Fermentation lactique

Biochimie

Des bactéries transforment les sucres en acide lactique : yaourt, légumes lactofermentés, levain.


📚 Pour aller plus loin

Les bactéries lactiques — lactobacilles, leuconostocs — transforment les sucres en acide lactique. L'acidification est à la fois le goût et la conservation : en descendant sous pH 4,5, le milieu devient inhabitable pour la quasi-totalité des micro-organismes d'altération et pour les pathogènes, ce qui fait de la lactofermentation la plus ancienne méthode de conservation connue, et l'une des rares qui augmente la valeur nutritionnelle de l'aliment au lieu de la diminuer.

Pour les légumes, il n'y a rien à ajouter : les bactéries sont déjà sur eux. Le rôle du sel — de 2 à 3 % du poids total, légumes et eau confondus — est de retarder les indésirables le temps que les lactiques prennent le dessus, et d'extraire l'eau des cellules par osmose. La seule autre condition est l'absence d'air : les bactéries lactiques s'en passent, les moisissures non. D'où la règle unique de la choucroute et des cornichons : tout sous la saumure, un poids par-dessus, et un bocal qui laisse sortir le gaz sans laisser entrer l'air.

Pour le lait, on ensemence : Streptococcus thermophilus et Lactobacillus bulgaricus pour un yaourt, maintenus vers 42-45 °C pendant cinq à huit heures. L'acide fait précipiter la caséine, qui forme un gel — c'est le même mécanisme que le lait qui tourne, contrôlé. Chauffer le lait à 85 °C avant d'ensemencer dénature les protéines du lactosérum et donne un yaourt nettement plus ferme, ce qui est le seul vrai secret d'un yaourt maison réussi. Trop long, il devient acide et rend son eau ; trop chaud, les ferments meurent.

Le levain est le cas mixte : levures sauvages et bactéries lactiques en cohabitation, les premières produisant le gaz, les secondes les acides — l'acide lactique pour le fondu, l'acide acétique pour le piquant, dont la proportion dépend de l'hydratation et de la température (un levain ferme et froid vire à l'acétique, un levain liquide et chaud au lactique). Cette acidité fait plus que du goût : elle renforce la conservation, ralentit la rétrogradation de l'amidon, et rend plus disponibles le fer et le zinc du blé en dégradant l'acide phytique.