La diversification alimentaire, c'est le passage du lait seul à des repas variés, entre 4 mois et 3 ans. Les règles ont beaucoup changé en 2020 : le Haut Conseil de la santé publique a revu les repères pour les enfants de la naissance à 36 mois, et Santé publique France les a traduits pour les parents dans le guide « Pas à pas, votre enfant mange comme un grand ». On ne suit plus un calendrier aliment par aliment. Tous les groupes, allergènes compris, peuvent être proposés entre 4 et 6 mois. La liste de ce qu'on évite est courte mais ferme : le sel, le sucre, le miel avant 1 an, les produits crus. Ce dossier reprend ces repères sans rien y ajouter : les âges, les textures, les quantités, les dangers d'étouffement, l'hygiène des purées maison. Il montre ensuite comment prélever la part d'un jeune enfant dans les recettes adultes du catalogue, et propose trois journées de menus. Pour une allergie dans la famille ou un doute sur la croissance, parlez-en au médecin ou au pédiatre.
Jusqu'à 4 mois, le lait suffit : lait maternel, ou préparation pour nourrissons dite « 1er âge ». La diversification alimentaire commence ensuite entre 4 et 6 mois, et pas avant 4 mois révolus. C'est la fenêtre que retient le Haut Conseil de la santé publique dans son avis de juin 2020 et que Santé publique France reprend dans son guide « Pas à pas, votre enfant mange comme un grand ». L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) est arrivée en 2019 à une conclusion proche : la plupart des nourrissons n'ont pas besoin d'autre chose que du lait avant 6 mois, mais rien n'indique qu'un début entre 4 et 6 mois pose problème chez un enfant en bonne santé.
Le guide insiste sur deux points. D'abord, rien ne presse au jour près : on commence quand l'enfant montre de l'intérêt, au repas qui convient à l'organisation de la famille, y compris le soir. Un enfant né prématuré se discute avec le médecin. Ensuite, après 6 mois révolus, le lait seul ne couvre plus ses besoins, en fer notamment : la diversification n'est plus une option.
Les quantités du début sont minuscules. Quelques cuillères à café de purée lisse, puis la tétée ou le biberon habituel. Il n'y a pas de quantité à atteindre et chaque enfant est différent : on propose sans forcer, on observe, et on représente un aliment refusé quelques jours plus tard. Le guide rappelle qu'il faut souvent plusieurs présentations avant qu'un goût soit accepté.
Le lait reste la base de l'alimentation pendant toute la première année. Vers 6 mois, on passe en général à une préparation de suite (« 2e âge »), autour de 500 ml par jour. Entre 1 et 3 ans, on passe au lait de croissance, ou en alternance au lait de vache entier UHT, toujours autour de 500 ml par jour sans dépasser 800 ml en comptant les laitages. Le tableau ci-dessous résume les grandes étapes du guide.
Ce dossier ne remplace pas la consultation : pour toute question sur la croissance, une allergie dans la famille ou un enfant qui refuse tout, parlez-en au médecin ou au pédiatre, ou à la PMI.
| Âge | Ce qui change dans l'assiette | Le lait |
|---|---|---|
| 0 à 4 mois | Lait uniquement | Lait maternel ou préparation 1er âge |
| 4 à 6 mois | Début de la diversification : tous les groupes d'aliments, mixés lisses, quelques cuillères à café | Lait maternel, puis préparation 2e âge |
| 6 à 8 mois | Purées un peu plus épaisses, puis hachées ou écrasées | Lait maternel ou 2e âge, environ 500 ml par jour |
| 8 à 12 mois | Petits morceaux très mous, puis morceaux à mâcher vers 10 mois | Lait maternel ou 2e âge, environ 500 ml par jour |
| 1 à 3 ans | Presque comme les grands, en quantités adaptées, toutes les textures | Lait de croissance ou lait entier UHT en alternance, 500 ml par jour, 800 ml maximum avec les laitages |
Le changement le plus important des recommandations de 2020 tient en une phrase du guide : il n'y a pas d'ordre particulier à respecter pour introduire les groupes d'aliments entre 4 et 6 mois. Légumes, fruits, volaille, poisson, viande, œufs, légumes secs, féculents : tout peut entrer dans l'assiette pendant cette fenêtre, et la diversité compte plus que la lenteur. L'ancienne règle « un aliment nouveau par semaine » n'a plus cours.
Les aliments qui peuvent provoquer une allergie sont concernés au même titre que les autres : œuf, arachide, fruits à coque, gluten, poisson. Le guide l'explique ainsi : plus les enfants les goûtent tôt, plus ils développent leur tolérance. Le gluten (pâtes, semoule, pain) peut être introduit dès cette période, y compris chez un enfant à risque d'allergie. L'œuf se donne dur et écrasé, jamais cru ni coulant. Les fruits à coque et l'arachide ne se donnent jamais entiers : le guide recommande une demi-cuillère à café de poudre non salée, mélangée de temps en temps à une purée. Le beurre de cacahuète du commerce, épais, collant et souvent salé (la fiche du catalogue indique 1,07 g de sel pour 100 g), ne se donne pas tel quel à la cuillère.
S'il y a des allergies dans la famille (parents, frères ou sœurs), parlez-en au médecin ou au pédiatre avant de commencer : c'est lui qui dira s'il faut un avis spécialisé ou un protocole particulier. Il en va de même si une réaction apparaît après un repas (plaques, gonflement des lèvres, vomissements) : on arrête l'aliment et on consulte. En cas de gêne respiratoire, on appelle le 15.
Dans le catalogue, l'outil allergies permet d'écarter les quatorze allergènes réglementaires. Pour une famille qui vit déjà avec une allergie, il sert à trouver les recettes du repas commun ; il ne dit rien de l'âge auquel introduire un aliment, et ne remplace pas l'avis médical.
Le guide de Santé publique France donne une liste courte et ferme. Elle vaut pour toute la période qui va jusqu'à 3 ans, et certains points s'arrêtent à 1 an.
Pas de sel ajouté. On ne sale ni les préparations maison, ni les petits pots du commerce, et on évite les produits salés (charcuterie hors jambon blanc, biscuits apéritifs, plats préparés). Les reins d'un nourrisson gèrent mal le sodium, et le goût du sel s'apprend : un enfant qui ne le connaît pas ne le réclame pas.
Pas de sucre ajouté, et on retarde les produits sucrés le plus tard possible. Les compotes se font sans sucre. La seule boisson recommandée est l'eau : ni jus de fruits, même « 100 % pur jus », ni sirop, ni soda. Avant 3 ans, pas de boissons « light », de café, de thé, de soda caféiné ni de boisson énergisante.
Pas de miel avant 1 an. Le guide parle de risque infectieux : le miel peut contenir des spores de la bactérie du botulisme, que l'intestin d'un nourrisson ne sait pas encore neutraliser. La cuisson d'une recette n'y change rien de façon fiable. Le catalogue compte 84 recettes contenant du miel (mesure sur recipes.tsv) : aucune n'est à servir telle quelle à un enfant de moins d'un an.
Rien de cru ni de pas assez cuit chez les produits animaux, pour la même raison infectieuse : pas de lait cru, pas de fromage au lait cru (le guide fait une exception pour l'emmental et le comté, pâtes pressées cuites), pas de viande, de poisson ou d'œuf crus ou rosés, pas de coquillages crus. Les préparations à base d'œufs crus ou peu cuits (mousse au chocolat, mayonnaise maison) attendent. La viande, le poisson et les œufs se cuisent toujours à cœur.
Pas de produits laitiers à 0 %, écrémés ou demi-écrémés avant 3 ans : les besoins en matières grasses d'un jeune enfant sont plus élevés que ceux d'un adulte. Enfin, le guide déconseille les produits à base de soja avant 3 ans, et rappelle de ne pas donner de compléments alimentaires de sa propre initiative : si besoin, le médecin les prescrit.
| À éviter | Jusqu'à quel âge | La raison donnée par Santé publique France |
|---|---|---|
| Sel ajouté, produits salés | Le plus longtemps possible, au moins jusqu'à 3 ans | Habitude de goût, apports en sodium |
| Sucre ajouté, jus de fruits, sirops, sodas | Le plus tard possible ; l'eau reste la seule boisson recommandée | Habitude de goût, apports en sucres |
| Miel | 1 an | Risque infectieux (botulisme) |
| Lait cru, fromages au lait cru (sauf emmental et comté) | 3 ans | Risque infectieux |
| Viande, poisson, œuf crus ou peu cuits, coquillages crus | 3 ans | Risque infectieux |
| Produits laitiers 0 %, écrémés ou demi-écrémés | 3 ans | Apports en matières grasses insuffisants |
| Produits à base de soja | 3 ans | Composant suspecté d'être un perturbateur endocrinien |
| Café, thé, soda caféiné, boisson énergisante | 3 ans | Caféine, sucres |
La fausse route est l'accident grave de la diversification, et il se prévient presque entièrement par la forme des aliments. Le guide est explicite : ne donnez pas d'aliments petits et durs avant 5 ans, car l'enfant risquerait de s'étouffer. Les fruits à coque entiers (noix, noisettes, amandes, cacahuètes) en font partie, tout comme les bonbons durs. Avant cet âge, les fruits à coque n'entrent dans l'assiette qu'en poudre.
Les aliments mous mais ronds ou ovales sont l'autre piège, parce qu'ils ont exactement la taille des voies aériennes d'un jeune enfant. Le guide demande de toujours les couper en deux et d'enlever les pépins des raisins avant de les donner. Cela vaut pour le raisin, les tomates cerises, les olives, les myrtilles un peu grosses, et les rondelles de saucisse, qu'on coupe plutôt en long.
La posture compte autant que l'aliment. L'enfant mange assis bien droit, jamais allongé, jamais en marchant ou en courant, et sous le regard d'un adulte pendant toute la durée du repas. Le guide le rappelle aussi pour la diversification menée avec les doigts (souvent appelée DME), qu'il juge possible vers 6 mois, dès que l'enfant tient assis seul et sait porter un aliment à sa bouche : c'est une découverte accompagnée, avec des morceaux bien cuits et très mous, qui s'écrasent entre la langue et le palais.
Le pain mérite une remarque du guide : un croûton aide à mastiquer et fortifie la mâchoire, mais on le remplace dès qu'il est trop imbibé de salive, car un morceau peut se détacher. Les crudités dures (carotte crue en bâtonnet, pomme crue en quartier) attendent que l'enfant sache mâcher, vers 10 mois et plus, et se donnent râpées avant.
Le catalogue n'a pas de mode « enfant » : quand une recette de famille contient des noix, des pignons, des raisins secs ou des tomates cerises entières, comme le Birchermuesli ou les pommes au four miel noix et raisins secs, la part du jeune enfant se prépare à part, fruits à coque mixés en poudre, fruits ronds coupés. Les deux recettes contiennent aussi du miel : elles attendent de toute façon 1 an.
| Aliment | Avant 5 ans, sous quelle forme |
|---|---|
| Noix, noisettes, amandes, cacahuètes | En poudre uniquement, jamais entières ni en morceaux |
| Raisin, tomates cerises, olives | Coupés en deux (ou en quatre), raisin épépiné |
| Saucisse, knack | Coupée en long, puis en petits morceaux |
| Carotte, pomme crues | Râpées, puis en morceaux quand l'enfant sait mâcher |
| Bonbons durs, pop-corn | À éviter |
Pendant toute la première année, le lait apporte l'essentiel de l'énergie, des protéines, du calcium et des matières grasses. La diversification s'ajoute au lait ; elle ne le remplace qu'à la marge. Entre 6 mois et 1 an, le repère est d'environ 500 ml de lait par jour (maternel, ou préparation de suite). Entre 1 et 3 ans, toujours environ 500 ml, sans dépasser 800 ml en comptant les produits laitiers : 150 à 200 ml de lait équivalent à un yaourt ou à 20 g de fromage.
Après 1 an, le guide recommande le lait de croissance, enrichi en fer, ou le lait de vache entier UHT en alternance. Entier, et pas demi-écrémé : les besoins en matières grasses d'un enfant de moins de 3 ans sont proportionnellement plus élevés que ceux d'un adulte.
Les boissons végétales (avoine, amande, riz, coco) sont souvent vendues sous le nom de « lait », que la réglementation européenne leur interdit pourtant. Le guide est net : même enrichies en calcium, elles ne répondent pas aux besoins nutritionnels des enfants de moins de 1 an, et une alimentation qui s'appuierait sur elles n'est pas adaptée avant 3 ans, car elle peut entraîner des carences en fer, en protéines, en calcium et en vitamines. Les fiches du catalogue montrent l'écart en protéines et en énergie : 0,8 g de protéines pour 100 g dans la boisson à l'avoine et 0,6 g dans la boisson à l'amande, contre 3,2 g dans le lait entier. Les produits à base de soja sont par ailleurs déconseillés avant 3 ans.
Cela n'interdit pas de cuisiner une purée ou un porridge familial avec une boisson végétale à l'occasion. Ce qui pose problème, c'est de s'en servir comme lait principal du jeune enfant. Pour une famille végétalienne, le choix d'une préparation infantile adaptée se fait avec le pédiatre.
| Boisson (fiche du catalogue) | Énergie (kcal pour 100 g) | Protéines (g pour 100 g) | Lipides (g pour 100 g) | Comme lait principal du jeune enfant |
|---|---|---|---|---|
| Lait entier | 65 | 3,2 | 3,6 | À partir de 1 an, en alternance avec le lait de croissance |
| Lait demi-écrémé | 47 | 3,3 | 1,6 | Non avant 3 ans |
| Boisson à l'avoine | 42 | 0,8 | 1,3 | Non |
| Boisson à l'amande | 24 | 0,6 | 1,2 | Non |
Boisson à l'amande
0,6
Boisson à l'avoine
0,8
Lait entier
Aussi mesuré dans : Boissons chaudes d'hiver (Lipides : 3,6 g), Crêpes et galette (kcal pour 100 g : 65), Le calcium (Calcium pour 100 g (Ciqual) : 119 mg) · la fiche3,2
Lait demi-écrémé
3,3
Les textures avancent avec l'enfant, et le guide insiste sur un point qu'on oublie : il ne faut pas attendre trop longtemps. Entre 4 et 6 mois, tout est mixé lisse. À partir de 6 à 8 mois, selon l'âge du début, on passe aux aliments hachés ou écrasés grossièrement, et aux purées dans lesquelles on ajoute des pâtes alphabet, de la semoule, du riz bien cuit, de petits morceaux de volaille ou de poisson très cuits, de l'œuf dur haché. À partir de 8 mois viennent les morceaux très mous, qui s'écrasent entre la langue et le palais. À partir de 10 mois, les morceaux à croquer et à mâcher. Le HCSP demande que les textures complexes soient proposées entre 8 et 10 mois, et dans tous les cas avant 12 mois. Une seule nouvelle texture par repas.
Les signes qu'un enfant est prêt sont décrits dans le guide : il avale les purées épaisses sans difficulté, tient sa tête et son dos droits, essaie de prendre dans l'assiette des adultes, fait des mouvements de mâchonnement.
Les quantités de viande, poisson ou œuf sont petites, et c'est l'erreur la plus fréquente de les surestimer. Le repère est de 5 g par jour au début (une cuillère à café, ou un peu d'œuf dur écrasé), 10 g entre 6 et 12 mois (deux cuillères à café, ou un quart d'œuf dur), 20 g entre 1 et 2 ans (un tiers d'œuf), 30 g entre 2 et 3 ans (un demi-œuf). Le poisson deux fois par semaine, dont un poisson gras (sardine, maquereau, saumon). Les féculents se mélangent aux légumes : un quart de féculents pour trois quarts de légumes au début, moitié moitié ensuite. La matière grasse s'ajoute crue : une cuillère à café d'huile par jour (colza, noix ou olive, en variant), deux après 1 an, ou de temps en temps une noisette de beurre.
Ces repères sont des ordres de grandeur, pas des objectifs. Le guide le répète : on se fie à l'appétit, et les consultations de suivi sont là pour vérifier que la croissance est régulière.
| Âge | Textures | Viande, poisson ou œuf (g par jour) | Équivalent | Matière grasse ajoutée |
|---|---|---|---|---|
| 4 à 6 mois | Mixé lisse | 5 | 1 cuillère à café, ou un peu d'œuf dur écrasé | 1 cuillère à café d'huile par jour |
| 6 à 12 mois | Haché, écrasé, puis petits morceaux très mous | 10 | 2 cuillères à café, ou 1/4 d'œuf dur | 1 cuillère à café d'huile par jour |
| 1 à 2 ans | Toutes textures, morceaux à croquer | 20 | 4 cuillères à café, ou 1/3 d'œuf dur | 2 cuillères à café d'huile par jour |
| 2 à 3 ans | Toutes textures | 30 | 6 cuillères à café, ou 1/2 œuf dur | 2 cuillères à café d'huile par jour |
4 à 6 mois
5
6 à 12 mois
10
1 à 2 ans
20
2 à 3 ans
30
Le guide le dit dans un titre : pour varier les goûts et les textures, le fait maison a tout bon. Il permet de cuisiner les produits de sa propre culture culinaire, de choisir les légumes de saison et de savoir exactement ce qu'on met dedans. Les surgelés nature (légumes, purées, filets de poisson sans sauce) sont une bonne base ; les plats cuisinés, non.
La méthode tient en quatre gestes. Cuire les légumes, les légumes secs et les pommes de terre à l'eau ou à la vapeur, sans sel. Cuire la volaille, la viande ou le poisson à cœur, sans sel. Mixer, ou écraser très finement à la fourchette, en ajoutant un peu d'eau pour la texture. Ajouter la matière grasse crue au moment de servir. La cuisson à la vapeur conserve mieux la couleur et une partie des vitamines hydrosolubles que l'eau bouillante, mais les deux conviennent.
L'hygiène est stricte, parce qu'un nourrisson est plus sensible qu'un adulte aux bactéries. Mains lavées, ustensiles propres, fruits et légumes lavés et épluchés soigneusement. Une purée maison se conserve au réfrigérateur au maximum 24 heures, dans une boîte hermétique en verre : c'est le chiffre du guide de Santé publique France, plus court que les 48 heures qu'on lit parfois. Un petit pot du commerce entamé se garde selon la durée indiquée sur l'étiquette. Ce que l'enfant n'a pas fini dans son assiette ne se garde pas : la cuillère y a apporté de la salive.
Pour la congélation, le guide propose de répartir la purée dans un bac à glaçons en inox, de démouler les cubes dans une poche plastique datée et identifiée, et de ne pas les utiliser au-delà de 2 mois. On congèle la purée refroidie rapidement, jamais tiède posée sur le plan de travail. On la décongèle au réfrigérateur ou directement à la casserole, on la réchauffe jusqu'à ce qu'elle soit bien chaude, puis on la laisse tiédir, et on ne recongèle pas.
Les cubes ouvrent la porte au batch cooking : une séance d'une heure le dimanche (carotte, courge, brocoli, lentilles corail, poisson) donne une semaine de combinaisons différentes.
| Étape | Repère de Santé publique France |
|---|---|
| Cuisson | À l'eau ou à la vapeur, sans sel ; viande, poisson et œuf cuits à cœur |
| Texture | Mixer ou écraser à la fourchette, détendre avec un peu d'eau |
| Matière grasse | Ajoutée crue : huile de colza, noix ou olive, ou une noisette de beurre |
| Réfrigérateur | 24 heures maximum, boîte hermétique en verre |
| Congélateur | Bac à glaçons en inox, poche datée et identifiée, 2 mois maximum |
Le catalogue est écrit pour des adultes. Aucune recette n'y est conçue pour un nourrisson, et le catalogue n'a pas encore de purée de légumes nature, de compote de pommes sans sucre ni de légumes vapeur servis tels quels. Ce n'est pas un obstacle, parce que l'idée défendue par Santé publique France est justement inverse : peu à peu, l'enfant mange presque la même chose que la famille, en quantités adaptées. Le guide en fait un argument pour toute la maison : l'arrivée d'un enfant est souvent l'occasion de manger plus varié et plus simple.
La méthode est toujours la même. On cuisine la recette sans saler, on prélève la part de l'enfant, puis on assaisonne le reste pour les adultes. On retire de la part de l'enfant ce qui pose problème : le sel, le bouillon cube, la crème quand il y en a beaucoup, le vin, le piment, le miel avant 1 an, les fruits à coque entiers. On mixe ou on écrase selon l'âge. Les herbes et les épices douces (thym, cumin, cannelle, curcuma) ne sont pas interdites : le guide encourage au contraire la variété des goûts.
Le tableau mesure le sel par portion dans les versions adultes du catalogue, et dit ce qu'on change. Le Velouté de brocolis est presque prêt tel quel. Le Pot-au-feu demande de prélever la viande et les légumes avant le gros sel. Le chiffre des pâtes surprend : 10 g de sel par portion, parce que la recette compte le sel de l'eau de cuisson, dont une petite partie seulement reste dans les pâtes. Pour l'enfant, on cuit sa part dans une eau non salée.
Quelques recettes se prêtent particulièrement bien à l'exercice. La Ratatouille niçoise, mixée puis écrasée, apporte cinq légumes d'un coup. Le Nanguazhou (congee chinois au potiron) est une bouillie de riz déjà adaptée aux petits estomacs. Les Galettes de lentilles corail deviennent, vers 10 mois, un premier aliment qu'on tient dans la main. Le Yaourt maison, au lait entier et sans sucre, est le goûter de référence du guide.
| Recette du catalogue | Sel par portion, version adulte (g) | Ce qu'on change pour la part de l'enfant |
|---|---|---|
| Velouté de brocolis | 0,1 | Rien, sinon mixer plus ou moins finement |
| Yaourt maison | 0,1 | Rien : nature, au lait entier, sans sucre |
| Cuisson du riz | 0,5 | Cuire sans sel, bien cuit pour les purées |
| Ratatouille niçoise | 1 | Prélever avant de saler, mixer ou écraser |
| Nanguazhou (congee chinois au potiron) | 1 | Sans sel ni huile de sésame grillé, graines de courge mixées en poudre |
| Galettes de lentilles corail | 1,1 | Sans sel, cuites moelleuses, à partir de 10 mois en morceaux |
| Potage Parmentier | 1,5 | Sans sel, crème réduite |
| Pot-au-feu | 2,8 | Prélever viande et légumes avant le gros sel, mixer |
| Cuisson des pâtes | 10 | Cuire la part de l'enfant dans une eau sans sel |
Velouté de brocolis
0,1
Yaourt maison
Aussi mesuré dans : Sucre et substituts (Sucres par portion (g) : 6,6) · la fiche0,1
Cuisson du riz
0,5
Ratatouille niçoise
1
Nanguazhou (congee chinois au potiron)
1
Galettes de lentilles corail
1,1
Potage Parmentier
1,5
Pot-au-feu
Aussi mesuré dans : Inflation-core (Protéines (g) : 52,7), Les grands mijotés d'hiver (kcal par portion : 487) · la fiche2,8
Cuisson des pâtes
10
Trois journées construites uniquement avec des recettes du catalogue, toutes préparées sans sel pour la part de l'enfant. Le lait (tétée ou biberon) n'apparaît pas dans le tableau mais reste présent : le matin, et en complément des repas à 8 mois. Le catalogue n'a pas encore de compote de fruits sans sucre ; à la place, un fruit bien mûr écrasé à la fourchette (poire, banane, pomme cuite) complète les repas, comme le recommande le guide.
À 8 mois, tout est mixé ou finement écrasé. Le Velouté de brocolis se sert un peu épaissi avec la pomme de terre de la recette. Les Œufs brouillés sont cuits bien pris, sans sel, et la part de l'enfant est d'un quart d'œuf environ, soit les 10 g du repère. Le Nanguazhou (congee au potiron), sans sel ni huile de sésame, fait un dîner doux et épais. Une cuillère à café d'huile de colza crue s'ajoute dans la journée.
À 12 mois, les morceaux mous arrivent. La Ratatouille niçoise est écrasée grossièrement, les Galettes de lentilles corail se mangent avec les doigts, en petits morceaux. Le Potage Parmentier du soir se fait avec peu de crème. Les quantités de protéines montent à 20 g par jour.
Le dimanche en famille montre l'idée du même repas pour tous. On prélève la viande et les légumes du Pot-au-feu avant le gros sel ; la Purée de pommes de terre de l'enfant se fait sans sel, avec moins de beurre. Le soir, la Soupe de carottes et patates douces se prélève avant la crème et le sel. Le jambon blanc et les plats préparés salés restent hors du menu. Côté carbone, les deux premières journées sont surtout végétales ; le pot-au-feu au bœuf est la seule recette à forte empreinte, servie une fois.
| Moment | Une journée à 8 mois | Une journée à 12 mois | Un dimanche en famille (12 mois et plus) |
|---|---|---|---|
| Midi, légumes | Velouté de brocolis | Ratatouille niçoise | Pot-au-feu |
| Midi, féculent ou protéines | Œufs brouillés | Galettes de lentilles corail | Purée de pommes de terre |
| Goûter | Yaourt maison | Yaourt maison | Yaourt maison |
| Soir | Nanguazhou (congee chinois au potiron) | Potage Parmentier | Soupe de carottes et patates douces |
Santé publique France, « Pas à pas, votre enfant mange comme un grand », page de la brochure, 2022 : La page officielle du guide de la diversification alimentaire destiné aux parents d'enfants de moins de 3 ans.
Santé publique France, « Le petit guide de la diversification alimentaire », PDF : Le texte complet : âge de début, allergènes, textures, purées maison (24 heures au réfrigérateur, 2 mois au congélateur), étouffement, boissons végétales.
Santé publique France, affiche des repères de consommation de 0 à 3 ans, PDF : Les quantités par âge : viande, poisson ou œuf, féculents, huile, lait, et la liste de ce qu'on évite.
Santé publique France, communiqué « Santé publique France accompagne les parents pour prendre en main les nouvelles recommandations » : La présentation des nouvelles recommandations pour les moins de 3 ans et de leurs principaux changements.
Haut Conseil de la santé publique, avis relatif à la révision des repères alimentaires pour les enfants de 0 à 36 mois et de 3 à 17 ans, 30 juin 2020 (copie hébergée par l'AFPA) : L'avis scientifique sur lequel s'appuie le guide : fenêtre de 4 à 6 mois, allergènes, textures avant 12 mois.
EFSA NDA Panel, « Appropriate age range for introduction of complementary feeding into an infant's diet », EFSA Journal, 2019 : L'avis européen sur l'âge d'introduction des aliments de complément et des allergènes chez le nourrisson.
Anses, « Manger du poisson : pourquoi, comment ? » : La page vers laquelle renvoie le guide pour les espèces de poisson à varier ou à limiter chez le jeune enfant.
Velouté de brocolis
Soupe de carottes et patates douces
Velouté de potiron, carottes et patates douces
Potage Parmentier
Nanguazhou (congee chinois au potiron)
Ratatouille niçoise
Pot-au-feu
Purée de pommes de terre
Galettes de lentilles corail
Dahl de lentilles corail au lait de coco
Cuisson du riz
Cuisson des pâtes
Œufs brouillés
Yaourt maison
Esparregado (purée portugaise d'épinards à l'ail)
Birchermüesli (müesli suisse aux flocons d'avoine et à la pomme râpée)
Pommes au four, miel, noix et raisins secs
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