
Pâte de coing

La pâte de fruit de la Toussaint : des coings cuits entiers, passés au moulin, réduits avec leur poids de sucre jusqu'à ce que la cuillère trace un sillon, puis séchés deux jours avant d'être coupés en carrés et roulés dans le sucre.
La pâte de coing est l'une des plus vieilles confiseries d'Europe. Le coing ne se mange pas cru, il est dur, âpre et astringent, mais il contient assez de pectine et d'acide pour prendre seul, sans gélifiant ajouté, dès qu'on le réduit avec du sucre. Les cuisines de l'Antiquité le cuisaient déjà au miel, le Portugal en a tiré la marmelada et l'Espagne le membrillo, et en France la pâte de coing est restée la gourmandise des fins de cueillette, celle qu'on garde dans une boîte en fer jusqu'à Noël. Dans beaucoup de maisons elle naît de la gelée : on cuit les coings pour en tirer le jus, et la pulpe qui reste dans le linge devient la pâte. Ici on cuit les fruits pour la pâte seulement, entiers avec leur peau, ce qui garde le parfum et la pectine qui se logent juste sous le duvet. La chair est ensuite passée au moulin à légumes, ce qui retient la peau, les pépins et les cellules pierreuses du cœur. La couleur est le signe de la cuisson. Une pulpe crème au départ vire au rose puis au rouge brique à mesure qu'elle réduit : la chaleur prolongée en milieu acide transforme une partie des tanins incolores du fruit en pigments rouges. Une pâte restée pâle a cuit trop vite ou pas assez longtemps. Le test qui compte est celui de la cuillère : quand la pâte se décolle du fond en bloc et qu'un sillon tracé ne se referme pas, elle prendra. Il reste à la laisser sécher deux jours à l'air, à la couper et à la rouler dans le sucre, et elle se garde ensuite des mois dans une boîte, au sec.
Difficulté: 2/5
Recette originale prévue pour 12 personnes · 2 460 g préparés, 205 g par personne
⚠️ Allergènes :
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Étape 7 — Le séchage prend deux jours : la pâte se prépare au début de l'automne pour les fêtes.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Frotter les coings avec un torchon sec pour retirer le duvet gris qui les couvre. Ne pas les éplucher : la peau porte une bonne part du parfum et de la pectine.
Mettre les coings entiers dans une grande casserole, couvrir d'eau et cuire à petits frémissements 35 à 45 minutes, jusqu'à ce qu'une lame les traverse sans résistance.
C’est prêt quand : Une lame traverse le coing entier sans forcer.
Égoutter, laisser tiédir, couper les coings en quartiers et retirer le cœur dur et les pépins. Passer la chair au moulin à légumes, grille fine, pour retenir la peau et les grains pierreux.
Peser la pulpe et ajouter le même poids de sucre, ou un peu moins pour une pâte moins sucrée (jamais moins des trois quarts, sinon elle ne se conserve pas). Ajouter le jus de citron.
Cuire à feu moyen en remuant sans cesse à la cuillère en bois, 45 minutes à 1 heure 15. La pâte crache : se protéger la main avec un gant. Elle fonce du crème au rouge brique et épaissit. Elle est prête quand elle se décolle du fond en bloc et qu'un sillon tracé à la cuillère ne se referme pas.
C’est prêt quand : La pâte est rouge brique, se détache des parois et laisse un sillon net au fond de la casserole quand on y passe la cuillère.
Verser dans un plat chemisé de papier cuisson, sur 2 cm d'épaisseur, et lisser à la spatule mouillée.
Laisser sécher 48 heures à température ambiante, à l'air, couvert d'un simple torchon, en retournant la plaque à mi-temps pour que les deux faces sèchent.
C’est prêt quand : La surface ne colle plus au doigt.
Démouler, couper en carrés de 2 cm et les rouler dans les 60 g de sucre réservés. Ranger dans une boîte en fer, entre deux feuilles de papier cuisson, au sec : elle se garde plusieurs mois.
0 / 8 étapes terminées
Pourquoi : Pas assez réduite : il restait trop d'eau quand on l'a coulée. (Réduction et concentration)
Rattrapage : Remettez-la en casserole, cuisez encore 15 à 20 minutes en remuant, et coulez de nouveau.
Pourquoi : Elle a attaché au fond faute de remuer en fin de cuisson, quand elle est la plus épaisse. (Caramélisation)
Rattrapage : Une pâte brûlée ne se rattrape pas ; la fois suivante, baissez le feu sur le dernier quart d'heure et ne lâchez pas la cuillère.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : boîte en fer, entre deux feuilles de papier cuisson
Plusieurs mois au sec et au frais, à l'abri de l'humidité qui ferait fondre le sucre d'enrobage.
Trois quarts du poids de la pulpe en sucre, pas moins : la pâte se garde alors quelques semaines au réfrigérateur plutôt que des mois.
Un fromage de brebis, à la manière espagnole

La pectine du coing, l'une des plus abondantes des fruits du verger, forme un réseau qui retient l'eau et le sucre : c'est elle qui fait tenir la pâte en cubes sans gélifiant ajouté.
Gélatine, pectine ou agar-agar piègent l'eau dans un réseau : confitures, panna cotta, gelées.

Le jus de citron abaisse le pH : sans acidité suffisante, les chaînes de pectine se repoussent et ne se lient pas, et la pâte reste molle.
L'acide raffermit les protéines, ralentit l'oxydation, équilibre le goût et active le bicarbonate.

Une heure de cuisson chasse l'eau jusqu'à ce que le sucre domine : c'est la concentration, et non une durée fixe, qui décide de la tenue et de la conservation.
L'évaporation de l'eau concentre les saveurs et épaissit sauces, jus et confitures.

Le sucre à poids égal de pulpe retient l'eau libre et empêche les moisissures : en dessous des trois quarts, la pâte ne se garde plus des mois.
Au-delà du goût : conservation, coloration, moelleux, abaissement du point de congélation des glaces.

Les coings cuisent entiers à petits frémissements, ce qui les attendrit sans les gorger d'eau.

La pulpe sucrée réduit en remuant sans cesse jusqu'à se détacher des parois en une masse brillante.

Le papier cuisson au fond du plat permet de démouler la pâte d'un bloc après le séchage.
Dulce de membrillo (pâte de coing espagnole)
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