
La crème fraîche épaisse ne tranche pas dans une sauce chaude, la crème liquide si : la différence tient à une fermentation et à un taux de gras.
73 recettes du site en utilisent. On en trouve surtout dans la cuisine française, russe, polonaise, mexicaine.
10 jours
5 jours une fois entamé
62%
du poids, cru
4kg CO₂e / kg
Élevée pour un ingrédient brut
4,5
franchement acide
291kcal
pour 100 g
pour 100 g, source Agribalyse, fiabilité élevée
moyen
| Pour 100 g | |
|---|---|
Macro-élémentsminéraux dont le corps contient des grammes | |
| Calcium | 78 mg |
| Magnésium | 8 mg |
| Phosphore | 67 mg |
| Potassium | 118 mg |
Vitamines liposolublessolubles dans les graisses, elles arrivent avec les lipides | |
| Vitamine A (équivalents rétinol) | 297 µg |
| Vitamine K1 | 2,3 µg |
Vitamines hydrosolublessolubles dans l’eau, une partie passe dans l’eau de cuisson | |
| Vitamine B2 (riboflavine) | 0,12 mg |
| Vitamine B5 (acide pantothénique) | 0,25 mg |
| Vitamine B6 | 0,02 mg |
| Pour 100 g | |
|---|---|
Oméga-6série n-6, chef de file l’acide linoléique | |
| Acide linoléique 18:2 n-6 | 0,44 g |
| Acide arachidonique 20:4 n-6 | 0,04 g |
Oméga-3série n-3, chef de file l’acide alpha-linolénique | |
| Acide alpha-linolénique 18:3 n-3 | 0,11 g |
| EPA 20:5 n-3 | 0,01 g |
| DHA 22:6 n-3 | 0,01 g |
Oméga-9série n-9, que l’organisme sait fabriquer lui-même | |
| Acide oléique 18:1 n-9 | 5,87 g |
Index glycémique bas
valeur estimée par similarité avec un aliment mesuré0,8 de charge pour 100 g
2,8 g de glucides pour 100 g, charge basselactose résiduel.
L’aire de cette courbe est la charge de 100 g de crème fraîche, 0,8. Une seule courbe occupe tout le cadre : sa largeur ne se compare à rien ici, c’est sa hauteur qui est l’index et son aire la charge.
Cuisiner IG bas : ce que ces deux nombres mesurent, la table complète et les recettes du catalogue.
🩺 Les index sont ceux des tables internationales publiées : ils décrivent l’aliment tel qu’il est mangé, mesuré sur un groupe, et une glycémie individuelle en dépend moins que du reste du repas.
Le mot « fraîche » désigne en France une crème non stérilisée, pasteurisée seulement, et « épaisse » signifie qu'elle a été ensemencée en ferments lactiques, qui l'acidifient et l'épaississent. C'est cette acidité qui lui donne son goût légèrement aigre et sa tenue. Vérifiez le taux de matière grasse : à 30 % et au-dessus, elle supporte la chaleur et se laisse réduire ; les crèmes allégées à 15 % tranchent facilement et ne montent pas. La crème fraîche d'Isigny bénéficie d'une AOP. Attention aux mentions trompeuses : une crème « épaisse » qui doit sa texture à des épaississants ajoutés, et non à une fermentation, se repère à sa liste d'ingrédients, qui doit ne contenir que de la crème et des ferments lactiques.
Au réfrigérateur, entre 0 et 6 °C, et de préférence dans la partie la plus froide plutôt que dans la porte : c'est un produit pasteurisé et vivant, dont la date limite de consommation compte réellement. Un pot entamé se garde environ une semaine, à condition de toujours prélever avec une cuillère propre. Son acidité la protège mieux qu'une crème liquide UHT ouverte, mais elle finit par tourner franchement amère. Elle ne se congèle pas telle quelle : la structure se rompt et elle rend son eau à la décongélation, ce qui la rend inutilisable crue. Congelée puis intégrée à une sauce chauffée, en revanche, le défaut de texture disparaît.
Sécurité alimentaire
Une crème qui a nettement gonflé son opercule, qui sent la levure ou l'alcool, ou dont la surface porte des points colorés se jette : le développement de moisissures dans un produit laitier gras n'est pas cantonné à la surface visible, contrairement à une pâte dure. Une simple acidité renforcée, sans autre signe, est en revanche normale.
Elle tient la chaleur mieux que la liquide
Sa fermentation a déjà partiellement déstabilisé les protéines, et son taux de gras élevé protège l'émulsion : elle supporte une ébullition courte là où une crème allégée tranche. Ajoutez la tout de même hors du feu ou à feu doux dans une sauce acide, vin blanc, citron, tomate, où l'addition d'acide reste ce qui la fait grainer.
La détendre avant de l'incorporer
Versée en bloc dans un liquide chaud, la crème épaisse forme des grumeaux le temps de se disperser. Délayez la d'abord avec deux cuillères du liquide chaud dans un bol, puis reversez le tout : la température s'égalise progressivement et l'incorporation est immédiate et lisse. Le geste prend dix secondes et évite un passage au chinois.
Réduire pour lier
Une crème à 30 % de matière grasse épaissit toute seule en réduisant : l'eau part, le gras et les protéines se concentrent, et la sauce nappe sans farine ni fécule. C'est le principe des sauces à la crème de la cuisine française. Comptez cinq à dix minutes à petits bouillons, et arrêtez quand la sauce nappe le dos d'une cuillère.
Elle ne monte pas comme la liquide
Pour une chantilly, il faut une crème liquide entière à 30 % au moins, bien froide : la crème fraîche épaisse, déjà structurée par ses ferments, ne foisonne pas correctement. Elle peut en revanche être fouettée légèrement pour être détendue, ou allégée avec un peu de crème liquide, ce qui donne une texture intermédiaire utile pour napper.
Marge d'erreur
tolérant
Tolérante, nettement plus que la crème liquide allégée : son gras et son acidité la rendent stable, elle supporte une ébullition courte, se réduit sans grainer et rattrape un plat trop salé ou trop épicé. Elle devient exigeante en présence d'acide et de chaleur simultanés, où elle tranche comme les autres, et dans les préparations montées, où sa structure de départ l'empêche tout simplement de foisonner.
Se tient à la cuillère, légèrement acidulée : la maturation par les ferments l'a épaissie sans la fouetter.
Cuillerée sur une soupe, liaison hors du feu, base d'une sauce froide. Son acidité relève ce qu'une crème douce se contente d'adoucir.
Se détend et devient fluide, sans grainer tant qu'elle est entière.
Sauces et gratins. Ses 30 % de matière grasse protègent les protéines de l'acidité et de la chaleur : c'est ce qui la rend plus sûre qu'un yaourt dans une sauce chaude.
Petits grumeaux blancs dans un liquide clair : une ébullition franche, ou un ajout d'acide sur une crème allégée.
Rattrapable au mixeur plongeant si la séparation est légère ; sinon la sauce se refait. Ajouter la crème hors du feu évite le problème plutôt que de le réparer.
Une crème fraîche épaisse à 30 % monte, mais moins bien qu'une crème liquide, parce que la maturation a déjà partiellement structuré son réseau de gras. En dessous de 30 %, comme pour toute crème, le réseau de globules gras n'est plus assez dense pour retenir l'air, et aucun tour de main ne compense.
« La crème allégée est un bon substitut pour cuisiner. »
Faux dès qu'il y a de la chaleur.
Dans une crème, les globules gras entourent et séparent les protéines : c'est ce qui les empêche de s'agréger quand la chaleur les dénature. En dessous d'environ 30 % de matière grasse, il n'y a plus assez de gras pour jouer ce rôle, et les protéines se lient entre elles : la sauce graine. La démonstration est simple à faire, deux casseroles, un fond de vin blanc dans chacune, une crème à 30 % dans l'une et une crème à 15 % dans l'autre, portées ensemble à frémissement : la seconde tranche, la première non. C'est aussi pourquoi une crème allégée ne monte pas en chantilly, il n'y a pas assez de gras pour construire le réseau qui piège l'air.
À la cuisson, son acidité s'atténue pour laisser place à une douceur onctueuse qui lie les saveurs.
Il vient des ferments et donne l'acidité qui distingue la crème fraîche épaisse de la crème liquide.
Acidifiée, elle floconne légèrement et donne l'épaisseur cuillerable sans aucun épaississant.
Elle est fabriquée par les mêmes ferments et donne l'odeur de beurre frais de la crème mûre.
Ce qu'il en reste après fermentation donne la douceur qui équilibre l'acidité.
Le taux élevé de gras empêche la crème de trancher dans une sauce chaude, contrairement au yaourt.
Crème d'avoine ×1 : goût neutre ; sauces, quiches, gratins ; contient du gluten
Crème de cajou ×1 : sauces, quiches, gratins ; onctueux proche de la crème épaisse ; contient des fruits à coque
Crème de coco ×1 : partie épaisse ; goût coco marqué
Crème de soja ×1 : goût neutre ; sauces et gratins ; moins acide que la crème fraîche, ajouter quelques gouttes de citron pour retrouver le mordant
Fromage blanc ×1 : à poids égal dans un appareil à quiche : les œufs font prendre, la crème ne fait qu'enrichir ; près de quatre fois moins calorique (78 kcal contre 291 aux 100 g) et presque sans matière grasse, la garniture est plus ferme et moins fondante ; préférez un fromage blanc à 20 %, ou égouttez un 3 % 30 minutes, lissez-le au fouet avec les œufs et sortez la quiche dès que le centre tremble à peine
Fromage frais ×1 : à poids égal, détendu au fouet avec un peu de lait ou directement avec les œufs, il est plus ferme que la crème ; à peine moins gras (22 % contre 30) mais neuf fois plus salé (0,9 g contre 0,1 g aux 100 g) : ne salez pas l'appareil, la garniture s'en charge
Lait de coco ×1 : partie épaisse uniquement ; goût coco marqué
Ricotta ×1 : à poids égal, lissée au fouet avec les œufs et le lait, elle est granuleuse ; deux fois moins calorique (146 kcal contre 291 aux 100 g) et trois fois moins grasse, l'appareil est plus dense et se coupe plus net ; égouttez-la si elle baigne dans son petit-lait
Yaourt ×1 : à poids égal, à condition de l'égoutter 30 minutes dans une passoire fine, sinon il rend de l'eau au four et l'appareil prend mal ; entier plutôt que 0 % ; près de cinq fois moins calorique (61 kcal contre 291 aux 100 g)
Yaourt Grec ×1 : à poids égal, battu avec les œufs et le lait ; deux fois moins calorique (128 kcal contre 291 aux 100 g) et trois fois moins gras, l'appareil prend aussi bien, un peu plus acide et moins fondant ; prenez un grec épais, un 0 % rend de l'eau au four
Mascarpone ×1 : à poids égal, une crème épaisse entière (30 % de matières grasses) bien froide ; plus acide et moins dense : fouetter juste ce qu'il faut et compter une nuit de repos au frais pour que la crème se tienne
La crème fraîche fait deux choses à la fois : elle apporte du gras, qui porte les arômes liposolubles et adoucit le piquant, et une acidité lactique, qui allège cette richesse. C'est pourquoi elle fonctionne aussi bien avec les champignons, la volaille, le poisson fumé et les pommes de terre qu'avec les préparations très relevées, où elle calme, et les fruits acides, où elle arrondit. Ses partenaires classiques sont l'échalote, le vin blanc, la moutarde, l'estragon, la ciboulette, le paprika et le citron.
Ce que les 1220 recettes du site en disent, et non ce qu’une théorie des arômes prédirait. Plus un aliment est proche du centre et large, plus il revient dans les mêmes recettes ; plus le trait est épais, plus la rencontre dépasse ce que le hasard expliquerait.
Une réduction longue avec du vin blanc à feu vif
L'acide et la chaleur soutenue additionnent leurs effets sur les protéines : elles s'agrègent et la sauce graine, sans possibilité de la reprendre.
Sauf : Faire réduire le vin d'abord, puis ajouter la crème hors ébullition, donne exactement le même goût sans le risque.
La congeler pour un usage cru
Les cristaux de glace rompent l'émulsion : à la décongélation, la crème rend son eau et sa texture devient granuleuse, ce qui se voit immédiatement sur une préparation froide.
Sauf : Intégrée à une sauce chauffée, une crème décongelée redevient parfaitement lisse et le défaut ne se voit plus.
Aligot
200 gAndouille de Guémené aux pommes
100 gBableves (soupe hongroise de haricots secs à la saucisse fumée)
200 gBlinis (petites crêpes russes au sarrasin et à la levure)
150 gBortsch (soupe russe à la betterave et au chou)
120 gChtchi (soupe russe au chou frais et à l'aneth)
120 gCrozets au beaufort
150 gEnchiladas de haricots rouges et cheddar
100 gEscalope à la normande
200 gEscondidinho de carne seca (parmentier brésilien de manioc au bœuf séché)
100 gEsquites (maïs sauté à la mexicaine au citron vert)
100 gFicelle picarde
300 gFlamiche aux poireaux
200 gFlammekueche
150 gGalette aux pommes de terre
250 gGalette forestière
150 gGołąbki (choux farcis polonais à la viande et au riz)
100 gGratin de quinoa, brocoli et cheddar
200 gGribnoy sup (soupe russe aux champignons des bois et à l'orge perlé)
150 gHomard à l'armoricaine
60 gKig ha farz
100 gKönigsberger Klopse (boulettes de veau allemandes à la sauce aux câpres)
80 gMămăligă cu brânză (polenta roumaine au fromage et à la crème)
200 gMarmite dieppoise
300 gMizeria (salade polonaise de concombre à la crème et à l'aneth)
200 gMoules à la crème
200 gPalak paneer
100 gPalak shorba (velouté indien d'épinards aux épices)
60 gPapanași (beignets roumains au fromage blanc, crème et confiture)
250 gPierogi ruskie (raviolis polonais à la pomme de terre et au fromage blanc)
100 gPlacki ziemniaczane (galettes polonaises de pommes de terre râpées)
150 gPoires tapées
100 gPoulet au vin jaune et aux morilles
400 gPoulet Vallée d'Auge
300 gPulpety w sosie koperkowym (boulettes polonaises à la sauce à l'aneth)
120 gQuiche à l'aubergine et au parmesan
200 gQuiche à l'oignon confit
200 gQuiche à la carotte et au cumin
200 gQuiche à la tomate et à la moutarde
150 gQuiche au brocoli et au cheddar
200 gQuiche au potiron et à la sauge
200 gQuiche aux asperges et au parmesan
200 gQuiche aux champignons et au comté
200 gQuiche aux courgettes et à la feta
200 gQuiche aux épinards et à la ricotta
180 gQuiche aux petits pois et à la menthe
200 gQuiche aux poireaux et au chèvre
200 gQuiche aux poivrons rôtis et à la mozzarella
200 gQuiche aux trois fromages
200 gQuiche lorraine
250 gRôti de porc à la moutarde
150 gSaint Jacques à la Fouesnantaise
50 gSalpicão de frango (salade de poulet effiloché à la mayonnaise)
80 gSmørrebrød à l'œuf dur, radis et aneth
100 gSole normande
150 gSoljanka (soupe russe aigre aux charcuteries, aux cornichons et aux olives)
150 gSoupe de haricots noirs à la mexicaine
10 cLSoupe de pois cassés au paprika fumé
100 gSyrniki (galettes russes au fromage blanc poêlées)
120 gSzarlotka (tarte polonaise aux pommes et à la cannelle)
60 gTarte à la betterave, noix, feta et bleu
200 gTarte au maroilles
150 gTarte aux abricots
150 gTarte aux cerises
150 gTarte aux mirabelles
150 gTarte aux pêches
150 gTarte aux prunes
150 gTarte fine aux endives caramélisées et au maroilles
100 gTartiflette
100 gTefteli (boulettes russes au riz, mijotées en sauce tomate à la crème)
150 gVareniki aux cerises (raviolis russes aux cerises et à la crème)
200 gVarenyky au chou et aux champignons (raviolis ukrainiens)
150 gŻurek (soupe polonaise au levain de seigle et à la saucisse blanche)
150 gLa crème fraîche épaisse est le produit d'une époque où le lait n'était pas réfrigéré. Le lait laissé reposer voyait sa crème remonter en surface en une nuit, et pendant ce temps les bactéries lactiques naturellement présentes l'acidifiaient : la crème récoltée le matin était donc spontanément fermentée, épaisse et légèrement aigre. Ce que l'industrie fait aujourd'hui volontairement par ensemencement était à l'origine un fait subi.
La Normandie en fait une spécialité, favorisée par des pâturages et des races laitières adaptées. La crème d'Isigny obtient une AOC en 1986, l'une des rares crèmes protégées au monde. Le beurre et la crème structurent toute la cuisine du nord de la France, par opposition à l'huile d'olive du sud, une frontière alimentaire que les géographes ont largement documentée.
La séparation moderne, avec l'écrémeuse centrifuge inventée par Gustaf de Laval en 1878, puis la réfrigération, ont produit l'autre crème, la crème liquide non fermentée, qui monte en chantilly mais tranche plus facilement. Les deux produits coexistent aujourd'hui dans le même rayon sans que leurs usages soient toujours distingués, ce qui explique une bonne part des sauces ratées.
La crème fraîche d'Isigny sur Mer, en Normandie, bénéficie d'une appellation d'origine depuis 1986, ce qui en fait l'une des très rares crèmes protégées au monde : la plupart des pays ne considèrent pas la crème comme un produit de terroir. Le cahier des charges lie sa qualité aux herbages du Bessin, sur des sols argileux enrichis par les marées, dont les analyses montrent une teneur particulière en iode et en oligo éléments qui se retrouve dans le lait. Le même territoire porte aussi l'AOP du beurre d'Isigny.
Source : Institut national de l'origine et de la qualité, cahier des charges de l'AOP Crème d'Isigny
La science derrière
Les gestes
Les cuisines
Sources : INAO, cahier des charges de l'AOP Crème d'Isigny ; Harold McGee, On Food and Cooking, chapitre sur le lait et la crème ; Anses, table Ciqual, crème fraîche épaisse 30 % MG.