
Clafoutis aux poires et au chocolat

Un appareil à flan plus qu'une pâte, des poires poêlées au beurre et du chocolat noir en morceaux qui ne fondent pas tout à fait.
Le clafoutis limousin est aux cerises et son nom vient de clafir, remplir, en occitan. Aux poires, c'est en toute rigueur un flaugnarde, le mot qu'on emploie dans le Périgord dès qu'on change de fruit, mais l'usage a tranché depuis longtemps. L'appareil est un flan, pas une pâte. La différence est dans la proportion : très peu de farine, beaucoup d'œuf et de lait, et ce sont les protéines de l'œuf qui prennent vers 80 °C pour faire la structure, l'amidon de la farine ne servant qu'à l'empêcher de trancher. On ne le travaille donc pas, et on ne cherche surtout pas à le faire lever. La poire pose le même problème d'eau que toute cuisson de fruit : crue dans l'appareil, elle le détrempe et le fait rendre de l'eau au fond du plat. La poêler au beurre avec un peu de sucre avant l'évapore et caramélise ses sucres, ce qui lui donne un goût qu'elle n'a pas crue. Choisir des poires fermes, une conférence ou une williams juste mûre ; une poire blette se défait en bouillie. Le chocolat noir est ajouté en morceaux grossiers plutôt que fondu dans l'appareil. Fondu, il colore tout et disparaît ; en morceaux, il reste des poches de chocolat à peine ramolli, et le contraste avec le flan tiède est le sujet du dessert. Le clafoutis se mange tiède. Froid, le beurre et le chocolat figent, et toute la souplesse s'en va.
Difficulté: 1/5
Recette originale prévue pour 6 personnes · 1 851 g préparés, 309 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 8 sur 8.
Étape 1 — Les poires poêlées attendent une nuit au frais et gagnent même à le faire.
Étape 2 — L'appareil se prépare à l'avance et se bonifie : la farine finit de s'hydrater et le clafoutis est plus lisse.
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Peler les poires, les couper en quartiers épais et les poêler au beurre avec 20 g de sucre, 8 minutes, jusqu'à ce qu'elles colorent et aient rendu leur eau.
C’est prêt quand : Les quartiers sont dorés sur les faces et la poêle est sèche : toute l'eau est partie.
Battre les œufs avec le reste du sucre, la vanille et le sel, puis ajouter la farine tamisée sans travailler, et enfin le lait et la crème.
C’est prêt quand : L'appareil est lisse, de la consistance d'une pâte à crêpes, sans trace de farine.
Beurrer et sucrer un plat, y ranger les poires et parsemer le chocolat concassé en gros morceaux, jamais fondu.
Verser l'appareil dessus et cuire 40 minutes à 180 °C, jusqu'à ce qu'il soit pris et doré mais encore tremblant au centre.
C’est prêt quand : Les bords sont pris et dorés et le centre tremble encore quand on secoue le plat, comme une crème renversée.
Laisser tiédir 15 minutes et saupoudrer de sucre glace. Se mange tiède, jamais sorti du réfrigérateur.
0 / 5 étapes terminées
Pourquoi : Les poires n'ont pas été poêlées et ont rendu leur eau dans l'appareil (Séchage et croustillant)
Rattrapage : Remettre quinze minutes au four à 160 °C. La prochaine fois, les poêler jusqu'à ce que la poêle soit sèche.
Pourquoi : Cuisson trop longue, ou appareil trop battu après la farine (Coagulation de l'œuf)
Rattrapage : Rien à faire après coup. Sortir le clafoutis tremblant et mélanger la farine juste jusqu'à disparition des grumeaux.
Pourquoi : Il a été fondu ou haché trop fin (Cristallisation du sucre)
Rattrapage : De gros éclats irréguliers, posés sur les poires et non mélangés à l'appareil.
Le même problème, ailleurs sur le site :
Vous avez innové dans la manière de foirer cette recette ? Racontez-nous : on cherche avec vous ce qui s’est passé, et si on trouve, ça rejoint cette rubrique pour les suivants.
Comment : plat filmé
Réchauffage : Dix minutes à 150 °C, le temps que le chocolat redevienne coulant.
Il se garde une journée à température ambiante et trois jours au frais, mais il faut toujours le retiédir avant de le servir : c'est un dessert tiède.
Remplacer le poêlage par des poires pochées au vin rouge et aux épices, bien égouttées. Le clafoutis prend une couleur de vitrail et perd le caramel.
Remplacer les 80 g de farine par 60 g de fécule de maïs et 20 g de poudre d'amande. La tenue est la même et le goût gagne.
Lait d'amande et crème de coco, et de l'huile de coco pour la poêle. Le dessert devient franchement différent mais tient parfaitement : c'est l'œuf qui fait la prise, pas le lait.
Un coteaux-du-layon, dont le coing répond à la poire
Une crème fraîche épaisse, froide, posée à côté et non dessus

Quatre œufs pour 45 cL de liquide : c'est un flan et le clafoutis prend par coagulation, pas par levée. Il sort du four encore tremblant au centre parce que la chaleur résiduelle finit le travail ; attendre qu'il soit ferme dans le four, c'est le sortir caoutchouteux.
Les protéines de l'œuf figent entre 62 et 85 °C : c'est ce qui lie crèmes, flans et appareils à quiche, et ce qui granule si on surchauffe.

Les poires sont poêlées huit minutes avant d'entrer dans le plat, et c'est le geste qui sauve la recette. Une poire crue rend son eau dans l'appareil pendant la cuisson et le détrempe par en dessous.
Le croustillant naît du départ de l'eau en surface ; couvrir ou entasser fait ramollir.

Les 20 g de sucre de la poêle caramélisent sur les quartiers et leur donnent le goût qu'une poire pochée n'a pas. Ils ne sucrent pas le dessert, ils le colorent.
Décomposition des sucres à haute température (> 160 °C) qui produit couleur ambrée et arômes complexes.

Le chocolat est concassé en gros morceaux et jamais fondu. Fondu il se disperserait et donnerait un clafoutis uniformément brun ; en morceaux il refond en poches qui restent coulantes tant que le gâteau est tiède, ce qui est la raison de le servir tiède.
Contrôler la formation (ou l'absence) de cristaux : caramel lisse, confiture qui prend, glaçage brillant.

Crème et lait entier plutôt que du lait seul : la matière grasse enrobe les protéines de l'œuf et retarde leur prise, ce qui donne un flan crémeux au lieu d'une omelette sucrée.
Le gras enrobe, attendrit, isole le gluten (pâtes sablées) et transporte les arômes.

Les poires à feu assez vif et sans les remuer sans cesse, pour qu'elles colorent au lieu de compoter. Des poires un peu fermes tiennent mieux que des poires mûres à point.

La farine tamisée entre sans être travaillée : un appareil à clafoutis battu développe le gluten des 80 g de farine et le gâteau devient élastique.

Beurré puis sucré, et pas fariné. Le sucre caramélise contre la paroi et donne une croûte fine qui aide à démouler et se mange.

Le chocolat au couteau et en gros éclats irréguliers, de la taille d'un ongle. Des pastilles régulières donneraient un résultat moins intéressant à la cuillère.