
Japchae aux champignons et aux épinards (vermicelles coréens sautés)

Chaque légume est cuit séparément puis réuni à froid avec les vermicelles. La discipline est tout le plat.
Le japchae a été inventé vers 1600 pour un banquet du roi Gwanghaegun et ne contenait pas de nouilles : c'était un assortiment de légumes émincés, et le mot veut dire « légumes mélangés ». Les dangmyeon, vermicelles d'amidon de patate douce, n'y sont entrés qu'au XXe siècle, et ils ont donné son nom au plat dans l'esprit de tout le monde. La règle de fabrication est celle du namul coréen et elle ne se contourne pas : chaque légume est cuit séparément, assaisonné séparément, et tous sont réunis à la fin. Ce n'est pas du cérémonial. Les épinards rendent de l'eau en trente secondes, les carottes demandent trois minutes, les champignons doivent colorer sans mijoter dans leur propre jus, et un wok commun donne un plat où tout a la même texture, détrempée. La contrepartie est quatre poêlées et une vaisselle, ce qui classe le japchae parmi les plats du dimanche plutôt que du soir. Les vermicelles d'amidon se rincent à l'eau froide dès la sortie de l'eau bouillante, puis se huilent au sésame. L'amidon de patate douce rétrograde en refroidissant, c'est-à-dire que ses chaînes se réassocient, et des vermicelles laissés en tas deviennent un bloc impossible à séparer en cinq minutes. Le rinçage enlève l'amidon de surface et l'huile empêche les brins de se souder, ce qui règle la question avant qu'elle se pose.
Difficulté: 3/5
Recette originale prévue pour 4 personnes · 1 275 g préparés, 319 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 8 sur 8.
Étape 4 — Tous les légumes se sautent la veille et attendent au frais, chacun dans sa boîte : c'est l'étape longue, et elle se détache complètement du service.
Étape 6 — Le japchae assemblé attend quelques heures à température ambiante et c'est même ainsi qu'il se sert en Corée.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Réhydrater les shiitakés 30 minutes dans l'eau chaude, les presser et les émincer. Garder l'eau de trempage.
Blanchir les épinards 30 secondes, les rafraîchir, les presser fermement entre les mains et les assaisonner d'un peu d'ail, de sel et d'huile de sésame.
C’est prêt quand : Les épinards sont vert vif et la boule pressée ne rend plus une goutte.
Cuire les vermicelles selon leur paquet, les rincer aussitôt à l'eau froide et les huiler au sésame : sans cela, l'amidon rétrograde en refroidissant et les brins se soudent.
C’est prêt quand : Les brins glissent les uns sur les autres et sont translucides et élastiques.
Sauter séparément, dans un peu d'huile végétale et en assaisonnant chaque fois d'une pincée de sel : l'oignon émincé, puis la carotte en julienne, puis les deux champignons à feu vif pour qu'ils colorent sans rendre leur eau.
C’est prêt quand : Les champignons ont coloré sur les bords et la poêle est restée sèche.
Mélanger la sauce soja, le sucre, l'ail restant haché, le poivre et deux cuillères de l'eau de trempage des shiitakés.
Réunir les vermicelles et tous les légumes dans un grand saladier, verser la sauce, et mélanger longuement à la main : c'est le seul moment où tout se touche.
C’est prêt quand : Chaque brin est brun uniforme et aucun légume n'est resté au fond du saladier.
Réchauffer le tout 3 minutes à la poêle si on le sert chaud, et parsemer de sésame grillé. Le japchae se mange aussi bien tiède.
0 / 7 étapes terminées
Pourquoi : Ils n'ont pas été rincés à froid ni huilés après cuisson (Rétrogradation de l'amidon)
Rattrapage : Les passer sous l'eau chaude en les séparant, puis les huiler. Rincer et huiler aussitôt la prochaine fois.
Pourquoi : Les épinards n'ont pas été assez pressés, ou les champignons ont bouilli (Osmose)
Rattrapage : Égoutter et remettre trois minutes à la poêle à feu vif pour évaporer.
Pourquoi : Les légumes n'ont pas été assaisonnés chacun à la poêle (Diffusion et infusion)
Rattrapage : Ajouter du sel et un trait de sauce soja en remélangeant à la main, et saler légume par légume la prochaine fois.
Pourquoi : Cuisson trop longue
Rattrapage : Rien ne les raffermit. Goûter à partir de six minutes : ils doivent rester élastiques sous la dent.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : boîte hermétique
Réchauffage : À la poêle trois minutes, ou au micro-ondes avec une cuillerée d'eau.
Trois jours au frais. Les vermicelles durcissent au froid et se détendent entièrement à la chaleur, ce qui est la propriété de l'amidon de patate douce. Le japchae se mange d'ailleurs très bien froid.
Deux cents grammes de bœuf en lanières marinées dans la sauce et sautées à part, qui est la version classique du japchae de fête.
Elle l'est déjà, les shiitakés remplaçant la viande comme dans la cuisine des temples coréens.
Les vermicelles sont de l'amidon de patate douce et n'en contiennent pas. Seule la sauce soja est à remplacer par du tamari.
Du riz blanc et quelques banchan, kimchi en tête
Un soju glacé, ou un thé d'orge grillé

Les vermicelles de patate douce sont rincés à l'eau froide et huilés immédiatement après cuisson. Leur amidon rétrograde en refroidissant, c'est-à-dire que ses chaînes se réorganisent et se soudent : sans le film d'huile de sésame, les brins deviennent en dix minutes un bloc impossible à séparer.
En refroidissant, l'amidon recristallise : pain qui rassit, riz qui durcit au réfrigérateur.

Chaque légume est sauté à part, et les champignons à feu vif. Tous ensemble dans la poêle, la température chute, ils rendent leur eau et bouillent dedans : le japchae devient une salade de légumes blanchis, ce qui est la différence entre un bon japchae et le reste.
Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

Les épinards blanchis sont pressés fermement entre les mains, et cette eau-là est celle qui diluerait toute la sauce au moment du mélange. Trois cents grammes d'épinards rendent presque un verre d'eau.
Le sel ou le sucre attirent l'eau hors des cellules : dégorger un concombre, saumurer une volaille.

Chaque légume est assaisonné dans sa poêle, d'une pincée de sel, plutôt qu'au moment du mélange final. C'est la méthode coréenne et elle n'est pas un détail : un légume salé à chaud absorbe, un légume salé froid dans un saladier reste fade et rend de l'eau.
Les molécules d'arôme migrent du milieu concentré vers le dilué : marinades, thé, bouillons, épices dans une sauce.

L'huile de sésame arrive toujours hors du feu ou en fin de cuisson : elle est pressée à partir de graines torréfiées et ses arômes sont volatils, détruits par une chauffe prolongée. Chauffée comme une huile de cuisson, elle ne sert plus à rien.
Certains arômes se dissolvent dans le gras, d'autres dans l'eau ou l'alcool : d'où l'intérêt de faire revenir les épices ou de flamber.

Trente secondes pour les épinards, puis un rafraîchissement immédiat : au-delà ils perdent leur vert et se transforment en masse grise.

Un légume à la fois, dans un peu d'huile végétale et jamais dans l'huile de sésame, dont le point de fumée est bas. Les champignons en dernier et à feu vif.

Carottes en julienne fine, oignon émincé, champignons en lamelles : tout le japchae doit se manger aux baguettes avec les vermicelles, donc rien ne doit être plus large qu'un brin.

Le mélange final se fait à la main dans un grand saladier, ce qui est l'usage coréen : la main sépare les brins sans les casser, ce qu'aucune cuillère ne fait.

L'eau de trempage des shiitakés entre dans la sauce : elle est concentrée en guanylate et c'est le fond du goût d'une sauce par ailleurs simple.