
Beurre clarifié (ghee)

Du beurre fondu doucement jusqu'à ce que l'eau soit partie et que les protéines du lait aient doré au fond : il monte à 250 °C sans fumer et se garde des mois hors du réfrigérateur.
Un beurre est à peu près 82 % de matière grasse, 16 % d'eau et 2 % de matière sèche du lait, c'est-à-dire des protéines et du lactose. Clarifier consiste à retirer les deux derniers. En Inde, on va un peu plus loin : on laisse les solides dorer au fond avant de filtrer, et la graisse prend un goût de noisette qui n'existe pas dans le beurre clarifié français. Entre les deux, il y a cinq minutes de patience et un changement de couleur, rien d'autre. Le point de fumée explique pourquoi on fait cela. Ce qui fume dans un beurre chauffé n'est pas la matière grasse, ce sont les protéines et le lactose, qui noircissent vers 150 °C. Une fois retirés, le point de fumée passe à environ 250 °C, ce qui fait du beurre clarifié une graisse de friture là où le beurre n'en est pas une. C'est la raison pour laquelle tant de cuisines indiennes commencent par faire chauffer du ghee très fort sans que rien ne brûle. La conservation tient à l'eau et à rien d'autre. Les micro-organismes ont besoin d'eau libre, et une graisse qui en contient moins de 0,2 % n'en nourrit aucun. Un ghee dans un bocal sec, prélevé à la cuillère sèche, se garde des mois sur une étagère. Une goutte d'eau ou une miette humide réintroduit le problème en entier, ce qui est la seule chose à surveiller. Le dépôt brun du fond n'est pas un déchet. C'est du goût concentré, et en Inde on le mange avec du riz et du sucre de canne. Il se garde deux jours au réfrigérateur et parfume une purée ou une sauce mieux que le ghee lui-même.
Difficulté: 1/5
Recette originale prévue pour 10 personnes · 500 g préparés, 50 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 7 sur 7.
Étape 5 — C'est une préparation faite précisément pour attendre : il n'y a aucune raison de la faire au moment de s'en servir.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Couper le beurre en cubes et le faire fondre dans une casserole à fond épais, à feu très doux, sans remuer.
Laisser frémir vingt à trente minutes. Une mousse blanche monte, ce sont les protéines, puis l'eau s'évapore et le bruit change : le crépitement cesse quand il n'y a plus d'eau à faire bouillir, et c'est le signal le plus fiable.
C’est prêt quand : Le crépitement cesse et la surface devient calme : toute l'eau est partie.
Pour un ghee, poursuivre cinq minutes de plus : les dépôts du fond passent du blanc au brun noisette et la graisse sent la noix. Couper le feu à ce moment précis, car entre noisette et brûlé il y a une minute.
C’est prêt quand : Les dépôts du fond sont brun noisette, pas brun foncé, et l'odeur est franchement celle de la noix.
Écumer la mousse de surface, puis filtrer la graisse claire à travers une étamine, en s'arrêtant avant d'emporter le dépôt du fond.
C’est prêt quand : La graisse filtrée est parfaitement limpide et dorée, on lit le fond du bol à travers.
Verser dans un bocal sec et ébouillanté. Le beurre clarifié fige en une pâte jaune pâle en quelques heures.
C’est prêt quand : Après quelques heures, la pâte est jaune pâle, ferme et uniforme, sans couche liquide au-dessus.
0 / 5 étapes terminées
Pourquoi : Les cinq minutes supplémentaires ont été dépassées, ou le feu était trop vif (Réaction de Maillard)
Rattrapage : Rien à rattraper : la graisse a pris le goût. Recommencer et couper le feu dès que l'odeur de noisette arrive, sans attendre la couleur.
Pourquoi : Du dépôt du fond est passé au filtrage, ou l'étamine était trop lâche
Rattrapage : Refondre doucement, laisser reposer dix minutes hors du feu et refiltrer à travers une étamine doublée.
Pourquoi : De l'eau est entrée, par une cuillère humide ou un bocal mal séché (Températures de sécurité)
Rattrapage : Jeter. À l'avenir, prélever à la cuillère sèche et garder le bocal à l'abri de la lumière.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : bocal hermétique sec, à l'abri de la lumière
Trois mois à température ambiante si aucune humidité n'entre, un an au réfrigérateur où il devient dur comme du beurre congelé et se laisse racler à la cuillère.
Le filtrage retire l'essentiel du lactose avec les solides du lait, ce qui rend le ghee tolérable par beaucoup de personnes que le beurre dérange. Pousser la cuisson jusqu'au ghee plutôt que de s'arrêter au clarifié en retire davantage.
Jeter dans la graisse chaude et filtrée quelques graines de cumin ou une feuille de curry, laisser infuser hors du feu puis refiltrer. L'huile porte les arômes et le bocal les garde des mois.
Un riz basmati chaud, sur lequel une cuillerée fond et suffit

Toute la recette est une évaporation : le beurre est à 16 % d'eau, et c'est elle qui crépite. Le silence est donc le signal exact de la fin, bien plus fiable que la couleur ou la montre.
Le croustillant naît du départ de l'eau en surface ; couvrir ou entasser fait ramollir.

La différence entre beurre clarifié et ghee tient à ces cinq minutes de plus : les protéines du lait tombées au fond brunissent et parfument la graisse de noisette. C'est un brunissement de protéines et de lactose, pas une simple cuisson.
Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

Les trois couches se séparent toutes seules parce qu'elles n'ont pas la même densité : la mousse de protéines en haut, la graisse claire au milieu, l'eau et les solides lourds au fond. Remuer les remélangerait et il faudrait tout recommencer.
Un liquide plus sucré ou plus alcoolisé n'a pas la même densité : c'est ce qui permet les cocktails en couches et ce qui fait remonter la crème.

Débarrassé de son eau et de ses protéines, le beurre clarifié fume vers 250 °C au lieu de 150. C'est ce qui en fait une graisse de cuisson à feu vif là où le beurre entier brûlerait.
Température à laquelle une matière grasse se dégrade et fume : chaque huile a sa cuisson.

Ce qui permet trois mois de conservation hors du froid, c'est l'absence d'eau : sans elle, rien ne pousse. Une cuillère humide plongée dans le bocal réintroduit exactement ce qu'on a passé une demi-heure à retirer.
Les températures à cœur qui détruisent les pathogènes : volaille 74 °C, viande hachée 70 °C, œufs peu cuits = fraîcheur exigée.

Le ghee est un beurre noisette qu'on filtre au lieu de le verser. Le repère est le même, l'odeur de noix, et la marge entre noisette et brûlé se compte en secondes.

La mousse blanche de surface est faite des protéines du lactosérum. On l'écume à la fin plutôt qu'au fur et à mesure, pour ne pas emporter de graisse avec.

L'étamine, et non la passoire fine : les solides de lait sont assez petits pour traverser un tamis métallique et troubleraient le bocal.

Le feu est très doux du début à la fin. Un feu moyen fait bouillir l'eau trop vite, projette, et brunit les solides avant que l'eau soit partie.