
Gâteau breton

Un sablé épais et dense, au beurre demi-sel et aux jaunes d'œufs, doré au four et quadrillé à la fourchette. Il se garde une semaine dans une boîte et n'est jamais meilleur que le troisième jour.
Le gâteau breton est né à Lorient vers 1860, quand un pâtissier chercha un gâteau qui supporte le voyage : il fallait nourrir les marins et les émigrants en partance, et un sablé épais, très riche en beurre et sans une goutte d'eau, se conserve des semaines. C'est un quatre-quarts sans lait ni levure, ou plutôt un palet breton géant. Ce qu'il apprend, c'est le rôle du gras contre le gluten : avec 250 g de beurre pour 300 g de farine, les particules de gras enrobent les protéines de la farine et les empêchent de former un réseau, donc pas d'élasticité, pas de mie, une texture qui fond et s'effrite. D'où la consigne de ne pas travailler la pâte : le pétrissage forcerait le gluten malgré tout. Le sel du beurre demi-sel n'est pas un détail : il coupe le sucre et fait ressortir le goût de noisette du beurre cuit. Aux pruneaux, avec une couche de pruneaux cuits au milieu, c'est le gâteau breton de Douarnenez.
Difficulté: 2/5
Recette originale prévue pour 8 personnes · 877 g préparés, 110 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 9 sur 9.
Étape 4 — La pâte se prépare la veille et repose une nuit au réfrigérateur : sortez-la 30 minutes avant de l'étaler, sinon elle est trop dure pour la paume.
Étape 8 — Le gâteau entier se garde une semaine et est meilleur à partir du lendemain : c'est un gâteau de voyage, conçu pour cela.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Coupez le beurre en morceaux et laissez-le à température ambiante jusqu'à ce qu'il soit pommade : le doigt doit s'y enfoncer sans résistance, sans qu'il soit fondu.
Fouettez 5 jaunes d'œufs avec le sucre 3 à 4 minutes, jusqu'à ce que le mélange blanchisse, épaississe et fasse le ruban quand vous soulevez le fouet.
C’est prêt quand : Le mélange jaunes et sucre a pâli, il est épais, et le ruban qui retombe du fouet reste visible deux ou trois secondes.
Ajoutez le beurre pommade et le rhum, mélangez à la spatule, puis versez la farine d'un coup. Travaillez du bout des doigts juste le temps que la pâte se rassemble : elle est molle, grasse et collante, c'est normal. Ne pétrissez pas.
Formez une boule, filmez-la et laissez-la reposer 30 minutes au réfrigérateur pour que le beurre se raffermisse.
Préchauffez le four à 170 °C. Beurrez et farinez un moule à manqué de 22 cm, ou chemisez-le de papier cuisson.
Étalez la pâte dans le moule avec la paume de la main, sur 3 cm d'épaisseur, en lissant la surface. Délayez le dernier jaune avec une cuillerée d'eau, badigeonnez toute la surface au pinceau, puis tracez des croisillons avec les dents d'une fourchette.
C’est prêt quand : La surface est lisse et brillante, et les dents de la fourchette laissent des rainures nettes qui ne se referment pas.
Enfournez 40 à 45 minutes à 170 °C, jusqu'à ce que le dessus soit brun doré et brillant et que les bords se soient légèrement rétractés du moule.
C’est prêt quand : Le dessus est brun acajou et brillant, les bords se sont rétractés du moule, et une lame plantée au centre ressort à peine humide et grasse.
Laissez refroidir entièrement dans le moule, au moins 1 heure, avant de démouler : chaud, le gâteau se casse. Il se coupe en parts fines et se garde une semaine dans une boîte en fer.
0 / 8 étapes terminées
Pourquoi : La pâte a été trop travaillée à l'étape 3 : le réseau de gluten s'est formé malgré la quantité de beurre. (Réseau de gluten)
Rattrapage : Versez la farine d'un coup et mélangez du bout des doigts juste jusqu'à ce qu'elle disparaisse. Une pâte encore un peu hétérogène vaut mieux qu'une pâte lisse.
Pourquoi : La pâte était trop molle en entrant au four, ou le four n'était pas encore à température. (Matières grasses et texture)
Rattrapage : Remettez le moule garni 15 minutes au réfrigérateur avant d'enfourner, et vérifiez le four au thermomètre : à 150 °C réels, le beurre fond avant que la pâte ne prenne.
Pourquoi : Trop de dorure, qui a coulé dans les rainures et y a brûlé. (Réaction de Maillard)
Rattrapage : Deux couches fines au pinceau plutôt qu'une épaisse, et tracez les croisillons après la seconde couche, pas avant.
Pourquoi : Il a été démoulé chaud : le beurre est encore liquide et ne tient rien. (Matières grasses et texture)
Rattrapage : Laissez-le refroidir entièrement dans son moule, une heure au minimum. Il n'y a aucun avantage à démouler tôt.
Le même problème, ailleurs sur le site :
Vous avez innové dans la manière de foirer cette recette ? Racontez-nous : on cherche avec vous ce qui s’est passé, et si on trouve, ça rejoint cette rubrique pour les suivants.
Comment : boîte en fer, à l'abri de l'humidité
Réchauffage : Se mange à température ambiante. Cinq minutes à 150 °C redonnent du croustillant au-dessus d'un gâteau de plusieurs jours.
Ne le mettez pas au réfrigérateur : le beurre y durcit et le gâteau perd son moelleux. Une semaine en boîte en fer est sa conservation naturelle.
Étalez la moitié de la pâte, garnissez de 150 g de caramel au beurre salé ou de compote de pruneaux en laissant 2 cm de bord libre, recouvrez du reste de pâte et soudez bien : c'est la version de Pont-Aven.
Remplacez 60 g de farine de froment par de la farine de blé noir : le gâteau prend un goût de noisette grillée et une couleur plus sombre, sans changer de texture.
Un cidre doux bien frais, ou tout simplement un bol de café noir en fin de matinée.
Une compote de pommes à peine sucrée, pour alléger une part généreuse.

250 g de beurre pour 300 g de farine : le beurre enrobe les grains de farine et les empêche de s'hydrater, ce qui donne cette texture dense et sablée à la fois. C'est un ratio de sablé poussé à l'extrême, pas une pâte à gâteau.
Le gras enrobe, attendrit, isole le gluten (pâtes sablées) et transporte les arômes.

La farine est versée d'un coup et travaillée du bout des doigts, quelques secondes : dès qu'on pétrit, le gluten se forme malgré le beurre et le gâteau devient dur et élastique au lieu de fondant.
Le pétrissage crée un réseau élastique qui retient les gaz de fermentation ; à l'inverse, trop travailler une pâte à tarte la rend dure.

Le beurre demi-sel n'est pas un détail régional : ses cristaux de sel réveillent le sucre et le jaune d'œuf, et sans lui le gâteau est plat et écœurant. Avec du beurre doux, ajoutez 4 g de fleur de sel.
Le sel assaisonne, extrait l'eau, renforce le gluten, ralentit la fermentation et rehausse les arômes.

Les cinq jaunes fouettés avec le sucre emprisonnent un peu d'air et surtout dissolvent le sucre : sans cette étape, les cristaux restent entiers et le gâteau cuit avec une texture granuleuse.
Incorporer de l'air en fouettant : blancs en neige, chantilly, sabayon ; le volume, c'est de l'air emprisonné.

La dorure au jaune d'œuf est ce qui donne la couleur d'acajou et le brillant : les protéines du jaune brunissent bien plus vite que la pâte elle-même, et les croisillons creusent des rainures où la couleur se concentre.
Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

Fouettez les jaunes et le sucre 3 à 4 minutes, jusqu'à ce que le ruban tienne quelques secondes sur la surface : c'est le seul moment où l'on fouette vraiment dans cette recette.

30 minutes au froid raffermissent le beurre : la pâte, molle et collante à la sortie du saladier, devient étalable à la main et garde ensuite la marque de la fourchette.

Beurrez et farinez généreusement, ou chemisez de papier cuisson : avec un quart de son poids en beurre, la pâte accroche aux bords et le gâteau se casse au démoulage.

Un jaune délayé d'une cuillerée d'eau, deux couches fines au pinceau, la seconde après 10 minutes : c'est ce qui fait le brillant et la profondeur du motif.
Diamants à la vanille
cuisine française · mêmes gestes : dorer à l'œuf, laisser reposer la pâteCannelés bordelais
cuisine française · mêmes gestes : chemiser un moule, laisser reposer la pâteGâteau basque
cuisine française · mêmes gestes : dorer à l'œuf, laisser reposer la pâteFondant baulois au chocolat
cuisine française · mêmes gestes : chemiser un moule, laisser reposer la pâteQuatre-quarts breton
cuisine française · même aliment : beurre demi-selPâte sablée
cuisine française · mêmes gestes : chemiser un moule, laisser reposer la pâte