
Brioche vendéenne

Une brioche tressée, parfumée à la fleur d'oranger et à une goutte d'eau-de-vie, à la mie filante et peu sucrée. Deux levées et un passage au froid : c'est long mais rien n'est difficile, et elle se tranche encore trois jours plus tard.
En Vendée, la brioche était le gâteau des noces et de Pâques : la « gâche », plus dense et coupée en pain, puis la brioche tressée qui a obtenu son IGP en 2003 et se distingue par son parfum d'eau-de-vie et de fleur d'oranger, ses trois brins et sa mie longue qu'on déchire plutôt qu'on ne coupe. Ce qu'elle enseigne, c'est l'ordre d'incorporation du beurre. On pétrit d'abord la pâte sans lui, jusqu'à ce qu'elle devienne lisse et élastique : le réseau de gluten se construit dans l'eau des œufs et du lait. Le beurre n'arrive qu'ensuite, en morceaux mous, parce que le gras enrobe les protéines et les empêche de se lier ; ajouté au début, il donnerait une brioche qui s'effrite au lieu de filer. Le passage au froid n'est pas une pause pour le boulanger : il raffermit le beurre, sans quoi la pâte colle aux mains et les brins se déforment au tressage.
Difficulté: 3/5
Recette originale prévue pour 8 personnes · 1 128 g préparés, 141 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 8 sur 8.
Étape 5 — Faire la pâte et la première pousse, puis passer la nuit entière au réfrigérateur au lieu d'une heure : la mie n'en est que meilleure et le façonnage plus facile.
Étape 11 — La brioche cuite et refroidie se congèle entière, filmée ; décongélation à température ambiante puis dix minutes à 150 °C.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Tiédissez le lait à 30 °C (il est tout juste tiède au doigt) et délayez-y la levure émiettée. Laissez mousser 10 minutes.
Dans le bol du robot ou un grand saladier, mélangez la farine, le sucre et le sel. Ajoutez trois œufs, le lait levuré, la fleur d'oranger et le cognac, et pétrissez 10 minutes jusqu'à ce que la pâte soit lisse, élastique et se décolle des parois.
Ajoutez le beurre mou en morceaux, en trois fois, et pétrissez encore 10 minutes : la pâte redevient brillante et souple, et un morceau étiré à la main forme une membrane fine sans se déchirer.
C’est prêt quand : Un morceau de pâte étiré entre les doigts forme une membrane assez fine pour laisser passer la lumière sans se déchirer.
Couvrez d'un torchon et laissez lever 1 h 30 à température ambiante, jusqu'à ce que la pâte ait doublé.
Dégazez la pâte d'un coup de poing, refermez-la en boule, filmez et placez 1 heure au réfrigérateur (ou toute la nuit) pour qu'elle se raffermisse.
Divisez la pâte en trois pâtons égaux, roulez-les en boudins de 40 cm, soudez-les à une extrémité et tressez sans serrer. Repliez les deux bouts sous la tresse et posez-la sur une plaque garnie de papier cuisson.
Laissez lever à nouveau 1 h 30 sous un torchon, jusqu'à ce que la tresse ait doublé de volume et que les brins se touchent.
C’est prêt quand : La tresse a doublé, les brins se touchent et le doigt laisse une empreinte qui remonte lentement sans s'effacer tout à fait.
Préchauffez le four à 170 °C.
Battez le dernier œuf et dorez la brioche au pinceau, sans appuyer pour ne pas dégonfler la pâte. Parsemez de sucre perlé si vous en mettez.
Enfournez 25 à 30 minutes à 170 °C. La brioche est dorée uniformément et sonne creux quand on tape le dessous ; si elle colore trop vite, couvrez d'une feuille d'aluminium à mi-cuisson.
C’est prêt quand : La brioche est acajou uniforme et sonne creux quand on tape le dessous du doigt.
Laissez refroidir 30 minutes sur une grille avant de la déchirer : tranchée chaude, la mie se tasse.
0 / 11 étapes terminées
Pourquoi : Levure morte (lait trop chaud) ou pièce trop froide. (Fermentation par levure)
Rattrapage : Placez le saladier dans un four éteint avec un bol d'eau bouillante et donnez-lui une heure de plus. Si rien ne bouge, la levure était morte et il faut recommencer.
Pourquoi : Le beurre a été incorporé trop tôt, avant que le réseau de gluten soit formé. (Réseau de gluten)
Rattrapage : Passez-la une heure au congélateur puis deux heures au réfrigérateur : elle se façonnera. La mie sera plus serrée mais le goût est là.
Pourquoi : Cuisson insuffisante, souvent parce que le dessus a coloré vite et qu'on l'a sortie.
Rattrapage : Remettez-la 10 minutes à 160 °C couverte d'aluminium. À l'avenir, couvrez dès qu'elle est colorée et allez au bout du temps.
Pourquoi : Tresse trop serrée, ou seconde pousse trop longue qui a épuisé la structure. (Fermentation par levure)
Rattrapage : C'est esthétique, la brioche reste excellente. Tressez sans serrer et arrêtez la pousse au doublement, pas au triplement.
Le même problème, ailleurs sur le site :
Vous avez innové dans la manière de foirer cette recette ? Racontez-nous : on cherche avec vous ce qui s’est passé, et si on trouve, ça rejoint cette rubrique pour les suivants.
Comment : sac en papier puis torchon, ou sachet plastique une fois complètement froide
Réchauffage : Deux minutes à 150 °C pour une brioche entière un peu rassie, ou en tranches au grille-pain. Rassie, elle fait un pain perdu remarquable.
Trois jours à température ambiante ; ne la mettez pas au réfrigérateur, le froid accélère la rétrogradation de l'amidon et la rend sèche en une journée.
Même famille, mais on remplace le lait par 20 cL de crème fraîche épaisse et on façonne en un pain ovale fendu d'un coup de lame : la mie est plus serrée et plus riche.
Lait végétal d'avoine et margarine de qualité à 80 pour cent de matière grasse : la pousse est identique, le goût moins beurré, la fleur d'oranger prend alors le premier rôle.
Un coteaux du Layon ou un rosé de Loire moelleux, très frais, avec une tranche à la fin d'un repas de Pâques.

Les dix premières minutes de pétrissage se font sans beurre, exprès : le gluten a besoin d'eau et de mouvement pour se construire, et le gras l'en empêcherait. Le beurre n'arrive qu'une fois la membrane formée.
Le pétrissage crée un réseau élastique qui retient les gaz de fermentation ; à l'inverse, trop travailler une pâte à tarte la rend dure.

La levure consomme le sucre et produit le gaz carbonique qui gonfle la pâte, mais 90 g de sucre et 8 g de sel la freinent : d'où les deux pousses longues de 1 h 30, contre 45 minutes pour un pain ordinaire.
Les levures transforment les sucres en CO2 et en alcool : la pâte lève et développe ses arômes.

150 g de beurre pour 500 g de farine enrobent les feuillets de gluten et donnent la mie filante et fondante de la brioche vendéenne, moins riche mais plus élastique qu'une brioche parisienne.
Le gras enrobe, attendrit, isole le gluten (pâtes sablées) et transporte les arômes.

Fleur d'oranger et cognac portent des arômes volatils solubles dans l'alcool et dans le gras du beurre : ajoutés en début de pétrissage, ils se répartissent partout ; versés à la fin, ils s'évaporeraient à la cuisson.
Certains arômes se dissolvent dans le gras, d'autres dans l'eau ou l'alcool : d'où l'intérêt de faire revenir les épices ou de flamber.

La dorure à l'œuf brunit dès 150 °C et fait la couleur acajou caractéristique. Le four est réglé bas, à 170 °C, précisément parce qu'une brioche à 200 °C serait noire dehors et crue dedans.
Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

Vingt minutes en tout, en deux temps : jusqu'au décollement des parois avant le beurre, puis jusqu'au retour du brillant après. Le test de la membrane est le seul juge fiable.

Une heure au froid après la première pousse : le beurre reprend de la tenue et la pâte, autrement collante et molle, se laisse tresser proprement.

Trois boudins tressés sans serrer, pour laisser à la seconde pousse la place de gonfler : une tresse serrée éclate sur les côtés au four.

Au pinceau souple et sans appuyer, sur une pâte qui vient de doubler : une pression du pinceau la dégonfle et elle ne remonte pas.
Brioche
mêmes ingrédients : farine t45, levure de boulanger fraîche, laitKouglof
mêmes ingrédients : farine t45, levure de boulanger fraîche, laitBabka au chocolat
mêmes ingrédients : farine t45, levure de boulanger fraîcheZlabia (beignets maghrébins en spirale au sirop)
mêmes ingrédients : eau de fleur d'oranger, levure de boulanger fraîchePains aux raisins
mêmes ingrédients : farine t45, levure de boulanger fraîcheGraffe napoletane (beignets de Carnaval à la pomme de terre)
mêmes ingrédients : levure de boulanger fraîche, laitPetits pains au lait
cuisine française · mêmes gestes : dorer à l'œuf, façonner et faire leverGaufres fourrées à la vergeoise
cuisine française · mêmes gestes : façonner et faire lever, pétrirTarte au sucre du Nord
cuisine française · mêmes gestes : façonner et faire lever, pétrirPão de Deus (brioche portugaise à la noix de coco)
mêmes gestes : dorer à l'œuf, façonner et faire lever · mêmes aliments : levure de boulanger fraîche, laitGaufres de Liège
mêmes gestes : façonner et faire lever, pétrir · mêmes aliments : sucre perlé, laitNavettes de Marseille
cuisine française · mêmes gestes : pétrir, laisser reposer la pâte