
Zuppa di cavolo nero e farro (soupe toscane de chou noir et d'épeautre)

Le chou noir toscan, qui gagne à être cueilli après les premières gelées, avec de l'épeautre et des haricots borlotti. Une soupe épaisse, mangée à la fourchette autant qu'à la cuillère.
Le cavolo nero est un chou sans pomme, aux feuilles longues et boursouflées, que la Toscane cultive depuis le XVIe siècle et qui est l'ingrédient obligé de la ribollita. Les maraîchers y disent qu'il faut attendre la première gelée pour le ramasser, et ce n'est pas du folklore : au froid, la plante convertit une partie de son amidon en sucres solubles, qui abaissent le point de congélation de ses cellules et la protègent. Le chou gelé est donc mesurablement plus sucré et moins amer que le même chou cueilli en octobre. L'épeautre, le farro, est l'autre pilier de la soupe. C'est un blé vêtu, c'est-à-dire dont le grain reste enfermé dans sa balle au battage, ce qui a fait son abandon progressif au profit des blés nus plus faciles à traiter. Son amidon libère moins vite que celui du riz et il garde une mâche ferme même après une heure, ce qui est exactement ce qu'on cherche dans une soupe qui mijote longtemps. Le perlé cuit en quarante minutes, le complet en une heure et demie et demande un trempage. Une habitude toscane vaut d'être reprise : garder la croûte d'un morceau de parmesan et la faire cuire dans la soupe. Elle est faite de la même pâte que le fromage, simplement séchée, et deux heures de bouillon lui font rendre son glutamate et ses peptides sans qu'elle se dissolve. On la retire avant de servir, ou on la donne à celui qui la réclame.
Difficulté: 2/5
Recette originale prévue pour 6 personnes · 4 769 g préparés, 795 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 6 sur 6.
Étape 2 — Les haricots se cuisent plusieurs jours à l'avance et se congèlent dans leur eau.
Étape 7 — La soupe entière se fait la veille : c'est son état naturel, et la ribollita en est la suite.
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La veille, mettre les haricots à tremper.
Les cuire 1 heure dans l'eau, sans sel, puis en écraser un tiers à la fourchette et les remettre.
C’est prêt quand : Les haricots s'écrasent sans résistance entre deux doigts.
Faire revenir l'oignon, la carotte et le céleri en petits dés dans la moitié de l'huile d'olive avec la poitrine en lardons, 15 minutes.
C’est prêt quand : Les légumes sont fondus, dorés sur les arêtes, et le fond de la casserole est brun.
Ajouter l'ail, les tomates pelées écrasées et le romarin, et laisser compoter 10 minutes.
Réunir le tout avec l'épeautre rincé et la croûte de parmesan, et cuire 45 minutes.
C’est prêt quand : L'épeautre est tendre mais garde une mâche, et la soupe a épaissi.
Ôter la nervure centrale des feuilles de chou noir, les ciseler en lanières, et les ajouter pour les 20 dernières minutes. Saler et poivrer.
C’est prêt quand : Le chou noir est fondu et d'un vert très sombre, sans être en bouillie.
Retirer le romarin et la croûte. Servir avec le parmesan râpé et le reste de l'huile d'olive crue.
0 / 7 étapes terminées
Pourquoi : Sel dans l'eau de cuisson, ou haricots trop vieux (Rôle du sel)
Rattrapage : Eau pure jusqu'à ce qu'ils soient tendres. Des borlotti de plus d'un an peuvent ne jamais céder, quoi qu'on fasse.
Pourquoi : Haricots non écrasés (Gélatinisation de l'amidon)
Rattrapage : En écraser un tiers à la fourchette et les remettre : c'est la liaison du plat.
Pourquoi : Épeautre non décortiqué, ou sel ajouté trop tôt
Rattrapage : Le farro perlato cuit en quarante-cinq minutes, le farro semiperlato en une heure et quart : lire le paquet.
Pourquoi : Nervure centrale laissée
Rattrapage : La retirer en tirant la feuille des deux côtés : trente secondes par feuille et le plat change.
Pourquoi : Soffritto écourté (Réaction de Maillard)
Rattrapage : Quinze minutes, jusqu'à ce que le fond de la casserole brunisse : c'est la base de goût.
Le même problème, ailleurs sur le site :
Vous avez innové dans la manière de foirer cette recette ? Racontez-nous : on cherche avec vous ce qui s’est passé, et si on trouve, ça rejoint cette rubrique pour les suivants.
Comment : boîte hermétique
Réchauffage : À feu doux en rallongeant d'eau, l'épeautre continuant d'absorber.
Quatre jours au réfrigérateur et franchement meilleure le lendemain. Elle épaissit beaucoup au froid et se détend à l'eau chaude. Elle se congèle très bien, l'épeautre et les haricots supportant la décongélation.
Supprimer la poitrine de porc et doubler l'huile d'olive du soffritto, et prendre un parmesan à présure microbienne : la soupe reste entière.
Sans poitrine ni parmesan, avec une cuillère de miso ou un morceau de kombu pour remplacer la croûte : il faut une source de glutamate, sinon la soupe s'affaisse.
La soupe du lendemain versée sur des tranches de pain rassis dans un plat et repassée vingt minutes au four : le plat toscan dont celui-ci est le premier jour.
Des cannellini à la place des borlotti : plus crémeux, plus doux, et c'est la version de Florence.
Un chianti, ou un rouge de Montalcino jeune
Du pain toscan sans sel, grillé et frotté d'ail

Les haricots borlotti cuisent une heure dans l'eau sans sel, et le sel n'arrive qu'à l'étape 6. Le sodium et le calcium renforcent la pectine de la peau et ralentissent l'hydratation de l'amidon : salés au départ, les borlotti restent fermes au cœur même après deux heures. C'est le genre d'erreur qu'on attribue ensuite à la qualité des haricots.
Le sel assaisonne, extrait l'eau, renforce le gluten, ralentit la fermentation et rehausse les arômes.

Un tiers des haricots est écrasé à la fourchette et remis : leur amidon gélatinisé se disperse dans le bouillon et l'épaissit. L'épeautre fait la même chose pendant ses quarante-cinq minutes de cuisson. Entre les deux, la soupe n'a besoin ni de crème ni de liaison, et c'est ce qui sépare une zuppa toscane d'un potage de légumes.
Chauffé en milieu humide, l'amidon gonfle et épaissit : béchamel, crème pâtissière, risotto.

La croûte de parmesan mijote avec l'épeautre pendant quarante-cinq minutes et ressort à la fin. Elle est faite du même fromage affiné vingt-quatre mois que le reste de la meule, donc chargée d'acides aminés libres, le glutamate en tête, qui diffusent lentement dans le bouillon. Elle ne fond pas et ne se mange pas : elle assaisonne.
Les sucs caramélisés au fond du récipient se dissolvent dans un liquide : c'est la base des sauces.

Quinze minutes de soffritto avec les lardons, à feu moyen : le gras fondu de la poitrine porte la chaleur, les sucres de la carotte et de l'oignon brunissent, et il se forme au fond de la casserole la base brune sur laquelle tout le reste va se construire. Une soupe où les légumes sont simplement bouillis n'a pas ce fond.
Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

Les tomates pelées écrasées compotent dix minutes avec l'ail et le romarin avant que le liquide n'arrive. Leur eau part, leur acidité s'adoucit et leur goût se concentre : c'est la différence entre une soupe à la tomate et une soupe où la tomate est un assaisonnement de fond.
L'évaporation de l'eau concentre les saveurs et épaissit sauces, jus et confitures.

Oignon, carotte et céleri en petits dés réguliers : c'est le soffritto, et l'irrégularité se voit à la cuisson, les gros morceaux restant crus quand les petits brûlent.

Le cavolo nero en lanières après avoir ôté la nervure centrale, qui est dure et reste filandreuse quelle que soit la cuisson.

Quarante-cinq minutes à petit feu pour l'épeautre, puis vingt de plus avec le chou : la soupe doit à peine frémir, une ébullition cassant les grains et les haricots.

Le sel à la fin seulement, après le parmesan et les lardons qui en apportent déjà beaucoup.