
Trempage (pain trempé à la morue, à la mode martiniquaise)

Du gros pain de campagne posé à plat, arrosé d'une sauce à la morue jusqu'à en être saturé, et mangé à plusieurs, à même le plat et avec les doigts. La morue demande douze heures de dessalage, dans un grand volume et avec trois ou quatre changements d'eau.
Le trempage se servait sur une feuille de bananier, autour de laquelle chacun s'installait : pas d'assiette, pas de couvert, et le pain qui boit la sauce fait office des deux. Il se fait à la morue, au hareng saur ou aux deux, selon ce que la boutique avait. C'est un plat de fin de semaine et de veillée, dont la générosité tient à la quantité de sauce plus qu'à celle de poisson.
Difficulté: 2/5
Recette originale prévue pour 6 personnes · 2 436 g préparés, 406 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 5 sur 5.
Étape 1 — La morue se dessale la veille : ce n'est pas une option, c'est douze heures incompressibles.
Étape 4 — Le bouillon assaisonné se prépare quelques heures à l'avance et gagne à infuser au frais.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Faites dessaler la morue douze heures à l'eau froide, dans un grand volume, en changeant l'eau trois ou quatre fois.
C’est prêt quand : Un éclat de morue goûté cru est salé comme une eau de mer, pas davantage.
Pochez la morue dessalée dix minutes dans une eau frémissante, égouttez-la et effeuillez-la en retirant la peau et les arêtes. Gardez l'eau de pochage.
Hachez menu les oignons, l'ail, le blanc des cives, le persil et le piment. Réservez le vert des cives pour la fin.
Faites suer le hachis dans l'huile d'olive, ajoutez les tomates concassées, le thym et les feuilles de bois d'Inde, et laissez la sauce se former.
C’est prêt quand : Le bouillon est franchement citronné et un peu trop assaisonné à votre goût : c'est le bon niveau.
Ajoutez la morue effeuillée et une louche d'eau de pochage, laissez mijoter à découvert jusqu'à ce que la sauce nappe sans être liquide. Poivrez et pressez un citron vert dedans.
C’est prêt quand : Le pain est imbibé jusqu'au cœur mais garde sa forme quand on le soulève à la cuillère.
Coupez le pain en gros morceaux et disposez-les sur un plat, idéalement une feuille de bananier. Arrosez-les largement de sauce chaude et laissez-les boire deux minutes avant de servir, le vert des cives ciselé par-dessus.
0 / 6 étapes terminées
Pourquoi : Dessalage écourté, ou eau pas assez changée. (Osmose)
Rattrapage : Ajoutez du pain non salé, de la tomate et le jus d'un citron de plus. La prochaine fois, douze heures et trois eaux.
Pourquoi : Pain trop frais, ou trempé trop longtemps. (Imbibition et capillarité)
Rattrapage : Rien à faire. Prenez un pain de campagne de la veille et comptez dix minutes de trempage.
Pourquoi : Le bouillon n'a pas été goûté avant le pain. (Solubilité des arômes)
Rattrapage : Rectifiez au citron, au sel et au piment sur le plat monté, en mélangeant délicatement.
Pourquoi : Trop d'huile pour la quantité de bouillon. (Acidité et pH)
Rattrapage : Ajoutez de l'eau et du citron à parts égales jusqu'à retrouver l'équilibre.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : en saladier filmé au contact
Réchauffage : il ne se réchauffe pas ; sortez-le une heure avant pour qu'il revienne à température ambiante
Un jour, et il est déjà moins bon : le pain continue de boire et s'affaisse. C'est un plat qui se fait pour l'heure où on le mange.
Du hareng saur dessalé à la place de la morue, plus fumé et plus puissant : c'est la version des campagnes.
Des lamelles d'avocat posées sur le plat monté, qui adoucissent le piment.
Le même bouillon monté sur des cœurs de palmier et de l'avocat : il n'y manque que la morue.
Un blanc sec et vif, muscadet ou picpoul, servi glacé

Le dessalage de la morue est une affaire d'osmose : le sel migre vers l'eau douce tant que l'écart de concentration existe. Il faut donc changer l'eau trois fois, sinon l'échange s'arrête et le poisson reste salé.
Le sel ou le sucre attirent l'eau hors des cellules : dégorger un concombre, saumurer une volaille.

Le pain rassis boit le bouillon sans se défaire, parce que son amidon rétrogradé retient mieux le liquide qu'une mie fraîche. Un pain du jour se transforme en bouillie : c'est la seule raison pour laquelle la recette exige du pain de la veille.
Un biscuit sec aspire le liquide par capillarité : babas, tiramisu, gâteaux imbibés.

Le trempage n'est pas cuit : tout le goût vient d'un bouillon froid monté à cru, où l'ail, les cives, le piment et le citron infusent dans l'huile et l'eau. C'est un plat d'infusion, pas de cuisson.
Certains arômes se dissolvent dans le gras, d'autres dans l'eau ou l'alcool : d'où l'intérêt de faire revenir les épices ou de flamber.

Le citron vert fait ici le travail que la chaleur ne fait pas : il raffermit la chair de la morue et équilibre l'huile. Sans lui, le plat est gras et mou.
L'acide raffermit les protéines, ralentit l'oxydation, équilibre le goût et active le bicarbonate.

La morue dessale douze heures dans trois eaux, au réfrigérateur.

Dix minutes dans une eau frémissante, jamais bouillante : la morue durcit si elle bout.

Oignons, cives, ail et persil taillés très fin : rien n'est cuit, donc rien ne fondra.

Le pain se trempe dans le bouillon assaisonné et se laisse boire dix minutes, pas plus.

Le bouillon se goûte et se rectifie avant d'y mettre le pain : après, il est trop tard.
Fricassée de poulet au citron vert à l'antillaise
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