Aussi écrit هريسة.
La pâte de piment tunisienne, protégée par une IGP depuis 2020. Du piment, oui, mais c'est le carvi qui la rend reconnaissable.
La harissa est une pâte de piments séchés, pas une sauce de piments frais, et cette différence explique tout son goût. Le séchage au soleil des baklouti et des piments de Nabeul concentre les sucres et développe des notes de fruit sec et de tabac que le piment frais n'a pas. Réhydratés puis broyés avec l'ail et le sel, ils donnent une pâte dense, plus proche d'un concentré de tomate que d'un tabasco.
L'épice qui signe le mélange n'est pas le piment : c'est le carvi. Cette petite graine, souvent confondue avec le cumin, apporte une amertume anisée que le nez reconnaît avant même de sentir la chaleur. Une harissa sans carvi est une purée de piment ; c'est la raison pour laquelle les recettes qui le remplacent par du cumin donnent quelque chose de correct mais d'autre.
La conservation obéit à une règle simple et non négociable : la surface reste couverte d'huile. Une pâte à faible acidité, humide et à température ambiante est un terrain à botulisme ; au réfrigérateur, sous huile, et consommée en trois semaines, il n'y a pas de sujet. En cuisine, elle se délaye toujours dans un liquide chaud ou un gras avant d'entrer dans un plat, sinon elle reste en grumeaux piquants.
Des proportions, pas un standard : c'est un point de départ qui donne environ 258 g, soit 47 cuillères à café. Ce qui bouge d'une maison à l'autre est dit plus haut.
| Composant | Proportion | Note |
|---|---|---|
| Piment rouge | 100 g | doux et forts mélangés, épépinés selon le goût |
| Ail | 6 gousses | |
| Graines de carvi | 6,3 g | c'est la signature tunisienne |
| Grains de coriandre | 5,4 g | |
| Cumin | 2,1 g | |
| Sel | 6 g | |
| Huile d'olive | 12 cL |
Les quantités, les durées et le matériel sont sur la recette du harissa, qui est ce que cette page résume.
Trois semaines au réfrigérateur, toujours sous une couche d'huile qu'on refait après chaque prélèvement. Se congèle très bien en bacs à glaçons.
Harissa (pâte de piment tunisienne)
Lablebi (soupe tunisienne de pois chiches au pain rassis)
Ojja aux merguez (œufs pochés tunisiens à la tomate)
Kefteji (poêlée tunisienne de légumes frits au piment)
Chorba Frik (soupe algérienne au blé vert concassé)
Carottes à la marocaine au cumin et au citron
Solubilité des arômes : Certains arômes se dissolvent dans le gras, d'autres dans l'eau ou l'alcool : d'où l'intérêt de faire revenir les épices ou de flamber.
Rôle du sel : Le sel assaisonne, extrait l'eau, renforce le gluten, ralentit la fermentation et rehausse les arômes.
Osmose : Le sel ou le sucre attirent l'eau hors des cellules : dégorger un concombre, saumurer une volaille.
Torréfier : Griller à sec fruits secs ou épices pour intensifier leurs arômes.
Piler au pilon : Écraser doucement herbes ou fruits pour libérer les arômes sans amertume (mojito).
Mixer au blender : Réduire en liquide lisse en partant lentement puis en accélérant, cuve jamais remplie au-delà des deux tiers.
Confire : Cuire lentement un aliment immergé dans une matière grasse maintenue à basse température (60 à 95 °C), sans jamais le colorer : la chaleur pénètre régulièrement et la chair devient fondante.
Comment rattraper un plat trop salé ? : Le sel est le seul assaisonnement qu'on ne peut pas retirer : on ne le corrige qu'en diluant, en masquant ou en ajoutant du volume.
Pourquoi ma préparation est-elle granuleuse ? : Des grains, des grumeaux ou une sensation de sable sous la dent : l'amidon s'est aggloméré, le sucre a cristallisé, ou les protéines ont coagulé en paquets.
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