
Sienikeitto (soupe finlandaise aux champignons à la crème)

Un velouté très court et très blanc : un roux au beurre, du lait, et des champignons des bois sautés. Rien pour masquer le goût du champignon, ce qui est le but.
Les forêts finlandaises produisent des champignons en quantités que personne ne ramasse entièrement, et le sienikeitto est la façon la plus simple d'en manger. Il est volontairement pâle et doux : pas d'ail, pas de vin, pas de bouillon de viande, rien qui vienne par-dessus. Ce qu'on goûte est le champignon et la crème. Le liant est un roux blanc, c'est-à-dire de la farine cuite dans le beurre juste assez pour perdre son goût de cru, une à deux minutes, sans prendre de couleur. Au-delà, les amidons commencent à se dextriniser : le roux brunit, gagne un goût de noisette, et perd en pouvoir épaississant, ce qui est exactement ce qu'on ne veut pas ici. Le lait se verse froid sur le roux chaud, en trois fois, en fouettant : l'écart de température empêche les grumeaux de se former. Un mot sur les champignons finlandais qui vaut partout. Certaines espèces très courantes là-bas, les lactaires notamment, sont âcres crues et doivent être blanchies puis égouttées avant usage. Avec des champignons de nos forêts, girolles, pieds-de-mouton ou trompettes, cette précaution est inutile. En revanche la règle de la poêle reste la même : à feu vif, en petite quantité, pour qu'ils dorent.
Difficulté: 1/5
Recette originale prévue pour 4 personnes · 1 578 g préparés, 395 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 7 sur 7.
Étape 2 — Les champignons se poêlent la veille et se gardent au réfrigérateur : c'est l'étape longue, et la soupe se monte en quinze minutes ensuite.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Nettoyer les champignons à la brosse plutôt qu'à l'eau, et les émincer.
Faire sauter les champignons dans un tiers du beurre, à feu vif et en deux fournées, jusqu'à ce qu'ils soient dorés et que l'eau rendue se soit évaporée. Ajouter l'oignon haché en fin de cuisson.
C’est prêt quand : La poêle a cessé de siffler, les champignons ont réduit de moitié et sont franchement dorés.
Dans une casserole, fondre le reste du beurre et y cuire la farine une à deux minutes sans la colorer : un roux brun lierait moins bien et parfumerait là où on ne veut rien.
C’est prêt quand : Le roux mousse, sent la noisette et n'a pas pris de couleur.
Verser le lait froid en trois fois en fouettant sans arrêt, puis porter à frémissement et laisser épaissir 5 minutes.
C’est prêt quand : La soupe nappe le dos d'une cuillère et aucun grumeau ne reste au fouet.
Ajouter les champignons, la crème, le sel, le poivre blanc et une râpée de muscade. Laisser 5 minutes à feu doux sans bouillir.
C’est prêt quand : La surface frémit à peine, sans jamais bouillonner.
Parsemer de persil ciselé et servir avec du pain de seigle.
0 / 6 étapes terminées
Pourquoi : Lait versé d'un coup, ou pas assez fouetté (Gélatinisation de l'amidon)
Rattrapage : Passer au mixeur plongeant ou au chinois : c'est rattrapable. En trois fois et au fouet la prochaine fois.
Pourquoi : Portée à ébullition après la crème (Dénaturation des protéines)
Rattrapage : Un coup de mixeur plongeant rattrape l'aspect. Feu doux seulement une fois le lait entré.
Pourquoi : Poêle surchargée ou champignons lavés à l'eau (Transferts de chaleur)
Rattrapage : Deux fournées, feu vif, et un nettoyage à la brosse.
Pourquoi : Trop de farine, ou réduction trop longue
Rattrapage : Rallonger au lait chaud en fouettant, par petites quantités.
Pourquoi : Champignons non dorés (Réaction de Maillard)
Rattrapage : Le brunissement est la recette : rien d'ajouté ensuite ne le remplace.
Le même problème, ailleurs sur le site :
Vous avez innové dans la manière de foirer cette recette ? Racontez-nous : on cherche avec vous ce qui s’est passé, et si on trouve, ça rejoint cette rubrique pour les suivants.
Comment : boîte hermétique
Réchauffage : À feu doux sans bouillir, en fouettant si elle a épaissi.
Trois jours au frais, et elle épaissit en refroidissant : la rallonger au lait chaud. La congélation n'est pas conseillée, une soupe liée au roux et à la crème ressortant granuleuse.
Elle l'est déjà.
Huile et boisson d'avoine à la place du beurre, du lait et de la crème : l'avoine est le lait végétal le plus proche du résultat finlandais, en goût comme en texture.
Lier à vingt-cinq grammes de fécule de maïs délayée dans un peu de lait froid plutôt qu'au roux de farine.
Trente grammes de cèpes séchés réhydratés, et leur eau de trempage filtrée versée avec le lait : la soupe gagne une profondeur que les champignons frais seuls ne donnent pas.
Un chardonnay légèrement boisé, ou une bière blonde de fermentation basse
Du pain de seigle beurré, et des œufs durs écrasés à la finlandaise

Les champignons sautés à feu vif et en deux fournées avant d'entrer dans la soupe : c'est la seule source de goût profond d'une recette par ailleurs blanche et douce. Jetés crus dans le lait, ils n'auraient que leur parfum de sous-bois, et la soupe serait aussi fade que sa couleur le laisse craindre.
Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

L'eau rendue doit s'évaporer avant que les champignons ne dorent : un champignon est fait de quatre-vingt-dix pour cent d'eau, et tant qu'elle est là la poêle plafonne à cent degrés, loin de la température où quoi que ce soit brunit. D'où les deux fournées, et d'où la patience : il ne se passe rien pendant quatre minutes, puis tout arrive d'un coup.
L'évaporation de l'eau concentre les saveurs et épaissit sauces, jus et confitures.

Quarante grammes de farine cuits dans le beurre puis délayés au lait : l'amidon gonfle et gélatinise entre soixante et quatre-vingts degrés, et c'est lui qui donne à la soupe sa consistance veloutée sans qu'il y ait ni purée ni légume mixé. Le roux reste blanc, deux minutes à peine, parce qu'un amidon dextrinisé par la chaleur lie nettement moins.
Chauffé en milieu humide, l'amidon gonfle et épaissit : béchamel, crème pâtissière, risotto.

Lait et crème ne dépassent jamais le frémissement. Les protéines du lait coagulent vers quatre-vingt-cinq degrés et la soupe se mettrait à grainer, d'autant plus vite qu'elle est déjà légèrement liée. Les cinq dernières minutes se font donc à feu doux, et la soupe ne bout pas une fois la crème entrée.
La chaleur, l'acide ou le fouettage déplient les protéines et changent la texture (viande qui raffermit, poisson qui « cuit » au citron).

Cinq cents grammes de champignons dans une poêle d'un coup font retomber sa température de plusieurs dizaines de degrés : ils se mettent à bouillir dans leur eau au lieu de la perdre. En deux fournées, la poêle reste chaude et le travail prend moins de temps que la méthode qui paraît plus rapide.
Conduction, convection et rayonnement ne chauffent pas pareil : poêle, four, friture et vapeur donnent des résultats différents.

À feu vif, en deux fois, sans remuer tout le temps : on attend que la face posée dore avant de bouger quoi que ce soit.

Un roux blanc : la farine cuite une à deux minutes dans le beurre, juste le temps de perdre son goût cru, sans prendre de couleur.

Le lait froid versé en trois fois sur le roux chaud, fouetté entre chaque : l'écart de température et le fractionnement sont ce qui empêche les grumeaux.

Les champignons en lamelles d'un demi-centimètre : plus fines elles disparaîtraient dans le velouté, plus épaisses elles ne doreraient pas.

Poivre blanc et non noir, muscade à peine râpée : la soupe est blanche, et le poivre noir s'y voit autant qu'il s'y goûte.