
Ash-e reshteh (soupe persane aux nouilles, aux herbes et aux légumineuses)

Une soupe épaisse de trois légumineuses, d'une botte d'herbes et de nouilles, couronnée d'oignons frits noirs et de menthe brûlée dans l'huile. Le plat de Norouz, mangé toute l'année.
L'ash-e reshteh se mange en Iran aux moments de passage : la veille du Nouvel An, un départ en voyage, un vœu formulé. Reshteh veut dire « fil », et le mot désigne aussi bien les nouilles que le fil d'une destinée qu'on démêle en les mangeant. Il n'est pas nécessaire d'y croire pour remarquer que c'est une des rares soupes au monde où les nouilles sont le symbole plutôt que la substance. La substance, ce sont les herbes, et leur proportion surprend toujours : près d'un kilo de persil, de coriandre et d'aneth pour six personnes, plus les épinards. Elles ne sont pas un assaisonnement mais un légume, et elles fondent en une masse vert sombre qui donne à la soupe sa couleur et sa densité. On les ajoute en deux fois, une grosse part à mi-cuisson pour qu'elle se défasse, une petite à la fin pour qu'il reste de la fraîcheur. Les deux garnitures sont aussi importantes que le reste, et toutes deux reposent sur une cuisson poussée au bord de la brûlure. Le piaz dagh, les oignons frits jusqu'au brun foncé, apporte l'amertume caramélisée qui empêche la soupe d'être plate ; il demande quarante minutes de feu doux et on ne peut pas tricher avec. Le na'na dagh, la menthe séchée jetée dans le beurre chaud et retirée du feu dans la seconde, apporte un parfum qui n'existe que là : la menthe passe du végétal au balsamique en dix secondes, et en quinze elle est noire et amère. Le kashk, lait fermenté séché, est remplacé ici par du yaourt grec, ce que font aussi beaucoup de cuisines iraniennes hors d'Iran.
Difficulté: 3/5
Recette originale prévue pour 6 personnes · 4 009 g préparés, 668 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 8 sur 8.
Étape 2 — Les oignons frits se gardent une semaine au frais dans leur huile, et plusieurs mois au congélateur.
Étape 6 — La soupe se prépare jusqu'aux herbes la veille. Les vermicelles s'ajoutent au réchauffage, sinon ils gonflent toute la nuit.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
La veille, mettre les pois chiches et les haricots rouges à tremper séparément dans de grands volumes d'eau froide.
Émincer deux oignons en fines lamelles et les frire dans la moitié de l'huile à feu doux pendant 35 à 40 minutes, en remuant régulièrement, jusqu'au brun foncé. En réserver les deux tiers pour la garniture.
C’est prêt quand : Les lamelles sont brun acajou, souples et non cassantes, et sentent le sucré plus que le piquant.
Émincer le troisième oignon et le faire revenir dans la casserole à soupe avec l'ail haché et le curcuma, 6 minutes.
Ajouter les pois chiches et les haricots égouttés, l'eau, et laisser cuire 55 minutes à couvert, à frémissement.
C’est prêt quand : Un pois chiche s'écrase sans résistance entre le pouce et l'index.
Ajouter les lentilles et poursuivre 20 minutes.
Hacher grossièrement le persil, la coriandre, l'aneth et les épinards. En verser les trois quarts dans la soupe, saler, poivrer, et laisser cuire 20 minutes : le vert doit s'assombrir et fondre.
Casser les vermicelles en morceaux de cinq centimètres et les ajouter avec le reste des herbes. Cuire 10 minutes en remuant : la soupe épaissit beaucoup.
C’est prêt quand : La cuillère laisse un sillon qui se referme lentement, en deux ou trois secondes.
Chauffer le reste de l'huile dans une petite poêle, y jeter la menthe hachée et retirer du feu dans les dix secondes, dès que le parfum change. Au-delà, elle noircit et devient amère.
C’est prêt quand : L'odeur de menthe monte franchement : c'est l'instant de retirer du feu, et il arrive avant qu'on s'y attende.
Servir la soupe dans des bols, couronner d'un trait de yaourt, des oignons frits réservés et de la menthe à l'huile.
0 / 9 étapes terminées
Pourquoi : Elle est restée plus de dix secondes sur le feu (Solubilité des arômes)
Rattrapage : Jeter et recommencer avec une cuillerée d'huile propre : une menthe brûlée parfume toute la soupe et rien ne la rattrape.
Pourquoi : Ils sont vieux, ou ils ont été salés en début de cuisson (Osmose)
Rattrapage : Poursuivre à couvert en rallongeant d'eau chaude, par tranches de vingt minutes. Ne jamais ajouter d'eau froide, qui raffermit la peau.
Pourquoi : Les vermicelles ont cuit trop longtemps ou la soupe a reposé
Rattrapage : Rallonger à l'eau bouillante en remuant, louche par louche, jusqu'à retrouver un sillon qui se referme.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : boîte hermétique
Réchauffage : À feu doux avec une louche d'eau bouillante, en remuant pour décoller le fond.
Garder les oignons frits, le yaourt et la menthe à l'huile à part : ce sont des garnitures et elles se remettent fraîches à chaque bol.
Remplacer le yaourt grec par un yaourt de soja nature ou par du kashk de substitution végétale. Le reste du plat est déjà végétal.
Remplacer les vermicelles de blé par des vermicelles de riz, ajoutés cinq minutes seulement et non dix : ils s'écrasent plus vite.
Un pain plat chaud, pour saucer le fond du bol
Thé noir léger, servi après et non pendant

Les 35 à 40 minutes d'oignon à feu doux jusqu'au brun foncé sont la garniture la plus importante du plat. Le sucre de l'oignon brunit lentement et donne une amertume douce que rien n'imite ; dorés en dix minutes, ils n'ont pas ce goût.
Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

Les vermicelles rendent leur amidon directement dans le bouillon, sans eau de cuisson à jeter. C'est ce qui épaissit la soupe au point qu'une cuillère y tient debout, et c'est voulu.
Chauffé en milieu humide, l'amidon gonfle et épaissit : béchamel, crème pâtissière, risotto.

La menthe séchée jetée dix secondes dans l'huile chaude libère ses arômes dans le gras, qui les porte. Au-delà de dix secondes elle noircit et l'amertume prend le dessus : le signal est le changement d'odeur, pas la montre.
Certains arômes se dissolvent dans le gras, d'autres dans l'eau ou l'alcool : d'où l'intérêt de faire revenir les épices ou de flamber.

Le quart d'herbes gardé pour la fin compense la couleur perdue par les trois quarts qui ont cuit vingt minutes. Le vert foncé du fond et le vert vif du dessus ne sont pas le même ingrédient à deux moments, c'est une construction.
La chlorophylle des légumes verts vire au vert olive dès que la cuisson se prolonge ou que le milieu s'acidifie : le magnésium quitte la molécule. D'où la règle des cuissons courtes, à découvert et en grand volume d'eau bouillante, pour garder un vert franc.

Le trempage de la veille, séparé pour les pois chiches et les haricots, réhydrate les légumineuses de l'intérieur. Mélangés, ils ne cuiraient pas à la même vitesse et l'un serait en purée quand l'autre serait dur.
Le sel ou le sucre attirent l'eau hors des cellules : dégorger un concombre, saumurer une volaille.

Les oignons de la garniture sont taillés en lamelles fines et régulières : l'épaisseur décide du moment où chacune brunit, et une lamelle épaisse sera encore blonde quand les fines seront brûlées.

Les oignons frits à feu doux et longtemps, pas à feu vif : c'est une déshydratation suivie d'un brunissement, et la hâte donne de l'amer sans le fondant.

Cinquante-cinq minutes à couvert pour les légumineuses trempées, et on ne sale qu'après : le sel ajouté en début de cuisson raffermit leur peau.

La menthe à l'huile est une infusion éclair hors du feu. L'huile doit être chaude mais pas fumante, sinon les feuilles sont brûlées avant d'avoir infusé.

Goûter après l'ajout des vermicelles : ils absorbent du sel en même temps que du liquide, et la soupe qui était assaisonnée dix minutes plus tôt ne l'est plus.