
Tempeh maison (soja fermenté à la feuille)

Des graines de soja décortiquées, acidifiées, séchées et ensemencées de Rhizopus, puis maintenues à 30 °C pendant trente-six heures jusqu'à ce que le mycélium blanc les soude en un bloc compact.
Le tempeh est une fermentation fongique, et non lactique : ce n'est pas une bactérie qui travaille mais une moisissure, Rhizopus oligosporus, dont le mycélium pousse entre les graines et les relie en un gâteau qu'on peut trancher. C'est la seule fermentation traditionnelle où le résultat visible est la moisissure elle-même, et il faut s'y faire : un tempeh réussi est entièrement blanc et duveteux. Trois conditions décident, et aucune ne pardonne. Les graines doivent être décortiquées, parce que le mycélium ne traverse pas la peau et ne souderait rien. Elles doivent être sèches en surface au moment d'être ensemencées, car l'eau libre fait proliférer les bactéries plus vite que le champignon : on les étale et on les éponge jusqu'à ce qu'elles ne brillent plus. Et le milieu doit être acide, d'où le vinaigre ajouté à l'eau de cuisson, qui abaisse le pH autour de 4,5, une valeur que le Rhizopus tolère très bien et que les bactéries indésirables supportent mal. L'incubation se fait à 30 °C, pas davantage. Le champignon produit lui-même de la chaleur une fois lancé, et un bloc de tempeh peut monter de cinq à dix degrés au-dessus de l'air ambiant : une étuve réglée à 37 °C le fera cuire et mourir en milieu de course. Des taches grises ou noires au bout de trente heures sont la sporulation du Rhizopus, inesthétique mais sans danger. Une odeur d'ammoniaque, en revanche, signale une contamination bactérienne et le lot se jette.
Difficulté: 3/5
Recette originale prévue pour 6 personnes · 3 543 g préparés, 591 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 5 sur 5.
Étape 1 — Le trempage de douze heures se lance la veille au soir pour cuire le lendemain matin.
Étape 9 — Le bloc se congèle entier ou tranché après réfrigération, et se garde plusieurs mois sans rien perdre.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Faire tremper les graines de soja dans trois fois leur volume d'eau froide pendant 12 heures. Elles doublent de volume.
Les frotter énergiquement entre les paumes dans l'eau de trempage : les peaux se détachent et remontent. Les écumer, renouveler l'eau et recommencer jusqu'à ce qu'il n'en reste presque plus. Le mycélium ne traverse pas la peau.
C’est prêt quand : L'eau de rinçage est claire et il ne surnage presque plus de peaux quand on frotte les graines entre les paumes.
Cuire les graines décortiquées 45 minutes à frémissement dans de l'eau additionnée du vinaigre de cidre. L'acidité amène le milieu vers pH 4,5, que le Rhizopus tolère et que les bactéries indésirables supportent mal.
Égoutter et étaler les graines sur un grand torchon propre. Les éponger et les remuer jusqu'à ce qu'elles soient tièdes et mates, sans aucune brillance d'eau en surface. C'est l'étape la plus souvent bâclée et la cause la plus fréquente d'échec.
C’est prêt quand : Les graines sont tièdes et mates, sans aucun reflet d'eau, et ne collent pas entre elles dans le torchon.
Quand les graines sont à moins de 35 °C, saupoudrer le ferment et mélanger deux minutes pour le répartir partout.
Tasser dans des sachets plastique perforés tous les deux centimètres, en couche de deux centimètres d'épaisseur. Les perforations laissent respirer le champignon, qui est aérobie.
Incuber à 30 °C pendant 36 à 48 heures. Au bout de 24 heures, un duvet blanc apparaît et le bloc commence à chauffer tout seul : baisser alors la consigne de quelques degrés, un tempeh qui dépasse 40 °C meurt.
C’est prêt quand : Au bout de vingt-quatre heures, un duvet blanc couvre les graines et le sachet est tiède au toucher : le bloc chauffe tout seul.
Réfrigérer pour arrêter la pousse. Se garde cinq jours au froid et plusieurs mois au congélateur. Se consomme toujours cuit.
0 / 8 étapes terminées
Pourquoi : Soit le sachet manque de perforations, soit des graines ont gardé leur peau. (Fermentation par levure)
Rattrapage : Perforer tous les deux centimètres et décortiquer plus soigneusement : le mycélium ne colonise ni l'anaérobie ni la peau du soja.
Pourquoi : Contamination bactérienne, presque toujours due à des graines encore humides au moment de l'ensemencement. (Séchage et croustillant)
Rattrapage : Jeter le lot. Au prochain essai, sécher les graines jusqu'à ce qu'elles soient mates, et ensemencer en dessous de 35 °C.
Pourquoi : Le bloc a dépassé 40 °C par sa propre chaleur métabolique. (Transferts de chaleur)
Rattrapage : Baisser la consigne de trois à cinq degrés dès que le sachet devient tiède, vers la vingt-quatrième heure, et espacer les blocs dans l'incubateur.
Pourquoi : Ferment périmé, ou graines encore trop chaudes à l'ensemencement.
Rattrapage : Vérifier la date du ferment, qui se conserve au congélateur, et toujours ensemencer sous 35 °C : au-delà, les spores meurent au contact.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : boîte hermétique
Réchauffage : Tranché et sauté cinq minutes à l'huile bien chaude, ou mariné puis rôti : il faut une cuisson franche pour ouvrir son goût de noisette.
Cinq jours au réfrigérateur, où il continue de noircir par sporulation sans danger. Six mois au congélateur. Il se consomme toujours cuit.
Même méthode avec des pois chiches concassés, plus faciles à décortiquer et au goût plus doux ; l'incubation est un peu plus rapide.
Un tiers de riz ou d'orge cuits mêlés au soja : le bloc est plus tendre et le résultat plus proche des tempeh indonésiens de marché.
Emballer en feuille de bananier plutôt qu'en sachet, comme à Java : la feuille respire naturellement et parfume légèrement le bloc.
Du riz blanc, du sambal et des légumes sautés, comme à Java
Un thé vert léger, ou une bière blanche
Tranché fin, frit et salé, en amuse-bouche

Rhizopus oligosporus est une moisissure, pas une bactérie : son mycélium pousse entre les graines et les coud en un bloc. Il est aérobie, d'où les perforations du sachet, et il meurt au-dessus de 40 °C.
Les levures transforment les sucres en CO2 et en alcool : la pâte lève et développe ses arômes.

Les quatre centilitres de vinaigre dans l'eau de cuisson amènent le milieu vers pH 4,5. Le Rhizopus y est à l'aise, les bactéries de contamination beaucoup moins : c'est la sécurité de la recette, pas son goût.
L'acide raffermit les protéines, ralentit l'oxydation, équilibre le goût et active le bicarbonate.

À partir de la vingt-quatrième heure, le champignon produit sa propre chaleur et le bloc monte de cinq à dix degrés au-dessus de l'ambiante. Une consigne qui ne baisse pas alors cuit le mycélium qu'elle devait faire pousser.
Conduction, convection et rayonnement ne chauffent pas pareil : poêle, four, friture et vapeur donnent des résultats différents.

Les graines doivent être mates et sèches en surface avant l'ensemencement. Un film d'eau sur la graine est une autoroute pour les bactéries, et c'est la cause d'échec la plus fréquente.
Le croustillant naît du départ de l'eau en surface ; couvrir ou entasser fait ramollir.

Trente degrés pendant 36 à 48 heures, dans un four éteint avec la lampe allumée, une yaourtière ou un déshydrateur : c'est une incubation, et la régularité compte plus que la valeur exacte.

Quarante-cinq minutes à frémissement, jamais à gros bouillons : les graines doivent rester entières, une graine éclatée libère un amidon qui colle et favorise les contaminations.

Étaler les graines cuites sur un torchon et les remuer jusqu'à ce qu'elles soient mates et tièdes : le geste est le même que pour dessécher, et le but identique, enlever l'eau de surface.