
Tielle sétoise

La tourte de Sète : une pâte à pain à l'huile d'olive, orangée de tomate, fermée sur un ragoût de poulpe très réduit, au vin blanc et au piment. Se mange chaude, tiède ou froide, et la pâte doit rester sèche sous la garniture.
La tielle est arrivée à Sète avec les pêcheurs de Gaète, près de Naples, à la fin du XIXe siècle. Chez eux, la « tiella » désignait le plat de cuisson autant que la tourte de poulpe que l'on emportait en mer. À Sète, c'est Adrienne Virduci qui l'a vendue la première, en 1937, au quartier haut, et ses descendants la font toujours. Il y a deux leçons dans cette tourte. La première concerne le poulpe : son muscle est tenu par un collagène dense qui reste caoutchouteux jusqu'à ce qu'une cuisson longue à petit frémissement le transforme en gélatine ; congeler le poulpe avant de le cuire rompt une partie de ces fibres, et c'est pourquoi le poulpe surgelé est ici meilleur que le frais. La seconde concerne la sauce : une garniture humide traverse une pâte levée et la rend molle, si bien que le ragoût doit être réduit jusqu'à être presque sec, quitte à sembler trop concentré dans la casserole. Le poulpe rendra encore un peu d'eau au four, et c'est ce qui donne à la tielle son moelleux.
Difficulté: 3/5
Recette originale prévue pour 6 personnes · 2 436 g préparés, 406 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 9 sur 9.
Étape 6 — Cuire le poulpe et préparer la sauce ; les garder ensemble au réfrigérateur.
Étape 8 — Cuire la tielle entièrement : elle se sert froide.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Délayez la levure dans l'eau tiède, autour de 30 °C (tiède au doigt, pas plus), avec le sucre. Mettez la farine et 7 g de sel dans un saladier, versez la levure délayée et 4 cl d'huile d'olive, et pétrissez 8 à 10 minutes jusqu'à obtenir une pâte lisse, souple, qui ne colle plus aux mains.
Couvrez le saladier d'un torchon et laissez lever 1 heure à température ambiante, jusqu'à ce que la pâte ait doublé de volume.
Mettez le poulpe dans une grande casserole, couvrez-le d'eau froide, ajoutez le laurier, et portez à frémissement. Cuisez 45 à 50 minutes à feu doux, sans bouillir fort, jusqu'à ce qu'une pointe de couteau entre dans la partie la plus épaisse d'une tentacule sans résistance. Égouttez et laissez tiédir.
C’est prêt quand : La pointe d'un couteau entre dans la base d'une tentacule sans résistance et la peau se détache en frottant.
Coupez le poulpe en morceaux de 1 cm, tête comprise. Ciselez l'oignon, hachez l'ail et le persil.
Dans une sauteuse, faites fondre l'oignon 5 minutes dans 3 cl d'huile d'olive. Ajoutez l'ail, 40 g de concentré de tomates, et laissez cuire 1 minute. Versez le vin blanc, laissez-le réduire de moitié, puis ajoutez les tomates pelées écrasées, le thym, le piment, le poivre et le reste du sel. Laissez mijoter 20 minutes à découvert, en remuant, jusqu'à ce que la sauce soit épaisse et qu'une cuillère y laisse un sillon.
Ajoutez le poulpe et le persil à la sauce et poursuivez 10 minutes à feu doux, jusqu'à ce que la sauce soit presque sèche et enrobe chaque morceau. Laissez refroidir complètement : une garniture chaude ferait fondre la pâte.
C’est prêt quand : La sauce est presque sèche, d'un rouge brique, et enrobe chaque morceau de poulpe sans jus au fond de la sauteuse.
Préchauffez le four à 200 °C. Huilez un moule à manqué de 26 cm. Abaissez les deux tiers de la pâte en un disque de 3 mm et foncez le moule en laissant la pâte déborder de 2 cm. Versez la garniture froide. Abaissez le reste en un disque fin, posez-le dessus, puis roulez ensemble les bords des deux abaisses vers l'intérieur pour former le bourrelet torsadé qui signe la tielle. Piquez le dessus en cinq ou six points. Délayez le reste du concentré dans 1 cl d'huile d'olive et badigeonnez toute la surface au pinceau : c'est ce qui donne la couleur orangée.
Enfournez 35 à 40 minutes à 200 °C, jusqu'à ce que la pâte soit orange foncé, brune sur le bourrelet, et que le fond sonne creux quand on le tape.
C’est prêt quand : La pâte est orange foncé, brune sur le bourrelet, et le fond démoulé est ferme et coloré.
Laissez reposer 20 minutes avant de démouler et de couper : la garniture se raffermit et les parts tiennent. La tielle se mange tiède ou froide, jamais brûlante.
0 / 9 étapes terminées
Pourquoi : Cuisson trop courte ou trop violente à l'étape 3. (Dénaturation des protéines)
Rattrapage : Il ne s'attendrira pas davantage au four. La prochaine fois, testez au couteau la partie la plus épaisse et prolongez de 10 minutes si elle résiste.
Pourquoi : La sauce n'était pas assez réduite, ou la garniture était encore chaude au montage. (Réduction et concentration)
Rattrapage : Repassez les parts 10 minutes au four à 180 °C directement sur la grille pour sécher le fond. La prochaine fois, réduisez la sauce jusqu'à ce qu'elle soit presque sèche.
Pourquoi : Le bourrelet n'était pas assez pincé, ou la pâte du dessus trop tendue.
Rattrapage : Rien de grave, la tielle est bonne mais moins belle ; soudez le bourrelet en roulant les deux bords ensemble et en pinçant fermement tout le tour.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : filmée, entière ou en parts
Réchauffage : Au four à 160 °C pendant 15 minutes, jamais au micro-ondes qui ramollit la pâte ; ou froide, ce qui est la façon sétoise.
Meilleure le lendemain, quand la garniture a fini d'imprégner la pâte. Se congèle cuite, en parts.
Six tielles de 10 cm dans des moules à tartelette : c'est le format des marchands de Sète, et elles se transportent mieux.
Avec des calamars à la place du poulpe, cuisson réduite à 25 minutes : moins authentique, mais plus facile à trouver.
Un Picpoul de Pinet bien frais, le blanc de l'étang de Thau, ou un rosé du Languedoc.
Une salade de tomates à l'échalote ou une simple salade verte ; la tielle est déjà un repas.

Le collagène du poulpe reste caoutchouteux jusqu'à ce que 45 minutes de frémissement le transforment en gélatine ; la congélation préalable rompt une partie des fibres et accélère l'attendrissement, d'où le poulpe surgelé recommandé.
La chaleur, l'acide ou le fouettage déplient les protéines et changent la texture (viande qui raffermit, poisson qui « cuit » au citron).

La sauce est réduite jusqu'à être presque sèche avant d'entrer dans la pâte : une garniture humide traverse une pâte levée et la rend molle, et le poulpe rendra encore de l'eau au four.
L'évaporation de l'eau concentre les saveurs et épaissit sauces, jus et confitures.

Une pâte à pain à l'huile, levée une heure : l'huile d'olive assouplit le réseau de gluten et donne une croûte tendre plutôt que croustillante, celle que l'on peut manger froide à la main.
Les levures transforment les sucres en CO2 et en alcool : la pâte lève et développe ses arômes.

Le concentré de tomates dilué dans l'huile et passé au pinceau apporte sucres et acides aminés à la surface : c'est lui qui brunit en orange foncé à 200 °C, pas la pâte seule.
Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

Huit à dix minutes pour une pâte lisse et souple qui ne colle plus : le réseau de gluten doit être assez formé pour supporter la garniture sans se déchirer.

Une heure à température ambiante, jusqu'au doublement : la pâte lèvera encore un peu au four sous la garniture.

Le poulpe part à l'eau froide et cuit 45 à 50 minutes à petit frémissement, jusqu'à ce qu'un couteau entre sans résistance dans la partie épaisse d'une tentacule.

Vingt minutes à découvert pour la sauce tomate, puis dix de plus avec le poulpe : elle doit enrober chaque morceau et laisser un sillon net sous la cuillère.

Deux tiers de la pâte foncent un moule de 26 cm en débordant de 2 cm ; le tiers restant couvre, et les bords roulés ensemble forment le bourrelet torsadé.
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