
Civet de zourite (poulpe réunionnais au vin rouge)

Le poulpe mijoté au vin rouge, aux oignons et au massalé, jusqu'à ce qu'il se coupe à la cuillère. Une heure de cuisson douce suffit, et c'est le seul point sur lequel la recette ne transige pas : un poulpe pressé reste caoutchouteux, un poulpe patient devient fondant.
« Zourite » est le nom créole du poulpe à La Réunion, et le mot vient du malgache orita, ce qui dit assez bien par où sont passés les échanges de l'océan Indien. Le plat, lui, est un croisement : le civet est une technique française, une viande brunie puis mijotée au vin rouge, appliquée ici à un animal de lagon que la métropole n'aurait jamais mis dans une cocotte. La texture est une affaire de chimie. Le muscle du poulpe est traversé de collagène, qui reste dur tant qu'il est cru et qu'on le saisit vite ; chauffé longtemps en milieu humide, il se transforme en gélatine, et c'est cette gélatine qui donne au civet son nappage un peu collant aux lèvres. D'où la règle réunionnaise : ou bien trois minutes à feu vif, ou bien une heure à petit bouillon, jamais l'entre-deux.
Difficulté: 2/5
Recette originale prévue pour 4 personnes · 2 186 g préparés, 547 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 5 sur 5.
Étape 1 — Le poulpe se nettoie et se détaille la veille, gardé au frais dans son jus de citron.
Étape 6 — Le plat entier gagne à être fait la veille et réchauffé doucement.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Rincez le poulpe à l'eau froide, retirez le bec et les yeux s'ils sont encore là, puis coupez les tentacules en tronçons de trois centimètres et la tête en lanières. Frottez les morceaux avec la moitié du jus de citron vert et rincez : cela retire le film gluant de la peau.
Émincez les oignons, hachez l'ail, concassez les tomates. Épépinez le piment et hachez-le finement, en gardant les graines à part si vous voulez pouvoir ajuster la force en fin de cuisson.
Faites chauffer l'huile dans une cocotte et faites-y blondir les oignons dix minutes à feu moyen, sans les colorer franchement. Ajoutez l'ail, le massalé et le curcuma, et remuez une minute : les épices doivent grésiller dans le gras, c'est là qu'elles libèrent leurs arômes.
Montez le feu et jetez les morceaux de poulpe dans la cocotte. Faites-les revenir cinq minutes en remuant : ils vont rendre de l'eau, laissez-la s'évaporer avant de passer à la suite.
C’est prêt quand : Le fond de la cocotte est sec à nouveau et le poulpe a viré au rose violacé.
Ajoutez les tomates, le thym, le piment, le sel et le poivre, puis versez le vin rouge. Le liquide doit arriver à mi-hauteur des morceaux, complétez avec un peu d'eau si besoin.
Couvrez et laissez mijoter à tout petit bouillon pendant une heure. Vérifiez au bout de quarante-cinq minutes : la pointe d'un couteau doit entrer dans un tronçon sans résistance. Si ce n'est pas le cas, prolongez de quinze minutes, jamais l'inverse.
C’est prêt quand : La pointe d'un couteau entre dans un tronçon sans la moindre résistance.
Découvrez et laissez réduire cinq minutes à feu vif pour que la sauce nappe. Rectifiez le sel, ajoutez le reste du jus de citron vert hors du feu et servez avec du riz blanc et un rougail.
C’est prêt quand : La sauce tient à la cuillère et laisse une trace nette quand on racle le fond.
0 / 7 étapes terminées
Pourquoi : Cuisson trop courte, ou trop violente. (Dénaturation des protéines)
Rattrapage : Remettez à couvert vingt minutes de plus, à frémissement. Il n'y a jamais de mal à prolonger.
Pourquoi : L'eau du poulpe n'a pas été évaporée avant le vin. (Réduction et concentration)
Rattrapage : Découvrez et laissez réduire à feu moyen jusqu'à ce que la sauce nappe.
Pourquoi : Les épices ont brûlé dans l'huile. (Point de fumée)
Rattrapage : Une minute suffit dans le gras, à feu moyen : elles doivent grésiller, pas fumer.
Pourquoi : Le piment antillais a été haché avec ses graines.
Rattrapage : La prochaine fois, mettez-le entier et non percé, et retirez-le en fin de cuisson.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : en boîte hermétique, le poulpe couvert par sa sauce
Réchauffage : à couvert, dix minutes à feu très doux, un fond d'eau si la sauce a figé
Le civet se congèle deux mois sans perte notable : le poulpe a déjà donné tout ce qu'il pouvait donner, et rien dans le plat ne craint le froid. Décongelez au réfrigérateur avant de réchauffer.
Un civet plus clair et plus vif, souvent servi ainsi dans le sud de l'île. Ajoutez alors une cuillerée de concentré de tomates pour la couleur.
Les calamars remplacent le poulpe et cuisent en trente minutes au lieu d'une heure. Le résultat est plus doux et moins gélatineux.
Un bouillon de poisson et deux cuillerées de vinaigre de vin rouge à la place du vin. La couleur y perd, l'acidité y reste.
Un rouge du Sud, grenache ou syrah, servi frais autour de 15 °C

Le muscle du poulpe est riche en collagène, qui reste caoutchouteux tant qu'il n'a pas fondu. Une heure à petit bouillon le convertit en gélatine : c'est le seul chemin, et il n'existe pas de raccourci à feu vif.
La chaleur, l'acide ou le fouettage déplient les protéines et changent la texture (viande qui raffermit, poisson qui « cuit » au citron).

Le poulpe rend son eau dans les cinq premières minutes de poêle. La laisser s'évaporer avant de mouiller au vin est ce qui distingue un civet d'un poulpe bouilli dans son propre jus.
Les sucs caramélisés au fond du récipient se dissolvent dans un liquide : c'est la base des sauces.

La sauce ne se lie avec rien : elle se réduit à découvert les dernières minutes, et la gélatine sortie du poulpe lui donne son nappage.
L'évaporation de l'eau concentre les saveurs et épaissit sauces, jus et confitures.

Le vin rouge et le citron vert de la fin encadrent un plat très gras et très épicé. Sans eux, le massalé écrase tout le reste.
L'acide raffermit les protéines, ralentit l'oxydation, équilibre le goût et active le bicarbonate.

Le poulpe en tronçons de trois centimètres, la tête en lanières.

Oignons émincés fin, ail haché, tomates concassées.

Les morceaux de poulpe jetés dans les oignons épicés, à feu vif.

Une heure à couvert, à tout petit bouillon, jamais à gros bouillon.

Cinq minutes à découvert pour que la sauce nappe.
peut mal tourner en :
Carry de poisson au combava
mêmes ingrédients : massalé (mélange d'épices réunionnais), curcuma, citron vertFricassée de chatrou (poulpe à la martiniquaise)
mêmes ingrédients : poulpe, citron vert, thymFricassée de poulet au citron vert à l'antillaise
mêmes ingrédients : piment antillais (bonnet écossais), citron vert, thymFricassée de cabri à la guyanaise
mêmes ingrédients : piment antillais (bonnet écossais), citron vert, thymTrempage (pain trempé à la morue, à la mode martiniquaise)
mêmes ingrédients : piment antillais (bonnet écossais), citron vert, thymFeke au lait de coco (poulpe à la wallisienne)
mêmes ingrédients : poulpe, citron vertMatoutou de crabe (crabes mijotés au riz créole)
cuisine créole · mêmes gestes : saisir, mijoterColombo de porc
cuisine créole · mêmes gestes : réduire, saisirDombrés aux crevettes (boulettes de farine mijotées à la créole)
cuisine créole · mêmes gestes : saisir, mijoterPâté salé martiniquais (tourte feuilletée à la viande)
cuisine créole · même geste : réduireBouillon d'awara (le plat de Pâques guyanais)
cuisine créole · mêmes gestes : saisir, mijoterPiperade basque
mêmes gestes : concasser, mijoter · mêmes aliments : thym, tomate