
Rillettes de champignons aux noix

Des champignons hachés au couteau et poêlés à sec, montés au beurre et aux noix. La texture de rillettes sans la viande.
Le mot rillettes promet une texture, des fibres courtes dans du gras, et un champignon peut l'imiter à condition qu'on le traite comme de la viande et non comme un légume. Tout repose sur la coupe et sur la déshydratation. Haché au couteau en morceaux irréguliers plutôt que mixé, le champignon garde des fibres de longueurs différentes, ce qui est exactement la structure d'une rillette ; au mixeur, il devient une purée. Poêlé ensuite longuement, il perd l'essentiel de ses 90 % d'eau, et ce qui reste se concentre : les nucléotides et le glutamate libre du champignon, qui sont déjà parmi les plus élevés du règne végétal, se retrouvent dans une masse trois fois plus petite. C'est pour cela qu'une rillette de champignons a un goût de viande sans en contenir. Le beurre est ajouté hors du feu et en morceaux froids. Il contient 16 % d'eau et 2 % de protéines laitières, et il émulsionne avec le jus résiduel tant qu'il reste sous 60 °C environ ; au-dessus, il se dissocie et la rillette devient grasse en bouche. Les noix torréfiées apportent du croquant et leurs propres lipides, mais aussi un peu d'amertume par leurs tanins, qui équilibre le gras. Un filet de vinaigre de cidre à la fin fait le même travail, l'acidité rendant le beurre moins lourd. Ça se garde une semaine au froid sous une couche de beurre clarifié, comme une vraie rillette.
Difficulté: 1/5
Recette originale prévue pour 6 personnes · 1 185 g préparés, 198 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 7 sur 7.
Étape 6 — C'est la recette même : faites deux jours à l'avance, elles sont nettement meilleures, le temps que l'ail et le thym se fondent.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Hacher tous les champignons au couteau en morceaux irréguliers de trois ou quatre millimètres. Surtout pas au mixeur, qui en ferait une purée.
Les poêler dans l'huile d'olive sur feu vif, en deux fois, jusqu'à ce qu'ils aient rendu toute leur eau et qu'elle se soit évaporée, environ 12 minutes par tournée.
C’est prêt quand : Le bruit de la poêle est passé du bouillonnement au grésillement, et les morceaux ont nettement doré.
Ajouter les échalotes et l'ail hachés avec le thym, et cuire encore 5 minutes. Déglacer au vinaigre de cidre, saler et poivrer.
Griller les noix à sec et les concasser.
C’est prêt quand : Les noix embaument et ont pris une couleur blonde sans amertume.
Hors du feu et une fois la poêle tiédie, incorporer le beurre froid en morceaux en remuant : au-dessus de 60 °C il se dissocierait au lieu d'émulsionner.
C’est prêt quand : Le beurre fond en nappant sans faire de flaque d'huile claire.
Ajouter les noix et le persil haché, tasser en terrine et laisser prendre au froid 2 heures. Sortir 20 minutes avant de servir, sur du pain grillé.
C’est prêt quand : La terrine est froide, ferme, et se tartine sans s'effriter.
0 / 6 étapes terminées
Pourquoi : Beurre incorporé dans une poêle trop chaude (Émulsion)
Rattrapage : Mélanger vivement à froid avec une cuillerée d'eau glacée, ce qui rattrape parfois l'émulsion.
Pourquoi : Poêle surchargée (Réduction et concentration)
Rattrapage : Poursuivre à feu vif en deux poêlées séparées : tant qu'il reste de l'eau, rien ne dore.
Pourquoi : Champignons passés au mixeur
Rattrapage : Rien ne la rattrape. Au couteau, en morceaux irréguliers.
Pourquoi : Pas assez d'acidité (Acidité et pH)
Rattrapage : Ajouter un trait de vinaigre de cidre et rectifier le sel.
Le même problème, ailleurs sur le site :
Vous avez innové dans la manière de foirer cette recette ? Racontez-nous : on cherche avec vous ce qui s’est passé, et si on trouve, ça rejoint cette rubrique pour les suivants.
Comment : terrine filmée au contact, ou pots couverts d'une couche de beurre fondu
Cinq jours au réfrigérateur, davantage si la surface est scellée d'une couche de beurre clarifié, qui met la préparation à l'abri de l'air. Elles se congèlent deux mois. Toujours les sortir vingt minutes avant de servir.
Le beurre remplacé par cent grammes de purée de noix de cajou et trois centilitres d'huile de noix : la liaison tient et le goût reste proche.
Aucun ingrédient n'en contient ; seul le pain du service est à choisir.
Des noisettes grillées à la place des noix et de l'estragon à la place du persil : plus printanier et nettement plus parfumé.
Deux centilitres de cognac flambés avec les échalotes, en plus du vinaigre : les rillettes prennent un air de terrine de gibier.
Du pain de campagne grillé et des cornichons, qui apportent l'acidité du service
Un chenin sec de Loire, ou un vin jaune du Jura si l'on veut jouer la noix

Un champignon de Paris est fait de plus de quatre-vingt-dix pour cent d'eau, et cette eau doit entièrement partir avant que quoi que ce soit ne se passe. Douze minutes par tournée : la poêle rend d'abord un bouillon, puis le bruit change, le grésillement remplace le bouillonnement, et c'est seulement là que la cuisson commence vraiment.
L'évaporation de l'eau concentre les saveurs et épaissit sauces, jus et confitures.

En deux fois et jamais en une : huit cents grammes de champignons dans une poêle font tomber la température sous cent degrés et cuisent dans leur jus, pâles et mous. Il faut que la poêle reste assez chaude pour que les acides aminés et les sucres du champignon brunissent, et c'est ce brunissement qui donne aux rillettes leur goût de viande.
Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

Le beurre froid incorporé hors du feu dans une poêle tiédie : ses gouttelettes de matière grasse restent dispersées dans l'eau résiduelle et les sucs, et c'est cette émulsion qui lie les rillettes et leur donne leur onctuosité. Au-dessus de soixante degrés, le beurre se dissocie, l'huile se sépare, et la terrine rend une flaque jaune au réfrigérateur.
Dispersion stable de gras dans l'eau (ou l'inverse) grâce à un émulsifiant et à l'agitation : mayonnaise, vinaigrette, ganache.

Deux centilitres de vinaigre de cidre déglacent la poêle et font bien plus que décoller les sucs : l'acidité tranche le gras de cent vingt grammes de beurre et empêche les rillettes d'être écœurantes à la deuxième tartine.
L'acide raffermit les protéines, ralentit l'oxydation, équilibre le goût et active le bicarbonate.

Les rillettes prennent deux heures au froid parce que le beurre y cristallise, et c'est lui seul qui les tient. D'où la sortie vingt minutes avant le service : à quatre degrés elles sont dures et muettes, à seize elles redeviennent tartinables et libèrent leurs arômes.
Le gras enrobe, attendrit, isole le gluten (pâtes sablées) et transporte les arômes.

Au couteau, en morceaux irréguliers de trois ou quatre millimètres. Le mixeur ferait une purée grise : toute la différence entre des rillettes et une crème de champignons tient dans ce hachage à la main.

Feu vif et en deux tournées, jusqu'à ce que le grésillement remplace le bouillonnement puis que les morceaux dorent.

Au vinaigre de cidre sur la poêle encore chaude : les sucs collés au fond sont le plus concentré de ce qui a été cuit.

Les noix à sec jusqu'à ce qu'elles embaument : crues, elles apportent une astringence, grillées, une rondeur de beurre noisette.

Le beurre froid en morceaux, hors du feu, sur une poêle qui ne doit plus brûler les doigts tenus au-dessus. C'est le geste qui décide de la texture.

Les noix grossièrement, sous la lame du couteau : on veut les retrouver sous la dent.