
Risotto alla zucca e salsiccia (risotto à la courge et à la saucisse)

La moitié de la courge fond dans le risotto et l'autre reste en cubes. La mantecatura se fait hors du feu, et c'est elle qui fait la crème.
Le risotto appartient au nord de l'Italie, et celui à la courge est lombard, de Mantoue à Milan. Il se joue entièrement sur l'amidon du riz, qui est de deux sortes et qui ne se comportent pas de la même façon. L'amylopectine, ramifiée, migre dans le bouillon pendant la cuisson et c'est elle qui fait la crème ; l'amylose, linéaire, reste au cœur du grain et c'est elle qui fait l'al dente. L'arborio et le carnaroli sont choisis parce qu'ils ont beaucoup des deux. Trois gestes découlent de là. On ne lave jamais le riz, puisque l'amidon de surface est précisément ce qu'on veut. On le fait d'abord nacrer à sec dans la matière grasse, ce qui enrobe le grain et ralentit assez son absorption pour qu'il cuise régulièrement de l'extérieur vers le cœur. Et on remue, parce que ce sont les frottements entre les grains qui arrachent l'amidon : un risotto non remué cuit, mais ne crème pas. Le bouillon est ajouté chaud et louche par louche. Du bouillon froid ferait chuter la température et interromprait la gélatinisation, le grain reprendrait sa cuisson en plusieurs vagues et finirait irrégulier. La mantecatura est la dernière étape et se fait **hors du feu** : le beurre très froid et le parmesan sont incorporés en remuant vivement. En dessous de 60 °C, les matières grasses s'émulsionnent avec l'amidon dissous au lieu de se séparer ; sur le feu, le beurre fondrait en flaque et le parmesan filerait. Le risotto doit alors couler lentement dans l'assiette, all'onda, en vague.
Difficulté: 2/5
Recette originale prévue pour 4 personnes · 2 828 g préparés, 707 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 9 sur 9.
Étape 4 — La saucisse colorée et la base d'oignon et de courge se font la veille ; le riz, lui, se cuit au moment et ne s'anticipe pas.
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Tenir le bouillon frémissant sur un feu voisin pendant toute la cuisson : ajouté froid, il casserait la cuisson du grain.
Couper la courge en petits cubes. En réserver un tiers pour la fin ; les deux autres tiers fondront dans le risotto.
Faire revenir la chair à saucisse émiettée dans l'huile d'olive jusqu'à ce qu'elle colore, puis la réserver en laissant la graisse rendue.
Faire fondre l'oignon finement haché dans cette graisse, 6 minutes, sans le colorer, avec les deux tiers de courge.
Ajouter le riz sans le laver et le faire nacrer 2 minutes à sec, puis déglacer au vin blanc et laisser évaporer.
C’est prêt quand : Les grains de riz sont translucides sur les bords et opaques au centre.
Mouiller louche par louche avec le bouillon chaud, en remuant presque continûment, 16 minutes. Ajouter le dernier tiers de courge et la saucisse à mi-cuisson.
C’est prêt quand : Le riz est al dente, avec un point blanc au cœur qui disparaîtra pendant le repos.
Hors du feu, incorporer vivement le beurre très froid et le parmesan râpé : c'est la mantecatura, et elle ne se fait pas sur la flamme. Saler, poivrer, laisser reposer 2 minutes.
C’est prêt quand : Le risotto est brillant et crémeux, sans la moindre flaque de beurre fondu.
Frire les feuilles de sauge quelques secondes et les poser sur les assiettes. Le risotto doit couler lentement, all'onda.
C’est prêt quand : L'assiette inclinée laisse le risotto couler lentement en formant une onde.
0 / 8 étapes terminées
Pourquoi : Riz lavé, ou pas assez remué (Gélatinisation de l'amidon)
Rattrapage : Remuer franchement les deux dernières minutes : le frottement libère l'amidon.
Pourquoi : Bouillon ajouté froid (Transferts de chaleur)
Rattrapage : Le tenir frémissant sur un feu voisin du début à la fin.
Pourquoi : Mantecatura faite sur le feu, ou beurre pas assez froid (Émulsion)
Rattrapage : Ajouter une louche de bouillon chaud et battre vivement hors du feu.
Pourquoi : Trop sec, ou servi en retard
Rattrapage : Une louche de bouillon chaud et dix secondes de cuillère : il revient à l'onde.
Pourquoi : Vin blanc pas entièrement évaporé, ou sauge brûlée
Rattrapage : Attendre que le fond de la sauteuse soit sec avant la première louche, et sortir la sauge dès qu'elle cesse de grésiller.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : boîte hermétique
Réchauffage : À la poêle avec un peu de bouillon chaud, en remuant.
Deux jours au frais, en sachant qu'un risotto réchauffé n'est plus all'onda. Le reste se transforme bien mieux en arancini ou en galettes poêlées. Ne se congèle pas.
Sans saucisse, avec une cuillerée de graines de fenouil et un peu de noisettes grillées à la fin, et un parmesan à présure végétale : la courge devient le sujet entier.
Cinquante grammes de gorgonzola à la place d'une partie du parmesan dans la mantecatura : c'est la version lombarde, plus franche.
Aucun ingrédient n'en contient, à condition de vérifier la saucisse, dont certaines sont liées à la chapelure, et le bouillon.
Un rouge léger et frais du Nord, bardolino ou pinot nero de l'Alto Adige
Une salade de roquette au citron après le plat, à l'italienne

Le riz arborio n'est pas lavé, et c'est volontaire : l'amylopectine qui enrobe le grain se dissout peu à peu dans le bouillon et c'est elle, et rien d'autre, qui fait la crème du risotto. Remuer presque continûment fait frotter les grains les uns contre les autres et accélère cette libération ; un riz rincé donnerait des grains cuits dans un bouillon clair.
Chauffé en milieu humide, l'amidon gonfle et épaissit : béchamel, crème pâtissière, risotto.

Le bouillon reste frémissant sur un feu voisin pendant toute la cuisson. Une louche froide fait chuter la casserole de vingt degrés, la cuisson s'arrête, le grain se rétracte et reprend ensuite de travers : l'extérieur se défait pendant que le cœur reste dur, exactement ce qu'on cherche à éviter.
Conduction, convection et rayonnement ne chauffent pas pareil : poêle, four, friture et vapeur donnent des résultats différents.

La mantecatura, hors du feu : le beurre très froid et le parmesan battus vivement dans le riz. La matière grasse se disperse en gouttelettes dans le liquide amidonné, qui les stabilise, et c'est cette émulsion qui donne l'onde. Sur la flamme, le beurre se dissocierait et le risotto deviendrait gras au lieu de crémeux.
Dispersion stable de gras dans l'eau (ou l'inverse) grâce à un émulsifiant et à l'agitation : mayonnaise, vinaigrette, ganache.

La chair à saucisse est colorée seule, avant tout le reste, et sa graisse rendue sert à fondre l'oignon et la courge. Ajoutée en fin de cuisson, elle resterait grise et son gras parfumé au fenouil et au poivre ne serait jamais passé dans le plat.
Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

Les feuilles de sauge frites quelques secondes : l'eau de la feuille part brutalement, elle devient cassante et son parfum se concentre. C'est le seul élément croquant d'un plat entièrement fondant, et il se pose au dernier moment.
Le croustillant naît du départ de l'eau en surface ; couvrir ou entasser fait ramollir.

Deux temps distincts : la saucisse émiettée à feu vif pour qu'elle colore, puis l'oignon et la courge dans sa graisse à feu doux, sans coloration. Et entre les deux, le riz nacré deux minutes à sec jusqu'à ce que le grain devienne translucide sur les bords.

Au vin blanc, jusqu'à évaporation complète : l'alcool doit partir, sinon il reste une amertume que douze louches de bouillon ne couvriront pas.

La courge en petits cubes, dont un tiers réservé pour la fin : les deux premiers tiers fondent et colorent le risotto, le dernier reste entier et se retrouve sous la dent.

C'est la mantecatura : beurre très froid et parmesan battus hors du feu, énergiquement, puis deux minutes de repos avant de servir.

Les feuilles de sauge quelques secondes dans un fond d'huile chaude, jusqu'à ce qu'elles cessent de grésiller : au-delà elles noircissent et deviennent amères.