Chaque automne, les mêmes plats remontent dans les recherches. En octobre 2026, Google Trends relève pour la France une hausse de 120 % sur « bœuf bourguignon », 100 % sur « blanquette de veau », 300 % sur « pot au feu recette », 60 % sur « paupiette » et 200 % sur « recette choucroute ». Ce sont des plats lents, faits de morceaux bon marché que seule une longue cuisson rend tendres. Ce dossier part des recettes du catalogue et explique ce qui s'y passe : pourquoi on prend du paleron et pas du filet, à quelle température le collagène se défait en gélatine, pourquoi l'eau doit frémir sans bouillir, ce qui sépare un braisé d'un poché, comment se lie une blanquette sans la faire tourner, et ce qui reste de l'alcool du vin après trois heures. La dernière partie traite de ce qui fait leur réputation, être meilleurs le lendemain, et des règles de refroidissement qui vont avec, puis propose des menus. Les chiffres de nutrition et d'empreinte carbone sont calculés à partir des fiches ingrédients du site ; les températures, les durées de conservation et les taux d'alcool viennent des sources citées en bas de page.
Les cinq plats qui montent en octobre ont chacun leur recette sur le site, et ils ne se cuisent pas tous de la même façon. Le bourguignon et les paupiettes sont des braisés : la viande est d'abord dorée, puis cuite à couvert dans peu de liquide qui devient la sauce. Le pot-au-feu et la blanquette sont des pochés : la viande part à l'eau froide, sans coloration, et le liquide de cuisson devient un bouillon ou un velouté. La choucroute garnie est à part : un chou fermenté étuvé au vin blanc, dans lequel des viandes de porc cuisent et se réchauffent.
Les temps de mijotage varient du simple au triple, et ils ne dépendent pas de la taille de la cocotte mais du morceau. Les escalopes de veau roulées d'une paupiette sont tendres d'origine et n'ont besoin que d'une heure ; les cubes de bœuf d'un bourguignon, pris dans le paleron ou la macreuse, en demandent trois. C'est la quantité de tissu conjonctif dans la viande, et le temps qu'il lui faut pour se défaire, qui fixe la durée, comme le montrent les sections suivantes.
| Recherche (Google Trends FR) | Hausse en octobre 2026 | Recette du catalogue | Mode de cuisson | Mijotage dans la recette |
|---|---|---|---|---|
| pot au feu recette | +300 % | Pot-au-feu | Poché, départ à l'eau froide | 2 h, puis 40 min avec les légumes |
| recette choucroute | +200 % | Choucroute garnie | Étuvé au vin blanc | 1 h 30 à feu doux ou au four à 160 °C |
| bœuf bourguignon | +120 % | Bœuf bourguignon | Braisé au vin rouge | 3 h à peine frémissant |
| blanquette de veau | +100 % | Blanquette de veau | Poché à blanc | 1 h 15 dans un liquide à 92 °C |
| paupiette | +60 % | Paupiettes de veau à la tomate et aux champignons | Braisé à la tomate | 1 h à petits frémissements |
Un mijoté se fait avec les morceaux que l'on ne grillerait pas. Paleron, macreuse, joue, gîte, plat de côtes, flanchet pour le bœuf ; tendron, flanchet et épaule pour le veau ; épaule et poitrine pour l'agneau et le porc. Ce sont, dans l'usage des bouchers, des muscles riches en tissu conjonctif, ces gaines et ces nerfs faits surtout de collagène qui rendent la viande dure à la poêle. Un filet ou une entrecôte, pauvres en collagène, sécheraient en trois heures de cocotte sans rien gagner : ils n'ont rien à transformer.
Les recettes du catalogue parlent de « bœuf à mijoter », la fiche qui regroupe ces morceaux. Elle compte 164 kcal et 7,5 g de lipides pour 100 g, contre 110 kcal et 2,6 g pour la fiche veau, valeurs tirées des fiches du site. Un peu de gras persillé n'est pas un défaut ici : il fond pendant la cuisson et nourrit la sauce. Mélanger deux morceaux, par exemple du paleron et du gîte dans un pot-au-feu, est l'usage courant : l'un apporte le moelleux gélatineux, l'autre des fibres qui se tranchent proprement.
Le pied de veau et le jarret, très riches en tissu conjonctif, sont ce que l'on ajoute quand on veut un jus qui nappe et se fige au froid. Ils sont dans le catalogue comme ingrédients, et le jarret est la viande de l'Ossobuco alla milanese (jarret de veau braisé et gremolata). La joue a sa recette, les Joues de bœuf braisées au vin rouge, 3 h 30 au four, et le paleron la sienne, le Bœuf carottes, mijoté au vin blanc avec un kilo de carottes ajoutées à mi-cuisson.
| Morceau | Animal et emplacement | Plats où il sert (usage de boucherie) |
|---|---|---|
| Paleron | Bœuf, épaule | Bourguignon, daube, pot-au-feu |
| Macreuse | Bœuf, épaule | Bourguignon, pot-au-feu |
| Joue | Bœuf, tête | Braisés au vin, bourguignon |
| Gîte | Bœuf, jarret | Pot-au-feu, bourguignon |
| Plat de côtes | Bœuf, côtes | Pot-au-feu |
| Flanchet | Bœuf ou veau, flanc | Pot-au-feu, blanquette |
| Tendron | Veau, bout des côtes | Blanquette, sauté de veau |
| Épaule | Veau, agneau, porc | Blanquette, navarin, choucroute |
| Poitrine | Porc, ventre | Choucroute, potée, petit salé |
| Jarret | Veau ou porc, patte | Ossobuco, jarret braisé, potée |
La viande contient trois familles de protéines, et la chaleur les touche à des températures différentes. La revue d'Eva Tornberg (Meat Science, 2005) situe le dépliement des protéines myofibrillaires, celles qui contractent le muscle, dès 30 à 32 °C, et leur prise en gel entre 45 et 50 °C. Les protéines sarcoplasmiques, celles du jus, s'agrègent surtout entre 40 et 60 °C. Le collagène se dénature entre 53 et 63 °C : ses fibres se rétractent d'abord, ce qui serre la viande et chasse du jus.
C'est l'étape suivante qui intéresse le cuisinier. Une fois dénaturé, et s'il n'est pas tenu par des liaisons stables à la chaleur, le collagène continue de se défaire et passe en solution sous forme de gélatine. Douglas Baldwin, dans son guide de cuisson sous vide, note que cette dissolution commence au-dessus de 50 à 55 °C mais qu'elle est lente ; il cite Davey et al. (1976), selon qui, à 80 °C, l'attendrissement par cuisson prolongée est atteint en 12 à 24 heures environ. À la température d'un liquide frémissant, plus haute, la recette du bourguignon compte trois heures.
Le même guide signale le revers : au-dessus de 60 à 65 °C, les fibres musculaires se rétractent dans leur longueur avec une perte d'eau importante. Un mijoté est donc toujours un compromis. Le muscle perd de l'eau et ne la retrouvera pas, mais le collagène qui l'enserrait devient gélatine, lubrifie les fibres sous la dent et épaissit la sauce. Un morceau riche en collagène sort fondant ; un morceau maigre sort sec et filandreux, même nageant dans la sauce.
| Ce qui se passe | Température | Source |
|---|---|---|
| Protéines myofibrillaires : début du dépliement | 30 à 32 °C | Tornberg, 2005 |
| Protéines sarcoplasmiques : agrégation | 40 à 60 °C | Tornberg, 2005 |
| Protéines myofibrillaires : formation d'un gel | 45 à 50 °C | Tornberg, 2005 |
| Collagène : début de la dissolution en gélatine, lente | 50 à 55 °C | Baldwin |
| Collagène : dénaturation et rétraction des fibres | 53 à 63 °C | Tornberg, 2005 |
| Fibres musculaires : rétraction en longueur, forte perte d'eau | 60 à 65 °C | Baldwin |
| Cuisson prolongée : attendrissement atteint en 12 à 24 h environ | 80 °C | Davey et al., 1976, cités par Baldwin |
Protéines myofibrillaires : début du dépliement
30 à 32 °C
Protéines myofibrillaires : formation d'un gel
45 à 50 °C
Collagène : début de la dissolution en gélatine, lente
50 à 55 °C
Protéines sarcoplasmiques : agrégation
40 à 60 °C
Collagène : dénaturation et rétraction des fibres
53 à 63 °C
Fibres musculaires : rétraction en longueur, forte perte d'eau
60 à 65 °C
Cuisson prolongée : attendrissement atteint en 12 à 24 h environ
80 °C
Toutes les recettes du catalogue disent la même chose avec des mots différents : « frémir, jamais bouillir » pour le pot-au-feu, « sans ébullition franche » pour la potée auvergnate, « à peine tremblant » pour le bourguignon. Deux d'entre elles donnent un chiffre : 92 °C de liquide pour la blanquette, 95 °C pour la potée. Le four est l'autre façon d'obtenir la même douceur : 150 °C pour la daube provençale, 160 °C pour la choucroute, cocotte couverte.
La raison tient au tableau précédent. Dans un liquide, la viande tend vers la température du liquide. À gros bouillons, les couches extérieures passent vite et longtemps au-dessus du seuil de 60 à 65 °C où les fibres se contractent fort et rendent leur eau ; un liquide qui frémit chauffe moins brutalement tout en restant assez chaud pour que le collagène se défasse en quelques heures. La dissolution en gélatine dépend du temps passé ; la contraction des fibres augmente avec la température. Le frémissement ménage les deux.
L'ébullition a un autre effet, connu par l'usage et répété par les recettes du site : elle brasse les impuretés et la graisse dans le liquide et trouble le bouillon. C'est pourquoi le pot-au-feu et la potée partent à l'eau froide et s'écument pendant les dix à quinze premières minutes, avant que la casserole ne soit couverte. Pour vérifier sans deviner, un thermomètre plongé dans le liquide suffit ; à défaut, l'allure usuelle d'un frémissement est une surface qui tremble avec quelques bulles isolées.
Les saucisses fumées suivent la même logique en plus court : la recette de choucroute réchauffe les Strasbourg dans une eau à 80 °C pendant 5 à 8 minutes, parce qu'à l'eau bouillante « elles éclatent », précise la recette.
| Recette | Consigne de la recette | Température indiquée | Durée |
|---|---|---|---|
| Bœuf bourguignon | À peine frémissant, couvert | Non indiquée | 3 h |
| Pot-au-feu | Frémir, jamais bouillir | Non indiquée | 2 h, puis 40 min avec les légumes |
| Blanquette de veau | Liquide frémissant | 92 °C dans le liquide | 1 h 15 |
| Potée auvergnate | Sans ébullition franche | 95 °C dans le liquide | 1 h, puis les légumes |
| Daube provençale | Au four, cocotte couverte | 150 °C au four | 3 h |
| Choucroute garnie | Feu doux ou four | 160 °C au four | 1 h 30 |
| Saucisses de Strasbourg | Eau chaude, jamais bouillante | 80 °C dans l'eau | 5 à 8 min |
Braiser, c'est cuire longuement une viande dorée dans peu de liquide, à couvert. Le bourguignon, la daube provençale, la carbonade flamande, le coq au vin et les paupiettes en sont. La viande est saisie en premier, puis mouillée à mi-hauteur de vin, de bière ou de fond, et le liquide réduit en sauce pendant la cuisson. On sert la viande nappée de cette sauce, souvent liée par la farine que l'on a fait griller sur la viande avant de mouiller.
Pocher, c'est cuire la viande immergée dans un grand volume de liquide qui ne dépasse pas le frémissement, sans coloration préalable. Le pot-au-feu, la blanquette, la potée auvergnate et la poule au pot en sont. Le liquide devient un bouillon qui se sert à part (le pot-au-feu se mange en deux services, bouillon d'abord) ou une base de sauce (la blanquette lie le sien au roux, puis à la crème et au jaune). La viande y a un goût plus franc, moins caramélisé.
Les deux familles se croisent à l'étranger aussi, et le catalogue en a des exemples : le Tafelspitz (bœuf bouilli viennois, sauce au raifort et à la pomme) et le Cocido madrileño (pot-au-feu madrilène aux pois chiches, chorizo et boudin) sont des pochés ; le Brasato al Barolo (bœuf braisé au Barolo) est le cousin piémontais du bourguignon.
| Braisé (bourguignon, daube, carbonade, paupiettes) | Poché (pot-au-feu, blanquette, potée, poule au pot) | |
|---|---|---|
| Coloration | Oui, en premier, par petites quantités | Non, ou à peine |
| Liquide | À mi-hauteur : vin, bière, fond | Viande largement couverte : eau, bouillon |
| Départ | Liquide versé sur la viande saisie | Eau froide, portée doucement au frémissement |
| Écumer | Rarement | Oui, les 10 à 15 premières minutes |
| Ce que devient le liquide | Une sauce réduite et nappante | Un bouillon, ou la base d'un velouté |
| Récipient | Cocotte en fonte, sur le feu ou au four | Faitout large et haut |
| Goût | Rôti, caramélisé, vineux | Franc, net, aromates en avant |
La blanquette est la seule de ces recettes où tout est fait pour qu'aucune couleur n'apparaisse. Pas de saisie, donc pas de réaction de Maillard : la viande de veau est mise à l'eau froide, portée doucement au frémissement et écumée dix minutes, puis cuite 1 h 15 dans un liquide à 92 °C avec carotte, oignon piqué de girofle, thym et laurier. Le bouillon obtenu sert à mouiller un roux blanc, beurre et farine cuits sans blondir.
La liaison finale est le moment où elle se rate. La recette mélange deux jaunes d'œuf et 20 cL de crème, verse dessus un peu de sauce chaude pour les tempérer, puis reverse le tout dans la cocotte et chauffe sans laisser bouillir. Les protéines du jaune coagulent à la chaleur : doucement, elles épaississent et rendent la sauce veloutée ; trop fort, elles forment des grains et la sauce tranche. La crème entière pèse 300 kcal pour 100 g sur la fiche du site, le jaune 322 : la liaison enrichit la sauce autant qu'elle l'épaissit. Une fois liée, la blanquette ne rebout plus, ni au service ni au réchauffage.
Sur le plan nutritionnel, la portion de la recette, riz compris, est calculée à 645 kcal et 50,6 g de protéines. Le veau pèse 16 kg CO2e par kilo dans le catalogue, contre 27 pour le bœuf à mijoter : à poids égal de viande, la blanquette a une empreinte plus basse que le bourguignon.
| Étape | Geste dans la recette | Pourquoi |
|---|---|---|
| Blanchir | Veau à l'eau froide, frémissement, écumer 10 min | Un bouillon clair, une viande qui reste blanche |
| Pocher | 1 h 15 dans un liquide à 92 °C, avec les aromates | Le collagène se défait sans que les fibres ne sèchent |
| Roux blanc | Beurre et farine cuits sans couleur, mouillés au bouillon | Une base épaisse qui reste claire |
| Tempérer | Jaunes et crème mélangés, détendus d'un peu de sauce chaude | Les jaunes chauffent progressivement |
| Lier | Reverser dans la cocotte, chauffer sans bouillir | Velouté sans grains |
| Finir | Jus de citron hors du feu | De l'acidité pour équilibrer la crème |
Dans un braisé, la saisie n'est pas là pour « enfermer les jus » : la viande perdra de l'eau quoi qu'il arrive, on l'a vu. Elle sert le goût. À la surface d'une viande sèche, dans une graisse très chaude, sucres et acides aminés réagissent (la réaction de Maillard) et forment des composés bruns et aromatiques, dont les mélanoïdines, qui finiront dans la sauce. Les sucs qui attachent au fond de la cocotte sont repris au déglaçage.
Les recettes du catalogue insistent sur deux conditions. La viande doit être sèche : « une viande humide ne colore pas, elle bout », dit la carbonade flamande, qui fait éponger les cubes au papier. Et la cocotte ne doit pas être surchargée : le bourguignon saisit par petites quantités parce que « une cocotte surchargée fait bouillir la viande ». Trop de morceaux à la fois refroidissent la graisse et rendent leur eau, qui ne s'évapore plus assez vite, et la viande grise au lieu de brunir. Trois fournées valent mieux qu'une.
Vient ensuite le vin, 75 cL pour six dans le bourguignon et la daube. L'idée que l'alcool « s'évapore » entièrement à la cuisson est fausse. La table de rétention des nutriments du département de l'Agriculture des États-Unis (USDA, 2007) mesure ce qui reste : 85 % quand l'alcool est versé dans un liquide bouillant puis retiré du feu, 75 % quand il est flambé, 40 % après 15 minutes de mijotage, 25 % après une heure, 10 % après deux heures et 5 % après deux heures et demie. La table s'arrête là : on ne peut pas dire avec elle qu'un bourguignon de trois heures n'en contient plus du tout, seulement qu'il en reste peu. La marinade d'une nuit au froid de la daube et du coq au vin ne retire presque rien (70 % restent selon la même table, sans chauffage).
Pour qui ne veut pas d'alcool, le pot-au-feu, la blanquette et la potée, cuits sans vin, sont des choix plus sûrs qu'une cuisson prolongée ; le Bourguignon de seitan du catalogue, lui, est mouillé au vin rouge comme l'original.
| Préparation (table USDA) | Alcool restant |
|---|---|
| Versé dans un liquide bouillant, retiré du feu | 85 % |
| Flambé | 75 % |
| Laissé une nuit, sans chauffer | 70 % |
| Cuit au four 25 min, sans être mélangé | 45 % |
| Mélangé, mijoté 15 min | 40 % |
| Mélangé, mijoté 30 min | 35 % |
| Mélangé, mijoté 1 h | 25 % |
| Mélangé, mijoté 1 h 30 | 20 % |
| Mélangé, mijoté 2 h | 10 % |
| Mélangé, mijoté 2 h 30 | 5 % |
Mélangé, mijoté 2 h 30
5 %
Mélangé, mijoté 2 h
10 %
Mélangé, mijoté 1 h 30
20 %
Mélangé, mijoté 1 h
25 %
Mélangé, mijoté 30 min
35 %
Mélangé, mijoté 15 min
40 %
Cuit au four 25 min, sans être mélangé
45 %
Laissé une nuit, sans chauffer
70 %
Flambé
75 %
Versé dans un liquide bouillant, retiré du feu
85 %
La paupiette est une réponse à la viande maigre. La recette du catalogue aplatit des escalopes de veau à 3 mm, les roule sur une farce de chair à saucisse, de persil et d'échalote, les ficelle, les dore au beurre puis les mijote une heure dans une sauce au vin blanc, à la tomate et aux champignons. L'escalope n'a presque pas de collagène à défaire : c'est la farce plus grasse et la sauce qui la gardent moelleuse, et une cuisson plus longue n'apporte rien.
La choucroute garnie repose sur un chou déjà transformé. La choucroute d'Alsace, indication géographique protégée depuis 2018 selon l'INAO, est obtenue par fermentation naturelle des feuilles de chou. La recette goûte d'abord la choucroute crue et la rince une ou deux fois selon son acidité, puis l'étuve 1 h 30 avec vin blanc, genièvre et girofle, l'épaule et la poitrine de porc dedans ; la saucisse de Morteau rejoint la cocotte pour les 40 dernières minutes, les Strasbourg se réchauffent à part. Le plat est le plus énergétique du dossier : 1 069 kcal par portion, calculé sur les fiches du site.
La potée auvergnate est le pot-au-feu du porc et du chou vert : poitrine à l'eau froide, écumée, frémissement à 95 °C, puis saucisses, chou, carotte, navet, poireau et pommes de terre. Le chou vert braisé au lard, nouveau au catalogue, en garde l'essentiel en plus léger : le chou est blanchi 5 minutes dans l'eau bouillante, égoutté, puis braisé à couvert avec lardons, oignons et carotte. Le petit salé aux lentilles et le chou farci auvergnat complètent la famille. La Potée lorraine en est l'exemple : palette fumée, poitrine et haricots blancs au bouillon, puis le chou, les racines et la saucisse de Morteau. C'est aussi le plat le plus copieux de ce dossier, à 1 017 kcal par portion.
Le tableau compare l'empreinte carbone par portion de tous les mijotés du dossier, calculée en additionnant ingrédient par ingrédient les valeurs des fiches du site. L'écart vient presque entièrement de la viande : 27 kg CO2e par kilo pour le bœuf à mijoter, 28 pour l'agneau, 16 pour le veau, 7 à 7,5 pour l'épaule et la poitrine de porc. Une portion de bourguignon pèse ainsi un peu plus du double d'une portion de choucroute, et près de six fois un petit salé aux lentilles.
| Recette | Viande principale | kcal par portion | kg CO2e par portion (calculé) |
|---|---|---|---|
| Navarin d'agneau printanier | Agneau | 805 | 7,3 |
| Daube provençale | Bœuf | 723 | 7,2 |
| Carbonade flamande | Bœuf | 640 | 7,0 |
| Bœuf bourguignon | Bœuf | 592 | 5,8 |
| Pot-au-feu | Bœuf | 487 | 5,5 |
| Blanquette de veau (riz compris) | Veau | 645 | 3,6 |
| Paupiettes de veau à la tomate et aux champignons | Veau, chair à saucisse | 500 | 3,2 |
| Choucroute garnie | Porc, saucisses | 1 069 | 2,4 |
| Potée auvergnate | Porc, saucisses | 749 | 1,5 |
| Chou farci auvergnat | Porc | 626 | 1,1 |
| Petit salé aux lentilles | Porc | 629 | 1,0 |
| Bourguignon de seitan | Aucune (seitan) | 489 | 0,6 |
| Chou vert braisé au lard | Lardons | 291 | 0,5 |
Chou vert braisé au lard
0,5
Bourguignon de seitan
Aussi mesuré dans : Menu de fêtes anticipé (kcal : 489), La cuisine vegan (Valeur : 0,06 µg) · la fiche0,6
Petit salé aux lentilles
1,0
Chou farci auvergnat
Aussi mesuré dans : Les choux d'hiver (Blanchiment : 10 min) · la fiche1,1
Potée auvergnate
1,5
Choucroute garnie
2,4
Paupiettes de veau à la tomate et aux champignons
3,2
Blanquette de veau (riz compris)
3,6
Pot-au-feu
Aussi mesuré dans : Inflation-core (Protéines (g) : 52,7), La diversification (Sel par portion, version adulte (g) : 2,8) · la fiche5,5
Bœuf bourguignon
Aussi mesuré dans : Menu de fêtes anticipé (kcal : 592), Quantités par personne (Portions écrites : 6) · la fiche5,8
Carbonade flamande
7,0
Daube provençale
Aussi mesuré dans : Inflation-core (Protéines (g) : 66,7), Menu de fêtes anticipé (kcal : 723) · la fiche7,2
Navarin d'agneau printanier
7,3
La recette du bourguignon le dit en toutes lettres : il est meilleur réchauffé le lendemain. C'est l'expérience de la plupart des cuisiniers, mais personne n'a mesuré ce gain sur ces recettes, et il faut le présenter comme un usage. Ce que l'on peut expliquer, c'est ce qui change matériellement pendant la nuit. La gélatine dissoute dans la sauce prend en gelée au froid, et la graisse remonte et fige en surface, où l'on peut l'ôter à la cuillère : le plat réchauffé est souvent moins gras que le plat du jour. La viande reste immergée dans la sauce et finit de s'en imprégner.
Cet avantage a une condition, que l'Anses rappelle dans sa fiche sur Clostridium perfringens : les préparations à base de viande en sauce sont les aliments les plus souvent en cause. La cuisson détruit la plupart des formes actives de la bactérie mais peu ses spores, et elle se multiplie rapidement entre 30 et 50 °C, exactement la zone qu'une grosse cocotte laissée à refroidir sur le plan de travail traverse lentement. La fiche demande de refroidir rapidement après cuisson, sans dépasser deux heures d'attente avant la réfrigération, de répartir une grande quantité en portions plus petites pour qu'elle refroidisse plus vite, et de réchauffer rapidement. Pour les cuisines collectives, elle chiffre la règle : passer de +63 °C à +10 °C à cœur en moins de deux heures, puis conserver entre 0 et +3 °C.
Santé Canada donne les mêmes consignes aux particuliers, avec des durées : des contenants peu profonds, laissés découverts jusqu'à ce que la vapeur cesse, un réfrigérateur à 4 °C, une consommation sous 2 à 3 jours selon la page de conseils (3 à 4 jours selon son infographie, à retenir comme borne haute), un réchauffage à 74 °C à cœur, et les sauces portées à pleine ébullition en remuant. Pour la blanquette, c'est la seule exception à la règle du « jamais bouillir » : on peut préparer la veille sans la liaison, réchauffer à ébullition, puis lier au moment de servir, ce qui est la pratique courante.
La congélation suit le même calendrier : les plats cuisinés à la viande se gardent 2 à 3 mois à -18 °C, les bouillons et sauces à la viande 4 à 6 mois, selon l'infographie de Santé Canada. L'usage veut que l'on congèle sans les pommes de terre, qui deviennent farineuses, et sans la liaison à l'œuf et à la crème, ajoutée après décongélation.
| Étape | Règle | Source |
|---|---|---|
| Après la cuisson | Pas plus de 2 h à température ambiante avant la réfrigération | Anses, Santé Canada |
| Refroidir | Grandes quantités réparties en portions ; contenants peu profonds, découverts jusqu'à la fin de la vapeur | Anses, Santé Canada |
| Cuisine collective | De +63 °C à +10 °C à cœur en moins de 2 h, puis stockage entre 0 et +3 °C | Anses |
| Réfrigérateur | 4 °C ; plats cuisinés à la viande, bouillons et sauces : 3 à 4 jours | Santé Canada (infographie) |
| Congélateur | -18 °C ; plats cuisinés à la viande : 2 à 3 mois ; bouillons et sauces à la viande : 4 à 6 mois | Santé Canada (infographie) |
| Réchauffer | 74 °C à cœur ; sauces et bouillons portés à pleine ébullition en remuant | Santé Canada |
Un mijoté remplit à lui seul le centre du repas, et il appelle autour de lui des choses simples : une entrée crue ou acidulée pour ouvrir l'appétit, un accompagnement qui boit la sauce, un dessert aux fruits. Les menus ci-dessous ne prennent que des recettes du catalogue. Le pot-au-feu fournit sa propre entrée, le bouillon, et le lendemain un Bœuf mironton ou un hachis parmentier avec les restes de viande.
Le récapitulatif tient en huit points. Choisir un morceau riche en collagène, jamais un morceau à griller. Sécher la viande et la saisir en plusieurs fois pour un braisé ; ne pas la colorer pour un poché ou une blanquette. Partir à l'eau froide et écumer pour un bouillon clair. Garder le liquide au frémissement, au thermomètre si besoin, ou au four entre 150 et 160 °C comme la daube et la choucroute. Compter le temps selon le morceau : une heure pour des paupiettes, trois heures pour des cubes de bœuf. Lier la blanquette au dernier moment, sans la faire bouillir ensuite. Ne pas compter sur la cuisson pour retirer tout l'alcool du vin. Refroidir vite en petites portions, garder 2 à 3 jours au réfrigérateur (4 au plus) ou quelques mois au congélateur, et réchauffer jusqu'à frémissement franc.
| Menu | Entrée | Mijoté | Accompagnement | Dessert |
|---|---|---|---|---|
| Dimanche bourguignon | Poireaux vinaigrette | Bœuf bourguignon | Purée de pommes de terre | Tarte aux pommes à l'ancienne |
| Blanquette de famille | Soupe de légumes d'hiver | Blanquette de veau | Riz, prévu dans la recette | Compote de pommes |
| Pot-au-feu en deux services | Le bouillon du pot-au-feu | Pot-au-feu | Ses légumes, gros sel, moutarde, cornichons | Compote de pommes |
| Choucroute du samedi | Sans entrée | Choucroute garnie | Pommes de terre de la recette | Tarte aux pommes à l'ancienne |
| Paupiettes en semaine | Endives braisées | Paupiettes de veau à la tomate et aux champignons | Purée de pommes de terre | Compote de pommes |
| Mijoté sobre en carbone | Soupe de légumes d'hiver | Petit salé aux lentilles | Chou vert braisé au lard | Compote de pommes |
| Sans viande | Poireaux vinaigrette | Bourguignon de seitan | Purée de pommes de terre | Tarte aux pommes à l'ancienne |
Google Trends, France : Outil public de Google sur l'intérêt de recherche ; hausses relevées pour la France en octobre 2026 sur « bœuf bourguignon », « blanquette de veau », « pot au feu recette », « paupiette » et « recette choucroute ».
Tornberg E., « Effects of heat on meat proteins: Implications on structure and quality of meat products », Meat Science 70(3), 2005 : Revue des effets de la chaleur : protéines myofibrillaires dépliées dès 30 à 32 °C et gélifiées vers 45 à 50 °C, sarcoplasmiques agrégées entre 40 et 60 °C, collagène dénaturé entre 53 et 63 °C, puis solubilisé en gélatine en l'absence de liaisons stables à la chaleur.
Baldwin D. E., « A Practical Guide to Sous Vide Cooking » : Le collagène commence à se dissoudre en gélatine au-dessus de 50 à 55 °C ; au-dessus de 60 à 65 °C les fibres se rétractent en longueur avec une forte perte d'eau ; à 80 °C, Davey et al. (1976) observent l'effet attendrissant en 12 à 24 heures environ.
USDA, Table of Nutrient Retention Factors, Release 6, 2007 : Part d'alcool retenue selon la préparation : 85 % versé dans un liquide bouillant puis retiré du feu, 75 % flambé, 70 % une nuit sans chauffer, 40 % après 15 min de mijotage, 25 % après 1 h, 10 % après 2 h, 5 % après 2 h 30.
Anses, fiche de description de danger biologique transmissible par les aliments : Clostridium perfringens, 2017 : Risque surtout lié aux préparations à base de viande en sauce ; spores peu détruites par la cuisson, multiplication rapide entre 30 et 50 °C ; refroidir en moins de 2 h avant réfrigération, répartir en petites portions, réchauffer rapidement ; en cuisine collective, de +63 °C à +10 °C en moins de 2 h puis stockage entre 0 et +3 °C.
Santé Canada, « Conseils de salubrité pour les restes alimentaires » : Jeter les aliments cuits laissés plus de 2 h à température ambiante, réfrigérer dans des contenants peu profonds laissés découverts jusqu'à ce que la vapeur cesse, réchauffer à 74 °C à cœur et porter sauces et soupes à pleine ébullition.
Santé Canada, infographie « Conserver les restes » : Au réfrigérateur à 4 °C, plats cuisinés à la viande et sauces à la viande : 3 à 4 jours ; au congélateur à -18 °C, plats cuisinés à la viande : 2 à 3 mois, bouillons et sauces à la viande : 4 à 6 mois.
INAO, Choucroute d'Alsace (IGP) : Choucroute obtenue par fermentation naturelle des feuilles de chou, vendue crue ou cuite, reconnue en indication géographique protégée en 2018.
Anses, table de composition nutritionnelle Ciqual : Base de référence française de composition des aliments, à laquelle se rattachent les valeurs nutritionnelles des fiches ingrédients du site utilisées pour les calculs par portion.
Ademe, base Agribalyse : Base française d'indicateurs environnementaux des aliments, référence des empreintes carbone par kilo des fiches ingrédients du site utilisées pour les calculs par portion.
Bœuf bourguignon
Blanquette de veau
Pot-au-feu
Paupiettes de veau à la tomate et aux champignons
Choucroute garnie
Potée auvergnate
Chou vert braisé au lard
Daube provençale
Carbonade flamande
Coq au vin
Petit salé aux lentilles
Chou farci auvergnat
Poule au pot
Navarin d'agneau printanier
Bourguignon de seitan
Bœuf mironton
Joues de bœuf braisées au vin rouge
Bœuf carottes
Potée lorraine
Ossobuco alla milanese (jarret de veau braisé et gremolata)
Jarret de porc braisé à la bière
Tafelspitz (bœuf bouilli viennois, sauce au raifort et à la pomme)
Cocido madrileño (pot-au-feu madrilène aux pois chiches, chorizo et boudin)
Brasato al Barolo (bœuf braisé au Barolo)
Veau aux olives
Bigos (choucroute mijotée polonaise aux champignons et aux pruneaux)
Hachis parmentier
Poireaux vinaigrette
Soupe de légumes d'hiver
Purée de pommes de terre
Endives braisées
Compote de pommes
Tarte aux pommes à l'ancienne
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