
Soupe de potimarron rôti au bleu d'Auvergne

Le potimarron rôti avec sa peau, et le bleu fondu hors du feu pour qu'il reste bleu. Des noix grillées dessus.
Le potimarron se mange avec sa peau, et c'est ce qui le distingue des autres courges d'hiver. Son écorce est mince et devient tendre à la cuisson, alors que celle d'une courge musquée reste coriace ; la garder évite l'épluchage, qui est l'étape pénible de toutes les recettes de courge, et apporte des caroténoïdes concentrés juste sous la surface. Elle concentre aussi le goût de châtaigne qui lui vaut son nom japonais, uchiki kuri, la petite citrouille rouge. Rôtir plutôt que bouillir change le plat plus que n'importe quel assaisonnement. Dans l'eau, la courge absorbe du liquide et dilue ses sucres ; au four à 200 °C, elle en perd, ses sucres se concentrent, et ses bords caramélisent en donnant des composés que l'ébullition ne produit jamais. Une soupe de courge bouillie demande qu'on la sauve au bouillon cube ; une soupe de courge rôtie n'a besoin que de sel. Le bleu d'Auvergne arrive hors du feu, émietté dans la soupe chaude mais non bouillante. Au-delà de 80 °C, les protéases du Penicillium roqueforti continuent de travailler et libèrent des peptides amers, et une partie des composés soufrés du fromage se transforme en ammoniac perceptible. Un bleu bouilli dans une soupe la rend âcre, ce qui passe pour un défaut du fromage alors que c'est un défaut de méthode.
Difficulté: 1/5
Recette originale prévue pour 4 personnes · 2 470 g préparés, 618 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 7 sur 7.
Étape 5 — Le velouté de courge rôtie se garde trois jours et se congèle ; le bleu, la crème et les noix s'ajoutent au moment de servir.
Étape 4 — Les noix se grillent plusieurs jours à l'avance, dans un bocal fermé.
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Préchauffer le four à 200 °C.
Laver le potimarron, le couper en quartiers, ôter les graines et le laisser non épluché : sa peau devient tendre et tient le goût.
Le poser sur une plaque avec les oignons en quartiers, l'ail en chemise et le thym, arroser d'huile d'olive, saler, et rôtir 35 minutes jusqu'à ce que les bords soient dorés.
C’est prêt quand : Les bords de la courge sont dorés et un peu caramélisés, et l'ail est mou dans sa peau.
Griller les noix à sec dans une poêle, 5 minutes, et les concasser.
Mixer la courge et les oignons avec l'ail pressé hors de sa peau, la crème et l'eau chaude.
C’est prêt quand : Le velouté est lisse et orange foncé, sans fibre de peau.
Réchauffer sans bouillir, couper le feu, puis incorporer les trois quarts du bleu émietté en remuant : au-delà de 80 °C il tournerait à l'amer.
C’est prêt quand : Le bleu a disparu en filaments et la soupe reste lisse, sans grain ni pellicule grasse.
Poivrer et servir avec le reste du bleu émietté et les noix grillées.
0 / 7 étapes terminées
Pourquoi : Bleu ajouté dans une soupe trop chaude (Dénaturation des protéines)
Rattrapage : Rien ne l'enlève. Couper le feu et attendre que ça cesse de fumer avant d'émietter le fromage.
Pourquoi : Courge cuite à l'eau plutôt que rôtie, ou four pas assez chaud (Caramélisation)
Rattrapage : 200 °C et trente-cinq minutes, jusqu'à ce que les bords dorent : c'est toute la recette.
Pourquoi : Mixage trop court, la peau étant restée
Rattrapage : Remixer une minute : la peau rôtie se mixe, mais pas en dix secondes.
Pourquoi : Courge très sèche ou peu d'eau
Rattrapage : Rallonger à l'eau chaude ou au bouillon avant de remettre sur le feu.
Pourquoi : Tout fondu dans la masse
Rattrapage : En garder un quart pour émietter sur l'assiette, et compter cent vingt grammes au minimum pour quatre.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : boîte hermétique
Réchauffage : À feu doux sans bouillir, le fromage tournant dès que ça frémit.
Trois jours au frais. Elle se congèle, de préférence avant l'ajout du bleu et de la crème, que l'on incorpore au réchauffage : un velouté de courge congelé seul ressort parfait.
Elle l'est déjà, en choisissant un bleu à présure microbienne, ce que beaucoup de bleus industriels sont.
Crème de soja et deux cuillerées de levure maltée avec une pointe de miso blanc à la place du bleu : c'est le salé fermenté qu'il s'agit de remplacer, pas le fromage.
Les bleus affinés sont naturellement presque sans lactose ; remplacer seulement la crème par une crème végétale.
Deux cents grammes de châtaignes cuites ajoutées au mixage : elles prolongent la note de châtaigne que le potimarron a déjà, et la soupe devient un plat.
Un blanc moelleux, jurançon ou coteaux du Layon, dont le sucré répond au bleu
Du pain aux noix grillé, et une salade d'endives pour la suite

Trente-cinq minutes à 200 °C et non vingt-cinq minutes dans l'eau : rôtie, la courge perd de l'eau et ses sucres se caramélisent sur les bords, ce qui crée des arômes que la cuisson à l'eau ne produit jamais. C'est l'écart entre une soupe de potimarron correcte et celle-ci, et il tient entièrement dans la première étape.
Décomposition des sucres à haute température (> 160 °C) qui produit couleur ambrée et arômes complexes.

Le four fait partir l'eau de la courge avant qu'on en rajoute, et c'est pour cela qu'on ne met que soixante-dix centilitres au mixage. Une courge bouillie, elle, rend son eau dans le bouillon et dilue son propre goût : le total de liquide serait le même, la concentration non.
L'évaporation de l'eau concentre les saveurs et épaissit sauces, jus et confitures.

Le feu est coupé avant que le bleu n'entre, et ce n'est pas une précaution de confort. Au-delà de quatre-vingts degrés, les protéines du fromage se resserrent, expulsent leur gras et l'amertume caractéristique des bleus surchauffés apparaît. Dans une soupe à soixante-dix degrés, il fond en fil sans jamais tourner.
La chaleur, l'acide ou le fouettage déplient les protéines et changent la texture (viande qui raffermit, poisson qui « cuit » au citron).

Dix centilitres de crème et cent vingt grammes de bleu dans une soupe qui n'a aucun gras par ailleurs : le gras enrobe la langue, ce qui allonge la perception des arômes et arrondit le piquant du fromage. Sans lui, la courge rôtie serait franchement sucrée et le bleu agresserait.
Le gras enrobe, attendrit, isole le gluten (pâtes sablées) et transporte les arômes.

Les noix grillées cinq minutes à sec : leur amertume de peau s'atténue, leur huile devient parfumée, et elles apportent le seul croquant d'un velouté. Crues, elles seraient molles dans la soupe chaude en moins d'une minute.
Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

Courge, oignons et ail en chemise sur la même plaque, bien étalés : entassés, ils cuisent à la vapeur et ne dorent pas, ce qui supprime la raison d'allumer le four.

La peau du potimarron rôtie se mixe sans laisser de fibres, à condition de mixer longuement : c'est elle qui donne la couleur orange foncé.

Les noix à sec, en les surveillant : elles passent du grillé au brûlé en trente secondes et une noix brûlée est amère.

Grossièrement, pour que le croquant s'entende : des noix hachées fin se perdraient dans le velouté.

Le sel seulement après que le bleu est entré, et presque toujours il n'en faut pas : cent vingt grammes de bleu d'Auvergne en apportent beaucoup.