Les mélanges d'épices
33 mélanges, de la Provence à Bali, avec pour chacun sa formule en proportions, la méthode pour le faire et ce qu'il devient dans un plat. Les proportions sont un point de départ : chaque maison a son ras el-hanout, et chaque page dit ce qui bouge de l'une à l'autre.
France et Europe
Les épices à pain d'épices
Le mélange sucré de l'hiver français : de la cannelle, de l'anis, et ce qu'il faut de girofle pour que ça sente le marché de Noël.
4 recettesLes herbes de Provence
Quatre herbes du causse séchées et mélangées. Le mélange le plus vendu de France, et celui dont la composition est la moins fixée : il n'existe aucune définition légale de ce qu'il doit contenir.
4 recettesLe khmeli-suneli
Le mélange de toute la cuisine géorgienne : des herbes séchées plus que des épices, et deux ingrédients qu'on ne trouve nulle part ailleurs.
2 recettesLe quatre-épices
Le mélange de la charcuterie française : du poivre, et trois épices chaudes derrière. Quatre noms, mais la moitié du pot est du poivre.
3 recettesLe vadouvan
Un curry qui commence comme une compote d'oignons. Né à Pondichéry, adopté par la cuisine française, et le seul mélange de cette page dont la moitié du poids est un légume.
3 recettesMaghreb et Moyen-Orient
Le baharat
Le mélange à tout faire du Levant : « baharat » veut simplement dire « épices ». Du poivre et du piment doux, avec de la cannelle derrière.
2 recettesLa chermoula
La marinade du poisson au Maghreb : une pâte d'herbes fraîches où le cumin et le paprika font le fond, et le citron le travail.
1 recetteLe dukkah
Un mélange qui se mange à la cuillère, pas qui se cuisine. Des fruits secs et des graines grillés, concassés au point de croquer et pas au-delà.
3 recettesLa harissa
La pâte de piment tunisienne, protégée par une IGP depuis 2020. Du piment, oui, mais c'est le carvi qui la rend reconnaissable.
6 recettesLe hawaij
Le mélange yéménite, qui existe en deux versions sans rapport : une pour la soupe, une pour le café.
2 recettesLe ras el-hanout
Littéralement « la tête de la boutique » : ce que l'épicier a de meilleur, assemblé devant vous. Aucune formule, seulement une intention.
4 recettesLe za'atar
Le mélange du petit-déjeuner levantin : une herbe, un fruit acide et une graine grillée. Le seul de cette page dont un tiers du poids est du sésame.
3 recettesAfrique subsaharienne
Le berbéré
Le mélange rouge de la cuisine éthiopienne. Du piment en quantité, mais ce sont le fenugrec et l'ajwain qui lui donnent son goût de nulle part ailleurs.
2 recettesLa mitmita
L'autre mélange éthiopien, celui qu'on pose sur la table. Quatre composants, presque que du piment, et rien qui l'adoucisse.
3 recettesLe yaji
Le mélange des brochettes haoussa : de la cacahuète moulue, du piment et du gingembre. Le seul de cette page dont la base est une légumineuse.
2 recettesInde et océan Indien
Le chaat masala
Le mélange acide et soufré des snacks de rue indiens. Celui dont l'odeur surprend au premier pot, et qui manque dès qu'on l'a goûté.
2 recettesLe garam masala
« Mélange chaud » : chaud au sens ayurvédique, pas au sens du piment. Il n'y a pas de piment dans un garam masala.
5 recettesLe massalé
Le masala indien devenu créole. Il arrive à La Réunion avec les engagés tamouls au XIXe siècle, et il en ressort torréfié plus fort et plus girofié.
4 recettesLe panch phoron
Cinq graines entières, à parts égales, qu'on ne moud jamais. Le seul mélange indien qui se compte en graines et pas en cuillerées de poudre.
2 recettesLa poudre de curry
Un mélange indien passé par l'Angleterre. Il n'existe pas en Inde sous ce nom, et il est pourtant devenu une cuisine à lui seul.
6 recettesLe tandoori masala
Le mélange des marinades au yaourt. Sa couleur rouge vient du paprika, pas du piment : ce qui doit être vif, c'est la teinte, pas la bouche.
2 recettesAsie de l'Est et du Sud-Est
La base gede
La base de toute la cuisine balinaise : une pâte de rhizomes frais cuite à l'huile, qu'on prépare en grande quantité et qui sert toute la semaine.
4 recettesLe cinq-épices chinois
Cinq épices choisies pour couvrir les cinq saveurs. Le mélange le plus dosé de cette page : une demi-cuillerée suffit pour quatre.
3 recettesLa pâte de curry rouge
La pâte de base thaïe : des piments séchés réhydratés et des rhizomes frais, pilés jusqu'à ce que le mortier ne rende plus de fibre.
5 recettesLa pâte de curry verte
La plus forte des trois pâtes thaïes, et celle dont le nom dit « doux ». Khiao wan veut dire vert sucré : c'est la couleur qui est douce, pas le goût.
3 recettesLe gomasio
Deux ingrédients, et une seule chose à comprendre : le sel doit entrer dans le sésame, pas rester à côté de lui.
3 recettesLa pâte massaman
La pâte thaïe où passent les épices persanes. La seule des trois qui contienne de la cannelle, et la moins piquante des trois.
2 recettesLe shichimi togarashi
Sept saveurs, dont une algue et un zeste d'agrume. Le condiment de table japonais, né dans une pharmacie d'Edo au XVIIe siècle.
3 recettesAmériques et Caraïbes
Les épices cajun
Trois poivres différents et beaucoup de paprika. Un mélange conçu pour brûler en surface sans brûler le plat.
2 recettesLe mélange à chili
Le malentendu le plus courant du rayon épices : aux États-Unis, chili powder est un mélange, pas du piment moulu.
3 recettesLa poudre à colombo
Un mélange indien arrivé aux Antilles avec les engagés tamouls du XIXe siècle, et devenu antillais par le riz grillé qu'on y a ajouté.
3 recettesLe mélange jerk
Deux piments qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre malgré leur nom : le scotch bonnet qui brûle, et le piment de la Jamaïque qui parfume.
3 recettesLe recado rojo
La couleur orange du cochinita pibil vient d'une graine, pas d'un piment. C'est le plus ancien mélange de cette page, antérieur à la conquête.
2 recettesPourquoi le faire soi-même
Une épice entière garde ses composés volatils tant que la graine est fermée. Moulue, elle les perd en quelques mois, et un mélange acheté a déjà attendu sur une étagère. Faire le sien, c'est moudre au moment, doser le piment selon ce qu'on supporte, et retirer ce qui ne plaît pas : la cannelle d'un ras el-hanout, le fenugrec d'un colombo.
Deux gestes reviennent partout et méritent d'être lus une fois : la torréfaction, qui réveille les huiles essentielles avant la mouture, et le pilage au mortier, qui écrase les fibres au lieu de les couper et qui est la raison pour laquelle une pâte de curry pilée ne ressemble pas à une pâte de curry mixée.
