
Strascinati ai peperoni cruschi (pâtes lucaniennes aux poivrons doux séchés)

Des pâtes roulées à la main, semoule et eau, servies avec des poivrons de Senise séchés passés trois secondes dans l'huile et une chapelure grillée. Le poivron y devient une chips salée qui craque sur les pâtes.
Le peperone di Senise n'est pas un piment : il ne pique pas, il sèche. Récolté en août, enfilé en longues guirlandes appelées serte et suspendu aux façades du Vulture, il perd son eau jusqu'à n'en garder que 8 %, ce qui explique la suite. Plongé dans l'huile à 160 °C, il n'a presque rien à évaporer : il gonfle, devient vitreux et croustille en trois secondes. Deux secondes de plus et il brunit, puis vire à l'amer, sans retour possible. Crusco veut d'ailleurs dire croquant en dialecte lucanien. Le reste du plat dit la même pauvreté : la mollica atturrata, chapelure grillée dans l'huile parfumée, remplaçait le fromage chez ceux qui n'en avaient pas, et strascinati vient de strascinare, traîner, le geste des doigts qui étirent le morceau de pâte sur le bois.
Difficulté: 3/5
Recette originale prévue pour 4 personnes · 939 g préparés, 235 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 6 sur 6.
Étape 3 — Les strascinati se font la veille et sèchent sur un torchon fariné, à l'air libre. Ils cuisent alors une minute de plus.
Étape 5 — La chapelure grillée se garde une semaine dans un bocal hermétique, à condition qu'elle soit parfaitement froide avant d'être fermée.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Versez la farine de blé dur en fontaine sur le plan de travail, ajoutez l'eau tiède et 4 g de sel, et pétrissez 10 minutes en poussant la pâte de la paume. Elle est prête quand elle est lisse, ferme sous la main et ne colle plus du tout aux doigts.
C’est prêt quand : La pâte est lisse, ferme sous la paume et ne laisse plus rien coller aux doigts.
Filmez la boule et laissez-la reposer 30 minutes à température ambiante. Le gluten se détend : la pâte se laisse étirer sans se rétracter, ce qui est toute la différence entre un strascinato creux et un bouchon de pâte.
Roulez des cordons de 1 cm, coupez des tronçons de 2 cm, puis écrasez chaque tronçon en le tirant vers vous sur le bois avec deux ou trois doigts, jusqu'à ce qu'il s'enroule en une coque creuse et rugueuse. Farinez le plan de travail au fur et à mesure et posez les pâtes sur un torchon.
Chauffez l'huile d'olive dans une petite poêle jusqu'à 160 °C : un peperone crusco plongé dedans doit grésiller franchement sans brunir. Plongez-les deux par deux, 3 à 4 secondes par face, et sortez-les dès qu'ils foncent d'un ton. Égouttez-les sur du papier absorbant, ils croustillent en refroidissant.
C’est prêt quand : Le poivron gonfle, vire d'un ton plus foncé et devient cassant en refroidissant.
Laissez l'huile redescendre 2 minutes hors du feu, ajoutez l'ail écrasé puis la chapelure. Remuez sans arrêt sur feu doux jusqu'à ce qu'elle prenne une couleur de noisette et sente le pain grillé, puis débarrassez-la aussitôt dans un bol : dans la poêle chaude, elle continuerait de brunir.
C’est prêt quand : La chapelure est couleur noisette et sent le pain grillé, pas le brûlé.
Faites cuire les strascinati 4 à 6 minutes dans un grand volume d'eau bouillante salée avec le reste du sel. Ils sont prêts quand ils remontent à la surface et que le centre de la coque n'est plus blanc.
Égouttez en gardant une louche d'eau de cuisson. Versez les pâtes dans la poêle, ajoutez le pecorino râpé et un peu d'eau de cuisson, et remuez hors du feu jusqu'à ce que la sauce nappe et brille.
C’est prêt quand : La sauce nappe les pâtes et brille : l'eau de cuisson a lié le pecorino.
Émiettez les trois quarts des peperoni cruschi sur les pâtes, posez les autres entiers sur le dessus, parsemez de chapelure grillée et servez immédiatement : le croustillant tient cinq minutes, pas davantage.
0 / 8 étapes terminées
Pourquoi : Ils ont passé quelques secondes de trop dans l'huile, ou l'huile était au-delà de 170 °C. Les sucres du poivron brunissent alors et le goût vire. (Séchage et croustillant)
Rattrapage : Rien ne rattrape un poivron brûlé, il faut recommencer avec le reste du paquet. Baissez le feu, comptez trois secondes par face et sortez-les dès qu'ils foncent.
Pourquoi : La pâte n'a pas assez reposé et se rétracte sous le doigt, ou les tronçons étaient trop épais. (Réseau de gluten)
Rattrapage : Laissez reposer trente minutes de plus et roulez des cordons plus fins. Le geste est de tirer vers soi en appuyant, pas d'écraser sur place.
Pourquoi : Elle a été mélangée aux pâtes chaudes et humides avant le service, ou débarrassée trop tard de la poêle. (Séchage et croustillant)
Rattrapage : Parsemez-la sur l'assiette au moment de servir, jamais dans la poêle.
Le même problème, ailleurs sur le site :
Vous avez innové dans la manière de foirer cette recette ? Racontez-nous : on cherche avec vous ce qui s’est passé, et si on trouve, ça rejoint cette rubrique pour les suivants.
Comment : boîte hermétique
Réchauffage : Réchauffez les pâtes à la poêle avec une cuillerée d'eau, et refaites une chapelure fraîche.
Les peperoni cruschi ramollissent dès qu'ils touchent une sauce chaude : gardez-les à part si vous prévoyez des restes.
Supprimez le pecorino et doublez la chapelure : c'est exactement le plat des familles qui n'avaient pas de fromage, et la mollica y tient le rôle du salé et du croquant.
Un Aglianico del Vulture, le rouge de la même vallée que les poivrons

La semoule de blé dur et l'eau seules font une pâte très ferme : dix minutes de pétrissage alignent le gluten, et les trente minutes de repos le détendent. Sans ce repos, le morceau tiré sur le bois se rétracte au lieu de s'enrouler en coque.
Le pétrissage crée un réseau élastique qui retient les gaz de fermentation ; à l'inverse, trop travailler une pâte à tarte la rend dure.

Le peperone crusco ne contient plus que 8 % d'eau : à 160 °C, le peu qui reste part en trois secondes, les parois se figent vitreuses et la chips craque. C'est une déshydratation éclair, pas une friture.
Le croustillant naît du départ de l'eau en surface ; couvrir ou entasser fait ramollir.

La mollica atturrata n'est pas une chapelure chauffée : on attend la couleur noisette, quand les sucres et les acides aminés du pain ont réagi. Avant, elle a le goût du pain sec ; après, celui du pain grillé.
Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

L'huile d'olive tient largement les 160 °C demandés ici, et c'est pour cela qu'elle sert de bain plutôt qu'une huile neutre : son goût reste dans le plat, y compris dans la chapelure grillée ensuite dedans.
Température à laquelle une matière grasse se dégrade et fume : chaque huile a sa cuisson.

On pousse la pâte de la paume plutôt qu'on ne la triture : elle est trop sèche pour se travailler du bout des doigts et doit devenir lisse sans qu'on ajoute d'eau.

Trente minutes filmée, à température ambiante : c'est le temps qu'il faut au gluten pour se relâcher, et c'est ce qui rend la pâte étirable sous les doigts.

Deux poivrons à la fois, jamais plus : la poêle perd trop de température d'un coup, et un peperone qui cuit lentement devient mou au lieu de croustiller.

Les strascinati frais cuisent en 4 à 6 minutes seulement. Ils remontent quand ils sont prêts, et le centre de la coque ne doit plus être blanc.

Le pecorino et la chapelure salée arrivent en fin de plat : goûtez avant de saler l'assiette, il n'y a souvent plus rien à ajouter.
Orecchiette alle cime di rapa (orecchiette aux cime di rapa)
mêmes ingrédients : farine de blé dur, pecorino, chapelureCulurgiones (raviolis sardes à la pomme de terre et à la menthe)
mêmes ingrédients : farine de blé dur, pecorinoCavatelli con broccoli e salsiccia (cavatelli, brocolis et chair à saucisse)
mêmes ingrédients : farine de blé dur, pecorinoFileja alla 'nduja (pâtes calabraises torsadées à la 'nduja)
mêmes ingrédients : farine de blé dur, pecorinoStrangozzi alla norcina (pâtes ombriennes à la saucisse et à la crème)
mêmes ingrédients : farine de blé dur, pecorinoMalloreddus alla campidanese (gnocchetti sardes au safran et à la saucisse)
mêmes ingrédients : farine de blé dur, pecorinoCavatelli maison (petites nacelles creusées du Sud)
cuisine italienne · mêmes gestes : cuire al dente, pétrirOrecchiette maison (petites oreilles des Pouilles)
cuisine italienne · mêmes gestes : cuire al dente, pétrirTrofie maison (torsades ligures)
cuisine italienne · mêmes gestes : cuire al dente, pétrirPasta di semola (pâte à pâtes fraîches à la semoule et à l'eau)
cuisine italienne · mêmes gestes : pétrir, laisser reposer la pâtePasta all'uovo (pâte à pâtes fraîches aux œufs)
cuisine italienne · mêmes gestes : cuire al dente, pétrirZeppole (beignets napolitains de Noël)
cuisine italienne · mêmes gestes : pétrir, frire