
Marmelade de pamplemousse rose

Une marmelade aux fines lamelles d'écorce de pamplemousse rose, cuits entiers avant d'être tranchés, à l'amertume légère et au goût vif. Elle remplit quatre pots et se garde quelques semaines au réfrigérateur une fois ouverte.
La marmelade d'agrumes est une tradition britannique, et si l'orange amère en est la reine, le pamplemousse en donne une version plus douce et plus acide. Le pamplemousse est lui-même un hybride, né aux Antilles au XVIIIe siècle d'un croisement entre le pomelo et l'orange douce. Les variétés roses, colorées par le lycopène, sont un peu moins amères que les blanches. Ici, les fruits cuisent entiers dans l'eau avant d'être tranchés. L'écorce s'attendrit sans se dessécher, se coupe plus facilement en lamelles fines, et une partie de la pectine passe déjà dans l'eau de cuisson, que l'on garde. La pectine se trouve surtout dans l'albédo, les membranes et les pépins ; on enferme ces derniers dans une mousseline pour en extraire le maximum sans les retrouver dans le pot. La prise demande trois choses : de la pectine, de l'acidité, apportée par le citron, et une concentration en sucre élevée, d'environ 65 %. On l'atteint vers 104 à 105 °C. Sans thermomètre, une goutte déposée sur une assiette froide doit se rider quand on la pousse du doigt. Une fois le pot ouvert, la marmelade se garde au réfrigérateur quelques semaines.
Difficulté: 2/5
Recette originale prévue pour 12 personnes · 3 750 g préparés, 313 g par personne
⚠️ Allergènes :
aucun identifiéCochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 12 sur 12.
Étape 2 — Les pamplemousses pochés et leur eau de cuisson se gardent une nuit au réfrigérateur : la seconde partie se fait le lendemain.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Brossez les pamplemousses et les citrons sous l'eau chaude. Mettez les pamplemousses entiers dans une grande casserole avec l'eau, couvrez et laissez frémir 1 h 30, jusqu'à ce que la pointe d'un couteau traverse l'écorce sans résistance.
C’est prêt quand : La pointe d'un couteau traverse l'écorce sans aucune résistance.
Sortez les fruits, laissez-les tiédir 20 minutes et gardez l'eau de cuisson.
Coupez les pamplemousses en quatre. Grattez la pulpe et les pépins à la cuillère ; mettez les pépins dans un carré de mousseline avec ceux des citrons, et nouez. Hachez grossièrement la pulpe et taillez l'écorce en lamelles de 3 mm. Pressez les citrons.
Remettez l'écorce, la pulpe, le jus de citron et la bourse de pépins dans l'eau de cuisson. Ajoutez le sucre et remuez à feu doux jusqu'à dissolution complète.
C’est prêt quand : Plus aucun cristal de sucre ne crisse sous la spatule au fond de la casserole.
Portez à gros bouillons et laissez cuire 20 à 25 minutes en remuant, jusqu'à 104 à 105 °C. Vérifiez la prise sur une assiette froide, retirez la bourse de pépins en la pressant contre la paroi et écumez.
C’est prêt quand : Une goutte posée sur l'assiette froide se ride quand on la pousse du doigt ; le thermomètre est entre 104 et 105 °C.
Contrôlez la concentration en sucre et l'acidité avant la mise en pots. Hors du feu, prélevez une demi-cuillerée de sirop, sans morceaux de fruit, et laissez-la refroidir une minute sur une soucoupe froide : une goutte chaude s'évapore sur le prisme et fausse la lecture vers le haut. Déposez la goutte sur le réfractomètre : visez 60 à 65 °Brix, 60 % de matière sèche soluble étant le minimum réglementaire d'une confiture. En dessous, remettez à bouillir 3 à 5 minutes et mesurez de nouveau. Au-delà de 68, la marmelade risque de cristalliser en pot : détendez-la d'une cuillerée d'eau bouillante. Touchez ensuite la goutte refroidie avec une bandelette de pH à plage étroite : elle doit lire entre 3,0 et 3,5. Au-dessus de 3,5, la pectine prend mal et la conservation est moins sûre : ajoutez une cuillerée de jus de citron, faites bouillir 2 minutes et mesurez de nouveau. Les agrumes lisent souvent autour de 3,0, parfois un peu moins : c'est sans danger, ne corrigez pas. Sans réfractomètre, le thermomètre et le test de l'assiette restent de bons repères. Remettez à frémir une minute avant de remplir les pots, pour que la marmelade y entre bien chaude.
C’est prêt quand : Le réfractomètre lit 60 à 65 °Brix et la bandelette de pH entre 3,0 et 3,5.
Laissez reposer 10 minutes pour que les lamelles se répartissent, puis versez dans des pots propres ébouillantés, fermez et laissez refroidir.
0 / 7 étapes terminées
Pourquoi : Elle n'a pas atteint 104 °C, ou la bourse de pépins a été oubliée. (Gélification)
Rattrapage : Remettez à bouillir quelques minutes et refaites le test de l'assiette froide.
Pourquoi : La cuisson a dépassé 105 °C. (Ébullition et température)
Rattrapage : Retirez du feu dès que l'assiette froide montre une peau ; une marmelade trop prise se détend avec un peu d'eau chaude, réchauffée brièvement.
Pourquoi : La marmelade a été mise en pots aussitôt, encore trop fluide. (Densité des liquides)
Rattrapage : Laissez-la reposer 10 minutes et remuez avant de remplir les pots.
Pourquoi : Le pot a été ensemencé : confiture trop peu concentrée, remplissage trop froid, couvercle qui n'a pas fait le vide ou cuillère sale. (Températures de sécurité)
Rattrapage : Jetez le pot entier, sans gratter la surface : les moisissures diffusent dans toute la confiture des toxines comme la patuline, invisibles et que la cuisson ne détruit pas.
Pourquoi : Des levures fermentent le sucre : la concentration était trop basse ou le pot n'a pas fait le vide. (Rôle du sucre)
Rattrapage : Jetez le pot sans le goûter. À la prochaine fournée, montez à 60 °Brix au moins et remplissez les pots bien chauds.
Pourquoi : La confiture est trop concentrée, au-delà de 68 °Brix, ou trop peu acide : l'acide inverse une partie du saccharose pendant la cuisson, et ce sucre inverti empêche les cristaux. (Cristallisation du sucre)
Rattrapage : Réchauffez doucement le pot entamé avec une cuillerée d'eau et quelques gouttes de jus de citron. La fois suivante, arrêtez la cuisson à 65 °Brix.
Pourquoi : Le fruit est peu acide ou très mûr, ou le citron a été oublié. (Acidité et pH)
Rattrapage : Ajoutez du jus de citron par cuillerée, faites bouillir 2 minutes après chaque ajout et mesurez de nouveau sur une goutte refroidie.
Le même problème, ailleurs sur le site :
Vous avez innové dans la manière de foirer cette recette ? Racontez-nous : on cherche avec vous ce qui s’est passé, et si on trouve, ça rejoint cette rubrique pour les suivants.
Comment : pots ébouillantés, fermés à chaud
Pots fermés, au frais et à l'abri de la lumière, elle se garde plusieurs mois. Une fois ouvert, un pot se garde un mois au réfrigérateur.
Ajoutez 40 g de gingembre frais râpé avec le sucre.
Remplacez un pamplemousse par deux oranges, pochées de la même façon : une marmelade plus douce.
Des toasts beurrés au petit déjeuner
Des scones tièdes
Un thé noir

La prise vient de la pectine des pépins et de la partie blanche, enfermés dans la mousseline pendant la cuisson : avec le sucre et l'acide, elle forme le gel.
Gélatine, pectine ou agar-agar piègent l'eau dans un réseau : confitures, panna cotta, gelées.

Entre 104 et 105 °C, la marmelade a perdu assez d'eau pour que le sucre atteigne la concentration où la pectine prend. Le thermomètre et l'assiette froide disent la même chose.
L'eau bout à 100 °C et n'ira pas plus haut : un thermostat naturel pour pocher et mijoter (et plus sous pression).

Le jus des deux citrons abaisse le pH : sans assez d'acidité, la pectine ne prend pas, même à la bonne température.
L'acide raffermit les protéines, ralentit l'oxydation, équilibre le goût et active le bicarbonate.

Les dix minutes de repos avant la mise en pots laissent la marmelade épaissir un peu : les lamelles restent alors réparties au lieu de remonter en haut du pot.
Un liquide plus sucré ou plus alcoolisé n'a pas la même densité : c'est ce qui permet les cocktails en couches et ce qui fait remonter la crème.

À 60 °Brix et plus, le sucre retient assez d'eau (activité de l'eau vers 0,82 à 0,85) pour que les bactéries et la plupart des moisissures ne s'y développent pas : c'est ce qui fait de la confiture une conserve, et le réfractomètre le vérifie.
Au-delà du goût : conservation, coloration, moelleux, abaissement du point de congélation des glaces.

Une heure trente à couvert, à petit frémissement, les pamplemousses entiers dans l'eau : l'écorce s'attendrit sans que le parfum parte dans la vapeur.

L'écorce cuite taillée en lamelles régulières de 3 mm, qui restent tendres et visibles dans la marmelade.

En fin de cuisson, une fois la bourse de pépins retirée, pour des pots limpides.
Marmelade d'oranges
cuisine britannique · mêmes gestes : tailler en julienne, écumerCurd au yuzu
cuisine britannique · même principe : rôle du sucreChutney de rhubarbe
cuisine britannique · même principe : gélificationChutney de pommes et d'oignons
cuisine britannique · même principe : gélificationBeurre clarifié (ghee)
même geste : écumer · même principe : densité des liquidesVinaigrette au pamplemousse rose et à la moutarde
même aliment : pamplemousse · même principe : acidité et ph