
Le basilic est l'herbe la plus fragile de la cuisine : coupé au couteau et chauffé, il perd en quelques secondes ce pour quoi on l'a acheté.
55 recettes du site en utilisent. On en trouve surtout dans la cuisine italienne, française, américaine, méditerranéenne.
de juin à septembre
5 jours
92%
du poids, cru
2kg CO₂e / kg
Modérée pour un ingrédient brut
60%
100 g de basilic en bottes donnent environ 60 g de feuilles.
27kcal
pour 100 g
pour 100 g, source Agribalyse, fiabilité élevée
0.5 g
en moyenne
cher
| Pour 100 g | |
|---|---|
Macro-élémentsminéraux dont le corps contient des grammes | |
| Calcium | 177 mg |
| Magnésium | 64 mg |
| Phosphore | 56 mg |
| Potassium | 295 mg |
Oligo-élémentsminéraux présents à l’état de traces | |
| Cuivre | 0,39 mg |
| Fer | 3,17 mg |
| Manganèse | 1,15 mg |
| Zinc | 0,81 mg |
Vitamines liposolublessolubles dans les graisses, elles arrivent avec les lipides | |
| Vitamine A (équivalents rétinol) | 262 µg |
| Bêta-carotène | 3 140 µg |
| Vitamine D | 0,00 µg |
| Vitamine K1 | 415,0 µg |
Vitamines hydrosolublessolubles dans l’eau, une partie passe dans l’eau de cuisson | |
| Vitamine C | 18,0 mg |
| Vitamine B1 (thiamine) | 0,03 mg |
| Vitamine B2 (riboflavine) | 0,08 mg |
| Vitamine B3 (niacine) | 0,90 mg |
| Vitamine B5 (acide pantothénique) | 0,21 mg |
| Vitamine B6 | 0,16 mg |
| Vitamine B12 | 0,00 µg |
Cherchez des feuilles d'un vert franc, brillantes, sans point noir ni bord translucide, qui sont les premiers signes du froid ou du choc. Froissez une feuille près du bac : un basilic qui ne sent presque rien ne donnera rien dans l'assiette. Le basilic en pot vit plus longtemps que le basilic en barquette, à condition de le rempoter ou au moins de l'arroser par le bas. Évitez les tiges déjà montées en fleurs, dont les feuilles tournent à l'amertume, et les bottes livrées mouillées, qui noirciront dans la journée.
Le basilic commun européen, à grandes feuilles souples et à parfum net d'estragon et de girofle. Il rend beaucoup d'eau et noircit vite une fois coupé.
Cru, ajouté hors du feu, sur une tomate ou une pizza sortie du four. Déchiré à la main plutôt que ciselé au couteau.
Une sélection à petites feuilles bombées, moins riche en eau et plus dense en huiles essentielles, sans l'amertume mentholée du grand vert.
Le pesto, où sa concentration compte et où l'absence d'amertume évite d'avoir à corriger la sauce.
Une autre variété de la même espèce, à tige violette et à profil anisé dominé par l'estragole. Ses feuilles tiennent la chaleur sans s'effondrer.
Currys, sautés, soupes du sud est asiatique, ajouté en fin de cuisson. Il ne remplace pas le basilic italien, et la réciproque est vraie.
Deux plantes différentes en pratique : le citronné doit son odeur au citral, le pourpre ses anthocyanes et une amertume plus marquée.
En infusion, dans un dessert ou un cocktail pour le citronné. En salade et en décor pour le pourpre, dont la couleur passe à la cuisson.
Surtout pas au réfrigérateur : le basilic est une plante tropicale, il noircit en dessous d'environ 10 °C et les feuilles deviennent translucides puis molles en une nuit. Traitez le comme un bouquet de fleurs, tiges dans un verre d'eau sur le plan de travail, à l'abri du soleil direct, éventuellement couvert d'un sac plastique retourné : il tient ainsi une semaine et peut même faire des racines. Un pot vit plusieurs semaines si on l'arrose peu, par le bas, et qu'on pince régulièrement les têtes. Pour le long terme, ne le séchez pas, il perd presque tout : congelez le en purée avec de l'huile d'olive dans un bac à glaçons, ou faites du pesto, qui se conserve couvert d'huile.
Déchirer plutôt que couper
Les arômes du basilic sont enfermés dans des cellules de surface qui s'oxydent dès qu'elles sont rompues, et une lame écrase plus qu'elle ne tranche, surtout si elle n'est pas parfaitement affûtée : les bords noircissent en quelques minutes. Déchirez les feuilles à la main au dernier moment, ou taillez les en chiffonnade d'un seul geste net avec un couteau bien aiguisé.
la science · le geste · l'outil · le ratage
Toujours en fin de cuisson
Ses composés volatils, principalement le linalol, l'estragol et l'eucalyptol, partent avec la vapeur en moins d'une minute à feu vif. Un basilic ajouté au début d'une sauce tomate ne laisse qu'une trace herbacée vague. Jetez le hors du feu, au moment de servir, ou en deux fois : quelques feuilles en cours de cuisson pour le fond, le reste cru à la fin pour le parfum.
Le protéger par le gras
Les arômes du basilic sont liposolubles : mélangé à de l'huile d'olive, il est à la fois mieux extrait et protégé de l'oxydation, l'huile faisant écran à l'air. C'est le principe du pesto et la raison pour laquelle un basilic congelé en glaçons d'huile garde son parfum, là où un basilic congelé nu devient une bouillie noire sans goût.
Le pesto au mortier, si possible
Le mortier écrase et libère les huiles sans échauffement, quand les lames d'un robot chauffent la préparation et oxydent le basilic, ce qui explique la couleur terne et l'amertume de beaucoup de pestos mixés. Si vous utilisez un robot, procédez par à coups très courts, avec le bol refroidi, et ajoutez l'huile en dernier.
Marge d'erreur
exigeant
Exigeant, presque autant sur la manipulation que sur le timing. Il noircit à la coupe, il noircit au froid, il perd son parfum à la chaleur et il s'oxyde à l'air : quatre façons de rater une herbe qu'on n'a fait qu'ajouter. La bonne nouvelle est que ses défauts sont cosmétiques et aromatiques, jamais gustativement catastrophiques : un basilic noirci n'a pas mauvais goût, il n'a simplement plus de goût du tout.
Le basilic est l'exemple inverse de l'épice à réveiller : ses molécules, l'estragol et le linalol, sont si volatiles qu'elles partent dès qu'elles chauffent. Il se jette hors du feu, sur un plat déjà servi, et il se déchire à la main plutôt qu'il ne se coupe, parce que la lame écrase les cellules et fait noircir les bords.
« Le basilic séché fait très bien l'affaire à la place du frais. »
Faux, plus que pour n'importe quelle autre herbe.
Les composés qui font le parfum du basilic, linalol, estragol, cinéole, eucalyptol, sont très volatils et partent avec l'eau pendant le séchage. Ce qui reste est un profil dominé par les composés les moins volatils, ce qui donne cette note foin et légèrement mentholée que le basilic séché a en commun avec l'origan séché, et qui n'a plus grand chose à voir avec la plante fraîche. L'expérience est directe : sentez côte à côte une feuille fraîche froissée et une pincée de basilic séché, elles ne sentent pas la même plante. Les herbes à feuilles coriaces, thym, romarin, laurier, dont les huiles sont plus stables, supportent au contraire très bien le séchage : c'est une différence de composition, pas un défaut de procédé.
La chaleur détruit rapidement ses composés volatils, lui faisant perdre ses notes fraîches et anisées au profit d'un arôme d'herbe cuite très discret.
Il porte le parfum frais et fleuri de la feuille froissée, qui fait tout le pesto.
Elle donne le fond anisé qui distingue le basilic génois du basilic de supermarché.
Il donne la fraîcheur camphrée sensible sur les grandes feuilles de fin de saison.
Il apporte la chaleur légèrement clou de girofle qui soutient les notes fraîches.
Elle noircit les feuilles coupées au couteau.
Un blanchiment de quelques secondes la détruit et garde le pesto vert.
Basilic thaï ×1 : poids pour poids ; anisé et poivré, il tient la chaleur : parfait dans un wok ou un curry, hors sujet dans un pesto
Menthe ×0.5 : moitié du poids ; fraîcheur mentholée bien plus envahissante : salades d'été, cocktails et desserts aux fruits
Persil ×1 : poids pour poids ; plus herbacé et plus neutre : il fait un pesto correct et verdit une salade, sans le parfum anisé du basilic
Roquette ×1 : pesto de roquette : plus poivré, disponible toute l'année
Menthe ×1 : même poids de feuilles ciselées au dernier moment ; le basilic est plus doux et poivré : il tient la place de la menthe sur les légumes d'été, le melon et le fromage frais
Le basilic partage des composés aromatiques avec la tomate, ce qui explique un accord si évident qu'il en est devenu une signature : ce ne sont pas deux goûts qui se complètent, ce sont deux goûts qui se prolongent. Il fonctionne pour la même raison avec l'huile d'olive, l'ail, le pignon et le parmesan, avec les fromages frais, mozzarella et burrata, et avec les fruits d'été, pêche, fraise, melon, où sa note anisée fait merveille. Le basilic thaï, plus anisé, appartient à un autre système, celui du lait de coco, du citron vert et du piment.
Ce que les 1220 recettes du site en disent, et non ce qu’une théorie des arômes prédirait. Plus un aliment est proche du centre et large, plus il revient dans les mêmes recettes ; plus le trait est épais, plus la rencontre dépasse ce que le hasard expliquerait.
Le réfrigérateur
Sous 10 °C, les membranes cellulaires de cette plante tropicale se dégradent : les feuilles noircissent, deviennent translucides et perdent leur parfum en une nuit.
Sauf : Un pesto ou une purée de basilic à l'huile se garde très bien au froid, le gras faisant écran.
Une cuisson longue dans une sauce
Ses volatils s'évaporent en moins d'une minute à ébullition : après vingt minutes de mijotage, il ne reste qu'une note végétale sourde et un peu amère.
Sauf : Quelques feuilles ajoutées en début de cuisson d'une sauce tomate apportent un fond herbacé, à condition d'en garder de fraîches pour la fin.
Bruschetta al pomodoro (bruschetta à la tomate et au basilic)
10 feuilleBruschetta aux poivrons rôtis et au pecorino
10 feuilleBruschetta aux tomates confites et à la ricotta
12 feuilleCake au thon et aux tomates séchées
10 feuilleCake aux tomates séchées, mozzarella et basilic
15 feuilleCaponata (aubergines siciliennes à l'aigre-doux)
10 feuilleCaponata di zucca (caponata de courge à l'aigre-douce)
15 feuilleCourgettes rôties au four, feta & herbes aromatiques
12 feuilleCulurgiones (raviolis sardes à la pomme de terre et à la menthe)
6 feuilleCurry Vert au poulet
20 feuilleFileja alla 'nduja (pâtes calabraises torsadées à la 'nduja)
6 feuilleFrittata courgettes et ricotta
8 feuilleGnocchi alla sorrentina (gnocchi gratinés à la tomate et à la mozzarella)
15 feuilleHerbes de Provence
5 feuilleKombucha fraise-basilic (deuxième fermentation)
8 feuilleMalloreddus alla campidanese (gnocchetti sardes au safran et à la saucisse)
6 feuilleMelanzane alla parmigiana (gratin d'aubergines à la tomate et au parmesan)
20 feuilleMelanzane ripiene alla calabrese (aubergines farcies à la calabraise)
8 feuilleMinestrone
1 feuilleMontanare (pizzette frites napolitaines)
12 feuillePallotte cacio e ova (boulettes de pecorino et d'œuf à la sauce tomate)
8 feuillePan bagnat
12 feuillePanini caprese grillé
15 gPanzanella (salade toscane de pain et de tomates)
12 feuillePappa al pomodoro (soupe toscane de pain rassis et de tomate)
20 feuillePesto alla genovese (pesto génois au basilic)
50 feuillePesto rouge
20 feuillePizza al taglio (pizza romaine en plaque, à la coupe)
10 feuillePizza Margherita
10 feuillePizza scrocchiarella (pizza romaine fine et croustillante)
10 feuillePolpette al sugo (boulettes napolitaines à la sauce tomate)
8 feuillePolpette di melanzane (boulettes d'aubergine au pecorino, frites à l'huile d'olive)
15 feuillePolpette di pane (boulettes de pain italiennes au parmesan, mijotées en sauce tomate)
12 feuillePurée de pommes de terre au basilic
20 feuilleQuiche à l'aubergine et au parmesan
15 feuilleQuiche à la tomate et à la moutarde
12 feuilleRagù napoletano (sauce du dimanche mijotée aux deux viandes)
10 feuilleRatatouille niçoise
10 feuilleRavioli scapolesi (raviolis de Scapoli à la ricotta et à la scamorza)
8 feuilleRigatoni alla Norma (rigatoni catanais aux aubergines frites et à la ricotta salata)
12 feuilleRigatoni zucchine e ricotta (rigatoni aux courgettes et à la ricotta)
4 feuilleSalade Caprese
12 feuilleSalade de pâtes estivale
12 feuilleSalade mangue avocat
10 feuilleSalsa ragù (sauce bolognaise)
5 feuilleSauce tomate
15 feuilleScarpaccia de courgettes
8 feuilleSoupe de tomates rôties au basilic
20 gSpaghetti alla Nerano (spaghetti aux courgettes frites et au provolone)
12 feuilleSpaghetti and meatballs (spaghettis aux boulettes de viande à l'italo-américaine)
12 feuilleTallarines verdes (pâtes à la sauce d'épinards, de basilic et de fromage frais)
30 feuilleTapenade
10 feuilleTartines de chèvre chaud
5 feuilleThé glacé pêche-basilic
15 feuilleZiti al forno (gratin de pâtes napolitain)
8 feuilleLe basilic vient d'Inde, où il est cultivé depuis au moins trois mille ans, mais sous une espèce voisine : le tulsi, ou basilic sacré, plante rituelle de l'hindouisme, plantée devant les maisons et associée à Vishnou. Son statut y est religieux bien avant d'être culinaire.
Il arrive en Méditerranée par les routes commerciales antiques, et son nom garde la trace d'une ambivalence. Basilikon signifie royal en grec, mais la plante est aussi associée au basilic, le serpent fabuleux, et une tradition médiévale européenne tenace en fait une herbe de mauvais augure, liée aux scorpions et à la folie. Pendant des siècles, l'Europe du Nord le cultive avec méfiance quand l'Italie et la Grèce le mangent.
Sa consécration est italienne et récente à l'échelle de son histoire : le pesto génois, tel qu'on le connaît, apparaît dans les livres de cuisine ligures au XIXe siècle, la première recette imprimée étant généralement attribuée à Giovanni Battista Ratto en 1863. Le basilic génovese a depuis obtenu une AOP, avec un cahier des charges qui exige des feuilles jeunes et un séchage interdit.
En Grèce, le basilic a longtemps été planté en pot devant les maisons et dans les cours des églises orthodoxes plutôt que consommé. La tradition le relie à sainte Hélène, qui aurait découvert la Vraie Croix à l'endroit où poussait une touffe de basilic, d'où son nom d'herbe royale. Il sert encore aujourd'hui dans certaines paroisses à asperger l'eau bénite, un bouquet de basilic tenant lieu de goupillon. Cet usage rituel explique en partie pourquoi la Grèce, qui en cultive beaucoup, en cuisine assez peu.
Source : Alan Davidson, The Oxford Companion to Food, entrée « basil »
La science derrière
Le matériel
Quand ça rate
Les cuisines
Sources : Alan Davidson, The Oxford Companion to Food, entrée « basil » ; Consorzio del Pesto Genovese, cahier des charges du Basilico Genovese AOP ; Harold McGee, On Food and Cooking, chapitre sur les herbes.