
Szarlotka (tarte polonaise aux pommes et à la cannelle)

Une couche de pommes râpées de trois centimètres entre deux pâtes sablées refroidies, l'une d'elles râpée sur le dessus.
La szarlotka, que l'on appelle aussi jabłecznik, est le gâteau domestique polonais par excellence, et elle est une tarte aux pommes construite à l'inverse de la française : la proportion est renversée, c'est une épaisse couche de pommes avec un peu de pâte autour, et non une pâte garnie de fruits. La pâte est un sablé à la crème aigre ou au vinaigre, dont l'acidité a un rôle : elle affaiblit le gluten en abaissant le pH, ce qui donne une pâte courte qui ne se rétracte pas et s'effrite sous la dent. Le beurre doit rester froid et en morceaux visibles, parce que ce sont ces morceaux qui fondent au four en laissant des poches de vapeur, c'est-à-dire la friabilité. Les pommes sont râpées grossièrement plutôt que taillées, ce qui libère plus de surface et permet de les précuire brièvement à la poêle. Cette précuisson est la clé : la pomme crue perd un tiers de son volume au four, et une tarte montée crue se creuse en laissant un vide sous le couvercle de pâte. On évapore donc d'abord, et on lie avec une cuillère de semoule ou de chapelure, qui finit d'absorber. Choisir des pommes acides et fermes, une boskoop ou une reinette, dont les parois cellulaires riches en pectine tiennent à la cuisson ; une golden se défait en compote. Le couvercle est de la pâte congelée et râpée au gros trou, ce qui donne une couche irrégulière qui dore mieux qu'une abaisse lisse.
Difficulté: 2/5
Recette originale prévue pour 10 personnes · 2 991 g préparés, 299 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 7 sur 7.
Étape 2 — Les deux moitiés de pâte se gardent trois jours au réfrigérateur et se congèlent un mois : la moitié destinée à être râpée y est déjà.
Étape 5 — La compote de pommes à la cannelle se fait plusieurs jours à l'avance et doit de toute façon être froide au montage.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Sabler la farine, la levure, le sucre glace et le sel avec le beurre très froid en morceaux, jusqu'à obtenir un sable grossier où le beurre reste visible.
C’est prêt quand : Le mélange a l'aspect d'un sable grossier et les morceaux de beurre se voient encore.
Ajouter les jaunes et la crème fraîche, rassembler sans pétrir, diviser en deux et mettre au froid 1 heure, dont une des moitiés au congélateur.
Râper les pommes au gros trou et les arroser du jus de citron.
Les cuire à la poêle sur feu vif avec le sucre et la cannelle, 15 minutes, jusqu'à ce que l'eau se soit évaporée. Une garniture crue se creuserait au four.
C’est prêt quand : La poêle ne siffle plus, les pommes sont ambrées et la masse se tient en tas à la cuillère.
Hors du feu, ajouter la semoule fine et laisser refroidir : elle finira d'absorber le jus restant.
Étaler la moitié non congelée de la pâte dans un moule, y répartir les pommes sur trois centimètres, et râper la pâte congelée par-dessus au gros trou.
C’est prêt quand : Les copeaux de pâte congelée tombent en pluie et couvrent les pommes sans être tassés.
Cuire 50 minutes à 180 °C, jusqu'à ce que le dessus soit doré.
C’est prêt quand : Le dessus est doré et la cuisine sent la pomme et la cannelle depuis dix minutes.
Laisser refroidir complètement avant de couper, sinon la garniture coule. Saupoudrer de sucre glace.
0 / 8 étapes terminées
Pourquoi : Tarte coupée tiède (Gélatinisation de l'amidon)
Rattrapage : Refroidissement complet, trois heures ou la nuit : la semoule et la pectine ont besoin du froid pour figer.
Pourquoi : Pommes insuffisamment réduites (Réduction et concentration)
Rattrapage : Quinze minutes à feu vif et à découvert, jusqu'à ce que l'eau soit partie.
Pourquoi : Pâte pétrie après l'ajout des jaunes (Réseau de gluten)
Rattrapage : On rassemble, on ne pétrit pas. Une szarlotka se brise, elle ne se déchire pas.
Pourquoi : Pas assez de temps au congélateur, ou beurre trop mou au départ
Rattrapage : Quarante minutes au congélateur minimum, et travailler vite une fois sortie.
Pourquoi : Garniture encore chaude au montage
Rattrapage : Laisser refroidir les pommes complètement avant de les étaler : la vapeur soulève le couvercle.
Le même problème, ailleurs sur le site :
Vous avez innové dans la manière de foirer cette recette ? Racontez-nous : on cherche avec vous ce qui s’est passé, et si on trouve, ça rejoint cette rubrique pour les suivants.
Comment : sous cloche ou dans une boîte, à température ambiante
Réchauffage : Dix minutes à 160 °C pour retrouver le croquant du dessus.
Trois jours sous cloche, et elle est réputée meilleure le deuxième jour en Pologne. Elle se congèle cuite et se réchauffe au four sans rien perdre, ce qui en fait un dessert d'avance idéal.
Elle l'est déjà.
Margarine très froide et crème végétale épaisse : la pâte sablée supporte bien la substitution, le beurre n'y étant pas recherché pour son goût seul.
Cent grammes de raisins secs gonflés au rhum ajoutés à la compote froide : c'est la version des fêtes, et elle est courante en Pologne.
Un couvercle de meringue entre les pommes et la pâte râpée, la szarlotka królewska : les blancs restés des trois jaunes y trouvent leur emploi.
Un thé noir très infusé, à la polonaise, ou un café
Une boule de glace à la vanille, ou de la crème fouettée non sucrée

Le beurre entre très froid et en morceaux, et on s'arrête quand il est encore visible dans le sable. Ces plaquettes fondent au four en laissant des poches de vapeur, et c'est ce qui donne à la pâte polonaise son croquant friable, à mi-chemin entre la brisée et le sablé. Un beurre mou se dissoudrait dans la farine et donnerait une pâte dense.
Le gras enrobe, attendrit, isole le gluten (pâtes sablées) et transporte les arômes.

On rassemble sans pétrir, et la pâte va au froid une heure. Le gluten se développe au travail et à l'hydratation : ici il ne doit presque pas se former, parce qu'une szarlotka doit se briser sous la fourchette et non résister. Les jaunes et la crème apportent peu d'eau libre, ce qui aide, mais cinq tours de main de trop suffisent à rendre la pâte élastique.
Le pétrissage crée un réseau élastique qui retient les gaz de fermentation ; à l'inverse, trop travailler une pâte à tarte la rend dure.

Quinze minutes de pommes râpées à feu vif jusqu'à l'évaporation complète de leur eau. Une pomme est faite de quatre-vingt-cinq pour cent d'eau : crue, elle la rendrait au four, détremperait la pâte du dessous et s'affaisserait, laissant un vide entre la garniture et le couvercle râpé. C'est écrit dans la recette et c'est le point sur lequel toutes les szarlotki ratées se ressemblent.
L'évaporation de l'eau concentre les saveurs et épaissit sauces, jus et confitures.

Quarante grammes de semoule fine jetés hors du feu : ses grains d'amidon absorbent le jus qui reste et gonflent en refroidissant, ce qui fige la garniture sans la rendre collante comme le ferait la fécule. C'est l'astuce polonaise classique, et elle vaut mieux que de cuire les pommes dix minutes de plus.
Chauffé en milieu humide, l'amidon gonfle et épaissit : béchamel, crème pâtissière, risotto.

Six grammes de levure chimique dans une pâte à tarte, ce qui surprend : elle ne fait pas lever la pâte comme un gâteau, elle l'allège juste assez pour que le couvercle râpé devienne une couche sableuse et aérée plutôt qu'une croûte compacte.
Levure chimique ou bicarbonate + acide libèrent du CO2 à la cuisson : gâteaux aérés sans fermentation.

Du bout des doigts et vite, pour ne pas réchauffer le beurre : on s'arrête à un sable grossier où les morceaux de beurre se voient encore.

Une heure au froid, dont une moitié au congélateur : le froid raffermit le beurre et c'est ce qui permettra de râper la seconde moitié.

Les pommes râpées à feu vif, à découvert, jusqu'à ce que la poêle ne siffle plus et que la masse se tienne à la cuillère.

La moitié non congelée étalée au fond du moule, à la main plutôt qu'au rouleau : la pâte est friable et se rapièce sans dommage.