
Pissaladière

Une pâte à pain fine couverte d'une épaisse compotée d'oignons fondus une heure à l'huile d'olive, quadrillée d'anchois et piquée d'olives de Nice. Le second plat de rue niçois après la socca, à manger tiède, en carrés, à l'apéritif ou en entrée.
La pissaladière tient son nom du pissalat, une purée de petits poissons (alevins de sardine et d'anchois) salés et fermentés avec des clous de girofle, qu'on tartinait sur la pâte avant les oignons. Le pissalat a presque disparu, remplacé par des filets d'anchois à l'huile, mais l'idée reste : un fond salé et fermenté sous une masse d'oignons doux. Elle se vend au poids chez les boulangers de Nice, jamais à la part, et se mange tiède ou froide. Ce qu'on apprend, c'est à cuire des oignons. Un kilo et demi d'oignons émincés rend un tiers de son poids en eau et se transforme en une compote blonde, pas brune : la cuisson est longue, une heure, couverte au début pour qu'ils suent dans leur jus, puis découverte à feu doux pour évaporer sans caraméliser. Bruns, ils seraient amers ; on cherche le sucré des oignons cuits sans le goût de brûlé. Pas de sucre ajouté, la douceur vient d'eux. La pâte, elle, doit être fine et cuite à four très chaud, 240 °C, pour saisir le dessous avant que l'humidité des oignons ne le détrempe.
Difficulté: 2/5
Recette originale prévue pour 6 personnes · 1 894 g préparés, 316 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 10 sur 10.
Étape 5 — Compotez les oignons la veille : ils sont meilleurs reposés et c'est l'heure de cuisson qui bloque le plan de travail.
Étape 2 — Faites lever la pâte au réfrigérateur pendant 6 à 8 heures au lieu de 1 h 30 à température ambiante : la fermentation lente lui donne plus de goût. Sortez-la une heure avant de l'étaler.
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Délayez la levure dans l'eau tiède, à 30 °C : tiède au doigt, pas chaude. Dans un saladier, mélangez la farine et le sel, versez l'eau levurée et 3 cl d'huile, et pétrissez 8 minutes jusqu'à obtenir une pâte lisse, souple et qui ne colle plus aux mains.
Couvrez d'un torchon et laissez lever 1 h 30 à température ambiante, jusqu'à ce que la pâte ait doublé de volume.
C’est prêt quand : La pâte a doublé et un doigt enfoncé au centre laisse une empreinte qui se referme lentement, sans revenir d'un coup.
Pelez et émincez les oignons finement, en demi-rondelles de 2 mm.
Faites chauffer 5 cl d'huile dans une grande sauteuse, ajoutez les oignons, l'ail écrasé, le thym, le laurier et une pincée de sel. Couvrez et laissez suer 15 minutes à feu moyen, puis découvrez, baissez le feu et laissez cuire 45 minutes en remuant de temps en temps : les oignons doivent devenir blonds, fondants, presque une compote, sans jamais brunir.
C’est prêt quand : Les oignons sont translucides et blonds, ils s'écrasent entre deux doigts et forment une masse qui tient à la cuillère, sans jus au fond de la sauteuse.
Hachez 3 filets d'anchois et faites-les fondre dans les oignons pendant les dernières minutes de cuisson : c'est le rôle que tenait le pissalat. Retirez le thym et le laurier et laissez tiédir.
Préchauffez le four à 240 °C avec une plaque à l'intérieur.
Dégazez la pâte d'un coup de poing et étalez-la au rouleau puis du bout des doigts sur une feuille de papier cuisson huilée, en rectangle de 30 x 40 cm et 5 mm d'épaisseur.
Laissez la pâte se détendre 15 minutes : elle se rétracte moins et cuit plus régulièrement.
Étalez les oignons sur la pâte en couche épaisse, jusqu'à 1 cm du bord. Disposez les filets d'anchois restants en losanges, posez une olive au centre de chaque losange et poivrez.
Glissez le papier sur la plaque chaude et enfournez 20 à 25 minutes à 240 °C, en bas du four : les bords doivent être dorés et croustillants, et le dessous coloré quand on soulève un coin.
C’est prêt quand : Les bords sont dorés et fermes, et un coin soulevé à la spatule montre un dessous coloré et sec.
Laissez tiédir 10 minutes sur une grille et découpez en carrés. Elle se mange tiède ou froide, jamais brûlante.
0 / 11 étapes terminées
Pourquoi : Le gluten est trop tendu : elle a été travaillée trop vite après la levée. (Réseau de gluten)
Rattrapage : Laissez-la reposer 15 minutes de plus, couverte, puis reprenez : elle s'étale alors sans résistance. C'est exactement le rôle du repos de l'étape 8.
Pourquoi : Four insuffisamment chaud, plaque froide, ou oignons encore trop humides au moment du garnissage. (Séchage et croustillant)
Rattrapage : Remettez la pissaladière 10 minutes directement sur la sole ou sur une plaque brûlante, en bas du four. Et laissez toujours les oignons tiédir et s'égoutter avant de garnir.
Pourquoi : Feu trop vif ou sauteuse découverte trop tôt : ils ont frit et caramélisé au lieu de suer. (Caramélisation)
Rattrapage : Rien ne retire l'amertume. Reprenez à feu doux, à couvert pour les 15 premières minutes, et remuez régulièrement ensuite.
Pourquoi : Anchois fondus dans les oignons plus anchois en surface plus sel dans la garniture. (Rôle du sel)
Rattrapage : Servez avec une salade nature et beaucoup de pâte : le sel se dilue. La prochaine fois, ne salez les oignons que d'une pincée, les anchois font le reste.
Le même problème, ailleurs sur le site :
Vous avez innové dans la manière de foirer cette recette ? Racontez-nous : on cherche avec vous ce qui s’est passé, et si on trouve, ça rejoint cette rubrique pour les suivants.
Comment : à plat, sous un torchon ou dans une boîte, jamais dans du film au réfrigérateur
Réchauffage : Dix minutes à 180 °C, directement sur la grille ou sur une plaque chaude, pour redonner du croustillant au fond. Le micro-ondes la ramollit définitivement.
Elle est meilleure le jour même, tiède, mais reste très bonne le lendemain à température ambiante. Congelez-la cuite et découpée en carrés, elle se réchauffe telle quelle.
Certaines boulangeries niçoises la font sur une brisée fine plutôt que sur une pâte à pain : plus croustillante, plus proche d'une tarte, moins généreuse en mie.
Olives noires, câpres et une pointe de vinaigre remplacent le sel iodé des anchois. Ce n'est plus une pissaladière, c'est une très bonne tarte à l'oignon niçoise : autant l'annoncer ainsi.
Un rosé de Provence bien frais, ou un blanc de Bellet si vous voulez rester niçois jusqu'au bout.

Les huit minutes de pétrissage alignent les protéines de la farine en un réseau élastique : c'est lui qui retiendra le gaz de la levée et donnera une pâte moelleuse sous la garniture, au lieu d'un fond de tarte cassant.
Le pétrissage crée un réseau élastique qui retient les gaz de fermentation ; à l'inverse, trop travailler une pâte à tarte la rend dure.

La levure produit du gaz carbonique et des arômes en 1 h 30 à température ambiante. L'eau à 30 °C la réveille sans la tuer : au-delà de 45 °C, les cellules meurent et la pâte ne lève plus du tout.
Les levures transforment les sucres en CO2 et en alcool : la pâte lève et développe ses arômes.

La pincée de sel jetée sur les oignons au début les fait rendre leur eau par osmose : ils suent au lieu de frire, ce qui est exactement ce qu'on veut ici, puisqu'un oignon doré serait une tarte à l'oignon alsacienne, pas une pissaladière.
Le sel ou le sucre attirent l'eau hors des cellules : dégorger un concombre, saumurer une volaille.

En une heure, les oignons perdent près des trois quarts de leur eau et leurs sucres se concentrent : c'est de là que vient le goût sucré de la garniture, sans caramélisation ni sucre ajouté.
L'évaporation de l'eau concentre les saveurs et épaissit sauces, jus et confitures.

Le four à 240 °C et la plaque préchauffée cuisent la pâte par le dessous et évaporent l'humidité de la garniture avant qu'elle ne détrempe le fond : c'est une cuisson de pizza, pas une cuisson de tarte.
Le croustillant naît du départ de l'eau en surface ; couvrir ou entasser fait ramollir.

Huit minutes à la main, jusqu'à ce que la pâte cesse de coller et qu'un morceau étiré laisse passer la lumière sans se déchirer trop vite.

Une levée de 1 h 30 sous un torchon, jusqu'au doublement du volume : la pâte est prête quand un doigt enfoncé laisse une empreinte qui se referme lentement.

Les oignons sont émincés en demi-rondelles de 2 mm régulières : trop épais ils resteront croquants au bout d'une heure, trop fins ils partiront en purée.

Étalée au rouleau puis étirée du bout des doigts sur son papier cuisson, à 5 mm : plus fin, la pâte ne porte pas la garniture, plus épais elle devient un pain aux oignons.
Four à 240 °C avec la plaque à l'intérieur : la pâte glissée sur une plaque brûlante prend immédiatement en dessous, ce qui est la seule protection contre un fond mou.
Broa de milho (pain de maïs portugais)
mêmes ingrédients : farine t55, levure de boulanger fraîchePeperoni imbottiti alla napoletana (poivrons farcis à la napolitaine)
mêmes ingrédients : anchois (filets), olives noiresFocaccia barese (focaccia de Bari à la pomme de terre, tomates et olives)
mêmes ingrédients : levure de boulanger fraîche, olives noiresSalade niçoise
mêmes ingrédients : anchois (filets), olives noiresRillettes du Mans
mêmes ingrédients : thym, laurierVitello tonnato (veau froid, sauce au thon)
mêmes ingrédients : anchois (filets), laurierBatbout (petits pains marocains cuits à la poêle)
mêmes gestes : abaisser une pâte, façonner et faire lever · même aliment : farine t55Msemen (crêpes feuilletées marocaines)
mêmes gestes : abaisser une pâte, façonner et faire lever · même aliment : farine t55Zopf (tresse suisse au beurre du dimanche matin)
mêmes gestes : façonner et faire lever, pétrir · même principe : fermentation par levureHareng pommes à l'huile
cuisine française · même geste : émincerPirojki au chou (petits pains russes farcis au chou fondu)
mêmes gestes : façonner et faire lever, pétrir · même principe : fermentation par levureRillons de Touraine
cuisine française · mêmes aliments : thym, laurier