Aller au contenu principal
CookNGeek
Découvrir la cuisineGuide d’utilisationMentions légalesConfidentialité

Cook’n Geek — des recettes, une liste de courses et un stock qui parlent entre eux. Site sans publicité.

CookNGeekRecettes
  1. Dossiers
  2. /
  3. La cuisson des œufs

🥚

La cuisson des œufs : températures de coagulation, minutes à l'eau bouillante, et tout ce qui se joue entre 60 et 85 °C

Cuisson
10 parties

Un œuf est un petit laboratoire de protéines. Le blanc et le jaune ne prennent pas à la même température, et chaque protéine du blanc a la sienne : c'est cet étagement, sur une vingtaine de degrés, qui permet d'obtenir à volonté un jaune coulant dans un blanc ferme, un jaune crémeux dans un blanc à peine tremblant, ou un œuf dur. Toutes les cuissons, de la coque à l'omelette, ne sont que des façons de traverser cette plage plus ou moins vite, et plus ou moins loin. Ce dossier part de la structure de l'œuf et des températures mesurées en laboratoire, donne les minutes à l'eau bouillante qu'utilisent les fiches du site, puis passe en revue le poché, le brouillé, l'omelette, l'œuf au plat, la cocotte et l'œuf parfait. Il explique l'anneau vert et l'œuf impossible à écaler, renvoie vers les dossiers consacrés aux blancs et aux jaunes pour les mousses et les émulsions, et termine sur ce qui ne se négocie pas : calibres, salmonelle, conservation et date de durabilité.

Ce qu'il y a dans un œuf

De l'extérieur vers l'intérieur, un œuf de poule se compose d'une coquille calcaire percée de milliers de pores, de deux membranes coquillères qui se séparent au gros bout pour former la chambre à air, du blanc (ou albumen), et du jaune, maintenu au centre par deux cordons torsadés, les chalazes.

Le blanc n'est pas homogène. Autour du jaune, une couche épaisse et gélifiée doit sa tenue à l'ovomucine ; à l'extérieur, une couche plus fluide s'étale dès qu'on casse l'œuf. Avec le temps, le blanc épais se liquéfie : c'est pourquoi un œuf frais reste groupé dans la poêle alors qu'un œuf plus ancien s'étale. Le blanc est presque entièrement de l'eau et des protéines : la fiche blanc d'œuf du catalogue donne 10,5 g de protéines et 0,2 g de lipides pour 100 g. Ses protéines principales sont l'ovalbumine, la plus abondante, la conalbumine (ou ovotransferrine), l'ovomucoïde et le lysozyme.

Le jaune est une émulsion concentrée : 15,9 g de protéines et 28,5 g de lipides pour 100 g selon la fiche jaune d'œuf. Ses phospholipides, dont la lécithine, en font un émulsifiant naturel, ce qui explique son rôle dans la mayonnaise, la hollandaise et les crèmes.

Ces différences de composition expliquent tout ce qui suit. Le blanc, pauvre en graisses et riche en protéines solubles, forme des mousses et coagule en gel ferme. Le jaune, gras et émulsifiant, épaissit en crème avant de devenir farineux. Et chacune de ces protéines change d'état à sa propre température.

Ce qu'il y a dans un œuf
PartieComposition dominanteCe qu'elle fait en cuisine
Coquille et membranesCarbonate de calcium, fibres de protéinesProtège, laisse passer l'air et l'humidité par ses pores
Blanc épaisEau, ovalbumine, ovomucineTient l'œuf groupé au pochage et au plat
Blanc liquideEau, ovalbumineS'étale, forme les filaments de l'œuf poché
JauneLipides, protéines, lécithineÉmulsionne, épaissit les crèmes, colore
ChalazesFibres de protéinesCentrent le jaune, à retirer pour une crème lisse

Les températures de coagulation

Cuire un œuf, c'est dénaturer ses protéines : la chaleur déplie ces longues chaînes repliées sur elles-mêmes, qui se lient ensuite les unes aux autres en un réseau qui emprisonne l'eau. Le liquide devient gel.

Les mesures de calorimétrie publiées par J. W. Donovan et ses collègues dès 1975 donnent la température de dénaturation de chaque protéine du blanc à pH neutre : la conalbumine vers 61 °C, le lysozyme vers 75 °C et l'ovalbumine vers 84 °C. La conalbumine, la plus fragile, est donc responsable de la première prise du blanc, encore tendre et translucide ; l'ovalbumine, majoritaire, donne au blanc sa fermeté définitive. Les mêmes travaux montrent que ces températures dépendent du pH, ce qui explique que l'âge de l'œuf change sa cuisson.

Le jaune suit un autre chemin. Il épaissit progressivement à partir de 65 °C environ, passe par un état de crème, puis de pâte, et devient farineux et sec vers 70 °C et au-delà. L'équipe de Ruben Mercadé-Prieto a étudié précisément cette zone dans un article consacré à « l'œuf à 6X °C » : quelques degrés suffisent à changer la viscosité du jaune du tout au tout, et le temps passé à une température donnée compte presque autant que la température elle-même.

De là découlent deux familles de cuisson. Les cuissons rapides, à l'eau bouillante ou à la poêle, chauffent l'extérieur bien au-delà de 84 °C pendant que le centre est encore froid : on joue sur le temps pour arrêter au bon moment. Les cuissons lentes et précises, au bain thermostaté, placent l'œuf entier à une température choisie entre ces seuils : c'est l'œuf parfait.

Les températures de coagulation
ComposantTempérature de priseCe qu'on observe
Conalbumine (blanc)61 °CLe blanc devient laiteux et tremblant
Jaune65 à 70 °CLe jaune épaissit, de crémeux à pâteux
Lysozyme (blanc)75 °CLe blanc se raffermit
Ovalbumine (blanc)84 °CLe blanc devient ferme et opaque
Températures de dénaturation mesurées par calorimétrie à pH neutre pour les protéines du blanc (Donovan et al., 1975) et plage d'épaississement du jaune.
  • Conalbumine (blanc)

    61 °C

  • Jaune

    65 à 70 °C

  • Lysozyme (blanc)

    75 °C

  • Ovalbumine (blanc)

    84 °C

0 °C84 °C

Coque, mollet, dur : le minuteur

À l'eau bouillante, l'œuf cuit de l'extérieur vers l'intérieur. La température à la surface monte immédiatement, celle du centre suit avec retard, et c'est la durée qui décide où passe la frontière entre le blanc pris et le jaune liquide.

Les fiches du site comptent à partir de l'immersion, pour un œuf de calibre moyen sorti du réfrigérateur, dans une eau déjà bouillante : 3 minutes pour un œuf à la coque, blanc à peine pris et jaune entièrement liquide ; 6 minutes pour un œuf mollet, blanc ferme et cœur coulant ; 9 à 10 minutes pour un œuf dur encore fondant, comme dans la recette des œufs durs du catalogue ; 12 minutes pour un dur franc. On ajoute une minute par calibre au-dessus, on en retire une pour un œuf à température ambiante.

Deux gestes encadrent ces minutes. Avant, on dépose les œufs à l'écumoire dans une eau qui frémit plutôt qu'elle ne bout à gros bouillons, pour qu'ils ne heurtent pas le fond ; les sortir du réfrigérateur dix minutes plus tôt réduit le risque de fêlure. Après, on les plonge aussitôt dans l'eau très froide : un œuf laissé dans son eau chaude continue de cuire, et le refroidissement brusque facilite l'écalage.

Le départ à l'eau froide existe aussi, mais il est moins reproductible, puisque le temps de montée en température dépend de la casserole, de la quantité d'eau et du feu. La cuisson à la vapeur, enfin, donne des résultats très réguliers et des œufs faciles à écaler, pour des durées proches de celles de l'eau bouillante.

Coque, mollet, dur : le minuteur
CuissonTemps à l'eau bouillanteBlancJaune
À la coque3 minutesÀ peine prisEntièrement liquide
Mollet6 minutesFermeCoulant
Dur fondant9 à 10 minutesFermePris, encore moelleux au centre
Dur franc12 minutesFermeEntièrement pris, friable
Temps de cuisson comptés depuis l'immersion dans l'eau bouillante, pour un œuf de calibre moyen sorti du réfrigérateur, d'après les fiches techniques du site.
  • À la coque

    3 minutes

  • Mollet

    6 minutes

  • Dur fondant

    9 à 10 minutes

  • Dur franc

    12 minutes

0 h0,2 h

Œufs durs

Œufs mimosa à la ciboulette et au paprika fumé

Œufs mayonnaise

Salade niçoise

Salade de flageolets et œufs durs, vinaigrette moutarde

Tamago sando

Egg and cress sandwich (sandwich anglais à l'œuf, à la mayonnaise et à la mâche)

Poché, brouillé, omelette, au plat, cocotte et œuf parfait

L'œuf poché se cuit hors de sa coquille, dans une eau frémissante. Le catalogue le cuit 3 minutes, avec un trait de vinaigre de vin blanc dans l'eau : l'acidité accélère la coagulation en surface. Deux conditions comptent plus que le vinaigre : un œuf très frais, dont le blanc épais enveloppe le jaune, et une eau qui frémit sans bouillir, les grosses bulles déchirant le blanc. Casser l'œuf dans une petite passoire pour éliminer le blanc liquide supprime l'essentiel des filaments.

L'œuf brouillé et l'omelette sont des cuissons à la poêle où l'on contrôle la coagulation par le mouvement. Plus le feu est doux et plus on remue, plus les grains sont fins et la texture crémeuse ; un feu vif donne de gros morceaux qui rendent leur eau. On retire du feu avant la fin, la chaleur résiduelle terminant le travail. L'omelette suit la même logique, mais on laisse le dessous prendre en une feuille avant de la plier, baveuse ou non.

L'œuf au plat cuit par le dessous seulement : le blanc doit prendre avant que le bord ne brûle. Un couvercle posé une minute, ou une cuillerée de matière grasse chaude versée sur le blanc, achève le dessus sans durcir le jaune. L'œuf cocotte, cuit au bain-marie dans un ramequin beurré avec un peu de crème, profite de la douceur de l'eau autour du récipient ; le catalogue n'en propose pas encore de recette.

L'œuf parfait, enfin, est la démonstration des températures de la section précédente. Le catalogue le plonge 60 minutes dans une eau à 64 °C, au thermoplongeur : le jaune reste fluide et nappant, le blanc tremble à peine, puisque l'ovalbumine n'a pas atteint sa température de prise.

Poché, brouillé, omelette, au plat, cocotte et œuf parfait
PréparationChaleurRepère de cuissonDifficultéRecette du catalogue
PochéEau frémissante, vinaigrée3 minutesDélicatŒufs pochés
BrouilléPoêle à feu doux, en remuantRetirer encore crémeuxFacileŒufs brouillés
OmelettePoêle à feu moyenDessous pris, dessus baveuxMoyenOmelette aux cèpes
Au platPoêle, chaleur par le dessousBlanc pris, jaune brillantFacileBánh mì trứng (baguette vietnamienne à l'œuf au plat et aux légumes marinés)
CocotteBain-marie au four, ramequinBlanc tremblant, jaune coulantMoyenAucune pour l'instant
ParfaitBain thermostaté à 64 °C60 minutesFacileŒufs parfait
Difficulté relative de chaque préparation, une fois le matériel en main : l'œuf parfait est facile avec un thermoplongeur, impossible sans.
  • Poché

    Difficulté

    Délicat

  • Brouillé

    Difficulté

    Facile

  • Omelette

    Difficulté

    Moyen

  • Au plat

    Difficulté

    Facile

  • Cocotte

    Difficulté

    Moyen

  • Parfait

    Difficulté

    Facile

Œufs pochés

Œufs brouillés

Omelette aux cèpes

Œufs parfait

Œufs Bénédicte

Œufs en meurette

Frittata courgettes et ricotta

Tortilla de patatas

Gyeran mari (omelette roulée coréenne aux légumes)

Bánh mì trứng (baguette vietnamienne à l'œuf au plat et aux légumes marinés)

Shakshuka aux œufs et feta

L'anneau vert et l'œuf impossible à écaler

Un jaune d'œuf dur cerné de gris-vert n'est pas dangereux : c'est la signature d'une cuisson trop longue ou d'un refroidissement trop lent. En chauffant, les protéines soufrées du blanc libèrent du sulfure d'hydrogène, qui migre vers le jaune, plus froid ; à sa surface, il rencontre le fer du jaune et forme du sulfure de fer, de couleur sombre. Plus l'œuf reste chaud longtemps, plus la réaction progresse. D'où les deux remèdes : respecter le temps, et plonger les œufs dans l'eau glacée dès la sortie de la casserole. Cette réaction est aussi responsable de l'odeur soufrée des œufs trop cuits.

L'écalage obéit à une autre chimie. Un œuf pondu le jour même a un blanc relativement acide, chargé en dioxyde de carbone dissous. Au fil des jours, ce gaz s'échappe par les pores de la coquille et le pH du blanc monte. Des travaux publiés dans Poultry Science ont relié cette évolution du pH, avec la durée de stockage, à la facilité d'écalage : le blanc d'un œuf très frais adhère à la membrane coquillère et s'arrache avec elle, alors que celui d'un œuf de quelques jours s'en détache.

C'est le seul cas où un œuf moins frais est préférable. Pour des œufs durs ou mollets à écaler, on choisit des œufs achetés une à deux semaines plus tôt, et l'on garde les plus frais pour le pochage et l'œuf au plat.

Trois gestes améliorent encore le résultat : partir de l'eau déjà bouillante, qui fixe le blanc en surface et le décolle de la membrane ; refroidir à l'eau glacée, qui rétracte le blanc ; et écaler en commençant par le gros bout, où se trouve la chambre à air, sous un filet d'eau qui s'infiltre sous la membrane.

L'anneau vert et l'œuf impossible à écaler
ProblèmeCauseRemède
Anneau gris-vert autour du jauneSulfure de fer formé entre le soufre du blanc et le fer du jauneRespecter le temps, refroidir à l'eau glacée aussitôt
Odeur soufréeSulfure d'hydrogène libéré par le blanc trop chaufféMême remède : moins de temps, refroidissement rapide
Blanc arraché avec la coquilleŒuf très frais, pH du blanc encore basŒufs d'une à deux semaines, départ à l'eau bouillante
Coquille fêlée à la cuissonChoc thermique, ébullition trop forteŒufs tempérés, eau frémissante, dépôt à l'écumoire
Œuf poché en filamentsBlanc liquide abondant, eau qui boutŒuf très frais, passoire, eau frémissante

Blancs en neige, jaunes en crème : vers les mousses et les émulsions

Une fois séparés, le blanc et le jaune ouvrent deux familles de préparations qui ont chacune leur dossier.

Le blanc fouetté forme une mousse : en se dépliant au contact des bulles d'air, ses protéines s'organisent en un film qui emprisonne l'air. Le sucre stabilise ce film, la moindre trace de graisse (un fragment de jaune, un bol mal lavé) l'empêche de se former, et un fouettage excessif le rend granuleux. Sur cette mousse reposent les meringues française et italienne, la pavlova, l'île flottante, le soufflé et l'angel food cake. Le dossier consacré aux blancs d'œufs détaille ces préparations et la façon d'utiliser des blancs en surplus.

Le jaune, lui, émulsionne et épaissit. Sa lécithine permet de disperser l'huile en fines gouttelettes dans la mayonnaise, ou le beurre dans la hollandaise. Chauffé doucement avec du lait et du sucre, il donne la crème anglaise, qui nappe la cuillère juste avant que les jaunes ne coagulent en grains si l'on chauffe trop ; le zabaione et la crème brûlée jouent sur la même prise. Le dossier sur les jaunes d'œufs reprend ces usages.

Les deux se retrouvent ensemble dans les appareils à flan, les quiches et les crèmes renversées, où l'œuf entier prend en gel au four. Là encore, la règle est celle de toute la cuisine de l'œuf : une chaleur douce et un arrêt avant que les protéines se resserrent et rejettent leur eau.

Enfin, quand il reste trop d'œufs dans le réfrigérateur, un troisième dossier propose les recettes qui en consomment le plus, de la tortilla au flan.

Blancs en neige, jaunes en crème : vers les mousses et les émulsions
PréparationCe qui travailleMécanismeDossier
Meringues, soufflésBlancMousse stabilisée par les protéines et le sucreCuisiner les blancs d'œufs
Mayonnaise, hollandaiseJauneÉmulsion stabilisée par la lécithineCuisiner les jaunes d'œufs
Crème anglaise, zabaioneJauneÉpaississement par coagulation douceCuisiner les jaunes d'œufs
Flans, quiches, crèmes renverséesŒuf entierGel au four, à cuire doucementCuisiner trop d'œufs

Meringue française

Meringue italienne

Pavlova

Île flottante

Soufflé au chocolat

Angel food cake (gâteau des anges aux blancs d'œufs)

Mayonnaise

Crème anglaise

Zabaione (sabayon au marsala)

Crème brûlée à la vanille

Flan aux œufs à l'ancienne

Calibres, poids et marquage

Les minutes de cuisson supposent un œuf de calibre moyen. Le règlement (CE) n° 589/2008, qui fixe les normes de commercialisation des œufs dans l'Union européenne, définit quatre calibres de poids pour les œufs de catégorie A : XL (très gros) à partir de 73 g, L (gros) de 63 à moins de 73 g, M (moyen) de 53 à moins de 63 g, et S (petit) en dessous de 53 g. Un œuf XL et un œuf S peuvent donc différer de plus de 20 g, ce qui explique la minute de cuisson supplémentaire par calibre.

Pour la pâtisserie, où les recettes raisonnent souvent en nombre d'œufs, ces écarts comptent aussi. Une recette qui demande 3 œufs suppose en général des œufs moyens ; avec des œufs S, il peut manquer l'équivalent d'un œuf. En cas de doute, on pèse les œufs cassés : c'est le seul moyen d'être exact.

Le même règlement encadre le marquage. Chaque œuf de catégorie A porte un code dont le premier chiffre indique le mode d'élevage : 0 pour l'agriculture biologique, 1 pour le plein air, 2 pour l'élevage au sol et 3 pour l'élevage en cage, suivi du code du pays et de l'identifiant de l'élevage. Les œufs de catégorie A ne doivent pas être lavés, ce qui préserve la cuticule protectrice de la coquille.

La mention « extra » ou « extra frais » est réservée aux œufs vendus jusqu'au neuvième jour après la ponte. La date de durabilité minimale ne peut, elle, être fixée à plus de 28 jours après la ponte. Ces deux repères permettent de choisir l'œuf selon l'usage : extra frais pour le poché, l'œuf au plat et les préparations crues, plus avancé pour les œufs durs à écaler.

Calibres, poids et marquage
CalibrePoids d'un œufMention sur la boîte
XL73 g et plusTrès gros
LDe 63 à moins de 73 gGros
MDe 53 à moins de 63 gMoyen
SMoins de 53 gPetit

Salmonelle et conservation

L'œuf est le premier aliment en cause dans les salmonelloses. Selon l'ANSES, les salmonelles étaient responsables de 39 % des toxi-infections alimentaires collectives confirmées en France en 2019, et les œufs ou les préparations à base d'œufs crus sont à l'origine de près de la moitié des foyers où une salmonelle a été identifiée.

La bactérie peut se trouver à la surface de la coquille, et plus rarement à l'intérieur. D'où les recommandations de l'agence. Ne jamais laver les œufs : l'eau entraîne les bactéries de la coquille à travers les pores. Les conserver à température constante, car les variations provoquent une condensation qui favorise ce passage ; c'est aussi la raison pour laquelle le règlement européen interdit de les réfrigérer en dessous de 5 °C chez le distributeur avant la vente. Consommer aussitôt les préparations à base d'œufs crus (mayonnaise, mousse au chocolat, tiramisu), ou les garder au réfrigérateur et les manger dans les 24 heures.

Pour les personnes sensibles (jeunes enfants, femmes enceintes, personnes âgées ou immunodéprimées), l'ANSES recommande d'éviter les œufs crus ou insuffisamment cuits. La cuisson détruit la bactérie : l'agence rappelle qu'une température de 70 °C à cœur est efficace. Un œuf dur ou une omelette bien prise conviennent ; un œuf coque, un œuf parfait à 64 °C, une mayonnaise ou une mousse au chocolat ne conviennent pas à ces publics.

À la maison, on range les œufs dans leur boîte, à l'abri des odeurs, en respectant la date de durabilité minimale ; on écarte les œufs fêlés ou sales ; et on ne casse pas un œuf sur le rebord d'un saladier qui contient déjà une préparation crue.

Salmonelle et conservation
SituationRecommandation
Œufs salesNe pas les laver, les essuyer à sec ou les écarter
StockageTempérature constante, dans la boîte, avant la date de durabilité minimale
Mayonnaise, mousse, tiramisuConsommer aussitôt ou dans les 24 heures au réfrigérateur
Jeunes enfants, femmes enceintes, personnes âgées ou immunodépriméesÉviter les œufs crus ou peu cuits
Cuisson assainissante70 °C à cœur selon l'ANSES
Œuf fêléLe cuire à cœur ou le jeter

Ce que l'œuf apporte

La fiche œuf du catalogue donne, pour 100 g d'œuf entier cru, 140 kcal, 12,7 g de protéines, 9,8 g de lipides dont 2,6 g d'acides gras saturés, 0,7 g de glucides et 0,31 g de sel. Un œuf moyen, de 53 à 63 g, en représente un peu plus de la moitié. La répartition entre blanc et jaune est très inégale : le blanc apporte 47 kcal pour 100 g et presque aucune graisse, le jaune 322 kcal et 28,5 g de lipides.

Au regard du règlement (CE) n° 1924/2006 sur les allégations nutritionnelles, un aliment peut être dit « riche en protéines » quand au moins 20 % de sa valeur énergétique provient des protéines. Avec 12,7 g de protéines, soit environ 51 kcal sur 140, l'œuf dépasse largement ce seuil. Le règlement (UE) n° 432/2012 autorise, pour les aliments qui remplissent au moins la condition « source de protéines », l'allégation selon laquelle les protéines contribuent au maintien de la masse musculaire.

Dans les recettes, l'apport dépend surtout de ce qui accompagne l'œuf. Les œufs durs et les œufs pochés du catalogue affichent environ 70 kcal par portion, les œufs brouillés 181 kcal avec leur noisette de beurre, l'omelette aux cèpes 397 kcal, et les œufs Bénédicte, avec muffin et sauce hollandaise, 727 kcal. C'est la matière grasse ajoutée, et non l'œuf, qui fait l'écart.

L'œuf est enfin un ingrédient structurel majeur du catalogue : la fiche œuf est utilisée dans 382 recettes, le jaune seul dans 64 et le blanc seul dans 21. Pour cuisiner sans, la collection des recettes sans œufs rassemble celles qui s'en passent.

Ce que l'œuf apporte
Fiche du catalogueÉnergie (kcal pour 100 g)Protéines (g)Lipides (g)
Œuf entier14012,79,8
Blanc d'œuf4710,50,2
Jaune d'œuf32215,928,5
Œuf dur13413,58,6
Œuf poché13912,59,5

Quatre menus autour de l'œuf

Ces menus montrent l'étendue de l'œuf, du bistrot au brunch, sans le répéter à chaque plat quand ce n'est pas le propos.

Le brunch du dimanche est le seul qui assume l'œuf partout : des œufs mimosa préparés la veille, des œufs Bénédicte qui demandent un œuf poché et une hollandaise, et un pain perdu qui recycle le pain rassis dans un appareil à l'œuf et au lait.

Le menu bistrot reprend deux classiques de la cuisine française : les œufs mayonnaise, puis les œufs en meurette, pochés à l'eau frémissante et nappés d'une sauce au vin rouge, et une île flottante qui utilise blancs et jaunes. Pour varier l'entrée, une salade lyonnaise apporte un troisième œuf poché, avec ses lardons et ses croûtons.

Le soir de semaine tient en trente minutes : un velouté de brocolis, une frittata qui cuit à la poêle puis sous le gril, et une mousse au chocolat faite la veille.

Le menu voyage associe la brik tunisienne, à l'œuf coulant dans sa feuille croustillante, à une shakshuka où les œufs pochent directement dans la sauce tomate, et finit par une crème brûlée.

Quatre menus autour de l'œuf
MenuEntréePlatDessert
Brunch du dimancheŒufs mimosa à la ciboulette et au paprika fuméŒufs BénédictePain perdu
BistrotŒufs mayonnaiseŒufs en meuretteÎle flottante
Soir de semaineVelouté de brocolisFrittata courgettes et ricottaMousse au chocolat
VoyageBrik à l'œuf (feuille croustillante tunisienne au thon et à l'œuf coulant)Shakshuka aux œufs et fetaCrème brûlée à la vanille

Œufs mimosa à la ciboulette et au paprika fumé

Œufs Bénédicte

Pain perdu

Œufs mayonnaise

Œufs en meurette

Île flottante

Salade lyonnaise

Velouté de brocolis

Frittata courgettes et ricotta

Mousse au chocolat

Brik à l'œuf (feuille croustillante tunisienne au thon et à l'œuf coulant)

Shakshuka aux œufs et feta

Crème brûlée à la vanille

Sources

Donovan J. W. et al., « A differential scanning calorimetric study of the stability of egg white to heat denaturation », Journal of the Science of Food and Agriculture, 1975 : Températures de dénaturation des protéines du blanc : conalbumine vers 61 °C, lysozyme vers 75 °C, ovalbumine vers 84 °C, avec leur dépendance au pH.

Vega C., Mercadé-Prieto R., « Culinary Biophysics: on the Nature of the 6X°C Egg », Food Biophysics, 2011 : Étude de la texture du jaune et du blanc cuits entre 60 et 70 °C : quelques degrés et la durée changent fortement la viscosité du jaune.

Mine Y., « Recent advances in the understanding of egg white protein functionality », Trends in Food Science & Technology, 1995 : Revue sur les protéines du blanc d'œuf, leurs propriétés de gélification et de moussage, et l'effet du pH et de la chaleur.

Goodrum J. W. et al., « Effect of storage conditions on albumen pH and subsequent hard-cooked egg peelability and albumen shear strength », Poultry Science, 1989 : Relie la durée de stockage et la hausse du pH du blanc à la facilité d'écalage des œufs durs.

Règlement (CE) n° 589/2008 portant modalités d'application en ce qui concerne les normes de commercialisation des œufs : Calibres XL, L, M et S, interdiction du lavage des œufs de catégorie A, mention « extra » jusqu'au neuvième jour, durabilité de 28 jours au plus.

ANSES, « Qu'est-ce que la salmonellose et comment s'en prémunir ? » : Part des salmonelles dans les TIAC, rôle des œufs crus, ne pas laver les œufs, 24 heures pour les préparations crues, 70 °C à cœur.

Règlement (CE) n° 1924/2006 concernant les allégations nutritionnelles et de santé portant sur les denrées alimentaires : Annexe : conditions des allégations « source de protéines » (12 % de l'énergie) et « riche en protéines » (20 % de l'énergie).

Règlement (UE) n° 432/2012 établissant une liste des allégations de santé autorisées : Allégation autorisée : les protéines contribuent au maintien de la masse musculaire, pour un aliment au moins source de protéines.

Les recettes du dossier

Œufs parfait

Œufs durs

Œufs pochés

Œufs brouillés

Omelette aux cèpes

Œufs Bénédicte

Œufs mayonnaise

Œufs en meurette

Œufs mimosa à la ciboulette et au paprika fumé

Shakshuka aux œufs et feta

Frittata courgettes et ricotta

Tortilla de patatas

Kuku sabzi (omelette persane aux herbes fraîches)

Menemen (œufs brouillés turcs aux poivrons et à la tomate)

Masala omelette (omelette indienne aux oignons et à la coriandre)

Gyeran mari (omelette roulée coréenne aux légumes)

Fanqie chaodan (œufs brouillés à la tomate)

Ojja aux merguez (œufs pochés tunisiens à la tomate)

Açorda alentejana (soupe portugaise à l'ail, à la coriandre et à l'œuf poché)

Brik à l'œuf (feuille croustillante tunisienne au thon et à l'œuf coulant)

Bánh mì trứng (baguette vietnamienne à l'œuf au plat et aux légumes marinés)

Salade lyonnaise

Tamago sando

Spaghetti alla carbonara (spaghetti au guanciale et au jaune d'œuf)

Mayonnaise

Crème anglaise

Île flottante

Flan aux œufs à l'ancienne

Pain perdu

Tofu brouillé du dimanche

Salade niçoise

Salade de flageolets et œufs durs, vinaigrette moutarde

Egg and cress sandwich (sandwich anglais à l'œuf, à la mayonnaise et à la mâche)

Meringue française

Meringue italienne

Pavlova

Soufflé au chocolat

Angel food cake (gâteau des anges aux blancs d'œufs)

Zabaione (sabayon au marsala)

Crème brûlée à la vanille

Velouté de brocolis

Mousse au chocolat

Les autres dossiers

♻️ Cuisiner les restes
🍲 Inflation-core
🥛 Le petit-lait
🫙 Le reste de levain
🥚 Les blancs d'œufs
🍮 Les jaunes d'œufs
🧊 Ranger son frigo
🫙 Techniques de conservation
🌿 Trop d'herbes
🥚 Trop d'œufs
🍌 Trop de bananes
🧈 Trop de beurre
🍄 Trop de champignons
🥛 Trop de crème
🧀 Trop de fromage
🥓 Trop de jambon
🥛 Trop de lait
🍞 Trop de pain
🥬 Trop de salade
🍅 Trop de tomates
🥩 Trop de viande hachée
🥣 Trop de yaourt
🍵 Boissons chaudes d'hiver
🍹 Boissons sans alcool
☕ Café et thé
🔥 Barbecue et plancha
🌾 Farines anciennes et physique des pâtes
🍟 L'air fryer
🫘 L’aquafaba
🍆 L'aubergine façon cèpe
🔥 La cuisson au four
🌾 La cuisson de la semoule
🍝 La cuisson des pâtes
🍚 La cuisson du riz
♨️ La cuisson sous vide
🍄 La science de l’umami
🍳 Les matériaux de cuisson
🍜 Les pâtes fraîches
🥬 La lacto-fermentation
🫧 Les boissons fermentées
🥖 Les pâtes levées
👑 Crêpes et galette
🎄 Menu de fêtes anticipé
🧀 Raclette, fondue, tartiflette
🧈 Le beurre
🍲 Les grands mijotés d'hiver
🥄 Les sauces françaises
🍝 Formats de pâtes
🫘 Pâtes et légumineuses
🌽 Polentas régionales
🌾 Assiette climatarienne
🥑 Cétogène et low carb
🧠 L’alimentation fonctionnelle
🧲 L'assimilation des nutriments
🌱 La cuisine vegan
🥗 La cuisine végétarienne
🌡️ La cuisson et les nutriments
🥄 La diversification
🦪 La vitamine B12
🥛 Le calcium
🍲 Le fer
🦠 Le microbiote
🧂 Le sel et le sodium
🫐 Les antioxydants
📊 Les apports de référence
🌿 Les fibres
🍞 Les glucides
🫒 Les lipides
🪨 Les minéraux
🐟 Les omégas
🥚 Les protéines
🍋 Les vitamines
📉 Lissage glycémique
🧠 Neuro-gastronomie
🍱 La lunch box
🥡 Le batch cooking
⚖️ Quantités par personne
🌀 Cannelle et brioches roulées
🍫 Le chocolat de fêtes
🥧 Les pâtes à tarte
🍬 Sucre et substituts
🍄 Champignons d'automne
🎃 Courges et potirons
🍐 Le coing
🥦 Les choux d'hiver
🍎 Pommes et poires
🥣 Soupes et veloutés

Continuer

Coagulation de l'œuf · Dénaturation des protéines · Émulsion · Foisonnement · Stabilité des mousses · Acidité et pH · Températures de sécurité · Cuire un œuf coque, mollet ou dur · Écaler un œuf · Pocher · Bain-marie · Monter les blancs en neige · Monter une mayonnaise · Cuire à basse température · Ovalbumine · Conalbumine · Lysozyme · Ovomucine · Lécithine · Sulfure de fer · Sulfure d'hydrogène · Minuteur · Thermoplongeur · Poêle · Les œufs sont ratés · Blancs en neige ratés · Sauce tranchée · Recettes sans œufs · Desserts français · Cuisiner les blancs d'œufs · Cuisiner les jaunes d'œufs · Cuisiner trop d'œufs · La cuisson sous vide · Les pâtes à tarte