu'il faut faire : La laisser vingt minutes de plus sous un linge et reprendre. Forcer ne fait que tendre davantage le gluten.
Crackers au levain aux grainesLa pâte a été trop travaillée au fouet, ce qui a excessivement développé le réseau de gluten.
Ce qu'il faut faire : Laisser reposer la pâte au moins 2 heures pour détendre le gluten, et mélanger le moins possible lors des prochaines préparations.
Crêpes de mamieLa pâte manque de cohésion, souvent parce qu'elle n'a pas assez reposé ou que le lait de coco la rend trop lourde.
Ce qu'il faut faire : Laisser reposer la pâte 30 minutes à température ambiante pour détendre le gluten, ou incorporer une cuillère à soupe de farine supplémentaire si la pâte semble trop fluide.
Crêpes Thai au lait de cocoElle n'a pas assez reposé, ou elle a été abaissée trop finement.
Ce qu'il faut faire : Laissez-la reposer vingt minutes de plus, filmée, et restez à 1,5 mm.
Culurgiones (raviolis sardes à la pomme de terre et à la menthe)Trop de pétrissage, ou la levure chimique était éventée.
Ce qu'il faut faire : Une minute de pétrissage, et une levure ouverte depuis moins de six mois.
Damper (pain australien de brousse cuit sans levure)Pâte trop molle, ou trop d'eau à la fabrication.
Ce qu'il faut faire : Rien pour celles-ci. Ajoutez de la farine à la pâte restante jusqu'à ce qu'elle soit ferme, et faites-en une d'essai.
Danquites (boulettes guyanaises au lait de coco)La pâte n'a pas reposé.
Ce qu'il faut faire : Laissez-la quinze minutes de plus sous un torchon ; le gluten se détend et les boulettes tiennent leur forme.
Danquites (boulettes guyanaises au lait de coco)La pâte a été pétrie trop longtemps.
Ce qu'il faut faire : Rien à faire sur ceux-là. La prochaine fois, arrêtez de travailler la pâte dès qu'elle est homogène.
Dombrés aux crevettes (boulettes de farine mijotées à la créole)Trop travaillée.
Ce qu'il faut faire : Rebouchez à la pâte crue et remettez au four cinq minutes. Rassemblez sans pétrir la prochaine fois.
Empadão de frango (tourte brésilienne au poulet et au cœur de palmier)Pâte trop épaisse ou pas reposée, ou crêpes trop cuites et devenues cassantes.
Ce qu'il faut faire : Détendez la pâte avec 2 cl de lait et roulez les crêpes encore tièdes : froides et sèches, elles cassent.
Ficelle picardeLa pâte était trop hydratée, ou les tronçons ont été roulés sans appuyer, si bien que la torsade ne s'est jamais soudée.
Ce qu'il faut faire : Ajoutez un peu de farine à la pâte suivante et roulez en pressant nettement l'aiguille contre le bois.
Fileja alla 'nduja (pâtes calabraises torsadées à la 'nduja)Pâte étirée pour atteindre les bords, ou pas assez reposée avant d'être foncée.
Ce qu'il faut faire : Foncez sans tirer, laissez la pâte foncée 30 minutes au réfrigérateur avant de la cuire, et remplissez bien les billes jusqu'en haut des bords.
Flamiche aux poireauxLe réseau de gluten est trop tendu car la pâte n'a pas assez reposé.
Ce qu'il faut faire : Laisser reposer la pâte 15 à 30 minutes de plus à température ambiante sous un torchon pour détendre le gluten.
FlammekuecheLe gluten de la pâte a été trop étiré lors du fonçage ou le beurre a fondu trop vite avant que la structure ne fige.
Ce qu'il faut faire : Laisser reposer la pâte au froid après chaque manipulation et respecter impérativement l'étape de congélation avant d'enfourner.
Flan pâtissierLa pâte a été dégazée au moment de la mettre dans le moule.
Ce qu'il faut faire : Faites-la glisser du saladier sans la replier et étalez-la du bout des doigts, jamais au rouleau.
Focaccia barese (focaccia de Bari à la pomme de terre, tomates et olives)La pâte a été trop mélangée après l'ajout de la farine, ce qui a développé le réseau de gluten et emprisonné l'humidité de la carotte.
Ce qu'il faut faire : À l'étape 3, incorporer les ingrédients secs délicatement à l'aide d'une maryse, juste assez pour qu'ils disparaissent dans la pâte.
Gateau au chocolat à la carotte (sans lait)La pâte a été trop travaillée après l'ajout de la farine.
Ce qu'il faut faire : Mélangez jusqu'à disparition de la farine et pas une seconde de plus. Un ou deux grumeaux ne se verront pas à la cuisson.
Gâteau au yaourtLa pâte a été trop travaillée après l'ajout de la farine.
Ce qu'il faut faire : Rien à rattraper cette fois. La prochaine, mélangez à la maryse et arrêtez dès qu'il n'y a plus de farine sèche visible.
Gâteau au yaourt au citron, romarin et thymLa farine a été travaillée trop longtemps après son incorporation.
Ce qu'il faut faire : Maryse, deux fois, et on arrête dès qu'il n'y a plus de farine visible.
Gâteau aux pépites de chocolatLa pâte a été trop travaillée à l'étape 3 : le réseau de gluten s'est formé malgré la quantité de beurre.
Ce qu'il faut faire : Versez la farine d'un coup et mélangez du bout des doigts juste jusqu'à ce qu'elle disparaisse. Une pâte encore un peu hétérogène vaut mieux qu'une pâte lisse.
Gâteau bretonLa pâte a été trop travaillée après l'incorporation de la farine, ce qui a excessivement développé le réseau de gluten.
Ce qu'il faut faire : Mélanger les ingrédients secs juste assez pour les incorporer, sans insister, et enfourner immédiatement après l'ajout de la levure.
Gâteau marbréFarine trop travaillée.
Ce qu'il faut faire : Une dizaine de tours de maryse, pas davantage.
Gâteau moelleux au chocolatTrop de farine, ou pâte trop travaillée.
Ce qu'il faut faire : Rien à faire sur la fournée en cours. Le remède est en amont : moins de farine, et un pétrissage de trente secondes.
Gnocchi alla sorrentina (gnocchi gratinés à la tomate et à la mozzarella)Pâte non reposée ou trop pétrie
Ce qu'il faut faire : Les laisser mijoter dix minutes de plus, ce qui les attendrit un peu. Dix minutes de repos la prochaine fois.
Gulyásleves (soupe goulasch hongroise au paprika et aux pommes de terre)La pâte a été pétrie comme un pain à la levure.
Ce qu'il faut faire : Rassemblez-la en dix secondes, sans plus. Le soda bread ne se pétrit pas.
Irish soda bread (pain irlandais au bicarbonate)La pâte a trop été travaillée au fouet
Ce qu'il faut faire : Battre jusqu'au lisse et s'arrêter là : le gluten est l'ennemi ici.
Kaiserschmarrn aux prunes rôtiesBeurre incorporé trop tôt ou fondu, ou pétrissage insuffisant avant le beurre.
Ce qu'il faut faire : Le kouglof se mange, tranché fin et toasté. La prochaine fois, pétrissez jusqu'au décollement avant le premier morceau de beurre.
KouglofSoit la pièce est trop froide, soit la farine est trop pauvre en gluten pour retenir le gaz.
Ce qu'il faut faire : Le placer vers 24 °C, près d'un four éteint, et rafraîchir moitié complète moitié T55 : le gluten de la T55 donne la structure qui manque.
Levain naturel (chef de levain à la farine complète)L'eau safranée avait refroidi, ou la semoule était très sèche : à froid, elle absorbe beaucoup moins.
Ce qu'il faut faire : Ajoutez de l'eau tiède cuillerée par cuillerée en continuant à pétrir. La pâte finit toujours par se former, il faut simplement continuer.
Malloreddus alla campidanese (gnocchetti sardes au safran et à la saucisse)Repos écourté.
Ce qu'il faut faire : Trente minutes couvertes avant d'abaisser.
Mandazi (beignets kényans à la noix de coco et à la cardamome)Beurre ajouté trop tôt, ou pousse insuffisante.
Ce qu'il faut faire : Beurre après dix minutes de pétrissage seulement, et attendez le doublement réel plutôt qu'un temps de montre.
Maritozzi con la panna (brioches romaines fourrées à la crème fouettée)Repos écourté ou pâte trop travaillée.
Ce qu'il faut faire : Rassemblez sans pétrir et laissez trente minutes au froid.
Melktert (tarte sud-africaine au lait et à la cannelle)Cuillère sèche.
Ce qu'il faut faire : Un verre d'eau à côté du bain, et la cuillère y passe entre chaque prélèvement.
Mikate (beignets soufflés d'Afrique centrale)Pétrissage insuffisant, repos trop court, ou sel oublié.
Ce qu'il faut faire : Pétrissez dix minutes, reposez trente, et n'oubliez pas le sel qui renforce le réseau de près de vingt pour cent.
Msemen (crêpes feuilletées marocaines)Repos sauté ou écourté.
Ce qu'il faut faire : Laissez-la se détendre vingt minutes de plus, à couvert. C'est du temps, pas de la technique.
Msemen (crêpes feuilletées marocaines)Pâte trop mélangée
Ce qu'il faut faire : Aucun rattrapage possible. Dix secondes de spatule suffisent, grumeaux compris.
Muffins aux pépites de chocolatLe réseau de gluten est trop tendu à cause d'un pétrissage ou d'une manipulation trop récente.
Ce qu'il faut faire : Laisser reposer les pâtons 10 à 15 minutes de plus sous un torchon pour détendre la pâte avant de tenter de les étaler à nouveau.
Naan au fromageLa pâte n'a pas assez reposé, ou elle est trop sèche.
Ce qu'il faut faire : Laissez-la reposer trente minutes de plus sous un linge humide. Si elle craquelle encore, retravaillez-la avec une cuillerée d'eau tiède.
Orecchiette alle cime di rapa (orecchiette aux cime di rapa)Pousse trop longue, ou façonnage sans tension.
Ce qu'il faut faire : Raccourcir la pousse au froid et serrer davantage la surface au façonnage : c'est la tension qui tient le pain debout.
Pain au levainSeconde pousse trop longue, le réseau a cédé
Ce qu'il faut faire : Enfourner quand la pâte est à un centimètre du bord et pas quand elle déborde.
Pain de mie au petit-laitC'est le comportement normal du seigle, pas un défaut.
Ce qu'il faut faire : Spatule et mains mouillées, moule beurré : rien d'autre ne fonctionne et il ne faut pas ajouter de farine, qui dessécherait la mie.
Pain de seigle au levainBeurre ajouté avant que le gluten soit formé.
Ce qu'il faut faire : Dix minutes de pétrissage nu, puis le beurre en trois fois.
Pão de Deus (brioche portugaise à la noix de coco)La pâte a été pétrie.
Ce qu'il faut faire : Rien ne se rattrape sur cette fournée. La fois suivante, rassemblez sans travailler et laissez reposer au froid.
Pastels au thon (chaussons frits sénégalais)Repos trop court, ou farine trop pauvre en gluten.
Ce qu'il faut faire : Reformez une boule, huilez-la et laissez-la reposer 1 heure de plus avant de recommencer : le gluten se détend. Si la farine est en cause, il faudra changer de farine la prochaine fois.
Pastis gasconLe réseau de gluten est trop tendu car la pâte n'a pas assez reposé après le façonnage des pâtons.
Ce qu'il faut faire : Laisser reposer les pâtons sous un torchon humide pendant 15 à 30 minutes à température ambiante pour détendre le gluten avant de réessayer.
Pâte à PizzaLe pétrissage a été arrêté à la montre, ou par crainte de chauffer la pâte, alors que le réseau de gluten n'était pas formé. Les levures ne meurent qu'entre 50 et 60 °C : une pâte à 26 ou 28 °C ne risque rien, elle manque seulement de travail.
Ce qu'il faut faire : Reprendre le pétrissage et ne s'arrêter que sur le test de la vitre : un morceau étiré entre les doigts doit devenir translucide sans se déchirer.
Pâte à PizzaUn pâton plus lourd ne corrige pas la cause : le gluten est trop tenace, par excès de force de farine, de pétrissage, ou par manque de détente après boulage.
Ce qu'il faut faire : Garder un pâton de 250 à 300 g et allonger la détente à 1 ou 2 heures à température ambiante, à l'abri de l'air. Un gluten relâché s'étale seul sous les doigts.
Pâte à PizzaLe pâton a été arraché de son bac sans semoule, travaillé du bout des doigts ou des ongles, tiré brutalement, ou trop de pâte a été ramenée vers le bord.
Ce qu'il faut faire : Fariner généreusement à la semoule de blé dur, décoller le pâton à la corne, puis étaler à plat de main en poussant le gaz du centre vers le bord, sans tirer.
Pâte à PizzaLa pâte a été trop travaillée, ce qui a développé le réseau de gluten, ou elle n'a pas assez reposé au froid.
Ce qu'il faut faire : Travailler la pâte le moins possible après l'ajout de l'eau et respecter le temps de repos au frais pour détendre le gluten.
Pâte briséeLa pâte a été trop pétrie après l'incorporation de la farine, ce qui a développé le réseau de gluten.
Ce qu'il faut faire : Mélanger le moins possible après l'ajout de la farine et respecter le temps de repos au frais pour détendre la pâte.
Pâte sabléeLa pâte a été trop travaillée après l'incorporation de la farine, ce qui a développé le réseau de gluten et rendu la pâte élastique.
Ce qu'il faut faire : Pour la prochaine fois, mélanger le moins possible après l'ajout de la farine. Pour rattraper la pâte actuelle, la laisser reposer au moins 2 heures supplémentaires au réfrigérateur avant de l'étaler pour détendre le gluten.
Pâte sucréePâte trop travaillée ou huile trop froide.
Ce qu'il faut faire : Dix secondes de fouet et 180 °C au thermomètre.
Peixinhos da horta (beignets portugais de haricots verts)Le repos a été trop court et le gluten est encore tendu.
Ce qu'il faut faire : Couvrez et laissez reposer vingt minutes de plus, puis reprenez : la pâte s'étale alors sans effort.
Piadina romagnola (galette de froment de Romagne)Les extrémités n'ont pas été assez pincées ou la pâte a trop d'élasticité et s'est rétractée.
Ce qu'il faut faire : Bien pincer et sceller les pointes de l'ovale en forme de barquette avant d'enfourner, en appuyant fermement sur les soudures.
Pide turque à la fetaPas assez reposée, ou faite à l'eau froide.
Ce qu'il faut faire : Trente minutes de repos, et de l'eau bouillante : les deux sont nécessaires.
Pierogi ruskie (raviolis polonais à la pomme de terre et au fromage blanc)Abaissée trop épais, ou trop de farine ajoutée au façonnage.
Ce qu'il faut faire : Deux millimètres, et farinez le plan de travail plutôt que la pâte.
Pierogi ruskie (raviolis polonais à la pomme de terre et au fromage blanc)Le gluten est trop tendu : elle a été travaillée trop vite après la levée.
Ce qu'il faut faire : Laissez-la reposer 15 minutes de plus, couverte, puis reprenez : elle s'étale alors sans résistance. C'est exactement le rôle du repos de l'étape 8.
PissaladièrePas assez détendue après le froid.
Ce qu'il faut faire : Laissez-la revenir deux heures à température ambiante, et étalez en deux fois avec vingt minutes d'attente entre les deux.
Pizza al taglio (pizza romaine en plaque, à la coupe)Pas assez d'eau, ou un repos trop court : les farines n'ont pas fini de s'hydrater.
Ce qu'il faut faire : Rassemblez, ajoutez une cuillère d'eau, pétrissez trente secondes et laissez reposer vingt minutes de plus sous un film.
Pizzoccheri della Valtellina (pâtes de sarrasin au chou et au fromage)Emporte-pièce tourné, ou pâte trop travaillée.
Ce qu'il faut faire : Coupez d'un coup net sans rotation, et rassemblez la pâte le moins possible.
Pumpkin scones (scones australiens au potiron)Repos écourté.
Ce qu'il faut faire : Trente minutes couvertes, minimum.
Rolex ougandais (omelette roulée dans un chapati)Trop de farine incorporée en ré-étalant les chutes, ou pâte trop travaillée.
Ce qu'il faut faire : Rien à faire sur cette fournée : trempez-les dans le thé. Étalez entre papiers la prochaine fois.
Sablés de Noël à la cannelleLa pâte a été pétrie ou les chutes rassemblées trop de fois : le gluten s'est développé.
Ce qu'il faut faire : Rien à sauver pour cette fournée. La prochaine fois, pressez la pâte à la paume jusqu'à ce qu'elle tienne tout juste et arrêtez.
Sablés de SabléLa pâte a été trop travaillée après l'ajout des liquides, ce qui a développé le réseau de gluten et rendu la pâte élastique.
Ce qu'il faut faire : Mélanger les ingrédients humides juste assez pour amalgamer la pâte, sans chercher à obtenir une texture parfaitement lisse.
SconesTrop travaillée après l'ajout du liquide, donc du gluten s'est formé.
Ce qu'il faut faire : Un repos d'une heure au froid détend le réseau. La prochaine fois, rassemblez sans pétrir.
Sfogliatella frolla (sfogliatella napolitaine en pâte sablée)Pâte trop travaillée après l'ajout de la farine.
Ce qu'il faut faire : Rien à faire sur cette fournée. La prochaine : mélangez jusqu'à ce que ça s'amalgame à peine, pas une seconde de plus.
Shortbread écossaisAbaisse trop épaisse, ou pâte insuffisamment reposée qui se rétracte.
Ce qu'il faut faire : Descendez à 2 mm et laissez reposer trente minutes de plus. Si la pâte colle aux fils, farinez la bande à la semoule.
Spaghetti alla chitarra all'abruzzese (spaghetti à la guitare, ragù d'agneau et de porc)Repos trop court, ou pâte trop travaillée juste avant l'abaisse.
Ce qu'il faut faire : Remettez-la en boule, filmez et attendez 20 minutes de plus. Le gluten se détend, elle s'étale ensuite sans effort.
Strangozzi alla norcina (pâtes ombriennes à la saucisse et à la crème)La pâte n'a pas assez reposé et se rétracte sous le doigt, ou les tronçons étaient trop épais.
Ce qu'il faut faire : Laissez reposer trente minutes de plus et roulez des cordons plus fins. Le geste est de tirer vers soi en appuyant, pas d'écraser sur place.
Strascinati ai peperoni cruschi (pâtes lucaniennes aux poivrons doux séchés)Repos trop court ou pâte trop sèche : le gluten est encore tendu et se rompt au lieu de s'allonger.
Ce qu'il faut faire : Rassemblez la pâte, huilez-la, laissez-la reposer trente minutes de plus sous un saladier chaud, puis reprenez l'étirage plus lentement.
Strudel di mele (strudel aux pommes du Trentin)Pâte pétrie après l'ajout des jaunes
Ce qu'il faut faire : On rassemble, on ne pétrit pas. Une szarlotka se brise, elle ne se déchire pas.
Szarlotka (tarte polonaise aux pommes et à la cannelle)Farine trop sèche ou jaunes trop petits
Ce qu'il faut faire : Un jaune de plus ou quelques gouttes d'eau, pas davantage : la pâte doit rester ferme.
Tajarin ai tuorli (tagliolini piémontais aux jaunes d'œufs)Repos insuffisant
Ce qu'il faut faire : Refilmer et attendre vingt minutes de plus : tirer sur un gluten tendu ne mène nulle part.
Tajarin ai tuorli (tagliolini piémontais aux jaunes d'œufs)Trop de farine ajoutée au pétrissage, ou pétrissage prolongé bien au-delà de dix minutes : le gluten s'est noué en réseau et la pâte a cuit en pain dur.
Ce qu'il faut faire : Irrattrapable sur la fournée. La prochaine fois, peser la farine et s'arrêter dès que la pâte est lisse, même si elle paraît encore un peu rustique.
Taralli pugliesi al finocchio (couronnes croquantes des Pouilles au fenouil)La pâte a été trop pétrie, ce qui a développé le réseau de gluten.
Ce qu'il faut faire : Mélanger les ingrédients juste assez pour amalgamer la pâte, sans la travailler longuement.
Tarte fine à la tomate et moutardeLe réseau de gluten s'est trop développé lors du pétrissage ou la pâte n'a pas assez reposé au froid.
Ce qu'il faut faire : Laisser reposer la pâte au moins 1 heure au réfrigérateur avant de l'étaler, et éviter de trop la travailler.
Tartelette au citron meringuéeLe réseau de gluten s'est trop développé lors du pétrissage ou la pâte n'a pas assez reposé au froid.
Ce qu'il faut faire : Laisser reposer la pâte au réfrigérateur au moins 30 minutes après l'avoir foncée dans les moules, avant de l'enfourner.
Tartelette chocolatRepos trop court : le gluten est encore tendu.
Ce qu'il faut faire : Laissez la boule vingt minutes de plus sous un torchon et reprenez. Ne forcez jamais au rouleau, la pâte se déchire.
Torta pasqualina (tourte pascale ligure aux blettes et à la ricotta)Pâte trop sèche au moment de souder, farce trop généreuse, ou air resté à l'intérieur.
Ce qu'il faut faire : Humectez à peine les bords au pinceau, réduisez la farce à la taille d'un petit pois et chassez l'air en pinçant du centre vers les bords.
Tortellini in brodo (tortellini de Bologne au bouillon)Repos escamoté : elle n'a pas pu descendre à deux millimètres.
Ce qu'il faut faire : Trente minutes de repos, et un quart de pâte à la fois sous le rouleau.
Vareniki aux cerises (raviolis russes aux cerises et à la crème)La pomme de terre contenait trop d'humidité ou la farine n'a pas assez absorbé l'eau.
Ce qu'il faut faire : Ajouter un peu de farine de blé dur, une cuillère à soupe à la fois, lors du pétrissage pour ajuster la texture.
Zeppole (beignets napolitains de Noël)Trop de gluten développé, ou maïzena oubliée.
Ce qu'il faut faire : Mélangez sans pétrir et respectez la proportion de maïzena, qui coupe le réseau.
Zlabia (beignets maghrébins en spirale au sirop)Angel food cake (gâteau des anges aux blancs d'œufs)
Les 120 g de farine sont là pour tenir, pas pour élastiquer. Le triple tamisage et l'incorporation en quatre fois évitent de développer le gluten, qui rendrait la mie caoutchouteuse au lieu de cotonneuse.Appareil à cake salé
L'étape 4 est écrite exactement autour de ça : farine et levure versées d'un seul coup, mélange arrêté dès qu'il n'y a plus de farine sèche. Au-delà, le gluten se structure et le cake devient caoutchouteux.Baba au rhum
Les 10 minutes de pétrissage avant beurre construisent le réseau qui retiendra les bulles ; c'est lui qui donne cette mie très alvéolée, pleine de galeries dans lesquelles le sirop viendra se loger.Babà napoletano (baba napolitain imbibé au rhum)
La pâte à babà est une pâte très hydratée et très beurrée : on développe d'abord le réseau avec la farine, les œufs et rien d'autre, et seulement ensuite on ajoute le beurre. L'inverse enroberait la farine de gras et empêcherait le gluten de se former.Barmbrack (cake irlandais aux raisins macérés dans le thé)
La pâte se mélange juste assez pour homogénéiser. Un gluten développé donnerait un cake élastique et des tunnels autour des raisins.Batbout (petits pains marocains cuits à la poêle)
Le réseau doit être à la fois assez fort pour retenir la pression de la vapeur et assez souple pour se laisser étirer en ballon. D'où une pâte plus molle qu'une pâte à pain classique et un pétrissage poussé jusqu'au parfaitement lisse.Blinis (petites crêpes russes au sarrasin et à la levure)
Le sarrasin n'a pas de gluten : la farine de blé qui l'accompagne fournit la tenue sans laquelle la pâte s'effondrerait pendant la pousse.Bolo de abóbora (gâteau portugais au potiron et à la cannelle)
« Sans travailler la pâte » n'est pas une précaution de style : au-delà de quelques tours de maryse, le gluten se développe et la mie devient élastique au lieu de s'effriter sous la fourchette.Bolo de arroz (petits gâteaux portugais à la farine de riz)
La farine de riz n'a pas de gluten et les cent grammes de blé n'en donnent que peu : c'est ce qui donne la mie sableuse et courte du bolo de arroz, et c'est pourquoi la pâte ne doit pas être travaillée après les farines.Bretzel
Une pâte à 56 % d'hydratation, pétrie 10 minutes, est ferme et élastique : elle garde son nœud dans le bain et donne une mie serrée. Plus hydratée, elle s'affaisse.Brioche
Le pétrissage long construit le réseau qui retiendra le gaz. Le beurre n'entre qu'ensuite : introduit trop tôt, il enrobe les protéines de farine et empêche le gluten de se former ; la pâte ne lèvera jamais correctement.Brioche vendéenne
Les dix premières minutes de pétrissage se font sans beurre, exprès : le gluten a besoin d'eau et de mouvement pour se construire, et le gras l'en empêcherait. Le beurre n'arrive qu'une fois la membrane formée.Broa de milho (pain de maïs portugais)
Seuls les deux cents grammes de blé peuvent faire du gluten, le maïs n'en contient pas : la pâte reste donc collante et ne fera jamais une boule lisse, et vouloir l'obtenir en ajoutant de la farine donne un pain sec et serré.Brownie au chocolat
Une dizaine de tours de maryse et pas un de plus. Un gluten développé donne une mie qui lève et s'aère, c'est-à-dire un gâteau au chocolat : la densité du brownie tient à ce que la farine n'ait presque pas travaillé.Bugnes lyonnaises
Contrairement à la plupart des pâtes sucrées, on pétrit ici franchement : le gluten développé donne l'élasticité qui permet d'abaisser très fin sans déchirer, et c'est cette finesse qui rend la bugne croustillante.Cake à la banane
Le batteur de l'étape 4 est le vrai risque : battue jusqu'à être « lisse », la farine développe son gluten et le cake devient élastique. On bat les éléments humides, on incorpore la farine à la main.Cake au citron
Ici le gluten est l'ennemi : fouetter la farine au batteur électrique l'active et donne une mie élastique et pleine de trous allongés, là où un cake doit être serré et fondant.Cake aux champignons et au parmesan
Ici on cherche l'inverse d'un pain : plus on bat la pâte après l'arrivée de la farine, plus le gluten se développe et plus la mie devient élastique au lieu d'être tendre.Cake aux épinards et à la ricotta
Comme pour tous les cakes salés : on arrête de mélanger dès que la farine a disparu. La ricotta, incorporée en cuillerées et non mélangée, ne participe pas du tout à la pâte : elle reste en poches.Cake aux olives et au jambon
L'étape 5 dit explicitement « mélangez juste ce qu'il faut » : au-delà, le gluten se structure et la mie passe de tendre à élastique ; c'est le seul vrai risque technique de cette recette.Cake aux tomates séchées, mozzarella et basilic
Farine et levure versées d'un coup puis mélangées brièvement : au-delà, le gluten se développe et la mie devient élastique au lieu de s'effriter proprement à la coupe.Cake aux trois fromages
L'étape 4 mélange la farine en dernier et brièvement : trop travaillée, la pâte deviendrait élastique et le cake, déjà dense en fromage, virerait au caoutchouc.Cake brocoli et cheddar
On mélange juste assez pour hydrater la farine : cette pâte doit rester courte, sinon les 45 minutes de cuisson donnent une mie élastique qui contraste mal avec le fondant du cheddar.Cake courgette, chèvre et menthe
Ici on veut l'inverse d'un pain : mélanger le moins possible après l'ajout de la farine, pour que le gluten reste court et la mie tendre. Un appareil trop travaillé donne un cake qui « tire » sous la dent.Cannoli siciliani (cannoli à la ricotta et aux fruits confits)
Le trait de vinaigre affaiblit légèrement le réseau de gluten : la pâte s'abaisse à 1 mm, presque transparente, sans se rétracter. Sans lui, elle repousse le rouleau et la coque devient épaisse.Castagnaccio (gâteau toscan à la farine de châtaigne et au romarin)
La farine de châtaigne n'a pas de gluten, et c'est ce qui dicte toute la recette : rien ne retient de bulle, donc pas de levant, pas d'œuf, et une épaisseur de deux centimètres au-delà de laquelle le centre ne cuirait jamais.Cavatelli con broccoli e salsiccia (cavatelli, brocolis et chair à saucisse)
Pâte de semoule de blé dur et d'eau, sans œuf : le blé dur est assez riche en protéines pour former seul un réseau tenace. Elle doit être plus sèche qu'une pâte à pain, sinon le cavatello se referme sur sa cavité en cuisant.Chimodho (pain de maïs zimbabwéen à la poêle)
Les cent grammes de farine de blé suffisent à former du gluten si on les travaille : d'où la consigne de mélanger juste assez pour mouiller la farine. Les grumeaux disparaissent à la cuisson, une pâte trop battue reste caoutchouteuse.Cornes de gazelle (kaab el ghzal, croissants marocains à la pâte d'amande)
La pâte est pétrie longuement pour un but unique : devenir assez extensible pour être abaissée jusqu'à la transparence. C'est une pâte à un ou deux millimètres près la plus fine de toute la pâtisserie marocaine, et elle doit encore envelopper une farce sans se rompre. Un pétrissage court donne une pâte qui se déchire à l'abaisse, et le repos sous un linge est l'autre moitié du travail : il détend les tensions accumulées, sans quoi la pâte se rétracte dès qu'on cesse de la pousser et l'épaisseur voulue reste inatteignable quelle que soit la force appliquée.Coxinha de frango (croquettes de poulet en pâte de pomme de terre)
Le liquide bouillant versé sur la farine dénature le gluten au lieu de le développer : la pâte devient plastique et se modèle à la main, là où une pâte à l'eau froide serait élastique et se rétracterait sous les doigts.Crackers au levain aux graines
Les vingt minutes de repos relâchent le gluten tendu par le mélange. Sans elles la pâte revient sur elle-même à chaque passage de rouleau et on n'atteint jamais le millimètre et demi qui fait la différence entre un cracker et un biscuit mou.Craquelin
Il ne faut surtout pas en développer : c'est tout le problème du verbe « pétrissez » de l'étape 1. Un craquelin travaillé se rétracte sur le chou pendant la cuisson et le déforme.Crêpes de mamie
Les 450 g de farine de froment travaillés au fouet développent du gluten : sans les 2 heures de repos, la pâte se rétracte sur la plaque et les crêpes deviennent élastiques. La farine de sarrasin, elle, n'a pas de gluten : c'est le froment qui fait tout le travail.Crêpes Thai au lait de coco
125 g de farine fouettée avec deux œufs développent assez de gluten pour que les crêpes se rétractent et se déchirent : le repos, absent de la recette, est ce qui détend ce réseau.Culurgiones (raviolis sardes à la pomme de terre et à la menthe)
L'eau chaude et l'huile d'olive donnent une pâte souple et extensible plutôt que cassante : c'est ce qui permet de la pincer trente fois de suite pour former l'épi sans qu'elle se déchire.Damper (pain australien de brousse cuit sans levure)
Une minute de pétrissage et pas davantage : ce pain veut le minimum de gluten, parce qu'un réseau développé donnerait une mie élastique au lieu de la mie friable attendue.Danquites (boulettes guyanaises au lait de coco)
La pâte est de la farine et de l'eau, rien d'autre : c'est le gluten qui la tient. Quinze minutes de repos détendent ce réseau, sans quoi les boulettes se rétractent entre les paumes et refusent de rester rondes.Diamants à la vanille
Sablez et arrêtez : la pâte doit à peine se tenir. Sans œuf pour l'assouplir, une pâte corsée devient un biscuit sec au lieu d'un sablé fondant.Dombrés aux crevettes (boulettes de farine mijotées à la créole)
La pâte se travaille juste assez pour qu'elle se tienne. Pétrie longtemps, elle développe un réseau élastique et le dombré devient caoutchouteux au lieu de rester tendre : c'est la seule erreur qui ne se rattrape plus à la cuisson.Empadão de frango (tourte brésilienne au poulet et au cœur de palmier)
On rassemble sans pétrir, précisément pour que le gluten ne se développe pas. Une pâte travaillée devient élastique, se rétracte sur les parois du moule et durcit à la cuisson.Ficelle picarde
Les 30 minutes de repos laissent le gluten formé par le fouet se détendre : une pâte utilisée aussitôt donne des crêpes qui se rétractent dans la poêle et se déchirent au roulage.Fileja alla 'nduja (pâtes calabraises torsadées à la 'nduja)
La pâte est volontairement plus dure qu'une pâte à pain : c'est un réseau serré, peu hydraté, qui garde la torsade formée à la main au lieu de se détendre en séchant.Flammekueche
La pâte est pétrie très vite et sans levure : on cherche juste assez de gluten pour qu'elle se tienne, puis le repos le détend pour pouvoir l'abaisser à 2 mm sans qu'elle se rétracte.Focaccia barese (focaccia de Bari à la pomme de terre, tomates et olives)
Le mélange farine de blé tendre et semoule de blé dur donne une pâte très hydratée, presque coulante, qui se détache du saladier en s'étirant. C'est cette hydratation qui fait les grosses bulles de la mie.Focaccia genovese (focaccia génoise à l'huile d'olive)
Dix minutes de pétrissage suffisent pour une pâte à 60 % d'hydratation : le réseau doit être assez fort pour retenir le gaz, assez souple pour se laisser étirer à la main sans revenir en arrière.Galettes de blé noir
Le blé noir n'en contient pas : les 30 g de farine de froment et les œufs apportent le peu de tenue nécessaire, sinon la galette se déchire au premier geste du rozell.Gâteau au yaourt
On mélange le minimum : chaque tour de fouet supplémentaire développe le gluten et transforme un gâteau tendre en pâte élastique et dense.Gâteau au yaourt au citron, romarin et thym
La farine arrive en dernier et se mélange le moins possible. Fouettée, elle développe un réseau de gluten élastique qui donne un gâteau caoutchouteux et bombé au lieu de moelleux et plat.Gâteau aux pépites de chocolat
Ici on cherche à ne surtout pas le développer : la farine entre à la maryse et on s'arrête dès l'homogénéité. Trente secondes de fouet en trop et le gâteau devient caoutchouteux et bombé en dôme fendu.Gâteau breton
La farine est versée d'un coup et travaillée du bout des doigts, quelques secondes : dès qu'on pétrit, le gluten se forme malgré le beurre et le gâteau devient dur et élastique au lieu de fondant.Gâteau moelleux au chocolat
La farine s'incorpore à la maryse et en une dizaine de tours. Travaillée davantage, elle développe un gluten qui rend la mie élastique et caoutchouteuse, exactement ce qu'un moelleux ne doit pas être.Gaufres de Bruxelles
L'heure de repos hydrate complètement les 250 g de farine et détend le réseau formé en battant énergiquement au puits : sans lui, la pâte reste élastique et la gaufre caoutchouteuse.Gaufres de Liège
C'est le gluten développé au pétrissage qui retient le CO2 de la fermentation et permet aussi de rouler des boules de 70 g qui tiennent : sans lui la pâte coule dans le fer et déborde.Gaufres fourrées à la vergeoise
Dix minutes de pétrissage avant le beurre : cette pâte doit être assez élastique pour retenir le gaz de la fermentation et assez souple pour se laisser écraser entre deux plaques sans se déchirer.Graffe napoletane (beignets de Carnaval à la pomme de terre)
La farine Manitoba est choisie pour sa richesse en gluten : la pâte, alourdie par 300 g de purée qui ne contient aucune protéine panifiable, a besoin d'un réseau assez fort pour retenir le gaz malgré cette dilution. Avec une farine faible, les anneaux s'étalent au lieu de gonfler.Gulyásleves (soupe goulasch hongroise au paprika et aux pommes de terre)
La pâte des csipetke est pétrie ferme et repose dix minutes : le gluten se détend pendant ce repos, ce qui permet de pincer des morceaux sans qu'ils se rétractent. Pincés à chaud sur une pâte non reposée, ils se recroquevillent en billes dures.Irish soda bread (pain irlandais au bicarbonate)
Ici le gluten est l'ennemi : dix secondes de rassemblement, pas de pétrissage. Un réseau développé ferait un pain caoutchouteux au lieu de la mie friable attendue.Kaiserschmarrn aux prunes rôties
Les jaunes, le lait et la farine sont battus juste jusqu'au lisse, pas davantage. Cent cinquante grammes de farine travaillée développent assez de gluten pour rendre la masse caoutchouteuse, ce qui est exactement le défaut que le mot Schmarrn, « bêtise », n'excuse pas.Kouglof
Le réseau se construit d'abord, en pétrissant farine, œufs, lait et levain 10 minutes jusqu'au décollement des parois ; le beurre n'entre qu'ensuite, parce qu'il enrobe les brins de gluten et empêche le réseau de se former s'il arrive trop tôt.Kue dadar gulung (crêpes vertes roulées à la noix de coco)
Les vingt minutes de repos laissent les protéines de la farine finir de s'hydrater et le réseau se détendre : sans elles la pâte se rétracte à la poêle et la crêpe se déchire quand on la roule.Levain naturel (chef de levain à la farine complète)
Un levain mûr gonfle et tient parce que le gluten de la pâte retient son gaz. C'est pourquoi un levain à la farine de riz ou de sarrasin bulle sans jamais doubler : il n'a pas de quoi retenir.Lunettes à la confiture
La pâte est étalée fine et découpée deux fois (la forme, puis les fenêtres) : chaque manipulation la travaille. Une pâte corsée dès le départ devient dure : sablez vite et froid.Malloreddus alla campidanese (gnocchetti sardes au safran et à la saucisse)
Une pâte de semoule ferme, longuement pétrie, garde les stries imprimées à la fourchette. Trop hydratée, elle se détend en séchant et les rainures s'effacent, ce qui coûte exactement ce que les rainures servent à faire : retenir la sauce.Mandazi (beignets kényans à la noix de coco et à la cardamome)
Cinq minutes de pétrissage construisent assez de réseau pour retenir le gaz, et la demi-heure de repos le détend : sans le repos, la pâte se rétracte sous le rouleau et les triangles se referment.Maritozzi con la panna (brioches romaines fourrées à la crème fouettée)
Le beurre n'entre qu'après dix minutes de pétrissage : ajouté trop tôt, il enroberait la farine et empêcherait le réseau de se former, donnant une brioche dense.Melktert (tarte sud-africaine au lait et à la cannelle)
La pâte est rassemblée sans être travaillée : peu de gluten, donc une pâte courte et friable qui ne se rétracte pas à la cuisson à blanc.Mikate (beignets soufflés d'Afrique centrale)
La pâte est battue à la main plusieurs minutes, pas pétrie sur un plan. Elle reste collante par nécessité : c'est une pâte très hydratée dont le réseau de gluten doit être assez fort pour retenir le gaz, mais assez souple pour se laisser prélever à la cuillère.Montanare (pizzette frites napolitaines)
Les 10 minutes de pétrissage construisent le réseau qui fait tout le spectacle de l'étape 5 : c'est lui qui retient la vapeur quand le disque touche l'huile et le fait gonfler en coussin. Une pâte sous-pétrie se déchire et boit l'huile par les fissures.Msemen (crêpes feuilletées marocaines)
Le pétrissage prolongé, où l'on écrase et replie sans arrêt, aligne les gliadines et les gluténines et multiplie les ponts disulfure entre les chaînes. C'est ce filet tridimensionnel qui permettra d'étirer une boule jusqu'à une membrane translucide sans qu'elle se déchire. Mais une pâte fraîchement pétrie est aussi mécaniquement tendue : pendant le repos, les protéases coupent quelques liaisons trop contraintes et les liaisons hydrogène se reforment dans une configuration détendue. Le réseau échange alors de la ténacité contre de l'extensibilité, et c'est la seule façon d'y arriver.Muffins aux pépites de chocolat
La « méthode du muffin » consiste à réunir les liquides et les poudres au dernier moment et à s'arrêter avant que la pâte soit lisse. Mélanger davantage développe le gluten, ce qui donne des muffins caoutchouteux, percés de tunnels verticaux.Naan au fromage
Les 8 à 10 minutes de pétrissage construisent le réseau qui permettra à un disque de 3 mm de contenir une poignée de mozzarella sans se déchirer : sur un naan farci, l'élasticité de la pâte n'est pas un raffinement, c'est ce qui tient la farce.Navettes de Marseille
Contrairement aux sablés, la navette assume son gluten : la pâte ferme est pétrie, et c'est ce réseau qui donne le biscuit dense qui croque puis résiste sous la dent. Ne cherchez pas le moelleux, il n'est pas prévu.Orecchiette alle cime di rapa (orecchiette aux cime di rapa)
Semoule de blé dur et eau tiède, dix minutes de pétrissage, une demi-heure de repos : sans ce repos, la pâte résiste au pouce et l'oreillette se déchire au moment où on la retourne à l'étape 3.Pain au levain
L'autolyse puis les rabats construisent le réseau sans pétrissage mécanique : les enzymes hydratent le gluten seules pendant une heure, et chaque rabat aligne les feuillets sans chasser le gaz.Pain de mie au petit-lait
Dix minutes de pétrissage avant le beurre, cinq après, jusqu'au voile translucide entre les doigts. C'est ce réseau qui retiendra le gaz de la fermentation et donnera la mie serrée et élastique d'un pain de mie ; un pain insuffisamment pétri monte quand même et retombe à l'enfournement.Pain de seigle au levain
Le seigle contient du gluten mais ses pentosanes l'empêchent de former un réseau élastique. La pâte reste collante quoi qu'on fasse, et insister au pétrin ne change rien : c'est la nature de la céréale, pas une erreur.Pancakes
Ici le gluten est l'ennemi : chaque tour de fouet supplémentaire à l'étape 11 rend le pancake élastique et plat. Les grumeaux qu'on est tenté de faire disparaître sont le signe qu'on s'est arrêté à temps.Pão de Deus (brioche portugaise à la noix de coco)
Les dix minutes de pétrissage avant le beurre construisent le réseau qui retiendra le gaz : le beurre ajouté trop tôt enroberait la farine et empêcherait le gluten de se former, d'où une brioche lourde.Pastels au thon (chaussons frits sénégalais)
La pâte est rassemblée et jamais pétrie. Le gluten développé par un pétrissage ferait se rétracter les disques à l'abaisse et rendrait la coque dure au lieu de friable. C'est la même logique qu'une pâte brisée, et elle décide de la texture finale.Pastis gascon
Dix minutes de pétrissage alignent le gluten en un réseau élastique ; ce réseau est ce qui permet d'étirer la pâte à moins d'un millimètre sans qu'elle se déchire. Une farine riche en protéines (T45 de force ou farine à pain) aide.Pâte à Pizza
C'est toute la raison des conseils sur la farine à plus de 12 g de protéines : sans un gluten fort, impossible d'étirer un pâton à 28 cm sans le trouer, ni de retenir les bulles du bord.Pâte brisée
Ici on cherche à ne PAS développer le gluten : d'où l'eau réduite au minimum, le malaxage bref et le repos au frais qui détend le peu de réseau formé et évite que la pâte se rétracte.Pâte sablée
Ici on cherche l'inverse d'une pâte à pain : chaque minute de pétrissage supplémentaire structure le gluten et rend le sablé dur. D'où l'avertissement de l'étape 5 et l'heure de repos au froid, qui détend ce qui s'est formé malgré tout.Pâte sucrée
Tout le procédé consiste à en développer le moins possible : la farine arrive en dernier, on mélange en deux fois et très vite. Un réseau formé et la pâte rétrécit dans le cercle à la cuisson, en tirant les bords vers le bas.Peixinhos da horta (beignets portugais de haricots verts)
La pâte est fouettée dix secondes et laissée grumeleuse : un mélange lisse développerait le gluten et donnerait un enrobage élastique au lieu d'une coquille cassante.Piadina romagnola (galette de froment de Romagne)
Le saindoux enrobe les particules de farine et empêche une partie des protéines de se rencontrer : le réseau de gluten reste court, et la galette se plie au lieu de se déchirer.Pide turque à la feta
C'est le réseau développé au pétrissage qui retient ce CO2 : sans lui la pâte gonfle puis retombe, et les ovales étalés à l'étape 8 se rétractent sous le rouleau.Pierogi ruskie (raviolis polonais à la pomme de terre et au fromage blanc)
Huit minutes de pétrissage puis trente de repos donnent une pâte souple et soudable. Un réseau trop serré fait des bords qui s'ouvrent dans l'eau bouillante.Pinsa romana (pinsa romaine aux trois farines)
Le mélange de farines est le sujet : le blé apporte le gluten, le riz et le soja n'en ont pas et allègent la structure. Le réseau est donc plus fragile qu'en pizza, d'où le travail à la main et les rabats plutôt qu'un pétrissage énergique.Pissaladière
Les huit minutes de pétrissage alignent les protéines de la farine en un réseau élastique : c'est lui qui retiendra le gaz de la levée et donnera une pâte moelleuse sous la garniture, au lieu d'un fond de tarte cassant.Pizza al taglio (pizza romaine en plaque, à la coupe)
À 80 % d'hydratation, le réseau ne se construit pas au pétrissage mais par les rabats : chaque série aligne les feuillets de gluten sans déchirer la pâte, ce qu'un crochet à cette hydratation ferait aussitôt.Pizza Margherita
Le pâton est étiré uniquement à la main du centre vers l'extérieur pour ne pas déchirer le réseau formé pendant la levée : un coup de rouleau l'écrase et chasse le gaz de la corniche.Pizza scrocchiarella (pizza romaine fine et croustillante)
Contrairement aux autres pâtes romaines, on cherche ici un réseau court : hydratation modérée, huile dans la pâte, et un étalage au rouleau qui écrase délibérément les bulles.Pizzoccheri della Valtellina (pâtes de sarrasin au chou et au fromage)
Le sarrasin n'est pas une céréale et n'a pas de gluten : les 100 g de farine de blé apportent le peu de réseau qui tient la pâte. C'est pourquoi on pétrit cinq minutes et pas quinze, et pourquoi l'abaisse reste épaisse.Puff-puff (beignets nigérians levés à la levure)
La pâte est très liquide et n'est pas pétrie : le gluten se forme tout seul pendant l'heure de repos, assez pour retenir le gaz sans donner la mâche élastique d'un pain.Pumpkin scones (scones australiens au potiron)
Travailler le moins possible, parce que le gluten développé transforme le scone en petit pain. Une pâte hétérogène qui se rassemble à peine est une pâte réussie.Quibe de abóbora (boulettes de courge et de boulgour au four)
Le boulgour est du blé concassé : son gluten hydraté donne à l'appareil juste assez de cohésion pour tenir en navette. C'est pourquoi on corrige un appareil collant avec du boulgour et jamais avec de la farine, qui le rendrait pâteux.Ravioli scapolesi (raviolis de Scapoli à la ricotta et à la scamorza)
La semoule fine mêlée à la farine donne une pâte plus nerveuse et plus résistante : elle tient une farce lourde et ne se déchire pas au pliage. C'est le réglage des pâtes fraîches du centre-sud.Rolex ougandais (omelette roulée dans un chapati)
Huit minutes de pétrissage construisent le réseau qui rend la pâte souple et extensible ; les trente minutes de repos le détendent, et c'est la seule raison pour laquelle le chapati s'abaisse finement sans se rétracter.Sablés de Noël à la cannelle
Amalgamez l'œuf en quelques gestes, sans pétrir : chaque tour de main supplémentaire développe du gluten et transforme le sablé en biscuit dur.Sablés de Sablé
Toute la recette consiste à empêcher le gluten de se former : on presse la pâte, on ne la pétrit pas. Une pâte travaillée devient élastique, se rétracte à la découpe et sort dure du four.Scones
Moins la pâte est travaillée, moins le gluten se développe : c'est la condition d'un scone tendre qui s'ouvre à la main.Sfogliatella riccia (feuilleté napolitain en coquille à la ricotta et à la semoule)
La pâte est volontairement très ferme et très peu hydratée : c'est ce qui permet de la laminer jusqu'à la transparence sans qu'elle se déchire, et le gluten longuement travaillé est le seul liant de l'affaire.Shortbread écossais
Mélangez le strict minimum après l'ajout de farine : chaque geste de trop développe du gluten, et le shortbread passe de fondant à coriace. La pâte doit à peine se tenir.Spaghetti alla chitarra all'abruzzese (spaghetti à la guitare, ragù d'agneau et de porc)
La semoule de blé dur est très riche en protéines mais son gluten est court : dix minutes de pétrissage à l'étape 1 et une demi-heure de repos à l'étape 2 sont ce qu'il faut pour qu'une abaisse de 2 mm se laisse rouler sans se rétracter ni se déchirer sur les fils.Strangozzi alla norcina (pâtes ombriennes à la saucisse et à la crème)
Sans œuf, la pâte n'a que le gluten pour structure : d'où les 10 minutes de pétrissage, qui alignent les protéines, et les 30 minutes de repos, sans lesquelles la feuille se rétracte sous le rouleau comme un élastique.Strascinati ai peperoni cruschi (pâtes lucaniennes aux poivrons doux séchés)
La semoule de blé dur et l'eau seules font une pâte très ferme : dix minutes de pétrissage alignent le gluten, et les trente minutes de repos le détendent. Sans ce repos, le morceau tiré sur le bois se rétracte au lieu de s'enrouler en coque.Strudel di mele (strudel aux pommes du Trentin)
La pâte est très hydratée et pétrie longuement pour développer un gluten élastique : c'est ce réseau, détendu par l'heure de repos, qui permet de l'étirer à l'étape 7 jusqu'à la transparence sans qu'elle se troue.Szarlotka (tarte polonaise aux pommes et à la cannelle)
On rassemble sans pétrir, et la pâte va au froid une heure. Le gluten se développe au travail et à l'hydratation : ici il ne doit presque pas se former, parce qu'une szarlotka doit se briser sous la fourchette et non résister. Les jaunes et la crème apportent peu d'eau libre, ce qui aide, mais cinq tours de main de trop suffisent à rendre la pâte élastique.Tajarin ai tuorli (tagliolini piémontais aux jaunes d'œufs)
Douze jaunes et pas une goutte d'eau : la pâte paraît dure et presque sèche, ce qui est le contraire d'un défaut. Un jaune contient à peine cinquante pour cent d'eau, et presque toute est retenue par ses lipoprotéines, de sorte que la farine est très peu hydratée. Les dix minutes de pétrissage sont ce qui permet malgré cela au réseau de gluten de se former, et les trente minutes de repos le détendent assez pour que l'abaisse descende à un demi-millimètre sans se rétracter.Taralli pugliesi al finocchio (couronnes croquantes des Pouilles au fenouil)
La pâte est volontairement dure et sèche, et le repos de l'étape 3 ne sert pas à la faire lever : il n'y a pas de levure. Il détend les brins de gluten tendus par le pétrissage, sans quoi les boudins se rétractent dès qu'on cesse de les rouler et les anneaux reprennent leur épaisseur au four. Pétrir au-delà de dix minutes va dans l'autre sens et donne un tarallo coriace plutôt que cassant.Tarte au maroilles
Le beurre n'entre qu'après huit minutes de pétrissage : ajouté trop tôt, il enrobe la farine et empêche le gluten de se former, et la pâte reste cassante au lieu d'être élastique.Tarte au sucre du Nord
Le pétrissage développe le réseau qui retiendra le gaz. Le beurre n'entre qu'après, une fois le réseau formé : introduit trop tôt, il enrobe les protéines et empêche le gluten de se construire.Tarte fine à la tomate et moutarde
« Rassembler rapidement en boule sans trop pétrir » est l'instruction la plus importante de la recette : chaque tour de main supplémentaire tisse du gluten, et une tarte fine dont la pâte se rétracte au four n'est plus fine.Tartelette chocolat
La pâte sablée est justement celle où l'on ne veut pas de réseau : le beurre enrobe la farine et empêche le gluten de se former, ce qui donne le sablé friable. D'où l'interdiction de la travailler longuement.Torta al testo (galette ombrienne cuite à la plaque, garnie)
Huit minutes de pétrissage donnent assez de gluten pour retenir le gaz, et les 30 minutes de repos suffisent à détendre la pâte : ni plus, sinon la galette devient élastique et caoutchouteuse.Torta pasqualina (tourte pascale ligure aux blettes et à la ricotta)
Dix minutes de pétrissage et une heure de repos : c'est ce repos qui détend le réseau et permet d'abaisser jusqu'à la transparence sans que la pâte se rétracte.Tortellini in brodo (tortellini de Bologne au bouillon)
La pâte aux œufs est pétrie dix minutes pour développer un gluten ferme : c'est lui qui permet de l'abaisser jusqu'à la transparence sans qu'elle se déchire, et qui tient la farce à la cuisson.Tuiles aux amandes
40 g de farine à peine, mélangés sans insister : juste assez de structure pour tenir les amandes, pas assez pour que la tuile devienne un biscuit épais.Vareniki aux cerises (raviolis russes aux cerises et à la crème)
Trente minutes de repos relâchent le réseau formé au pétrissage : sans elles la pâte se rétracte sous le rouleau et ne descend jamais à deux millimètres.Varenyky au chou et aux champignons (raviolis ukrainiens)
L'eau bouillante dénature une partie des protéines de la farine avant qu'elles ne puissent former du gluten, ce qui explique pourquoi la pâte est docile. Les huit minutes de pétrissage et les trente de repos reconstruisent juste assez de réseau pour que l'abaisse tienne à la cuisson sans que les varenyky deviennent caoutchouteux.Zeppole (beignets napolitains de Noël)
Les 10 minutes de travail à la main sur une farine de blé dur construisent un réseau assez élastique pour retenir le gaz : sous-pétrie, la pâte s'affaisse au lieu de gonfler dans la friture.Zlabia (beignets maghrébins en spirale au sirop)
La maïzena coupe une partie du gluten de la farine. Trop de réseau donnerait une pâte élastique qui refuse de couler en filet régulier par la douille et une spirale caoutchouteuse au lieu de friable.Zopf (tresse suisse au beurre du dimanche matin)
Les douze à quatorze minutes de pétrissage construisent le réseau qui retiendra le gaz : une tresse est un pain dont la forme dépend entièrement de la tenue de la pâte.Zwetschgenkuchen (tarte allemande aux quetsches)
La pâte est enrichie de beurre, d'œuf et de lait, et ces matières grasses gênent la formation du gluten en s'intercalant entre les protéines. D'où un pétrissage franc jusqu'à ce que la pâte soit souple et élastique : c'est ce réseau qui retiendra le gaz pendant l'heure de pousse et portera un kilo deux cents de fruits sans s'affaisser.