
Tajine de courge, pois chiches et raisins secs

Un tajine végétarien sucré-salé : courge, pois chiches, raisins gonflés, ras el-hanout et miel. Se mange avec de la semoule.
Le tajine est d'abord un ustensile, et sa forme est un outil de cuisson précis. Le couvercle conique est haut et froid à son sommet, bien plus froid que la base posée sur le feu ; la vapeur y monte, s'y condense sur la paroi, et redescend le long du cône jusque dans le plat. C'est un reflux continu, qui permet de cuire une à deux heures avec très peu de liquide au départ et d'obtenir une sauce concentrée plutôt qu'un bouillon. Une cocotte à fond épais et couvercle lourd s'en approche ; une casserole à couvercle plat ne le fait pas. Le sucré-salé marocain n'est pas une fantaisie moderne : il vient directement de la cuisine abbasside du IXe siècle, qui mariait déjà le fruit sec, le miel et la viande, et que l'Andalousie a transmise au Maghreb. Les raisins secs sont gonflés dans l'eau tiède avant d'entrer, ce qui n'est pas facultatif : un raisin sec jeté tel quel pompe l'eau de la sauce, qu'il assèche, et il reste coriace. Le ras el-hanout veut dire « le dessus de la boutique », c'est-à-dire ce que l'épicier a de meilleur, et sa composition change d'une maison à l'autre, de douze à trente épices. Il contient presque toujours de la cannelle, du gingembre, de la muscade, du poivre long et des boutons de rose, et c'est un mélange qu'on ajoute en cours de cuisson plutôt qu'au tout début : ses composants les plus volatils, les fleurs en particulier, ne survivent pas à une heure de mijotage. Le miel arrive en fin de cuisson, parce que porté longuement au feu il perd ses arômes floraux et ne reste qu'un sucre.
Difficulté: 2/5
Recette originale prévue pour 6 personnes · 4 463 g préparés, 744 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 8 sur 8.
Étape 1 — Les pois chiches se cuisent plusieurs jours à l'avance et se congèlent dans leur eau de cuisson.
Étape 6 — Le tajine entier se fait la veille : c'est même la meilleure manière de le servir.
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La veille, faire tremper les pois chiches. Le jour même, les cuire 50 minutes à l'eau non salée.
Faire gonfler les raisins secs 20 minutes dans l'eau tiède : jetés secs, ils pomperaient l'eau de la sauce et resteraient durs.
Faire fondre les oignons émincés dans l'huile d'olive avec l'ail, 15 minutes, à feu doux.
C’est prêt quand : Les oignons sont translucides, fondus et presque confits, sans coloration.
Ajouter le gingembre, la cannelle, le safran pilé, le sel et le poivre, et mouiller avec l'eau. Ajouter les carottes en tronçons et cuire 15 minutes.
Ajouter la courge en gros cubes, les pois chiches égouttés et le ras el-hanout, et laisser mijoter 25 minutes à couvert, sans remuer pour ne pas casser les morceaux.
C’est prêt quand : La courge se perce à la pointe du couteau mais les cubes tiennent entiers.
Ajouter les raisins égouttés et le miel, et laisser 8 minutes à découvert pour que la sauce nappe.
C’est prêt quand : La sauce nappe le dos de la cuillère et brille.
Griller les amandes à sec, les concasser, et les répartir avec la coriandre ciselée. Servir avec de la semoule.
0 / 7 étapes terminées
Pourquoi : Eau salée, ou pois chiches trop vieux (Rôle du sel)
Rattrapage : Poursuivre la cuisson à l'eau pure, avec une pointe de bicarbonate : des pois chiches de plus d'un an peuvent ne jamais céder.
Pourquoi : Cubes trop petits, ou plat remué
Rattrapage : Gros cubes et aucune cuillère pendant les vingt-cinq minutes : on secoue la cocotte si besoin.
Pourquoi : Dernière étape faite à couvert (Réduction et concentration)
Rattrapage : Huit à douze minutes à découvert, à feu moyen.
Pourquoi : Raisins ajoutés secs (Osmose)
Rattrapage : Vingt minutes dans l'eau tiède d'abord : c'est l'étape 2 et elle a l'air facultative.
Pourquoi : Pistils entiers jetés dans l'huile (Solubilité des arômes)
Rattrapage : Les piler et les infuser dans un peu d'eau chaude ou de bouillon avant de les verser.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : boîte hermétique
Réchauffage : À feu doux et à couvert, en rallongeant d'un peu d'eau.
Quatre jours au frais et nettement meilleur le lendemain, les épices ayant pénétré la courge. Il se congèle, la courge devenant seulement un peu plus fondante. Les amandes se grillent au moment, toujours.
Remplacer le miel par du sirop d'agave ou de la mélasse de dattes, qui est l'usage marocain : tout le reste est déjà végétal.
Servir avec du riz ou du quinoa à la place de la semoule, le tajine lui-même en étant exempt.
Moitié raisins, moitié fruits secs plus charnus, gonflés de la même façon : c'est le tajine aux fruits dans sa version la plus classique.
Huit cents grammes d'épaule saisie puis mijotée une heure et demie avant l'arrivée de la courge : le plat devient le tajine de fête dont celui-ci est la version maigre.
De la semoule roulée à la vapeur, et une salade de carottes au cumin
Un thé à la menthe, ou un rosé sec du Maroc ou de Provence

Les raisins secs gonflent vingt minutes dans l'eau tiède avant d'entrer dans le tajine. Un raisin sec est une éponge déshydratée : jeté dans la sauce, il en pomperait l'eau pour se réhydrater, ce qui épaissit le bouillon là où on ne le voulait pas et laisse des raisins encore coriaces. Gonflés d'abord, ils apportent leur sucre sans rien prendre.
Le sel ou le sucre attirent l'eau hors des cellules : dégorger un concombre, saumurer une volaille.

Les pois chiches cuisent cinquante minutes dans une eau non salée, et c'est écrit dans la recette pour une raison. Le sel et le calcium raffermissent la pectine de la peau et ralentissent la pénétration de l'eau : salés dès le début, les pois chiches restent fermes au cœur quoi qu'on fasse. Le sel arrive avec le bouillon du tajine, une fois qu'ils sont tendres.
Le sel assaisonne, extrait l'eau, renforce le gluten, ralentit la fermentation et rehausse les arômes.

Le safran est pilé avant d'être ajouté, et il entre dans un liquide chaud et non dans l'huile. Ses pigments, la crocine en tête, sont hydrosolubles : contrairement au curcuma ou au paprika, il se libère dans l'eau et non dans la graisse, et des pistils jetés entiers dans l'huile donneraient surtout de la couleur au fond de la cocotte.
Certains arômes se dissolvent dans le gras, d'autres dans l'eau ou l'alcool : d'où l'intérêt de faire revenir les épices ou de flamber.

Le miel n'entre qu'à l'avant-dernière étape, huit minutes avant la fin et à découvert. Ses sucres caramélisent légèrement en se concentrant et c'est ce qui donne à la sauce sa brillance et son fond sucré. Ajouté au début, il aurait cuit une demi-heure, serait devenu amer et aurait fait attacher le fond.
Décomposition des sucres à haute température (> 160 °C) qui produit couleur ambrée et arômes complexes.

Les huit dernières minutes se font à découvert, et c'est l'étape qui distingue un tajine d'un ragoût noyé : la vapeur part, la sauce passe de bouillon à nappage, et les épices se concentrent. Jusque-là tout cuit à couvert, précisément pour que rien ne s'évapore trop tôt.
L'évaporation de l'eau concentre les saveurs et épaissit sauces, jus et confitures.

À couvert et à feu doux pendant vingt-cinq minutes, sans remuer : la courge butternut se défait à la moindre cuillère, et un tajine réussi garde ses morceaux entiers.

Les oignons finement et fondus quinze minutes à feu doux : ils doivent disparaître dans la sauce et en être le corps, non y rester en lamelles.

La courge en gros cubes de trois ou quatre centimètres : plus petits, ils seraient en purée au bout de vingt-cinq minutes.

Les amandes à sec jusqu'à ce qu'elles blondissent : leur croquant est le seul contraste d'un plat entièrement fondant.

À découvert, les huit dernières minutes, jusqu'à ce que la sauce nappe une cuillère.