
Dombrés aux crevettes (boulettes de farine mijotées à la créole)

Des boulettes de farine roulées à la main, à peine plus grosses qu'une noisette, qu'on laisse gonfler dans le bouillon des crevettes. Tout le plat tient dans ce contraste : une sauce courte, relevée au piment et au bois d'Inde, et des billes de pâte qui la boivent sans jamais se défaire.
Le dombré descend des dumplings anglais passés par les Antilles, et il a longtemps été le plat qu'on faisait quand la viande manquait : de la farine, de l'eau, du sel, et ce qui sortait de la rivière. En Guadeloupe on le sert aussi aux crabes ou aux ouassous, ces grosses crevettes d'eau douce. La règle du roulage ne change pas : la pâte se travaille peu, sinon la boulette durcit au lieu de gonfler.
Difficulté: 2/5
Recette originale prévue pour 4 personnes · 2 388 g préparés, 597 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 5 sur 5.
Étape 5 — Le bouillon de carapaces se fait la veille et gagne à reposer une nuit.
Étape 2 — Les dombrés peuvent être roulés quelques heures à l'avance, posés sur un plateau fariné et couverts d'un linge.
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Décortiquez les crevettes en gardant les têtes et les carapaces de côté : c'est avec elles qu'on fait le bouillon. Frottez la chair au jus d'un demi-citron vert, rincez, réservez au frais.
Versez la farine et le sel dans un saladier, ajoutez 15 cl d'eau petit à petit et travaillez jusqu'à obtenir une pâte ferme qui ne colle plus aux doigts. Roulez des boulettes de la taille d'une noisette entre vos paumes, sans les serrer, et posez-les sur un plateau fariné.
C’est prêt quand : La pâte est ferme, lisse, et ne colle plus du tout aux doigts quand on la roule.
Faites chauffer l'huile dans une cocotte et jetez-y les têtes et les carapaces. Laissez-les rougir en remuant : elles doivent accrocher un peu au fond.
C’est prêt quand : Les carapaces ont viré au rouge orangé et le fond de la cocotte porte des sucs bruns.
Ajoutez l'oignon émincé, l'ail écrasé et le blanc des cives, remuez jusqu'à ce que l'oignon devienne translucide, puis ajoutez le concentré de tomates et laissez-le pincer une minute.
Mouillez d'un litre d'eau chaude, ajoutez le thym, les feuilles de bois d'Inde et le piment entier, sans le percer. Laissez frémir vingt minutes, puis passez le bouillon et remettez-le dans la cocotte.
Portez le bouillon à petits bouillons et faites-y tomber les dombrés un à un. Ils coulent, puis remontent quand ils sont cuits : comptez douze minutes après la remontée du dernier.
C’est prêt quand : Les dombrés sont tous remontés à la surface et flottent en tournant lentement.
Ajoutez les crevettes décortiquées et laissez-les rosir quatre minutes, pas plus. Retirez le piment et le thym, rectifiez en sel et poivrez.
Servez dans des assiettes creuses, une louche de bouillon sur les dombrés, le vert des cives et le persil ciselés par-dessus.
0 / 8 étapes terminées
Pourquoi : Pâte trop molle, ou bouillon à gros bouillons. (Gélatinisation de l'amidon)
Rattrapage : Rattrapez la pâte restante avec deux cuillerées de farine et baissez le feu jusqu'au simple frémissement.
Pourquoi : La pâte a été pétrie trop longtemps. (Réseau de gluten)
Rattrapage : Rien à faire sur ceux-là. La prochaine fois, arrêtez de travailler la pâte dès qu'elle est homogène.
Pourquoi : Carapaces pas assez rissolées, ou trop d'eau. (Extraction des sucs et déglaçage)
Rattrapage : Laissez réduire à découvert dix minutes avant d'ajouter les dombrés, et rectifiez au sel en fin de cuisson.
Pourquoi : Le piment a éclaté dans le bouillon.
Rattrapage : Ajoutez une pomme de terre coupée en quatre et laissez cuire dix minutes : elle absorbe une partie du piquant. Servez avec beaucoup de riz.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : en boîte hermétique, les dombrés couverts de bouillon
Réchauffage : dix minutes à feu doux, à couvert, avec un demi-verre d'eau : les dombrés continuent de boire au froid et la sauce disparaît
Le plat se garde deux jours mais les boulettes gonflent et se ramollissent. Si vous cuisinez à l'avance, gardez le bouillon d'un côté et faites les dombrés au moment : le bouillon, lui, se congèle trois mois et n'y perd rien.
La version la plus courante en Guadeloupe : des crabes de terre ou du tourteau à la place des crevettes, avec vingt minutes de mijotage en plus.
Cinq cents grammes de morue dessalée et effeuillée, ajoutée en fin de cuisson. Le bouillon se fait alors à l'eau de pochage.
Un bouillon monté sur oignon, tomate et potiron, et des dombrés cuits dedans. C'est ainsi qu'on les mangeait le plus souvent.
Une salade de tomates et de concombre, pour la fraîcheur à côté du bouillon
Un blanc sec et fruité, sauvignon ou colombard, servi très frais

Le dombré cuit par l'extérieur vers le centre : l'amidon de la farine gonfle au contact du bouillon chaud et forme une peau qui tient la boulette. C'est pourquoi elle remonte quand elle est cuite, et pourquoi une boulette jetée dans un liquide tiède se délite au lieu de gonfler.
Chauffé en milieu humide, l'amidon gonfle et épaissit : béchamel, crème pâtissière, risotto.

La pâte se travaille juste assez pour qu'elle se tienne. Pétrie longtemps, elle développe un réseau élastique et le dombré devient caoutchouteux au lieu de rester tendre : c'est la seule erreur qui ne se rattrape plus à la cuisson.
Le pétrissage crée un réseau élastique qui retient les gaz de fermentation ; à l'inverse, trop travailler une pâte à tarte la rend dure.

Les têtes et les carapaces sont l'essentiel du goût du plat. Rissolées jusqu'à rougir puis mouillées, elles donnent un bouillon qu'une chair de crevette seule ne donnera jamais.
Les sucs caramélisés au fond du récipient se dissolvent dans un liquide : c'est la base des sauces.

Le piment entier et les feuilles de bois d'Inde diffusent leurs composés parfumés dans le bouillon chaud sans libérer la capsaïcine enfermée dans les cloisons du piment. C'est le principe même du piment antillais : on le laisse entier et on le retire.
Certains arômes se dissolvent dans le gras, d'autres dans l'eau ou l'alcool : d'où l'intérêt de faire revenir les épices ou de flamber.

Juste assez pour rassembler la pâte : elle doit être ferme et lisse, pas élastique.

Les carapaces doivent rougir et accrocher un peu au fond de la cocotte : ce fond deviendra la sauce.

Le bouillon passé au chinois, en pressant les carapaces à la louche pour ne rien laisser.

Les dombrés tombent un à un dans un liquide qui frémit, jamais qui bout : à gros bouillons ils s'entrechoquent et se cassent.

Vingt minutes de frémissement suffisent au bouillon de carapaces ; au-delà il devient amer.
peut mal tourner en :
Fricassée de poulet au citron vert à l'antillaise
mêmes ingrédients : bois d'inde (feuilles), piment antillais (bonnet écossais), civeTrempage (pain trempé à la morue, à la mode martiniquaise)
mêmes ingrédients : bois d'inde (feuilles), piment antillais (bonnet écossais), civeMatoutou de crabe (crabes mijotés au riz créole)
mêmes ingrédients : bois d'inde (feuilles), piment antillais (bonnet écossais), civeColombo de porc
mêmes ingrédients : bois d'inde (feuilles), piment antillais (bonnet écossais), civePâté salé martiniquais (tourte feuilletée à la viande)
mêmes ingrédients : bois d'inde (feuilles), piment antillais (bonnet écossais), civeFricassée de cabri à la guyanaise
mêmes ingrédients : piment antillais (bonnet écossais), cive, citron vertCivet de zourite (poulpe réunionnais au vin rouge)
cuisine créole · mêmes gestes : saisir, mijoterLentilles à la créole
mêmes gestes : saisir, mijoter · mêmes aliments : cive, concentré de tomates, thymFricassée de chatrou (poulpe à la martiniquaise)
mêmes aliments : cive, concentré de tomates, citron vertCourt-bouillon de poisson antillais
mêmes aliments : cive, concentré de tomates, citron vertCrevettes bleues au lait de coco
mêmes aliments : crevettes, cive, citron vertBouillon d'awara (le plat de Pâques guyanais)
cuisine créole · mêmes gestes : saisir, mijoter