Un œuf est un petit laboratoire de protéines. Le blanc et le jaune ne prennent pas à la même température, et chaque protéine du blanc a la sienne : c'est cet étagement, sur une vingtaine de degrés, qui permet d'obtenir à volonté un jaune coulant dans un blanc ferme, un jaune crémeux dans un blanc à peine tremblant, ou un œuf dur. Toutes les cuissons, de la coque à l'omelette, ne sont que des façons de traverser cette plage plus ou moins vite, et plus ou moins loin. Ce dossier part de la structure de l'œuf et des températures mesurées en laboratoire, donne les minutes à l'eau bouillante qu'utilisent les fiches du site, puis passe en revue le poché, le brouillé, l'omelette, l'œuf au plat, la cocotte et l'œuf parfait. Il explique l'anneau vert et l'œuf impossible à écaler, renvoie vers les dossiers consacrés aux blancs et aux jaunes pour les mousses et les émulsions, et termine sur ce qui ne se négocie pas : calibres, salmonelle, conservation et date de durabilité.
De l'extérieur vers l'intérieur, un œuf de poule se compose d'une coquille calcaire percée de milliers de pores, de deux membranes coquillères qui se séparent au gros bout pour former la chambre à air, du blanc (ou albumen), et du jaune, maintenu au centre par deux cordons torsadés, les chalazes.
Le blanc n'est pas homogène. Autour du jaune, une couche épaisse et gélifiée doit sa tenue à l'ovomucine ; à l'extérieur, une couche plus fluide s'étale dès qu'on casse l'œuf. Avec le temps, le blanc épais se liquéfie : c'est pourquoi un œuf frais reste groupé dans la poêle alors qu'un œuf plus ancien s'étale. Le blanc est presque entièrement de l'eau et des protéines : la fiche blanc d'œuf du catalogue donne 10,5 g de protéines et 0,2 g de lipides pour 100 g. Ses protéines principales sont l'ovalbumine, la plus abondante, la conalbumine (ou ovotransferrine), l'ovomucoïde et le lysozyme.
Le jaune est une émulsion concentrée : 15,9 g de protéines et 28,5 g de lipides pour 100 g selon la fiche jaune d'œuf. Ses phospholipides, dont la lécithine, en font un émulsifiant naturel, ce qui explique son rôle dans la mayonnaise, la hollandaise et les crèmes.
Ces différences de composition expliquent tout ce qui suit. Le blanc, pauvre en graisses et riche en protéines solubles, forme des mousses et coagule en gel ferme. Le jaune, gras et émulsifiant, épaissit en crème avant de devenir farineux. Et chacune de ces protéines change d'état à sa propre température.
| Partie | Composition dominante | Ce qu'elle fait en cuisine |
|---|---|---|
| Coquille et membranes | Carbonate de calcium, fibres de protéines | Protège, laisse passer l'air et l'humidité par ses pores |
| Blanc épais | Eau, ovalbumine, ovomucine | Tient l'œuf groupé au pochage et au plat |
| Blanc liquide | Eau, ovalbumine | S'étale, forme les filaments de l'œuf poché |
| Jaune | Lipides, protéines, lécithine | Émulsionne, épaissit les crèmes, colore |
| Chalazes | Fibres de protéines | Centrent le jaune, à retirer pour une crème lisse |
Cuire un œuf, c'est dénaturer ses protéines : la chaleur déplie ces longues chaînes repliées sur elles-mêmes, qui se lient ensuite les unes aux autres en un réseau qui emprisonne l'eau. Le liquide devient gel.
Les mesures de calorimétrie publiées par J. W. Donovan et ses collègues dès 1975 donnent la température de dénaturation de chaque protéine du blanc à pH neutre : la conalbumine vers 61 °C, le lysozyme vers 75 °C et l'ovalbumine vers 84 °C. La conalbumine, la plus fragile, est donc responsable de la première prise du blanc, encore tendre et translucide ; l'ovalbumine, majoritaire, donne au blanc sa fermeté définitive. Les mêmes travaux montrent que ces températures dépendent du pH, ce qui explique que l'âge de l'œuf change sa cuisson.
Le jaune suit un autre chemin. Il épaissit progressivement à partir de 65 °C environ, passe par un état de crème, puis de pâte, et devient farineux et sec vers 70 °C et au-delà. L'équipe de Ruben Mercadé-Prieto a étudié précisément cette zone dans un article consacré à « l'œuf à 6X °C » : quelques degrés suffisent à changer la viscosité du jaune du tout au tout, et le temps passé à une température donnée compte presque autant que la température elle-même.
De là découlent deux familles de cuisson. Les cuissons rapides, à l'eau bouillante ou à la poêle, chauffent l'extérieur bien au-delà de 84 °C pendant que le centre est encore froid : on joue sur le temps pour arrêter au bon moment. Les cuissons lentes et précises, au bain thermostaté, placent l'œuf entier à une température choisie entre ces seuils : c'est l'œuf parfait.
| Composant | Température de prise | Ce qu'on observe |
|---|---|---|
| Conalbumine (blanc) | 61 °C | Le blanc devient laiteux et tremblant |
| Jaune | 65 à 70 °C | Le jaune épaissit, de crémeux à pâteux |
| Lysozyme (blanc) | 75 °C | Le blanc se raffermit |
| Ovalbumine (blanc) | 84 °C | Le blanc devient ferme et opaque |
Conalbumine (blanc)
61 °C
Jaune
65 à 70 °C
Lysozyme (blanc)
75 °C
Ovalbumine (blanc)
84 °C
À l'eau bouillante, l'œuf cuit de l'extérieur vers l'intérieur. La température à la surface monte immédiatement, celle du centre suit avec retard, et c'est la durée qui décide où passe la frontière entre le blanc pris et le jaune liquide.
Les fiches du site comptent à partir de l'immersion, pour un œuf de calibre moyen sorti du réfrigérateur, dans une eau déjà bouillante : 3 minutes pour un œuf à la coque, blanc à peine pris et jaune entièrement liquide ; 6 minutes pour un œuf mollet, blanc ferme et cœur coulant ; 9 à 10 minutes pour un œuf dur encore fondant, comme dans la recette des œufs durs du catalogue ; 12 minutes pour un dur franc. On ajoute une minute par calibre au-dessus, on en retire une pour un œuf à température ambiante.
Deux gestes encadrent ces minutes. Avant, on dépose les œufs à l'écumoire dans une eau qui frémit plutôt qu'elle ne bout à gros bouillons, pour qu'ils ne heurtent pas le fond ; les sortir du réfrigérateur dix minutes plus tôt réduit le risque de fêlure. Après, on les plonge aussitôt dans l'eau très froide : un œuf laissé dans son eau chaude continue de cuire, et le refroidissement brusque facilite l'écalage.
Le départ à l'eau froide existe aussi, mais il est moins reproductible, puisque le temps de montée en température dépend de la casserole, de la quantité d'eau et du feu. La cuisson à la vapeur, enfin, donne des résultats très réguliers et des œufs faciles à écaler, pour des durées proches de celles de l'eau bouillante.
| Cuisson | Temps à l'eau bouillante | Blanc | Jaune |
|---|---|---|---|
| À la coque | 3 minutes | À peine pris | Entièrement liquide |
| Mollet | 6 minutes | Ferme | Coulant |
| Dur fondant | 9 à 10 minutes | Ferme | Pris, encore moelleux au centre |
| Dur franc | 12 minutes | Ferme | Entièrement pris, friable |
À la coque
3 minutes
Mollet
6 minutes
Dur fondant
9 à 10 minutes
Dur franc
12 minutes
L'œuf poché se cuit hors de sa coquille, dans une eau frémissante. Le catalogue le cuit 3 minutes, avec un trait de vinaigre de vin blanc dans l'eau : l'acidité accélère la coagulation en surface. Deux conditions comptent plus que le vinaigre : un œuf très frais, dont le blanc épais enveloppe le jaune, et une eau qui frémit sans bouillir, les grosses bulles déchirant le blanc. Casser l'œuf dans une petite passoire pour éliminer le blanc liquide supprime l'essentiel des filaments.
L'œuf brouillé et l'omelette sont des cuissons à la poêle où l'on contrôle la coagulation par le mouvement. Plus le feu est doux et plus on remue, plus les grains sont fins et la texture crémeuse ; un feu vif donne de gros morceaux qui rendent leur eau. On retire du feu avant la fin, la chaleur résiduelle terminant le travail. L'omelette suit la même logique, mais on laisse le dessous prendre en une feuille avant de la plier, baveuse ou non.
L'œuf au plat cuit par le dessous seulement : le blanc doit prendre avant que le bord ne brûle. Un couvercle posé une minute, ou une cuillerée de matière grasse chaude versée sur le blanc, achève le dessus sans durcir le jaune. L'œuf cocotte, cuit au bain-marie dans un ramequin beurré avec un peu de crème, profite de la douceur de l'eau autour du récipient ; le catalogue n'en propose pas encore de recette.
L'œuf parfait, enfin, est la démonstration des températures de la section précédente. Le catalogue le plonge 60 minutes dans une eau à 64 °C, au thermoplongeur : le jaune reste fluide et nappant, le blanc tremble à peine, puisque l'ovalbumine n'a pas atteint sa température de prise.
| Préparation | Chaleur | Repère de cuisson | Difficulté | Recette du catalogue |
|---|---|---|---|---|
| Poché | Eau frémissante, vinaigrée | 3 minutes | Délicat | Œufs pochés |
| Brouillé | Poêle à feu doux, en remuant | Retirer encore crémeux | Facile | Œufs brouillés |
| Omelette | Poêle à feu moyen | Dessous pris, dessus baveux | Moyen | Omelette aux cèpes |
| Au plat | Poêle, chaleur par le dessous | Blanc pris, jaune brillant | Facile | Bánh mì trứng (baguette vietnamienne à l'œuf au plat et aux légumes marinés) |
| Cocotte | Bain-marie au four, ramequin | Blanc tremblant, jaune coulant | Moyen | Aucune pour l'instant |
| Parfait | Bain thermostaté à 64 °C | 60 minutes | Facile | Œufs parfait |
Poché
Délicat
Brouillé
Facile
Omelette
Moyen
Au plat
Facile
Cocotte
Moyen
Parfait
Facile
Un jaune d'œuf dur cerné de gris-vert n'est pas dangereux : c'est la signature d'une cuisson trop longue ou d'un refroidissement trop lent. En chauffant, les protéines soufrées du blanc libèrent du sulfure d'hydrogène, qui migre vers le jaune, plus froid ; à sa surface, il rencontre le fer du jaune et forme du sulfure de fer, de couleur sombre. Plus l'œuf reste chaud longtemps, plus la réaction progresse. D'où les deux remèdes : respecter le temps, et plonger les œufs dans l'eau glacée dès la sortie de la casserole. Cette réaction est aussi responsable de l'odeur soufrée des œufs trop cuits.
L'écalage obéit à une autre chimie. Un œuf pondu le jour même a un blanc relativement acide, chargé en dioxyde de carbone dissous. Au fil des jours, ce gaz s'échappe par les pores de la coquille et le pH du blanc monte. Des travaux publiés dans Poultry Science ont relié cette évolution du pH, avec la durée de stockage, à la facilité d'écalage : le blanc d'un œuf très frais adhère à la membrane coquillère et s'arrache avec elle, alors que celui d'un œuf de quelques jours s'en détache.
C'est le seul cas où un œuf moins frais est préférable. Pour des œufs durs ou mollets à écaler, on choisit des œufs achetés une à deux semaines plus tôt, et l'on garde les plus frais pour le pochage et l'œuf au plat.
Trois gestes améliorent encore le résultat : partir de l'eau déjà bouillante, qui fixe le blanc en surface et le décolle de la membrane ; refroidir à l'eau glacée, qui rétracte le blanc ; et écaler en commençant par le gros bout, où se trouve la chambre à air, sous un filet d'eau qui s'infiltre sous la membrane.
| Problème | Cause | Remède |
|---|---|---|
| Anneau gris-vert autour du jaune | Sulfure de fer formé entre le soufre du blanc et le fer du jaune | Respecter le temps, refroidir à l'eau glacée aussitôt |
| Odeur soufrée | Sulfure d'hydrogène libéré par le blanc trop chauffé | Même remède : moins de temps, refroidissement rapide |
| Blanc arraché avec la coquille | Œuf très frais, pH du blanc encore bas | Œufs d'une à deux semaines, départ à l'eau bouillante |
| Coquille fêlée à la cuisson | Choc thermique, ébullition trop forte | Œufs tempérés, eau frémissante, dépôt à l'écumoire |
| Œuf poché en filaments | Blanc liquide abondant, eau qui bout | Œuf très frais, passoire, eau frémissante |
Une fois séparés, le blanc et le jaune ouvrent deux familles de préparations qui ont chacune leur dossier.
Le blanc fouetté forme une mousse : en se dépliant au contact des bulles d'air, ses protéines s'organisent en un film qui emprisonne l'air. Le sucre stabilise ce film, la moindre trace de graisse (un fragment de jaune, un bol mal lavé) l'empêche de se former, et un fouettage excessif le rend granuleux. Sur cette mousse reposent les meringues française et italienne, la pavlova, l'île flottante, le soufflé et l'angel food cake. Le dossier consacré aux blancs d'œufs détaille ces préparations et la façon d'utiliser des blancs en surplus.
Le jaune, lui, émulsionne et épaissit. Sa lécithine permet de disperser l'huile en fines gouttelettes dans la mayonnaise, ou le beurre dans la hollandaise. Chauffé doucement avec du lait et du sucre, il donne la crème anglaise, qui nappe la cuillère juste avant que les jaunes ne coagulent en grains si l'on chauffe trop ; le zabaione et la crème brûlée jouent sur la même prise. Le dossier sur les jaunes d'œufs reprend ces usages.
Les deux se retrouvent ensemble dans les appareils à flan, les quiches et les crèmes renversées, où l'œuf entier prend en gel au four. Là encore, la règle est celle de toute la cuisine de l'œuf : une chaleur douce et un arrêt avant que les protéines se resserrent et rejettent leur eau.
Enfin, quand il reste trop d'œufs dans le réfrigérateur, un troisième dossier propose les recettes qui en consomment le plus, de la tortilla au flan.
| Préparation | Ce qui travaille | Mécanisme | Dossier |
|---|---|---|---|
| Meringues, soufflés | Blanc | Mousse stabilisée par les protéines et le sucre | Cuisiner les blancs d'œufs |
| Mayonnaise, hollandaise | Jaune | Émulsion stabilisée par la lécithine | Cuisiner les jaunes d'œufs |
| Crème anglaise, zabaione | Jaune | Épaississement par coagulation douce | Cuisiner les jaunes d'œufs |
| Flans, quiches, crèmes renversées | Œuf entier | Gel au four, à cuire doucement | Cuisiner trop d'œufs |
Les minutes de cuisson supposent un œuf de calibre moyen. Le règlement (CE) n° 589/2008, qui fixe les normes de commercialisation des œufs dans l'Union européenne, définit quatre calibres de poids pour les œufs de catégorie A : XL (très gros) à partir de 73 g, L (gros) de 63 à moins de 73 g, M (moyen) de 53 à moins de 63 g, et S (petit) en dessous de 53 g. Un œuf XL et un œuf S peuvent donc différer de plus de 20 g, ce qui explique la minute de cuisson supplémentaire par calibre.
Pour la pâtisserie, où les recettes raisonnent souvent en nombre d'œufs, ces écarts comptent aussi. Une recette qui demande 3 œufs suppose en général des œufs moyens ; avec des œufs S, il peut manquer l'équivalent d'un œuf. En cas de doute, on pèse les œufs cassés : c'est le seul moyen d'être exact.
Le même règlement encadre le marquage. Chaque œuf de catégorie A porte un code dont le premier chiffre indique le mode d'élevage : 0 pour l'agriculture biologique, 1 pour le plein air, 2 pour l'élevage au sol et 3 pour l'élevage en cage, suivi du code du pays et de l'identifiant de l'élevage. Les œufs de catégorie A ne doivent pas être lavés, ce qui préserve la cuticule protectrice de la coquille.
La mention « extra » ou « extra frais » est réservée aux œufs vendus jusqu'au neuvième jour après la ponte. La date de durabilité minimale ne peut, elle, être fixée à plus de 28 jours après la ponte. Ces deux repères permettent de choisir l'œuf selon l'usage : extra frais pour le poché, l'œuf au plat et les préparations crues, plus avancé pour les œufs durs à écaler.
| Calibre | Poids d'un œuf | Mention sur la boîte |
|---|---|---|
| XL | 73 g et plus | Très gros |
| L | De 63 à moins de 73 g | Gros |
| M | De 53 à moins de 63 g | Moyen |
| S | Moins de 53 g | Petit |
L'œuf est le premier aliment en cause dans les salmonelloses. Selon l'ANSES, les salmonelles étaient responsables de 39 % des toxi-infections alimentaires collectives confirmées en France en 2019, et les œufs ou les préparations à base d'œufs crus sont à l'origine de près de la moitié des foyers où une salmonelle a été identifiée.
La bactérie peut se trouver à la surface de la coquille, et plus rarement à l'intérieur. D'où les recommandations de l'agence. Ne jamais laver les œufs : l'eau entraîne les bactéries de la coquille à travers les pores. Les conserver à température constante, car les variations provoquent une condensation qui favorise ce passage ; c'est aussi la raison pour laquelle le règlement européen interdit de les réfrigérer en dessous de 5 °C chez le distributeur avant la vente. Consommer aussitôt les préparations à base d'œufs crus (mayonnaise, mousse au chocolat, tiramisu), ou les garder au réfrigérateur et les manger dans les 24 heures.
Pour les personnes sensibles (jeunes enfants, femmes enceintes, personnes âgées ou immunodéprimées), l'ANSES recommande d'éviter les œufs crus ou insuffisamment cuits. La cuisson détruit la bactérie : l'agence rappelle qu'une température de 70 °C à cœur est efficace. Un œuf dur ou une omelette bien prise conviennent ; un œuf coque, un œuf parfait à 64 °C, une mayonnaise ou une mousse au chocolat ne conviennent pas à ces publics.
À la maison, on range les œufs dans leur boîte, à l'abri des odeurs, en respectant la date de durabilité minimale ; on écarte les œufs fêlés ou sales ; et on ne casse pas un œuf sur le rebord d'un saladier qui contient déjà une préparation crue.
| Situation | Recommandation |
|---|---|
| Œufs sales | Ne pas les laver, les essuyer à sec ou les écarter |
| Stockage | Température constante, dans la boîte, avant la date de durabilité minimale |
| Mayonnaise, mousse, tiramisu | Consommer aussitôt ou dans les 24 heures au réfrigérateur |
| Jeunes enfants, femmes enceintes, personnes âgées ou immunodéprimées | Éviter les œufs crus ou peu cuits |
| Cuisson assainissante | 70 °C à cœur selon l'ANSES |
| Œuf fêlé | Le cuire à cœur ou le jeter |
La fiche œuf du catalogue donne, pour 100 g d'œuf entier cru, 140 kcal, 12,7 g de protéines, 9,8 g de lipides dont 2,6 g d'acides gras saturés, 0,7 g de glucides et 0,31 g de sel. Un œuf moyen, de 53 à 63 g, en représente un peu plus de la moitié. La répartition entre blanc et jaune est très inégale : le blanc apporte 47 kcal pour 100 g et presque aucune graisse, le jaune 322 kcal et 28,5 g de lipides.
Au regard du règlement (CE) n° 1924/2006 sur les allégations nutritionnelles, un aliment peut être dit « riche en protéines » quand au moins 20 % de sa valeur énergétique provient des protéines. Avec 12,7 g de protéines, soit environ 51 kcal sur 140, l'œuf dépasse largement ce seuil. Le règlement (UE) n° 432/2012 autorise, pour les aliments qui remplissent au moins la condition « source de protéines », l'allégation selon laquelle les protéines contribuent au maintien de la masse musculaire.
Dans les recettes, l'apport dépend surtout de ce qui accompagne l'œuf. Les œufs durs et les œufs pochés du catalogue affichent environ 70 kcal par portion, les œufs brouillés 181 kcal avec leur noisette de beurre, l'omelette aux cèpes 397 kcal, et les œufs Bénédicte, avec muffin et sauce hollandaise, 727 kcal. C'est la matière grasse ajoutée, et non l'œuf, qui fait l'écart.
L'œuf est enfin un ingrédient structurel majeur du catalogue : la fiche œuf est utilisée dans 382 recettes, le jaune seul dans 64 et le blanc seul dans 21. Pour cuisiner sans, la collection des recettes sans œufs rassemble celles qui s'en passent.
| Fiche du catalogue | Énergie (kcal pour 100 g) | Protéines (g) | Lipides (g) |
|---|---|---|---|
| Œuf entier | 140 | 12,7 | 9,8 |
| Blanc d'œuf | 47 | 10,5 | 0,2 |
| Jaune d'œuf | 322 | 15,9 | 28,5 |
| Œuf dur | 134 | 13,5 | 8,6 |
| Œuf poché | 139 | 12,5 | 9,5 |
Ces menus montrent l'étendue de l'œuf, du bistrot au brunch, sans le répéter à chaque plat quand ce n'est pas le propos.
Le brunch du dimanche est le seul qui assume l'œuf partout : des œufs mimosa préparés la veille, des œufs Bénédicte qui demandent un œuf poché et une hollandaise, et un pain perdu qui recycle le pain rassis dans un appareil à l'œuf et au lait.
Le menu bistrot reprend deux classiques de la cuisine française : les œufs mayonnaise, puis les œufs en meurette, pochés à l'eau frémissante et nappés d'une sauce au vin rouge, et une île flottante qui utilise blancs et jaunes. Pour varier l'entrée, une salade lyonnaise apporte un troisième œuf poché, avec ses lardons et ses croûtons.
Le soir de semaine tient en trente minutes : un velouté de brocolis, une frittata qui cuit à la poêle puis sous le gril, et une mousse au chocolat faite la veille.
Le menu voyage associe la brik tunisienne, à l'œuf coulant dans sa feuille croustillante, à une shakshuka où les œufs pochent directement dans la sauce tomate, et finit par une crème brûlée.
| Menu | Entrée | Plat | Dessert |
|---|---|---|---|
| Brunch du dimanche | Œufs mimosa à la ciboulette et au paprika fumé | Œufs Bénédicte | Pain perdu |
| Bistrot | Œufs mayonnaise | Œufs en meurette | Île flottante |
| Soir de semaine | Velouté de brocolis | Frittata courgettes et ricotta | Mousse au chocolat |
| Voyage | Brik à l'œuf (feuille croustillante tunisienne au thon et à l'œuf coulant) | Shakshuka aux œufs et feta | Crème brûlée à la vanille |
Œufs mimosa à la ciboulette et au paprika fumé
Œufs Bénédicte
Pain perdu
Œufs mayonnaise
Œufs en meurette
Île flottante
Salade lyonnaise
Velouté de brocolis
Frittata courgettes et ricotta
Mousse au chocolat
Brik à l'œuf (feuille croustillante tunisienne au thon et à l'œuf coulant)
Shakshuka aux œufs et feta
Crème brûlée à la vanille
Donovan J. W. et al., « A differential scanning calorimetric study of the stability of egg white to heat denaturation », Journal of the Science of Food and Agriculture, 1975 : Températures de dénaturation des protéines du blanc : conalbumine vers 61 °C, lysozyme vers 75 °C, ovalbumine vers 84 °C, avec leur dépendance au pH.
Vega C., Mercadé-Prieto R., « Culinary Biophysics: on the Nature of the 6X°C Egg », Food Biophysics, 2011 : Étude de la texture du jaune et du blanc cuits entre 60 et 70 °C : quelques degrés et la durée changent fortement la viscosité du jaune.
Mine Y., « Recent advances in the understanding of egg white protein functionality », Trends in Food Science & Technology, 1995 : Revue sur les protéines du blanc d'œuf, leurs propriétés de gélification et de moussage, et l'effet du pH et de la chaleur.
Goodrum J. W. et al., « Effect of storage conditions on albumen pH and subsequent hard-cooked egg peelability and albumen shear strength », Poultry Science, 1989 : Relie la durée de stockage et la hausse du pH du blanc à la facilité d'écalage des œufs durs.
Règlement (CE) n° 589/2008 portant modalités d'application en ce qui concerne les normes de commercialisation des œufs : Calibres XL, L, M et S, interdiction du lavage des œufs de catégorie A, mention « extra » jusqu'au neuvième jour, durabilité de 28 jours au plus.
ANSES, « Qu'est-ce que la salmonellose et comment s'en prémunir ? » : Part des salmonelles dans les TIAC, rôle des œufs crus, ne pas laver les œufs, 24 heures pour les préparations crues, 70 °C à cœur.
Règlement (CE) n° 1924/2006 concernant les allégations nutritionnelles et de santé portant sur les denrées alimentaires : Annexe : conditions des allégations « source de protéines » (12 % de l'énergie) et « riche en protéines » (20 % de l'énergie).
Règlement (UE) n° 432/2012 établissant une liste des allégations de santé autorisées : Allégation autorisée : les protéines contribuent au maintien de la masse musculaire, pour un aliment au moins source de protéines.
Œufs parfait
Œufs durs
Œufs pochés
Œufs brouillés
Omelette aux cèpes
Œufs Bénédicte
Œufs mayonnaise
Œufs en meurette
Œufs mimosa à la ciboulette et au paprika fumé
Shakshuka aux œufs et feta
Frittata courgettes et ricotta
Tortilla de patatas
Kuku sabzi (omelette persane aux herbes fraîches)
Menemen (œufs brouillés turcs aux poivrons et à la tomate)
Masala omelette (omelette indienne aux oignons et à la coriandre)
Gyeran mari (omelette roulée coréenne aux légumes)
Fanqie chaodan (œufs brouillés à la tomate)
Ojja aux merguez (œufs pochés tunisiens à la tomate)
Açorda alentejana (soupe portugaise à l'ail, à la coriandre et à l'œuf poché)
Brik à l'œuf (feuille croustillante tunisienne au thon et à l'œuf coulant)
Bánh mì trứng (baguette vietnamienne à l'œuf au plat et aux légumes marinés)
Salade lyonnaise
Tamago sando
Spaghetti alla carbonara (spaghetti au guanciale et au jaune d'œuf)
Mayonnaise
Crème anglaise
Île flottante
Flan aux œufs à l'ancienne
Pain perdu
Tofu brouillé du dimanche
Salade niçoise
Salade de flageolets et œufs durs, vinaigrette moutarde
Egg and cress sandwich (sandwich anglais à l'œuf, à la mayonnaise et à la mâche)
Meringue française
Meringue italienne
Pavlova
Soufflé au chocolat
Angel food cake (gâteau des anges aux blancs d'œufs)
Zabaione (sabayon au marsala)
Crème brûlée à la vanille
Velouté de brocolis
Mousse au chocolat
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