
Tajine d'agneau aux pruneaux et aux amandes

Le sucré-salé marocain des grandes occasions : une épaule d'agneau conduite deux heures à petit feu, des pruneaux au miel et des amandes torréfiées.
Deux heures à feu doux ne servent pas à cuire l'agneau, qui est cuit depuis longtemps : elles servent à hydrolyser son collagène. Les tissus conjonctifs qui rendent une épaule coriace sont faits de triples hélices de collagène, insolubles à froid, qui se dénaturent au-delà de 60 °C et se transforment lentement en gélatine entre 80 et 90 °C. La conversion est une affaire de temps bien plus que de température, et c'est là que se joue l'arbitrage : les fibres musculaires, elles, se contractent et expulsent leur eau d'autant plus violemment que la chaleur est forte. Une ébullition à 100 °C convertirait le collagène plus vite, mais rendrait la viande sèche et filandreuse au même moment. Le frémissement à peine visible est le compromis, et couvrir le tajine sert surtout à empêcher la température de monter.
Difficulté: 2/5
Recette originale prévue pour 4 personnes · 2 020 g préparés, 505 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 6 sur 6.
Étape 4 — Le ragoût peut être fait la veille jusqu'à la fin du mijotage ; le laquage se termine le jour même.
Étape 7 — Les amandes torréfiées se gardent une semaine en bocal hermétique.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Détailler l'agneau en gros morceaux et émincer les oignons.
Colorer la viande dans le beurre mousseux, sur toutes ses faces.
C’est prêt quand : La viande porte une croûte brune sur toutes ses faces et le fond de la cocotte est couvert de sucs.
Ajouter les oignons, la cannelle moulue, le bâton de cannelle, le gingembre, le safran et le sel, et laisser les épices s'ouvrir dans le gras.
Mouiller à hauteur, couvrir et laisser mijoter très doucement. La surface doit à peine frémir : si elle bout, la viande sèche pendant que le collagène fond.
C’est prêt quand : La surface frissonne, une bulle par-ci par-là, et jamais un bouillonnement.
Pendant ce temps, faire gonfler les pruneaux dans de l'eau tiède.
Ajouter les pruneaux égouttés, le miel et le sucre. Poursuivre à découvert jusqu'à ce que la sauce nappe et devienne brillante.
C’est prêt quand : La sauce est brillante, sirupeuse, et nappe les pruneaux d'une pellicule qui tient.
Torréfier les amandes à sec dans une poêle, jusqu'à ce qu'elles blondissent et libèrent leur odeur.
C’est prêt quand : Les amandes sont blondes et dégagent leur odeur, avant tout brunissement.
Dresser la viande, napper de sauce aux pruneaux, parsemer d'amandes et de graines de sésame.
C’est prêt quand : La viande se défait à la cuillère sans résistance.
0 / 8 étapes terminées
Pourquoi : Ébullition pendant le mijotage. (Dénaturation des protéines)
Rattrapage : Un frémissement strict. Une viande surcuite à gros bouillons ne se rattrape pas.
Pourquoi : Réduction trop courte, ou couvercle laissé. (Caramélisation)
Rattrapage : Retirez la viande et laissez réduire la sauce seule à feu moyen jusqu'à ce qu'elle nappe.
Pourquoi : Miel ajouté trop tôt. (Caramélisation)
Rattrapage : Transvasez sans racler le fond. La fois suivante, le miel entre après le mijotage.
Pourquoi : Pruneaux secs mis directement dans la sauce, ou cuisson trop longue. (Osmose)
Rattrapage : Faites-les gonfler à l'eau tiède et ne les ajoutez qu'un quart d'heure avant la fin.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : boîte hermétique
Réchauffage : Feu doux, à couvert, avec deux cuillères d'eau. Les amandes se rajoutent au moment de servir.
Nettement meilleur le lendemain. Gardez les amandes torréfiées à part, dans un bocal, sinon elles ramollissent.
Des abricots secs à la place des pruneaux, plus acidulés, avec un peu moins de miel.
Des quartiers de coing poêlés ajoutés vingt minutes avant la fin, à la place ou en complément des pruneaux.

L'épaule d'agneau est pleine de collagène, qui ne devient gélatine qu'après deux heures autour de 85 °C. C'est pourquoi le liquide ne doit jamais bouillir : au-delà, les fibres musculaires se contractent et expulsent leur eau plus vite que le collagène ne fond, et la viande devient sèche dans une sauce pourtant riche.
La chaleur, l'acide ou le fouettage déplient les protéines et changent la texture (viande qui raffermit, poisson qui « cuit » au citron).

Le miel et le sucre ajoutés en fin de cuisson ne sucrent pas seulement : à découvert, l'eau partie, ils atteignent la zone où les sucres brunissent et donnent à la sauce son aspect laqué et sa couleur acajou. C'est ce que les Marocains appellent un tajine mrouzia.
Décomposition des sucres à haute température (> 160 °C) qui produit couleur ambrée et arômes complexes.

Le safran et la cannelle sont mis à cuire dans le beurre, avant tout liquide. Leurs arômes sont liposolubles : le gras les diffuse dans l'ensemble du plat, là où l'eau ne ferait que les disperser en surface.
Certains arômes se dissolvent dans le gras, d'autres dans l'eau ou l'alcool : d'où l'intérêt de faire revenir les épices ou de flamber.

Les pruneaux gonflent dans l'eau tiède avant d'entrer dans la sauce. Secs, ils pomperaient le liquide de cuisson et se déferaient ; réhydratés, ils restent entiers et libèrent leur sucre lentement.
Le sel ou le sucre attirent l'eau hors des cellules : dégorger un concombre, saumurer une volaille.

La viande est colorée dans le beurre mousseux, à un moment précis : quand l'eau du beurre est partie et que les solides n'ont pas encore brûlé. C'est ce qui donne au fond de cocotte les sucs dont la sauce tirera sa profondeur.
Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

Dans le beurre mousseux, sur toutes les faces.

À frémissement, à couvert, deux heures durant.

À découvert avec le miel, jusqu'à ce que la sauce laque.

Les amandes à sec, jusqu'au blond et à l'odeur.

Les pruneaux gonflés à l'eau tiède.

Les oignons, qui fondront dans la sauce.
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