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  3. Fermentation par levure

Fermentation par levure

Biochimie

Les levures transforment les sucres en CO2 et en alcool : la pâte lève et développe ses arômes.

📚 Pour aller plus loin

La levure de boulanger, Saccharomyces cerevisiae, est un champignon unicellulaire qui mange les sucres de la pâte et rejette du gaz carbonique et de l'alcool. Le gaz gonfle les alvéoles retenues par le réseau de gluten (la pâte lève) et l'alcool s'évapore à la cuisson en laissant ses arômes. La levure ne fabrique pas les trous : elle produit le gaz qui gonfle des bulles d'air déjà présentes, incorporées au pétrissage, ce qui explique qu'une pâte mal pétrie lève mal même avec assez de levure.

L'essentiel du goût du pain vient de cette étape, pas de la cuisson. Une pâte poussée deux heures à 25 °C et une pâte poussée vingt-quatre heures à 4 °C ont le même volume et rien à voir au goût : au froid, la levure ralentit fortement tandis que les enzymes de la farine continuent de découper l'amidon en sucres et les protéines en acides aminés, et que les bactéries lactiques présentes produisent leurs acides. C'est toute la logique de la pousse lente au réfrigérateur, la meilleure amélioration possible d'une pâte à pizza ou à pain : pour un coût de zéro et un ingrédient de moins.

La levure travaille jusqu'à environ 55 °C au four, ce qui donne le coup de four : le gaz se dilate, l'alcool et l'eau se vaporisent, la pâte gagne un dernier quart de volume avant que la croûte ne se fige. Puis les cellules meurent. En amont, elles sont sensibles au sel (d'où l'usage de ne pas les mettre en contact direct) et tuées vers 50-55 °C, ce qui condamne l'eau trop chaude utilisée pour « activer » une levure sèche : tiède, jamais chaude.

Le repère de fin de pousse n'est pas le doublement de volume mais le test du doigt : on presse la pâte, et si l'empreinte remonte lentement en restant à moitié visible, c'est prêt ; si elle remonte tout de suite, il faut attendre ; si elle ne remonte pas du tout et que la pâte soupire, la pousse est passée et le réseau ne tiendra plus le gaz. Une pâte trop poussée se rattrape en la dégazant et en la reformant pour une seconde pousse plus courte, une pâte largement passée ne se rattrape pas.

⚠️ Quand ça tourne mal

La pâte ne lève pas lors des phases de pousse.

La levure a été désactivée par un lait trop chaud (supérieur à 45 °C) ou la température ambiante est trop basse.

Ce qu'il faut faire : Veiller à ce que le lait soit tiède (35-40 °C maximum). Pour aider la pousse, placer le bol dans un four éteint avec la lumière allumée ou près d'une source de chaleur douce.

Baba au rhum
La pâte ne mousse pas.

Levure morte, ou eau trop chaude.

Ce qu'il faut faire : Refaites la pâte avec de l'eau à 35 °C et une levure fraîche. Sans micro-bulles biologiques, aucun maillage régulier n'est possible.

Baghrir (crêpes marocaines aux mille trous)
La pâte n'a pas levé.

Lait trop chaud, ou levure périmée.

Ce qu'il faut faire : Un lait tiède au doigt et une levure ouverte depuis moins de six mois.

Blinis (petites crêpes russes au sarrasin et à la levure)
La pâte ne lève pas

Levure périmée, ou tuée par un liquide trop chaud ou par un contact direct avec le sel

Ce qu'il faut faire : Le liquide ne doit jamais dépasser 35 °C. Testez la levure dans du lait tiède sucré : elle doit mousser en dix minutes.

Brioche
La pâte ne lève pas, ou à peine, après 1 h 30.

Levure morte (lait trop chaud) ou pièce trop froide.

Ce qu'il faut faire : Placez le saladier dans un four éteint avec un bol d'eau bouillante et donnez-lui une heure de plus. Si rien ne bouge, la levure était morte et il faut recommencer.

Brioche vendéenne
La tresse s'est ouverte et a perdu sa forme au four.

Tresse trop serrée, ou seconde pousse trop longue qui a épuisé la structure.

Ce qu'il faut faire : C'est esthétique, la brioche reste excellente. Tressez sans serrer et arrêtez la pousse au doublement, pas au triplement.

Brioche vendéenne
La pâte ne lève pas.

Levure ajoutée dans une bouillie encore trop chaude.

Ce qu'il faut faire : Sous 50 °C au thermomètre, sans exception.

Broa de milho (pain de maïs portugais)
La focaccia est plate et dense.

La levure a été tuée par une eau ou une pomme de terre trop chaude, ou la seconde poussée a été escamotée.

Ce qu'il faut faire : Vérifiez l'eau à 35 °C, laissez tiédir la pomme de terre, et donnez à la seconde poussée le temps que l'empreinte du doigt reste marquée.

Focaccia barese (focaccia de Bari à la pomme de terre, tomates et olives)
La focaccia est plate et dense, sans alvéoles.

Levure morte (eau trop chaude au départ) ou pousse écourtée.

Ce qu'il faut faire : Vérifiez que la levure mousse dans l'eau tiède avant d'ajouter la farine : sans mousse au bout de cinq minutes, elle est morte. L'eau ne doit pas dépasser 35 °C.

Focaccia genovese (focaccia génoise à l'huile d'olive)
Les gaufres sont denses, plates et ne gonflent pas à la cuisson.

La levure de boulangerie a été désactivée par un lait trop chaud, ou les blancs en neige ont été cassés lors du mélange.

Ce qu'il faut faire : Utiliser un lait tiède (35 °C maximum) et incorporer les blancs d'œufs très délicatement à l'aide d'une maryse en soulevant la masse.

Gaufres de Bruxelles
La pâte ne lève pas du tout après une heure de repos.

L'eau utilisée pour diluer la levure était trop chaude (plus de 40 °C), ce qui a tué les levures.

Ce qu'il faut faire : Recommencer l'étape 1 en veillant à ce que l'eau soit tiède au toucher (environ 37 °C).

Gaufres de Liège
Trois jours plus tard, les bouteilles sont plates.

Le levain n'était pas actif, ou le sirop était encore chaud quand il l'a reçu.

Ce qu'il faut faire : Rien ne se rattrape. Réveillez le levain deux jours durant et vérifiez qu'il siffle avant de recommencer.

Ginger ale maison au ginger bug
Au cinquième jour, aucune bulle.

Gingembre traité aux antifongiques dans neuf cas sur dix ; eau chlorée ou pièce sous 18 °C pour le reste.

Ce qu'il faut faire : Recommencez avec du gingembre biologique et une eau reposée une nuit. Un levain qui n'a pas démarré au cinquième jour ne démarrera pas.

Ginger bug (levain de gingembre)
La pâte ne double pas à la première pousse

Lait trop chaud qui a tué la levure (au-delà de 45 °C), ou pièce trop froide.

Ce qu'il faut faire : Si rien n'a bougé après 3 heures, la levure est morte : re-pétrissez la pâte avec 10 g de levure fraîche délayée dans une cuillerée de lait tiède, et placez le saladier près d'un four entrouvert à peine tiède.

Graffe napoletane (beignets de Carnaval à la pomme de terre)
Au bout de trente-six heures, la figue est toujours au fond.

Eau chlorée, pièce trop froide, ou grains affaiblis par une fournée précédente sans sucre suffisant.

Ce qu'il faut faire : Déplacez le bocal à 24 °C et donnez douze heures de plus. Si rien ne bouge, relancez avec une eau de source et 90 g de sucre pleins.

Kéfir de fruits au citron et à la figue
Après trois jours, la bouteille ne siffle pas.

Le kombucha de départ était déjà épuisé, la pièce est trop froide, ou le bouchon ferme mal.

Ce qu'il faut faire : Ajoutez une cuillère de sucre par bouteille, refermez et donnez deux jours de plus dans un endroit à 24 °C.

Kombucha gingembre-citron (deuxième fermentation)
Au bout de dix jours, rien n'a bougé et le liquide est resté sucré.

Le thé était encore trop chaud à l'ensemencement et a tué la culture, ou la pièce est sous 18 °C.

Ce qu'il faut faire : Rien ne rattrape une mère morte. Contre le froid, déplacez le bocal près d'une source de chaleur douce et comptez cinq jours de plus.

Kombucha nature (thé noir fermenté)
La pâte n'a pas levé ou très peu.

Levure tuée par un lait trop chaud, ou en contact direct avec le sel, ou pièce trop froide.

Ce qu'il faut faire : Si le levain n'a pas moussé à l'étape 2, recommencez-le avec du lait à 30 °C : c'est 20 minutes perdues, pas la pâte. Si la pâte lève lentement, placez-la près d'un radiateur ou dans le four éteint avec un bol d'eau chaude.

Kouglof
La pâte ne lève pas du tout après les 3 heures de repos.

Le lait utilisé pour délayer la levure était trop chaud (plus de 40 °C), ce qui a tué les micro-organismes, ou la pièce est trop froide.

Ce qu'il faut faire : Veiller à utiliser un liquide tiède au toucher. Pour sauver la pâte, délayer un nouveau sachet de levure dans un peu de lait tiède, l'incorporer à la pâte et laisser lever dans un four éteint avec la lumière allumée.

Kouign bigouden
Un liquide brun s'est formé en surface.

C'est de l'alcool : le levain a faim et consommé toute sa farine.

Ce qu'il faut faire : Le verser ou le remélanger, puis rafraîchir plus souvent ou en plus grosse proportion. Ce n'est pas un défaut, c'est une demande.

Levain naturel (chef de levain à la farine complète)
Les beignets sont plats et compacts.

Levure morte, ou pousse insuffisante.

Ce qu'il faut faire : Vérifiez toujours la mousse au départ. Une pâte qui n'a pas doublé n'est pas prête à frire.

Mikate (beignets soufflés d'Afrique centrale)
Le pain est plat et la mie dense.

Levain pas assez actif, ou première pousse écourtée.

Ce qu'il faut faire : Vérifier que le levain flotte avant de commencer et juger la pousse à l'aspect plutôt qu'à la montre : dans une cuisine à 20 °C, cinq heures ne suffisent pas toujours.

Pain au levain
La pâte ne monte pas

Petit-lait trop chaud au délayage, ou levure morte

Ce qu'il faut faire : 30 °C au thermomètre et pas à l'œil. Une levure qui ne mousse pas en dix minutes avec le sucre est morte.

Pain de mie au petit-lait
Les boules se sont déchirées au four.

Seconde pousse écourtée.

Ce qu'il faut faire : Attendez qu'elles soient franchement molles au toucher.

Pão de Deus (brioche portugaise à la noix de coco)
La pâte ne lève pas du tout après plusieurs heures.

L'eau utilisée pour délayer la levure était trop chaude (plus de 40 °C), ce qui a tué les levures, ou la levure était périmée.

Ce qu'il faut faire : Recommencer l'activation de la levure avec de l'eau tiède (30-35 °C) et de la levure fraîche.

Pâte à Pizza
La pizza reste lourde à digérer malgré une fermentation longue au froid.

Un seul curseur a été poussé (la durée, l'hydratation ou la farine) en attendant qu'il règle tout. La légèreté vient de l'ensemble : force de farine, dose de levure, température, durée et cuisson se répondent.

Ce qu'il faut faire : Reprendre le protocole entier plutôt qu'un paramètre : ajuster la levure à la durée et à la température réellement prévues, ne monter l'hydratation que si le pétrissage et le façonnage suivent, et finir par une cuisson vraiment chaude.

Pâte à Pizza
La pâte ne lève pas du tout.

Le lait ou l'eau étaient trop chauds (plus de 45 °C), ce qui a tué la levure, ou trop froids, ce qui a bloqué son activation.

Ce qu'il faut faire : Utiliser des liquides tièdes (30-40 °C). Si la levure est inactive après 10 minutes à l'étape 2, recommencer cette étape avec une nouvelle levure.

Pide turque à la feta
La pâte est aigre et se déchire.

Sur-fermentée : trop de levure, ou un réfrigérateur trop tiède.

Ce qu'il faut faire : Réduisez la levure de moitié et vérifiez que le froid est bien à 4 °C. Une pâte sur-fermentée ne se rattrape pas.

Pinsa romana (pinsa romaine aux trois farines)
La mie est dense.

Seconde pousse écourtée, ou pâte trop farinée.

Ce qu'il faut faire : Trente-cinq minutes sous un linge, et une pâte qui reste souple au pétrissage.

Pirojki au chou (petits pains russes farcis au chou fondu)
La pâte est plate, dure et ne gonfle pas lors de la cuisson.

La pâte a été étalée au rouleau à pâtisserie, ce qui a chassé le gaz carbonique, ou la levure n'a pas assez fermenté.

Ce qu'il faut faire : Étaler exclusivement à la main en poussant l'air vers les bords, et laisser la pâte reposer suffisamment longtemps à température ambiante.

Pizza Margherita
Les beignets sont compacts.

Pâte mal levée, ou levure tuée par une eau trop chaude.

Ce qu'il faut faire : Eau tiède, et attendez le doublement avant de frire.

Puff-puff (beignets nigérians levés à la levure)
La pâte n'a pas levé.

Lait trop chaud qui a tué la levure, sel versé directement sur la levure, ou levure trop vieille.

Ce qu'il faut faire : Une pâte qui n'a pas bougé en une heure ne repartira pas. Vérifiez la levure à l'avance en la délayant dans le lait tiède avec une pincée de sucre : elle doit mousser en dix minutes.

Tarte au maroilles
La pâte n'a pas levé

Levure périmée, lait trop chaud (au-delà de 45 °C elle meurt), ou sel en contact direct.

Ce qu'il faut faire : Testez toujours la levure dans le lait tiède sucré : elle doit mousser en dix minutes. Sinon, elle est morte.

Tarte au sucre du Nord
Le bloc reste blanc par plaques, avec des zones de graines nues.

Soit le sachet manque de perforations, soit des graines ont gardé leur peau.

Ce qu'il faut faire : Perforer tous les deux centimètres et décortiquer plus soigneusement : le mycélium ne colonise ni l'anaérobie ni la peau du soja.

Tempeh maison (soja fermenté à la feuille)
Rien ne se passe au bout de deux jours.

L'ananas était ciré ou lavé au vinaigre, ou la pièce est sous 20 °C.

Ce qu'il faut faire : Déplacez le bocal dans un endroit à 25 °C et donnez-lui un jour de plus. Si le troisième jour est muet, l'ananas était traité.

Tepache (ananas fermenté à la cannelle)
La tresse est dense et n'a pas levé.

Levure morte dans un lait trop chaud, ou beurre ajouté trop tôt.

Ce qu'il faut faire : Lait à 35 °C au doigt, et beurre après six minutes de pétrissage seulement.

Zopf (tresse suisse au beurre du dimanche matin)
Le dessin de la tresse a disparu à la cuisson.

Seconde pousse trop longue : la pâte s'est étalée avant d'entrer au four.

Ce qu'il faut faire : Quarante-cinq minutes suffisent, avant le doublement.

Zopf (tresse suisse au beurre du dimanche matin)
La pâte n'a pas levé

Lait trop chaud, qui a tué la levure

Ce qu'il faut faire : Le lait doit être tiède au doigt, trente-cinq degrés environ : au-dessus de cinquante, les levures meurent.

Zwetschgenkuchen (tarte allemande aux quetsches)

49 recettes où ça se joue

Baba au rhum

Deux poussées séparées : la première à 40 °C sur farine et lait seuls, avant que le sel et le beurre n'entrent en scène ; le sel freine les levures et le gras les enrobe, d'où l'ordre imposé.

Babà napoletano (baba napolitain imbibé au rhum)

Le triplement de volume de l'étape 3 n'est pas une figure de style : c'est cette suralvéolation qui crée les cavités que le sirop viendra remplir.

Baghrir (crêpes marocaines aux mille trous)

La levure de boulanger produit lentement du dioxyde de carbone qui sature l'eau de la pâte puis forme des milliers de micro-bulles. Elles ne sont pas assez fortes pour percer la crêpe : leur rôle est d'être des sites de nucléation, des points où le gaz à venir ira se rassembler plutôt que d'en créer de nouveaux. C'est le plan de construction des mille trous.

Batbout (petits pains marocains cuits à la poêle)

La levure produit le gaz qui donnera la mie, mais la poche d'air du batbout ne vient pas d'elle : elle vient de la vapeur. La pousse fabrique une structure alvéolée assez extensible pour être soufflée d'un coup à la cuisson, ce que ferait mal une pâte non levée.

Blinis (petites crêpes russes au sarrasin et à la levure)

Deux heures de pousse donnent au blini son goût légèrement acidulé et sa mie alvéolée : c'est ce qui le sépare d'une crêpe, où la pâte n'est que battue.

Bretzel

Une seule levée courte, jusqu'à une fois et demie le volume : un bretzel n'est pas une brioche aérée, sa mie doit rester dense et moelleuse.

Brioche

La levure produit le CO₂ qui gonfle la pâte et l'éthanol qui la parfume. Le sucre la nourrit d'abord, puis la freine au-delà de 10 % du poids de farine : une pâte briochée lève toujours plus lentement qu'une pâte à pain.

Brioche vendéenne

La levure consomme le sucre et produit le gaz carbonique qui gonfle la pâte, mais 90 g de sucre et 8 g de sel la freinent : d'où les deux pousses longues de 1 h 30, contre 45 minutes pour un pain ordinaire.

Broa de milho (pain de maïs portugais)

La levure meurt au-dessus de 50 °C : les vingt-cinq minutes de refroidissement de la bouillie ne sont pas un confort mais la condition pour que la pousse ait lieu.

Crackers au levain aux graines

Le levain n'est pas là pour faire lever : il n'y a ni temps de pousse ni épaisseur pour cela. Il apporte l'acidité lactique et les arômes de sa fermentation, ce qui fait d'un cracker à trois ingrédients quelque chose qui a du goût. C'est la meilleure destination d'un excédent de rafraîchi.

Focaccia barese (focaccia de Bari à la pomme de terre, tomates et olives)

Deux poussées, une longue à l'étape 4 et une courte à l'étape 6. La première développe le goût et le réseau ; la seconde redonne du gaz à une pâte étalée, sans quoi la focaccia cuirait plate.

Focaccia genovese (focaccia génoise à l'huile d'olive)

Trois heures de pousse en tout, en trois temps : la levure produit le gaz qui fait les alvéoles, mais aussi les acides organiques qui donnent le goût. Une focaccia poussée en une heure au chaud lève et n'a aucun goût.

Gaufres de Bruxelles

Les 4 g de levure de boulanger travaillent pendant l'heure de repos et produisent le gaz et surtout le goût légèrement acidulé qui distingue la gaufre de Bruxelles d'une gaufre à la levure chimique.

Gaufres de Liège

Les 4 g de levure travaillent une heure pour doubler le volume : c'est cette fermentation, et non un fer très chaud, qui donne le moelleux à l'intérieur. Une pâte qui n'a pas doublé donnera des gaufres plates et lourdes.

Gaufres fourrées à la vergeoise

Le lait est tiédi à 30 °C seulement : la pâte est riche en beurre et en œufs, qui freinent déjà les levures, et un lait trop chaud finirait de les tuer. L'heure de pousse donne le moelleux, et les quinze minutes de détente après le boulage font que la gaufre s'étale sans résister dans le gaufrier.

Ginger ale maison au ginger bug

Le ginger bug est la population de départ, et deux choses la tuent : le sommeil et la chaleur. Un levain sorti du réfrigérateur la veille donne trois jours plus tard une bouteille plate, et un sirop encore au-dessus de 30 °C tue les levures à la seconde où on les verse, sans que rien ne le signale avant le troisième jour.

Ginger bug (levain de gingembre)

Le levain ne s'ensemence pas : on cultive ce qui est déjà là. Les levures sauvages et les bactéries lactiques vivent sur la peau du gingembre, et le sucre dissous leur donne de quoi se multiplier jusqu'à devenir assez nombreuses pour gazéifier une boisson.

Graffe napoletane (beignets de Carnaval à la pomme de terre)

Deux pousses (étapes 4 et 6) et non une : la première développe les arômes dans la masse, la seconde redonne du gaz aux anneaux après le façonnage qui les a dégazés. Une graffa frite juste après façonnage serait dense : le gaz perdu ne se refabrique pas dans l'huile, il n'y a que la vapeur pour gonfler.

Kéfir de fruits au citron et à la figue

Les grains de kéfir de fruits sont des cristaux translucides où cohabitent levures et bactéries lactiques. Les levures produisent le gaz qui fait pétiller la boisson, et c'est leur activité que l'on lit sur la figue qui remonte.

Kombucha fraise-basilic (deuxième fermentation)

Les levures du kombucha trouvent dans la fraise un sucre immédiatement disponible. C'est pourquoi la dose de sucre ajouté est réduite à 15 g : la fraise fait déjà la moitié du travail.

Kombucha gingembre-citron (deuxième fermentation)

Les levures encore vivantes dans le kombucha reprennent le travail dès qu'on leur redonne du sucre. Le gingembre en apporte sa part, mais les 20 g de sucre sont l'essentiel : un kombucha embouteillé sans sucre ajouté reste plat.

Kombucha nature (thé noir fermenté)

La mère est un tapis de levures et de bactéries acétiques vivant ensemble. Les levures transforment d'abord le sucre en alcool, les bactéries transforment cet alcool en acides acétique et gluconique : c'est cette seconde main qui donne au kombucha son mordant et le distingue d'un cidre. Les deux populations travaillent en même temps, ce qui explique pourquoi le goût change tous les jours.

Kouglof

Deux levées : la première dans le saladier, jusqu'au doublement, développe les arômes ; la seconde dans le moule, jusqu'au bord, donne le volume. Une pâte riche en beurre et en œufs lève lentement, d'où les temps longs.

Kouign bigouden

Trois heures à 35 °C sur une pâte liquide : les levures produisent le gaz qui donnera les alvéoles et les bulles de surface, lesquelles servent aussi de minuteur pour savoir quand retourner.

Levain naturel (chef de levain à la farine complète)

Un levain est une culture de levures sauvages et de bactéries lactiques, apportées par la farine elle-même. Les levures font le gaz qui lève le pain, les bactéries l'acidité qui le conserve et lui donne son goût.

Maritozzi con la panna (brioches romaines fourrées à la crème fouettée)

Le levain-levure de l'étape 1, dit biga liquide, démarre la fermentation avant l'arrivée du sucre et du gras, qui tous deux la ralentissent. C'est ce qui permet à une pâte aussi riche de lever en deux heures.

Mikate (beignets soufflés d'Afrique centrale)

La levure produit le gaz qui fera gonfler les beignets dans l'huile. Le test de la mousse au premier temps n'est pas décoratif : il vérifie que la levure est vivante avant d'y engager la farine. Une levure morte donne une pâte qui ne lèvera jamais et des mikate plats et compacts.

Montanare (pizzette frites napolitaines)

Peu de levure (8 g pour 500 g de farine) et 2 heures de pousse : la fermentation lente développe les arômes de la pâte à pizza et des bulles fines. Plus de levure lèverait plus vite, mais donnerait un goût de levure et des bulles grossières qui éclatent dans l'huile.

Naan au fromage

Les 5 g de levure boulangère travaillent une heure et gonflent la pâte au gaz carbonique ; l'eau à 40 °C et le sucre de l'étape 1 servent uniquement à vérifier qu'elle est vivante avant de s'engager.

Pain au levain

Les levures du levain font le gaz, les bactéries l'acidité. Les premières s'arrêtent presque au froid, les secondes continuent : c'est pourquoi la nuit au réfrigérateur donne du goût sans donner du volume.

Pain de mie au petit-lait

Une heure et demie puis une heure, à 22 °C. La levure consomme les sucres du petit-lait et de la farine et libère le gaz qui gonfle la pâte. Le petit-lait apporte son lactose, que la levure de boulanger ne sait pas consommer : il reste entier jusqu'au four, où il brunit.

Pão de Deus (brioche portugaise à la noix de coco)

Les deux pousses ne font pas le même travail : la première développe le goût et le volume, la seconde détend le réseau pour que les boules gonflent au four plutôt que de se déchirer.

Pâte à Pizza

Deux à huit heures selon la température de la pièce : la fourchette est large parce que les levures travaillent deux fois plus vite à 25 °C qu'à 18 °C. On juge au volume (doublé), pas à la montre.

Pide turque à la feta

Les 10 g de levure déshydratée réveillés dans le lait tiède sucré produisent le CO2 qui fait doubler la pâte en 40 minutes ; la mousse en surface à l'étape 2 est le test que la levure est vivante avant qu'on y engage 600 g de farine.

Pinsa romana (pinsa romaine aux trois farines)

Quarante-huit heures au froid : c'est le double d'une pizza al taglio, et c'est ce que la pinsa revendique. La longue maturation développe les arômes et rend la pâte très digeste.

Pirojki au chou (petits pains russes farcis au chou fondu)

Deux pousses, une avant le façonnage et une après : la seconde est celle qui donne le moelleux, et l'escamoter fait un pirojok dense même si la première a bien levé.

Pissaladière

La levure produit du gaz carbonique et des arômes en 1 h 30 à température ambiante. L'eau à 30 °C la réveille sans la tuer : au-delà de 45 °C, les cellules meurent et la pâte ne lève plus du tout.

Pizza al taglio (pizza romaine en plaque, à la coupe)

Vingt-quatre heures au froid avec très peu de levure : la fermentation lente produit les acides et les alcools qui font le goût, et prédigère l'amidon. C'est ce qui rend la pizza al taglio légère à digérer malgré son épaisseur.

Pizza Margherita

Les deux levées, celle de la pâte puis celle des pâtons, ne servent pas qu'au volume : c'est pendant ces heures que la levure produit les acides et les alcools qui donnent son goût à la pâte napolitaine.

Puff-puff (beignets nigérians levés à la levure)

L'heure de pousse produit le gaz qui fait tout le beignet : la pâte doit doubler et se remplir de bulles visibles, et une pâte tiède qui n'a pas bullé donnera des boules compactes quoi qu'on fasse ensuite.

Taralli napoletani 'nzogna e pepe (couronnes au saindoux, poivre et amandes)

Les 10 g de levure ne servent pas à faire gonfler. Dans une pâte aussi grasse, elles aèrent très peu et travaillent surtout le goût : d'où une heure de pousse et pas davantage, et une pâte qui ne double pas.

Tarte au maroilles

Le lait est tiédi à 35 °C et pas plus : au-delà de 50 °C les levures meurent et la pâte ne lèvera jamais. Une heure de pousse produit le gaz carbonique qui donne à cette tarte sa pâte moelleuse, plus proche d'une brioche que d'une pâte à tarte.

Tarte au sucre du Nord

C'est une brioche, pas une tarte : la levure boulangère produit du CO₂ qui gonfle la pâte et de l'éthanol qui la parfume. Le sucre nourrit la levure au début, mais au-delà de 10 % du poids de farine il la freine : d'où une pousse plus longue que pour un pain.

Tempeh maison (soja fermenté à la feuille)

Rhizopus oligosporus est une moisissure, pas une bactérie : son mycélium pousse entre les graines et les coud en un bloc. Il est aérobie, d'où les perforations du sachet, et il meurt au-dessus de 40 °C.

Tepache (ananas fermenté à la cannelle)

Rien n'est ensemencé : ce sont les levures présentes sur les pelures de l'ananas qui font le travail, exactement comme sur la peau d'un raisin. C'est pour cela qu'on brosse l'ananas sans le savonner et qu'on garde les pelures plutôt que la chair.

Tielle sétoise

Une pâte à pain à l'huile, levée une heure : l'huile d'olive assouplit le réseau de gluten et donne une croûte tendre plutôt que croustillante, celle que l'on peut manger froide à la main.

Zeppole (beignets napolitains de Noël)

Les 10 g de levure transforment les sucres de la farine et de la pomme de terre en CO2 pendant 1 h 30 à 36 °C : ce sont ces bulles qui feront gonfler l'anneau dès qu'il touchera l'huile.

Zopf (tresse suisse au beurre du dimanche matin)

Une heure et demie à 24 °C pour le doublement, puis quarante-cinq minutes seulement après le façonnage : la seconde pousse est volontairement écourtée pour que le dessin de la tresse reste net.

Zwetschgenkuchen (tarte allemande aux quetsches)

Sept grammes de levure et une heure de pousse : le Hefeteig est ce qui distingue le gâteau allemand d'une tarte française. Les levures consomment les sucres de la farine et dégagent le gaz carbonique qui double le volume de la pâte, donnant un fond moelleux de type brioché, capable d'absorber le jus des quetsches sans devenir une bouillie, là où une pâte brisée se détremperait.

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