
Confiture de poires à la vanille

Une confiture de poires en petits morceaux fondants, relevée de vanille. Elle accompagne les tartines, les crêpes et les fromages de brebis.
Les poires d'automne, comme la Williams ou la Conférence, sont peu pourvues en pectine et peu acides : elles prennent mal en confiture seules, et leur chair brunit vite à l'air. Le jus de citron règle ces deux problèmes, il fait baisser le pH vers 3 et freine l'oxydation des polyphénols qui noircissent le fruit. Les poires contiennent aussi des cellules pierreuses, petits grains durs qui restent sous la dent. Les couper en petits dés et les cuire doucement les attendrit. Le sucre, à 60 à 65 % du produit fini, et la cuisson jusqu'à 105 °C complètent la prise, que l'on vérifie à l'assiette froide. Choisissez des poires mûres mais fermes, peu granuleuses. Une Williams très mûre se défait en purée, ce qui fait une confiture lisse, une Conférence ferme donne des morceaux plus nets.
Difficulté: 2/5
Recette originale prévue pour 7 personnes · 2 656 g préparés, 379 g par personne
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Étape 4 — La macération se fait la veille, au frais : le fruit rend son jus et le sucre fond avant la cuisson, qui est alors plus courte.
Étape 10 — La confiture se fait des semaines à l'avance : les pots fermés se gardent 12 mois, et le goût s'arrondit après quelques jours de repos.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Préchauffez le four à 120 °C. Lavez 7 pots de 250 g et leurs couvercles à l'eau chaude savonneuse, rincez-les et posez-les sur une plaque, ouverture vers le haut. Enfournez-les 15 minutes pour les stériliser, couvercles à côté.
Pressez les citrons dans une grande bassine. Pelez les poires, retirez le cœur et les pépins, puis coupez-les en dés de 1 cm. Plongez les dés dans le jus de citron au fur et à mesure. Fendez les gousses de vanille en deux dans la longueur.
Ajoutez le sucre et les gousses de vanille, graines grattées, aux poires et mélangez délicatement.
Couvrez et laissez macérer une nuit au frais : le sucre tire le jus du fruit, ce qui évite de rajouter de l'eau et fait fondre le sucre avant la cuisson.
Versez le tout dans une bassine à confiture ou une grande casserole large. Portez à ébullition à feu vif en remuant, puis écumez.
Laissez bouillonner à feu moyen en remuant souvent, jusqu'à ce que les dés soient translucides, que la mousse retombe et que la confiture nappe la cuillère. Le thermomètre doit indiquer 105 °C. Retirez les gousses.
C’est prêt quand : La mousse retombe, la confiture nappe la cuillère de façon épaisse et le thermomètre indique 105 °C : les bulles deviennent plus grosses et plus lentes.
Contrôlez la concentration en sucre et l'acidité avant la mise en pots. Hors du feu, prélevez une demi-cuillerée de sirop, sans morceaux de fruit, et laissez-la refroidir une minute sur une soucoupe froide : une goutte chaude s'évapore sur le prisme et fausse la lecture vers le haut. Déposez la goutte sur le réfractomètre : visez 60 à 65 °Brix, 60 % de matière sèche soluble étant le minimum réglementaire d'une confiture. En dessous, remettez à bouillir 3 à 5 minutes et mesurez de nouveau. Au-delà de 68, la confiture risque de cristalliser en pot : détendez-la d'une cuillerée d'eau bouillante. Touchez ensuite la goutte refroidie avec une bandelette de pH à plage étroite : elle doit lire entre 3,0 et 3,5. Au-dessus de 3,5, la pectine prend mal et la conservation est moins sûre : ajoutez une cuillerée de jus de citron, faites bouillir 2 minutes et mesurez de nouveau. La poire est peu acide : c'est ici que la bandelette compte le plus, et le citron de la recette n'est pas facultatif. Sans réfractomètre, le thermomètre et le test de l'assiette restent de bons repères. Remettez à frémir une minute avant de remplir les pots, pour que la confiture y entre bien chaude.
C’est prêt quand : Le réfractomètre lit 60 à 65 °Brix et la bandelette de pH entre 3,0 et 3,5.
Sortez les pots du four. Retirez l'écume restante, puis remplissez les pots à ras bord à la louche, avec un entonnoir. Essuyez les bords et vissez les couvercles aussitôt.
Retournez les pots, couvercle vers le bas, et laissez-les refroidir ainsi jusqu'au lendemain : la chaleur stérilise le haut du pot. Remettez-les à l'endroit, étiquetez-les. Conservez les pots à l'abri de la lumière, 12 mois fermés. Une fois ouvert, gardez-le au frais et consommez-le en 3 à 4 semaines.
C’est prêt quand : Le lendemain, le couvercle est légèrement creux et ne bouge plus sous le doigt : le pot est bien fermé sous vide.
0 / 9 étapes terminées
Pourquoi : La poire est pauvre en pectine et la cuisson n'a pas atteint les 105 °C. (Gélification)
Rattrapage : Remettez à bouillir 5 à 10 minutes, testez de nouveau sur l'assiette froide, puis remettez en pots stérilisés.
Pourquoi : Ils ont été laissés à l'air sans citron, ou une poire trop mûre s'est défaite à la cuisson. (Oxydation enzymatique)
Rattrapage : La confiture reste bonne mais plus foncée ; la prochaine fois, coupez directement dans le jus de citron et gardez des poires fermes.
Pourquoi : Du sucre resté collé aux parois de la casserole a recristallisé et a servi de germe aux autres cristaux. (Cristallisation du sucre)
Rattrapage : Essuyez les parois avec un pinceau humide en début d'ébullition et écumez bien. Une confiture déjà cristallisée se récupère en la faisant fondre doucement avec un peu d'eau.
Pourquoi : Le pot a été ensemencé : confiture trop peu concentrée, remplissage trop froid, couvercle qui n'a pas fait le vide ou cuillère sale. (Températures de sécurité)
Rattrapage : Jetez le pot entier, sans gratter la surface : les moisissures diffusent dans toute la confiture des toxines comme la patuline, invisibles et que la cuisson ne détruit pas.
Pourquoi : Des levures fermentent le sucre : la concentration était trop basse ou le pot n'a pas fait le vide. (Rôle du sucre)
Rattrapage : Jetez le pot sans le goûter. À la prochaine fournée, montez à 60 °Brix au moins et remplissez les pots bien chauds.
Pourquoi : La confiture est trop concentrée, au-delà de 68 °Brix, ou trop peu acide : l'acide inverse une partie du saccharose pendant la cuisson, et ce sucre inverti empêche les cristaux. (Cristallisation du sucre)
Rattrapage : Réchauffez doucement le pot entamé avec une cuillerée d'eau et quelques gouttes de jus de citron. La fois suivante, arrêtez la cuisson à 65 °Brix.
Pourquoi : Le fruit est peu acide ou très mûr, ou le citron a été oublié. (Acidité et pH)
Rattrapage : Ajoutez du jus de citron par cuillerée, faites bouillir 2 minutes après chaque ajout et mesurez de nouveau sur une goutte refroidie.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : pots stérilisés, couvercle vissé, à l'abri de la lumière
Pots fermés et refroidis retournés : 12 mois à l'abri de la lumière. Une fois ouvert, au frais et consommé en 3 à 4 semaines. Étiquetez avec la date de mise en pot.
Ajoutez 20 g de gingembre frais râpé au mélange de la macération, à la place d'une gousse de vanille, pour une note plus vive.

La chair de poire brunit très vite une fois pelée : plonger les dés dans le jus des citrons dès qu'ils sont coupés bloque les enzymes responsables avant même que le sucre n'intervienne.
Des enzymes brunissent avocat, pomme ou artichaut coupés ; le jus de citron et le froid les freinent.

La poire a peu de pectine, surtout mûre : la prise vient surtout du sucre à 850 g et de la cuisson à 105 °C, ce qui donne une confiture souple, à tartiner plus qu'à trancher.
Gélatine, pectine ou agar-agar piègent l'eau dans un réseau : confitures, panna cotta, gelées.

La poire est douce et peu acide : les deux citrons ramènent le pH dans la zone de gélification de la pectine et donnent de la tenue au goût.
L'acide raffermit les protéines, ralentit l'oxydation, équilibre le goût et active le bicarbonate.

Les gousses de vanille infusent dans le jus de la macération : la poire, au goût discret, est plus parfumée par cette vanille de longue infusion que par une vanille ajoutée en fin de cuisson.
Les molécules d'arôme migrent du milieu concentré vers le dilué : marinades, thé, bouillons, épices dans une sauce.

La nuit de macération au frais fait sortir le jus du fruit par osmose : le sucre fond dans ce jus sans eau ajoutée, et les morceaux, d'abord gorgés de sucre, se tiennent mieux à la cuisson.
Le sel ou le sucre attirent l'eau hors des cellules : dégorger un concombre, saumurer une volaille.

À 60 °Brix et plus, le sucre retient assez d'eau (activité de l'eau vers 0,82 à 0,85) pour que les bactéries et la plupart des moisissures ne s'y développent pas : c'est ce qui fait de la confiture une conserve, et le réfractomètre le vérifie.
Au-delà du goût : conservation, coloration, moelleux, abaissement du point de congélation des glaces.
Le four à 120 °C sert à stériliser les pots et les couvercles pendant qu'on prépare les fruits : ils doivent être chauds au moment du remplissage.

Des dés de 1 cm cuisent régulièrement et deviennent translucides en même temps : c'est le signe que le sucre a pénétré le fruit.

Les deux citrons sont pressés d'abord dans la bassine : les dés de poire y plongent aussitôt coupés et sont protégés du brunissement.

Les gousses grattées infusent pendant la macération d'une nuit : le jus se charge de vanille avant même d'être chauffé.

L'écume qui monte à l'ébullition contient de l'air et des impuretés du fruit : la retirer donne une confiture limpide et évite un goût de mousse.

Le gros bouillonnement évapore l'eau du fruit : c'est lui qui amène la confiture à 105 °C, le point où elle prend en gelée en refroidissant.
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