
Kabocha no nimono (courge japonaise mijotée au dashi et au soja)

Des quartiers de courge cuits à peine couverts, sous un couvercle tombant directement dessus. Le sucre avant le soja, et dans cet ordre seulement.
Le nimono est la famille des mijotés japonais, et il obéit à une règle mnémotechnique que tout le monde apprend là-bas : sa-shi-su-se-so, l'ordre dans lequel les assaisonnements entrent. Sa pour satō, le sucre ; shi pour shio, le sel ; su pour le vinaigre ; se pour shōyu, le soja ; so pour le miso. L'ordre n'est pas arbitraire. La molécule de saccharose est nettement plus grosse que celle du chlorure de sodium et pénètre plus lentement dans les tissus ; le sel entré le premier déshydrate la surface et ferme la porte au sucre, qui reste dehors. Mis d'abord, le sucre a le temps de diffuser, et le soja qui suit assaisonne sans empêcher. L'otoshibuta, le couvercle tombant, est l'autre outil du nimono. C'est un disque de bois ou de papier sulfurisé posé à même les aliments, plus petit que la casserole, qui n'est jamais couverte. Il force le liquide bouillonnant à remonter et à retomber sur les quartiers du dessus, donc à les assaisonner sans qu'on ait à les retourner : la courge cuite dans un demi-centimètre de dashi est néanmoins arrosée en continu. Un disque de papier cuisson percé d'un trou au centre fait exactement le même travail. La courge entre côté peau au fond et ne se retourne pas. Ses quartiers sont ébarbés, c'est-à-dire qu'on rabote les arêtes vives au couteau, geste appelé mentori : les angles sont ce qui se désagrège en premier, et un mijoté japonais se juge aussi sur l'intégrité des morceaux.
Difficulté: 2/5
Recette originale prévue pour 4 personnes · 1 926 g préparés, 481 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 4 sur 4.
Étape 2 — Le dashi se fait trois jours à l'avance et se garde au frais, ou se congèle en glaçons.
Étape 7 — Le plat entier se fait la veille, et c'est la meilleure façon de le servir.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Faire tremper le kombu 30 minutes dans l'eau froide, puis chauffer doucement et le retirer juste avant l'ébullition : bouilli, il rend une amertume visqueuse.
Jeter la bonite dans l'eau frémissante, couper le feu aussitôt, laisser infuser 2 minutes et filtrer sans presser. Le dashi est prêt.
C’est prêt quand : Le dashi est limpide, couleur thé clair, et sent la mer sans amertume.
Couper la courge non épluchée en morceaux de cinq centimètres, et raboter les arêtes vives de chaque morceau au couteau : les angles sont ce qui se délite.
Ranger les morceaux côté peau au fond, en une seule couche, et verser le dashi à hauteur des deux tiers seulement. Ajouter le sucre et le sel.
C’est prêt quand : Les morceaux sont en une seule couche, côté peau en bas, et le bouillon ne les recouvre pas.
Poser un disque de papier cuisson percé au centre directement sur la courge, sans couvrir la casserole, et cuire 12 minutes à frémissement.
Verser la sauce soja, remettre le disque et poursuivre 10 minutes, jusqu'à ce qu'une pointe de couteau traverse sans résistance et qu'il ne reste qu'un fond de jus brillant.
C’est prêt quand : Une pointe de couteau traverse sans résistance et le fond de la casserole n'a plus qu'un jus sirupeux.
Laisser tiédir dans la casserole, ce qui est le moment où l'assaisonnement entre vraiment. Servir avec le jus et le sésame noir.
C’est prêt quand : Les morceaux ont gardé leur forme et leurs angles sont arrondis, pas effrités.
0 / 7 étapes terminées
Pourquoi : Cuisson trop longue, ou morceaux remués (Gélatinisation de l'amidon)
Rattrapage : Piquer à douze minutes et ne jamais remuer : l'otoshibuta est là pour éviter d'avoir à le faire.
Pourquoi : La sauce soja est entrée avant le sucre (Osmose)
Rattrapage : Rien ne le corrige sur ce plat. Sucre d'abord, soja ensuite, toujours.
Pourquoi : Le kombu a bouilli ou la bonite a été pressée (Diffusion et infusion)
Rattrapage : Le refaire, c'est cinq minutes. Retirer le kombu avant les bulles et filtrer sans presser.
Pourquoi : Goûté brûlant (Repos de la viande)
Rattrapage : Le laisser tiédir dans sa casserole : l'assaisonnement entre pendant le refroidissement.
Le même problème, ailleurs sur le site :
Vous avez innové dans la manière de foirer cette recette ? Racontez-nous : on cherche avec vous ce qui s’est passé, et si on trouve, ça rejoint cette rubrique pour les suivants.
Comment : boîte hermétique, morceaux dans leur jus
Réchauffage : Se sert tiède ou froid ; sortir trente minutes avant.
Quatre jours au frais, et il est meilleur le lendemain pour la raison qui fait qu'on le laisse tiédir. La congélation défait la chair de la courge.
Un dashi de kombu et de shiitakés séchés à la place de la bonite : c'est le shōjin dashi des temples bouddhistes, et il convient parfaitement ici.
Du porc haché sauté dans la casserole avant la courge, et un peu d'amidon de maïs délayé à la fin : c'est le soboro-an, la version en sauce liée.
La sauce soja japonaise contient du blé : la remplacer par du tamari.
Du riz blanc et une soupe de miso, qui est le repas japonais complet
Un thé vert houjicha, grillé et peu astringent

Le kombu est retiré avant l'ébullition et la bonite n'infuse que deux minutes, hors du feu, sans jamais être pressée. Un dashi est une extraction courte et propre : au-delà, le kombu donne des mucilages amers et la bonite une amertume de poisson chauffé.
Les molécules d'arôme migrent du milieu concentré vers le dilué : marinades, thé, bouillons, épices dans une sauce.

Le sucre entre avant la sauce soja, et c'est l'ordre fixe de toute la cuisine japonaise mijotée. La molécule de saccharose est bien plus grosse que celle du sel : si le sel entre en premier, il sature les cellules de la courge et le sucre ne peut plus y pénétrer. Le plat serait salé en surface et fade au cœur.
Le sel ou le sucre attirent l'eau hors des cellules : dégorger un concombre, saumurer une volaille.

Le disque de papier posé à même la courge, l'otoshibuta, renvoie le bouillon sur les morceaux du dessus alors qu'ils ne sont immergés qu'aux deux tiers. Il cuit tout uniformément sans qu'on ait à retourner les morceaux, ce qui les casserait.
Conduction, convection et rayonnement ne chauffent pas pareil : poêle, four, friture et vapeur donnent des résultats différents.

Le potimarron est riche en amidon et sa chair se délite dès qu'elle est trop cuite. D'où les angles rabotés au couteau, le mentori : les arêtes vives sont les premières à s'émousser dans le bouillon et à troubler le jus.
Chauffé en milieu humide, l'amidon gonfle et épaissit : béchamel, crème pâtissière, risotto.

L'assaisonnement entre pendant le refroidissement et non pendant la cuisson. En tiédissant, les tissus de la courge se contractent et aspirent le bouillon : un nimono goûté brûlant paraît toujours fade, et c'est pour cela qu'il se sert tiède.
Après cuisson, les fibres se détendent et les jus se redistribuent : une viande reposée reste juteuse à la découpe.

Kombu trente minutes à froid, bonite deux minutes hors du feu. Ce sont deux extractions successives et aucune ne bout.

Le dashi est filtré sans jamais presser la bonite : presser libère les composés amers et trouble le bouillon, qui doit rester limpide et ambré.

Morceaux de cinq centimètres avec la peau, puis les arêtes rabotées. La peau du potimarron est ce qui tient le morceau du côté où il repose.

Il ne doit rester qu'un fond de jus brillant à la fin, qui nappe les morceaux. Ce n'est pas un plat en sauce : le bouillon est là pour entrer dans la courge, pas pour l'accompagner.

Frémissement sous l'otoshibuta, casserole non couverte, vingt-deux minutes en deux temps. L'évaporation fait partie du calcul.