
Pain sans gluten au sorgho et au psyllium

Un pain de mie sans gluten dont la mie se tient et se tranche, grâce au gel de psyllium qui remplace le réseau de gluten. Farine de sorgho pour la neutralité, riz et fécule pour la légèreté, une seule pousse et un four très chaud.
Un pain de blé lève parce que le gluten, hydraté puis pétri, forme un réseau élastique qui retient le gaz carbonique de la levure. Sans gluten, rien ne retient ce gaz : la pâte est une bouillie, le gaz s'échappe, et le pain qui sort du four est une brique dense. Les premiers pains sans gluten du commerce compensaient avec des gommes, de l'amidon et des œufs, et ils avaient la texture d'un gâteau sec. Le psyllium a changé la donne dans les années 2010 : le tégument de cette graine de plantain absorbe dix fois son poids d'eau et forme un gel élastique et translucide qui, dans la pâte, fait exactement le travail du gluten. Il retient les bulles, donne de la cohésion à la mie, et permet de trancher le pain sans qu'il s'émiette. Le choix des farines fait le reste. Le sorgho blanc donne une farine crème, douce et presque sans goût, qui porte la mie sans la colorer ni la parfumer, là où le sarrasin ou le teff imposent leur caractère. Seul, il ferait une mie serrée ; la farine de riz et la fécule de maïs l'allègent, l'une par sa finesse, l'autre par un amidon pur qui gélatinise en gel souple. La proportion de ce pain, moitié sorgho, un tiers riz, le reste en fécule, est celle qu'on retrouve dans la plupart des mélanges sans gluten éprouvés, avec le psyllium à trois pour cent du poids de farine. Deux habitudes de boulanger sont à oublier ici. La pâte ne se pétrit pas : il n'y a aucun réseau à développer, et un mélange de deux minutes au fouet ou à la spatule suffit. Et elle ne lève qu'une fois : sans gluten, un second pointage ne gagne rien et fait perdre le gaz de la première pousse. La pâte est très hydratée, cent pour cent du poids de farine en eau, et elle ressemble à une bouillie épaisse qu'on lisse dans son moule à la spatule mouillée. Le four très chaud fige la croûte avant que la mie ne retombe, et la longue attente avant de couper est la partie la plus difficile : chaud, le gel de psyllium est encore mou et la mie paraît crue.
Difficulté: 2/5
Recette originale prévue pour 8 personnes · 1 119 g préparés, 140 g par personne
⚠️ Allergènes :
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Étape 9 — Cuit la veille, il se tranche mieux : le gel de psyllium a fini de prendre.
Étape 9 — Tranché et congelé, trois mois. Grillé sans décongeler.
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Délayer la levure et le sucre dans 10 cl d'eau tiède et laisser mousser 10 minutes : la mousse prouve que la levure est vivante avant d'engager la farine.
Fouetter le psyllium dans le reste de l'eau tiède avec l'huile et le vinaigre, et laisser prendre 5 minutes : le gel se forme, translucide et élastique. C'est lui qui tiendra la mie.
C’est prêt quand : Le gel de psyllium est translucide et se tient en masse élastique quand on penche le bol.
Mélanger les trois farines, le sel et les graines de tournesol dans un saladier.
Verser le gel de psyllium et la levure moussée sur les farines et mélanger à la spatule, deux minutes, jusqu'à une pâte homogène, épaisse et collante, qui ressemble à une bouillie ferme. Ne pas chercher à pétrir : il n'y a aucun réseau à développer.
Verser la pâte dans un moule à cake chemisé et lisser le dessus à la spatule mouillée. Inciser le dessus sur la longueur.
Couvrir d'un torchon et laisser lever 60 minutes à température ambiante, jusqu'à ce que la pâte atteigne le bord du moule. Une seule pousse : sans gluten, dégazer et relever ne gagne rien.
C’est prêt quand : La pâte a atteint le bord du moule et sa surface est bombée et lisse.
Préchauffer le four à 220 °C pendant la fin de la pousse, avec un petit plat d'eau sur la sole pour la vapeur.
Enfourner 20 minutes à 220 °C, puis baisser à 200 °C et cuire 35 minutes encore. Démouler et remettre le pain nu sur la grille 10 minutes pour sécher la croûte des côtés. Il sonne creux quand on tape le dessous.
C’est prêt quand : Le pain démoulé sonne creux quand on tape le dessous et la croûte est brun foncé.
Laisser refroidir une heure entière sur une grille avant de trancher. Chaud, le gel de psyllium est encore mou et la mie paraît crue ; froid, elle se tient et se tranche fin.
0 / 9 étapes terminées
Pourquoi : Tranché chaud, ou cuisson trop courte : le gel de psyllium n'avait pas pris. (Gélification)
Rattrapage : Attendez une heure complète avant de couper ; la fois suivante, prolongez la seconde cuisson de 10 minutes.
Pourquoi : Trop peu de psyllium, ou un gel pas assez reposé avant d'entrer dans la pâte. (Gélification)
Rattrapage : Pesez 15 g et laissez le gel prendre cinq minutes ; le pain émietté fait une excellente chapelure.
Pourquoi : Pousse trop longue, la pâte avait dépassé le moule, ou four pas assez chaud pour figer la croûte. (Fermentation par levure)
Rattrapage : Enfournez dès que la pâte affleure le bord ; vérifiez les 220 °C au thermomètre.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : torchon ou sac en papier, puis tranché et congelé
Trois jours dans un torchon à température ambiante. Il sèche plus vite qu'un pain de blé : tranchez-le et congelez-le dès le deuxième jour, les tranches passent directement au grille-pain.

15 g de psyllium dans 40 cl d'eau : le tégument forme en cinq minutes un gel élastique qui tient la mie à la place du réseau de gluten, retient le gaz de la levure et permet de trancher sans émietter.
Gélatine, pectine ou agar-agar piègent l'eau dans un réseau : confitures, panna cotta, gelées.

Il n'y en a pas, et c'est la raison de tout le reste : rien à pétrir, une seule pousse, une pâte très hydratée qu'on lisse au lieu de la façonner.
Le pétrissage crée un réseau élastique qui retient les gaz de fermentation ; à l'inverse, trop travailler une pâte à tarte la rend dure.

7 g de levure déshydratée et 60 minutes de pousse : le gaz carbonique gonfle la pâte jusqu'au bord du moule. Une seconde pousse ferait perdre le gaz sans réseau pour le reprendre.
Les levures transforment les sucres en CO2 et en alcool : la pâte lève et développe ses arômes.

La fécule de maïs et la farine de riz gélatinisent au four en un gel souple qui allège la mie de sorgho, plus serrée seule.
Chauffé en milieu humide, l'amidon gonfle et épaissit : béchamel, crème pâtissière, risotto.

Les dix minutes de four hors du moule sèchent les côtés, que le moule a tenus humides, et font la croûte sur toute la surface.
Le croustillant naît du départ de l'eau en surface ; couvrir ou entasser fait ramollir.

Papier cuisson dans le moule à cake : la pâte est collante et sans croûte de pétrissage, elle n'en sortirait pas autrement.

Pas de façonnage, un lissage à la spatule mouillée, et une seule pousse de 60 minutes à température ambiante.
Four à 220 °C avec un plat d'eau : la vapeur retarde la croûte le temps que la mie finisse de monter.
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