
Hobakjuk (velouté coréen de potiron aux perles de riz gluant)

Le riz gluant trempé et mixé avec la courge tient lieu de liaison : ni farine ni crème, juste l'amylopectine du grain. Les haricots rouges cuits à part apportent le contraste.
Le hobakjuk se mange en Corée au petit-déjeuner, à l'hôpital, après un accouchement et quand on ne va pas bien : c'est un plat de réconfort codifié, servi tiède, et sa douceur est assumée. La courge employée là-bas est le neulgeun hobak, une citrouille mûre à peau dure dont la chair est plus sèche et plus sucrée que celle d'un potiron européen ; un potimarron s'en rapproche davantage qu'un potiron d'eau. La liaison est l'affaire du riz gluant, et elle mérite un mot parce qu'elle explique pourquoi cette soupe n'a pas la texture d'un velouté à la crème. L'amidon ordinaire est fait d'environ un quart d'amylose, une molécule linéaire qui, en refroidissant, se réassocie et fait rendre de l'eau : c'est la rétrogradation, et c'est pourquoi une sauce liée à la farine se dédouble au réfrigérateur. Le riz gluant, lui, n'a pratiquement pas d'amylose : son amidon est de l'amylopectine ramifiée, qui ne rétrograde presque pas. La soupe reste donc lisse en refroidissant, ce qu'aucune liaison à la farine ne fait. Il faut l'accepter en échange : cette liaison demande à être remuée. L'amylopectine gonfle beaucoup, le mélange devient épais d'un coup vers la fin, et il attache au fond en quelques secondes d'inattention. La cuillère en bois ne quitte pas la casserole dans les dix dernières minutes. Les haricots rouges, eux, cuisent séparément et sont ajoutés entiers : s'ils mijotaient dedans, ils teinteraient le velouté en brun et on perdrait l'orange qui fait la moitié du plaisir.
Difficulté: 2/5
Recette originale prévue pour 4 personnes · 2 483 g préparés, 621 g par personne
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Étape 3 — Les haricots rouges se cuisent plusieurs jours à l'avance et se gardent dans un peu de leur eau.
Étape 6 — Le velouté entier se fait la veille, en comptant qu'il faudra le détendre au réchauffage.
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La veille, mettre les haricots rouges à tremper dans un grand volume d'eau froide.
Le jour même, mettre le riz gluant à tremper dans 25 cl d'eau froide pendant une heure.
Cuire les haricots égouttés dans une petite casserole d'eau non salée, 40 minutes, jusqu'à ce qu'ils s'écrasent entre deux doigts. Égoutter et réserver.
C’est prêt quand : Un haricot s'écrase sans résistance entre le pouce et l'index.
Couper le potimarron en quartiers, ôter les graines, et le cuire 20 minutes à la vapeur ou dans un fond d'eau jusqu'à ce que la chair se détache de la peau à la cuillère. Sa peau se mange, mais elle fonce le velouté : l'enlever ici.
Mixer la chair de courge avec le riz gluant et son eau de trempage, puis le reste de l'eau, jusqu'à obtenir un liquide parfaitement lisse.
C’est prêt quand : Le mélange est parfaitement lisse, sans le moindre grain de riz perceptible sur la langue.
Verser dans une casserole et cuire à feu moyen 15 minutes sans cesser de remuer avec une cuillère en bois. Le mélange reste liquide longtemps puis épaissit brusquement : c'est le moment où il attache si on le quitte des yeux.
C’est prêt quand : Le velouté nappe la cuillère en bois et un sillon tracé au doigt tient une seconde.
Sucrer et saler. Le sel n'est pas là pour saler mais pour que le sucré ne soit pas plat.
Servir tiède, avec les haricots rouges éparpillés dessus.
0 / 8 étapes terminées
Pourquoi : La cuillère s'est arrêtée au moment où l'amidon a pris (Transferts de chaleur)
Rattrapage : Transvaser aussitôt dans une autre casserole sans racler le fond, et ne pas remuer ce qui a brûlé dans la masse.
Pourquoi : Le riz n'a pas été mixé assez finement avant cuisson (Gélatinisation de l'amidon)
Rattrapage : Repasser le velouté au blender chaud, ou le passer au chinois fin.
Pourquoi : Le sel a été oublié ou mis en quantité symbolique (Rôle du sel)
Rattrapage : Ajouter du sel par pincées en goûtant : il fait apparaître le sucré plutôt qu'il ne le masque.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : boîte hermétique, haricots à part
Réchauffage : À feu doux en détendant avec un peu d'eau, sans cesser de remuer.
Il épaissit beaucoup au froid et se détend à l'eau chaude au réchauffage. L'amylopectine du riz gluant ne rétrograde pas, donc il ne devient ni granuleux ni cassant, ce qu'un velouté de pomme de terre ferait.
Elle l'est déjà : courge, riz, haricots, eau. Rien d'animal n'entre dans un hobakjuk traditionnel.
Le riz gluant ne contient pas de gluten malgré son nom, qui décrit sa texture collante et non une protéine.
Sans sucre, avec un peu plus de sel et un trait d'huile de sésame, il devient une soupe de courge coréenne qui se sert en entrée.
Un kimchi bien acide à côté, pour trancher avec le sucré
Un thé d'orge grillé coréen, le boricha, servi chaud ou glacé

Le riz gluant est presque uniquement de l'amylopectine, l'amidon ramifié qui gonfle sans gélifier : mixé cru et cuit quinze minutes, il épaissit le velouté en liant sans jamais le rendre élastique. C'est la liaison de tout le plat, et il n'y a ni crème ni beurre dedans.
Chauffé en milieu humide, l'amidon gonfle et épaissit : béchamel, crème pâtissière, risotto.

L'amylopectine du riz gluant rétrograde très lentement, ce qui est la raison pour laquelle ce velouté se garde et se réchauffe sans trancher ni se figer, là où un velouté lié au riz rond durcit au froid.
En refroidissant, l'amidon recristallise : pain qui rassit, riz qui durcit au réfrigérateur.

L'épaississement arrive d'un coup, vers la fin des quinze minutes : tant que l'amidon n'a pas atteint sa température de gélatinisation, rien ne bouge, puis tout se passe en une minute. C'est exactement l'instant où le fond attache si la cuillère s'arrête.
Conduction, convection et rayonnement ne chauffent pas pareil : poêle, four, friture et vapeur donnent des résultats différents.

Trois grammes de sel pour trente de sucre, dans un dessert : le sel ne sale pas, il amplifie la perception du sucré et du goût de courge. Sans lui le velouté est plat, et c'est le genre de manque qu'on ne sait pas nommer en goûtant.
Le sel assaisonne, extrait l'eau, renforce le gluten, ralentit la fermentation et rehausse les arômes.

Le potimarron est cuit à la vapeur ou dans un fond d'eau plutôt que bouilli : il est déjà très aqueux, et l'eau qu'il absorberait serait à évaporer ensuite. Sa chair doit rester concentrée pour que le velouté ait du goût à cette dilution.
L'évaporation de l'eau concentre les saveurs et épaissit sauces, jus et confitures.

Vingt minutes, jusqu'à ce que la chair se détache de la peau à la cuillère. La peau du potimarron se mange d'habitude, et elle est retirée ici uniquement parce qu'elle verdit le velouté.

Le riz gluant est mixé cru avec son eau de trempage et la courge : il doit disparaître complètement, sous forme de lait d'amidon, sinon il cuira en grumeaux.

Feu moyen et cuillère en bois qui ne quitte pas le fond. Un velouté d'amidon pur n'a aucun gras pour protéger le fond de la casserole.

Sucre et sel en toute fin, une fois la texture atteinte : le dosage dépend de la courge, qui peut être deux fois plus sucrée d'un potimarron à l'autre.